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Lettre d’information du Digital Watch – Numéro 109 – Mensuelle avril 2026

Rétrospective de avril 2026

Les déclarations utopiques ou extravagantes sur l’avenir sont monnaie courante dans le discours du secteur technologique. Mais l’accélération fulgurante de l’IA générative semble avoir raccourci le délai de concrétisation de bon nombre de ces affirmations. Le mois d’avril a vu déferler une nouvelle vague de prédictions très médiatisées. Si certains pourraient être tentés de les rejeter comme du simple battage médiatique, il existe une raison de les prendre au sérieux : le danger insidieux de concevoir l’avenir sans une participation significative du public.

L’Afrique du Sud a dévoilé son premier projet de politique nationale en matière d’IA et a rapidement été contrainte de le retirer après que des examinateurs y ont découvert une faille critique : il était truffé de fausses sources et de citations imaginaires, probablement générées par l’IA. Cet incident illustre bien un problème plus général lié aux lois générées par l’IA. Dans ce numéro de la newsletter, nous examinons comment empêcher que de fausses lois ne régissent la vie réelle.

Début avril, Anthropic a annoncé Claude Mythos Preview, son modèle d’IA le plus performant à ce jour, tout en prenant la décision explicite de ne pas le rendre accessible au public. Nous nous penchons sur les capacités du modèle, la raison qui justifie la restriction de son accès, ainsi que les questions de gouvernance que ce modèle soulève.

Nous invitons les lecteurs intéressés à rejoindre notre équipe de Knowledge Fellows. Les Knowledge Fellows jouent un rôle central dans la capacité de l’observatoire à fournir une couverture complète, précise et actualisée de domaines spécifiques de la gouvernance numérique. Vous trouverez dans la newsletter plus de détails sur ce que nous recherchons et ce que nous offrons en contrepartie.

En bonus : les principales évolutions en matière de politique numérique au mois d’avril et un compte rendu de Genève.

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TECHOLOGIES

L’UE et les États-Unis ont mis en place  un cadre coordonné visant à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, combinant un protocole d’accord stratégique (MoU) et un plan d’action. Ce partenariat a pour objectifs de garantir des chaînes d’approvisionnement diversifiées et durables grâce au développement de projets communs au sein de l’UE, des États-Unis et dans des pays tiers, avec le soutien d’outils d’investissement coordonnés, des mécanismes de réduction des risques et des liens commerciaux renforcés. 

Le Canada et la Finlande ont défini un nouveau programme de coopération en matière de technologies souveraines et d’IA, plaçant les capacités numériques avancées au cœur de la résilience économique, de la sécurité et de l’autonomie stratégique dans un environnement mondial contesté. Annoncé à l’issue de discussions à Ottawa, ce programme couvre l’adoption de l’IA au sein du gouvernement et de l’industrie, le calcul haute performance, les télécommunications, les usines géantes d’IA (y compris le soutien à la gigafactory d’IA de Nokia), la recherche quantique, les minéraux critiques et les chaînes d’approvisionnement fiables. Les deux pays prévoient d’approfondir leur coordination en matière d’infrastructures souveraines d’IA, de réduire les dépendances technologiques, de soutenir les petites et moyennes entreprises et d’élargir les opportunités dans le domaine des télécommunications grâce à des initiatives telles que la Coalition mondiale sur les télécommunications.

Le Canada renforce son soutien à l’écosystème de la recherche quantique grâce à un nouveau financement annoncé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, visant à consolider les capacités scientifiques du pays, son potentiel d’innovation et son leadership à long terme dans un domaine d’importance stratégique. Cette initiative soutiendra les chercheurs, les projets et la collaboration interinstitutionnelle, favorisant à la fois la science fondamentale et le développement appliqué tout en contribuant à concrétiser les avancées de la recherche quantique en progrès technologiques concrets.

Le gouvernement britannique a identifié six technologies de pointe – l’IA, la cybersécurité, la connectivité avancée, la biologie d’ingénierie, les technologies quantiques et les semi-conducteurs – comme les piliers de sa Stratégie industrielle moderne 2025 et de son Plan sectoriel pour le numérique et les technologies, visant à renforcer les capacités numériques, la croissance économique, la résilience nationale et la compétitivité à long terme. Ce programme donne la priorité aux investissements dans les télécommunications de nouvelle génération, notamment la 5G et la future 6G, ainsi qu’à l’augmentation de la capacité de calcul, aux infrastructures de supercalcul et au développement de la main-d’œuvre afin de renforcer la position du Royaume-Uni en tant que pôle de premier plan de l’UE en matière d’IA.

Des chercheurs australiens ont utilisé un modèle d’IA basé sur Wikipédia pour identifier 100 technologies émergentes qui devraient prendre de l’ampleur d’ici 2026, offrant ainsi une alternative fondée sur les données aux méthodes de prévision traditionnelles, souvent influencées par l’avis d’experts. S’appuyant sur des milliers d’entrées Wikipédia, l’analyse a répertorié plus de 23 000 technologies pour établir la liste « Momentum 100 », dominée par l’apprentissage par renforcement et suivie par la blockchain, l’impression 3D, la robotique souple, la réalité augmentée et d’autres secteurs en plein essor.

Infrastructure

Les fournisseurs de technologies européens Cubbit, SUSE, Elemento et StorPool Storage ont lancé un pack de reprise après sinistre commun afin d’aider les organisations à maintenir l’accès aux données et la continuité opérationnelle en cas de perturbations liées à des dépendances technologiques externes. Présentée lors du Sommet européen des données à Berlin, cette solution combine stockage, calcul, coordination, mise en réseau, gestion des identités, observabilité et gestion au sein d’une seule plateforme logicielle cloud déployable, conçue pour réduire la fragmentation et simplifier la planification de la reprise après sinistre. En permettant le transfert des charges de travail critiques vers une infrastructure basée en Europe avec un minimum de perturbations, cette initiative vise à répondre aux besoins concrets en matière de reprise après sinistre tout en soutenant les efforts plus larges visant à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs de cloud non européens.

Un nouveau rapport, s’appuyant sur les recherches menées par le Future of Technology Institute, basé à Bruxelles, met en garde sur le fait que la plupart des agences de défense de l’UE restent fortement dépendantes des fournisseurs de cloud et de technologies américains, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’exposition à un scénario potentiel de « kill switch » (coupe-circuit numérique) dans lequel des services critiques pourraient être restreints ou désactivés en cas de tensions politiques ou stratégiques. Les données sur les marchés publics examinées par l’institut suggèrent que 23 des 28 pays de l’UE et du Royaume-Uni s’appuient sur des entreprises américaines, soit directement, soit par l’intermédiaire de fournisseurs de l’UE, en utilisant une infrastructure cloud américaine, 16 pays étant classés à haut risque, dont l’Allemagne, la Finlande, la Pologne, le Danemark, l’Estonie et le Royaume-Uni. Google Cloud, Microsoft et Oracle sont décrits comme des fournisseurs dominants dans les systèmes de défense sensibles, tandis que l’Autriche est présentée comme un cas à moindre risque en raison de son recours apparent à des alternatives souveraines.

Panthalassa a levé 140 millions de dollars dans le cadre d’un financement de série B, mené par Peter Thiel, pour développer des systèmes offshore exploitant l’énergie des vagues océaniques afin d’alimenter le calcul IA alors que la demande en capacité des centres de données s’accélère. L’entreprise prévoit de construire des nœuds alimentés par l’énergie des vagues qui produiront de l’électricité en mer, exécuteront des calculs d’IA à bord et transmettront les données via des satellites en orbite basse, offrant ainsi une solution aux contraintes croissantes des centres de données terrestres en matière d’alimentation électrique, de refroidissement et d’infrastructure.

SÉCURITÉ

En associant la découverte basée sur l’IA à une coordination sectorielle, 100 millions de dollars de crédits d’utilisation et à un financement dédié à la sécurité open source, le projet Glasswing rassemble des acteurs majeurs des domaines de la technologie, de la cybersécurité, de la finance et de l’open source, notamment AWS, Apple, Google, Microsoft, NVIDIA, Cisco, CrowdStrike, JPMorgan Chase et la Linux Foundation, dans le cadre d’une initiative conjointe visant à utiliser l’IA de pointe pour défendre les infrastructures logicielles critiques. Dirigée par le modèle Claude Mythos Preview d’Anthropic, cette initiative vise à détecter des vulnérabilités complexes à grande échelle. Ses premiers résultats ont permis de mettre à jour des milliers de failles jusque-là inconnues dans les systèmes d’exploitation, les navigateurs et les infrastructures numériques de base, dont certaines étaient restées dissimulées pendant des décennies.

Un avis conjoint de la CISA met en garde contre le fait que des cyberacteurs affiliés à l’Iran ciblent des automates programmables connectés à Internet au sein des infrastructures critiques américaines, notamment les appareils Rockwell Automation et Allen-Bradley CompactLogix et Micro850 utilisés dans les systèmes gouvernementaux, d’approvisionnement en eau, énergétiques et industriels. Active depuis au moins mars 2026, cette campagne a perturbé les fonctions des automates programmables, manipulé des fichiers de projet et altéré les affichages des IHM et des systèmes SCADA, causant des dommages opérationnels et financiers.

Le Canada a lancé le niveau 1 du Programme canadien de certification en cybersécurité, établissant ainsi des exigences de base en matière de cybersécurité pour les fournisseurs travaillant sur des contrats de défense, alors que les cybermenaces visent de plus en plus les sous-traitants, les données sensibles et les chaînes d’approvisionnement critiques. La mise en œuvre progressive débutera à l’été 2026, la certification étant requise dès l’attribution du contrat, ce qui laissera à l’industrie le temps de s’adapter tout en renforçant la confiance dans les marchés publics et la préparation opérationnelle.

L’évaluation 2026 d’Europol des menaces liées à la cybercriminalité organisée sur Internet met en garde contre le fait que le paysage de la cybercriminalité dans l’UE devient plus complexe, plus industrialisé et plus difficile à contrer, les réseaux criminels exploitant le chiffrement, les serveurs proxy, la fragmentation des espaces en ligne et les outils basés sur l’IA. Le rapport identifie les facilitateurs de la cybercriminalité, la fraude en ligne, les cyberattaques et l’exploitation sexuelle des enfants en ligne comme des domaines de préoccupation majeurs, l’IA rendant les escroqueries, la tromperie et les abus plus évolutifs et plus convaincants.

La Norvège a annoncé son intention d’interdire l’utilisation des réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, en confiant la responsabilité de la vérification de l’âge aux entreprises technologiques.

La Grèce s’apprête à renforcer les restrictions sur l’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs, avec une législation attendue dans le courant de l’année qui introduirait une interdiction pour les enfants de moins de 15 ans. La mesure devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027 et vise à établir un cadre qui modifie le fonctionnement des plateformes. Les plateformes seraient tenues de mettre en place des mécanismes rigoureux de vérification de l’âge, y compris la revérification des comptes existants, sous la supervision d’autorités nationales de régulation telles que la Commission hellénique des télécommunications et des postes (EETT).

Le président français Emmanuel Macron convoque les dirigeants de l’UE, dont le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et des représentants de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Irlande, afin d’harmoniser les approches nationales pour restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux et de faire pression pour une action plus rapide au niveau européen.

Le projet de loi britannique sur le bien-être des enfants et les écoles (Children’s Wellbeing and Schools Bill) vise à étendre les pouvoirs des ministres pour influencer la manière dont les services en ligne protègent les enfants, notamment en restreignant l’accès aux plateformes, fonctionnalités ou fonctions à risque et en ciblant des éléments de conception tels que les paramètres de contact, la communication en direct, la visibilité de la localisation et le temps passé en ligne. Le projet conférerait également à l’Ofcom un rôle consultatif plus important, introduirait un délai de six mois pour l’adoption de réglementations ou la présentation d’un rapport d’étape, et donnerait aux ministres de nouveaux pouvoirs en matière de consentement relatif aux données des enfants, de vérification de l’âge et d’application de la loi. Ce dispositif réglementaire reste pour l’instant en suspens, le Parlement négociant toujours des mesures clés et aucune loi définitive n’étant encore en vigueur.

La Commission européenne a développé une application standardisée de vérification de l’âge destinée à fonctionner dans tous les États membres. Cette application permet aux utilisateurs de confirmer qu’ils remplissent les conditions d’âge requises pour accéder aux plateformes de réseaux sociaux en fournissant leur numéro de passeport ou de carte d’identité. Elle est conçue pour s’intégrer dans les portefeuilles numériques nationaux ou fonctionner comme une application autonome, dans le cadre d’un dispositif européen coordonné visant à garantir l’interopérabilité et à éviter la fragmentation des systèmes nationaux. L’application est open source et disponible pour une mise en œuvre tant publique que privée, mais elle est soumise à des exigences techniques et de confidentialité communes. La Commission prévoit de mettre en place un mécanisme de coordination au niveau de l’UE pour superviser le déploiement, l’accréditation et l’utilisabilité transfrontalière. Le déploiement a fait l’objet d’un examen minutieux de la part des chercheurs en sécurité. Parmi les faiblesses signalées figurent des données d’authentification stockées localement qui peuvent être réinitialisées ou modifiées, permettant ainsi aux utilisateurs de contourner les protections par code PIN, de désactiver les contrôles biométriques et de réinitialiser les mécanismes de limitation de débit en modifiant les fichiers de configuration. Cela permet en effet la réutilisation de données d’identité vérifiées sous des contrôles d’accès modifiés. Ces critiques ont suscité des inquiétudes plus générales parmi les développeurs concernant l’architecture de l’application, notamment sur les raisons pour lesquelles des fonctionnalités matérielles sécurisées n’ont pas été utilisées, et sur la nécessité logique d’éléments tels que l’expiration des informations d’âge.

La Commission européenne a également pris récemment des mesures préliminaires à l’encontre de Meta, estimant que Facebook et Instagram n’ont pas empêché efficacement les utilisateurs de moins de 13 ans d’accéder à leurs services, en grande partie parce que les contrôles d’âge peuvent être contournés à l’aide de fausses dates de naissance et de systèmes de vérification peu fiables.

En Australie, la campagne en faveur de la sécurité des enfants s’étend des réseaux sociaux aux jeux vidéo, alors que les régulateurs intensifient leur surveillance de la manière dont les plateformes protègent les mineurs contre les dangers. Le 21 avril, le commissaire à la sécurité en ligne a émis des avis de transparence juridiquement contraignants à l’encontre de Roblox, Minecraft, Fortnite et Steam, exigeant des détails sur la manière dont ces plateformes gèrent les risques, notamment l’exploitation sexuelle des enfants, le cyberharcèlement, les discours de haine et les contenus extrémistes sur des services largement utilisés par les enfants.

Le Bureau du commissaire à l’information du Royaume-Uni a lancé une campagne pour aider les parents et les tuteurs à parler de la confidentialité en ligne avec les enfants en âge d’aller à l’école primaire, après qu’une étude a révélé que de nombreux enfants partagent des informations personnelles en ligne, tandis que les familles ne savent souvent pas comment réagir. L’ICO indique que 24 % des enfants ont partagé leur vrai nom ou leur adresse en ligne, 22 % ont divulgué des informations telles que des détails sur leur santé à des outils d’IA, et 21 % des parents n’ont jamais discuté de la confidentialité en ligne avec eux.

ÉCONOMIE

La Commission européenne a adressé à Meta un acte d’accusation complémentaire (intitulé « communication des griefs complémentaire »), soulignant ses préoccupations concernant d’éventuelles restrictions à l’accès des assistants IA tiers à WhatsApp. Auparavant, Meta avait décidé de rétablir l’accès à WhatsApp pour les assistants IA tiers moyennant des frais. Cependant, la Commission a conclu à titre préliminaire que ces mesures restaient anticoncurrentielles et a désormais pris des mesures provisoires pour empêcher que ces changements de politique ne causent un préjudice grave au marché. Ces mesures provisoires resteront en vigueur jusqu’à ce que la Commission ait mené à bien son enquête et rende une décision finale sur le comportement de Meta.

La CNUCED indique que le commerce mondial a augmenté de 2 500 milliards de dollars en 2025 pour atteindre 35 000 milliards de dollars, reflétant une expansion continue des biens et des services, mais aussi un paysage économique plus fragile et inégal. La montée des tensions géopolitiques, la perturbation des routes maritimes, les conflits au Moyen-Orient et l’instabilité dans les principaux couloirs maritimes font grimper les coûts de l’énergie, des transports et des importations, exerçant une pression accrue sur les économies en développement disposant d’une marge de manœuvre budgétaire limitée. La croissance des services a ralenti, tandis qu’une grande partie de la récente augmentation des échanges commerciaux résulte davantage de la hausse des prix que d’une augmentation des volumes. L’Asie de l’Est et l’Afrique restent des moteurs importants grâce au commerce Sud-Sud et à la réorganisation des chaînes d’approvisionnement, mais la fragmentation, le découplage entre les États-Unis et la Chine, l’inflation, l’endettement et le protectionnisme devraient peser sur les perspectives pour 2026.

L’Organisation internationale du travail met en garde contre le fait que les systèmes de protection sociale ne parviennent pas à suivre le rythme de l’évolution rapide des marchés du travail, influencés par le changement climatique, les bouleversements technologiques, les changements démographiques et l’évolution des modalités de travail. Son nouveau rapport met en évidence des lacunes majeures en matière de couverture, d’adéquation et de financement, laissant de nombreux travailleurs sans protection en cas de chômage, de maladie, de retraite ou de transition professionnelle.

La Russie s’apprête à ériger en infraction pénales les activités non autorisées à grande échelle liées aux cryptomonnaies, après qu’une commission législative gouvernementale a approuvé des amendements prévoyant des peines de prison pour l’organisation de la circulation de monnaies numériques sans l’autorisation de la banque centrale. L’article 171.7 proposé du Code pénal sanctionnerait les cas impliquant un préjudice important, des revenus illicites considérables ou des dommages causés à des particuliers, à des organisations ou à l’État d’une peine de 4 à 7 ans de prison. Cette mesure, qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2027, marque un durcissement de la répression dans le secteur des actifs numériques en Russie.

La Commission européenne a mis à jour ses règles de concurrence en matière de transfert de technologies afin de mieux refléter l’innovation fondée sur les données, les marchés numériques et les pratiques modernes en matière de licences dans l’ensemble de l’UE. Le cadre révisé clarifie la manière dont les entreprises peuvent concéder des licences pour des brevets, des logiciels, du savoir-faire et des technologies liées aux données tout en respectant le droit de la concurrence, dans le but de protéger la collaboration et la sécurité juridique sans autoriser les accords qui restreignent l’accès au marché ou l’innovation. Une attention accrue est accordée aux écosystèmes numériques, aux technologies essentielles aux normes et aux accords de licence susceptibles d’influencer le contrôle des données, l’interopérabilité et la concurrence en aval.Le Canada a annoncé un financement de 23,8 millions de dollars canadiens pour le programme « Compétences numériques pour les jeunes », visant à aider les jeunes à acquérir une expérience pratique alors que l’IA, la cybersécurité, le big data, l’automatisation et la transformation numérique au sens large redessinent le marché du travail. Dirigée par la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, cette initiative d’une durée de deux ans financera des formations et des stages pour les diplômés de l’enseignement supérieur en les mettant en relation avec des employeurs des secteurs des technologies émergentes. Les bénéficiaires éligibles sont les entreprises, les organisations à but non lucratif, les institutions publiques, les organisations autochtones et les organismes provinciaux ou territoriaux, avec un accès flexible pour les participants du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.

DROITS DE L’HOMME

Le Brésil a inauguré son premier Centre d’accès, de recherche et d’innovation en technologies d’assistance (Capta) à l’Institut Benjamin Constant de Rio de Janeiro. Géré par le ministère des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation (MCTI) dans le cadre du Plan national pour les droits des personnes handicapées, ce centre a pour objectif de favoriser le développement, l’expérimentation et la diffusion de technologies d’assistance qui renforcent l’autonomie, l’inclusion et la qualité de vie des personnes handicapées. Ce lancement marque la création du premier d’une série de centres prévus à l’échelle nationale pour élargir l’accès à ces technologies.

L’UNESCO met en garde contre le fait que les élèves en situation de handicap continuent de se heurter à des obstacles majeurs dans le domaine de l’éducation, notamment des infrastructures inaccessibles, des technologies d’assistance limitées, une formation insuffisante des enseignants, la stigmatisation et des systèmes de données défaillants qui laissent de nombreux apprenants invisibles dans la planification des politiques. Ses conclusions montrent que l’exclusion commence souvent très tôt et est renforcée par la pauvreté, les inégalités entre les sexes, les déplacements de population et d’autres désavantages qui se cumulent, limitant ainsi l’accès à un apprentissage de qualité et aux opportunités futures. L’UNESCO exhorte les gouvernements à aller au-delà de mesures d’inclusion étroites en investissant dans des écoles accessibles, des programmes d’études inclusifs, des éducateurs formés, des données fiables et une participation significative des personnes en situation de handicap.

Les Philippines et les Bermudes ont signé un protocole d’accord visant à renforcer la coopération transfrontalière en matière de protection des données à caractère personnel, établissant un lien entre la Commission nationale de la vie privée des Philippines et le Bureau du commissaire à la protection de la vie privée des Bermudes. Cet accord permet le partage d’informations, l’assistance mutuelle dans le cadre d’enquêtes et une coordination plus étroite sur les cas de violation de données relevant de plusieurs juridictions. Au-delà de l’application de la loi, ce partenariat soutient la mise en place de mécanismes compatibles de protection des données, de cadres de certification, de flux de données fiables, de formations et d’échanges de connaissances sur les nouveaux défis en matière de protection de la vie privée.

JURIDIQUE

Une décision unanime de la Cour suprême des États-Unis a restreint les circonstances dans lesquelles un fournisseur d’accès à Internet (FAI) peut être tenu responsable de la violation des droits d’auteur par ses utilisateurs. S’exprimant au nom de la Cour, le juge Clarence Thomas a déclaré qu’un FAI n’est responsable que si son service a été conçu pour des activités illégales ou s’il a activement incité à la violation.

Les autorités françaises ont convoqué Elon Musk et l’ancienne directrice de X, Linda Yaccarino, pour qu’ils se présentent à des auditions volontaires dans le cadre d’une enquête pénale visant à déterminer si X a facilité la diffusion de contenus pédopornographiques, de deepfakes générés par l’IA, de contenus niant l’Holocauste et d’autres contenus préjudiciables ou illégaux. Cependant,  M. Musk semble avoir refusé de se présenter. Le conflit s’est amplifié lorsque des informations ont révélé que le ministère américain de la Justice avait refusé d’apporter son aide à l’enquête française, arguant que l’affaire risquait d’empiéter sur la réglementation de la liberté d’expression et qu’elle viserait injustement une entreprise américaine. Les autorités françaises ont toutefois présenté cette affaire comme une mesure d’application légitime de la loi nationale.

Dans le cadre du litige fédéral multidistrict (MDL) en cours devant le district nord de Californie impliquant Meta, Google (YouTube), ByteDance (TikTok) et Snap Inc., le tribunal a rejeté les requêtes en irrecevabilité déposées par plusieurs établissements scolaires. Cette décision fait passer l’affaire de la phase de plaidoirie à celle des procédures de référence, au cours desquelles des affaires sélectionnées permettront de tester les principes fondamentaux en matière de responsabilité et de dommages-intérêts. L’argument principal des plaignants repose sur la conception des produits. Ils affirment que les plateformes ont été conçues pour maximiser l’engagement des mineurs malgré la connaissance interne des risques pour la santé mentale. Ils établissent un lien entre cette conception et l’augmentation signalée des cas d’anxiété, de dépression et de troubles du comportement en milieu scolaire. La chaîne de causalité est contestée, mais c’est la théorie centrale avancée. La chaîne de causalité est contestée, mais il s’agit là de la théorie centrale avancée. Le MDL est vaste, avec plus de 2 300 actions connexes réparties dans six États, ce qui en fait l’un des litiges les plus importants dans ce domaine. Le procès de référence prévu en juin devrait constituer le premier véritable test de ces allégations et influencera probablement à la fois la pression en faveur d’un règlement et l’orientation générale du MDL.

L’affaire Raine c. OpenAI est traitée comme une affaire distincte en Californie et ne fait partie d’aucun MDL. La plainte allègue que l’utilisation de ChatGPT par Adam Raine est passée d’une finalité académique à une dépendance émotionnelle, les révélations de plus en plus fréquentes concernant sa santé mentale ayant prétendument reçu des réponses qui ont renforcé sa dépendance plutôt que de l’orienter vers l’extérieur. Les plaignants soutiennent qu’il s’agissait là d’une conséquence prévisible d’une conception axée sur l’engagement. Ils font valoir des chefs d’accusation, notamment celui de mort par négligence, et demandent des mesures injonctives visant à renforcer les mesures de protection. Bien qu’aucune date de procès n’ait été officiellement fixée, l’affaire en est encore à ses débuts sur le plan procédural en Californie et pourrait être jugée fin 2026 ou en 2027, en fonction de l’évolution de la situation avant le procès.

SOCIOCULTUREL

La Commission européenne a lancé un programme de transformation numérique en Méditerranée destiné aux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, marquant ainsi la première initiative numérique dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée. Ce programme vise à soutenir une croissance inclusive et durable en améliorant l’accès aux services numériques, en alignant la réglementation des télécommunications sur les normes de l’UE et en renforçant les autorités réglementaires nationales.La cybersécurité constitue une priorité essentielle, avec un soutien au renforcement des cadres nationaux, des capacités institutionnelles et des réponses coordonnées aux menaces numériques.

Les premiers résultats du suivi mené par la Commission européenne au titre du Code de conduite révisé sur la lutte contre les discours de haine illicites en ligne+ montrent que les grandes plateformes progressent dans l’examen des discours de haine illicites signalés dans un délai de 24 heures, même si des lacunes subsistent en matière d’exactitude, de cohérence et de pratiques de signalement. Sur la base d’un suivi indépendant et des données fournies par les entreprises, l’évaluation a révélé que de nombreuses notifications avaient été traitées dans les délais convenus, mais qu’une part notable des cas avait fait l’objet de contestations ou avait été classée à tort. Lié au modèle de corégulation de la loi sur les services numériques, cet exercice sert de test pratique de la responsabilité, de la transparence et de la conformité des plateformes avec le droit de l’UE et le droit national.

Le gouvernement britannique prévoit des mesures qui pourraient exposer les dirigeants du secteur technologique à des poursuites pénales, y compris des peines d’emprisonnement, si leurs entreprises ne suppriment pas les images intimes non consenties lorsque les régulateurs l’exigent. Cette initiative s’appuie sur les obligations existantes qui imposent déjà aux plateformes de retirer ce type de contenu dans des délais stricts sous peine de sanctions importantes, notamment des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial, voire le blocage des services. Cette dernière mesure va plus loin : au lieu de s’appuyer uniquement sur des sanctions à l’encontre des entreprises, elle introduit une responsabilité pénale personnelle au niveau des dirigeants. Ce type de responsabilité est susceptible d’accélérer la mise en conformité d’une manière que les sanctions financières seules n’ont pas permis, et pourrait servir d’exemple à d’autres juridictions. Cette politique s’inscrit dans le cadre d’un renforcement plus large du dispositif britannique de sécurité en ligne, motivé par des préoccupations persistantes concernant la pornographie de vengeance et la prolifération rapide d’images intimes générées par l’IA.


Plans et initiatives nationaux

Inde. L’Inde a mis en place un comité d’experts en technologie et en politique sous l’égide du ministère de l’Électronique et des Technologies de l’information afin d’influencer l’élaboration du cadre de gouvernance de l’IA du pays et de conseiller le nouveau groupe sur la gouvernance et l’économie de l’IA. Réunissant des experts du gouvernement, du monde universitaire, de l’industrie et des politiques publiques, cet organisme a pour mission de traduire les questions techniques et réglementaires en constante évolution en orientations pratiques, apportant ainsi une approche plus structurée et adaptative de la gouvernance de l’IA, alignée sur les priorités économiques et sociales de l’Inde.

Afrique du Sud. L’Afrique du Sud a retiré son projet de politique nationale sur l’IA après avoir découvert que le document contenait de fausses citations générées par l’IA, ce qui compromettait la crédibilité du cadre proposé. Le gouvernement a déclaré que cette erreur était due à un manque de vérification des références et a souligné qu’une surveillance humaine plus stricte était nécessaire dans les processus politiques impliquant des outils d’IA. Ce retrait retarde les projets de création de nouvelles institutions de gouvernance de l’IA et de mesures incitatives, et la politique va désormais être réécrite.

Souveraineté

Royaume-Uni. La secrétaire d’État britannique à la Science, à l’Innovation et à la Technologie, Liz Kendall, a déclaré que le gouvernement prévoyait de soutenir les atouts britanniques dans les segments de la chaîne technologique de l’IA où le Royaume-Uni peut développer un véritable levier stratégique. Mme Kendall a rejeté l’idée d’un isolationnisme technologique et a au contraire défendu une souveraineté britannique en matière d’IA : réduire les dépendances excessives, soutenir les entreprises nationales grâce à un fonds souverain pour l’IA de 500 millions de livres sterling, et lancer en juin 2026 un nouveau plan consacré au matériel IA afin de gagner des parts de marché dans le secteur des puces électroniques. Elle a également plaidé pour une coopération avec d’autres puissances intermédiaires, notamment pour définir les normes encadrant le déploiement de l’IA.

Le gouvernement a également lancé un fonds souverain dédié à l’IA, de 500 millions de livres sterling, afin d’accélérer le développement des start-ups nationales spécialisées en IA et de renforcer l’autonomie technologique du pays. Cette initiative combine des investissements directs en capital avec un accès aux infrastructures informatiques nationales, des procédures accélérées d’obtention de visas pour les talents internationaux ainsi que des mécanismes facilitant l’accès des entreprises aux marchés publics et aux services publics. Le programme cible les entreprises en phase de démarrage ou de croissance dans des domaines tels que l’infrastructure d’IA, les sciences de la vie et l’informatique de pointe, avec pour objectif explicite de garantir que les entreprises à fort potentiel se développent et restent ancrées au Royaume-Uni plutôt que de délocaliser à l’étranger.

Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le gouvernement a publié de nouvelles lignes directrices sur l’IA et la souveraineté des données, définissant des principes visant à garantir que les ressources nationales en matière de données restent sous contrôle national. Ce cadre met l’accent sur la gouvernance du stockage, du traitement et des transferts transfrontaliers des données, en particulier lorsqu’il s’agit de données du secteur public ou de données sensibles. 

Russie. La Russie propose un projet de cadre réglementaire sur l’IA qui officialiserait la supervision du développement et du déploiement de l’IA, s’inscrivant ainsi dans le cadre d’efforts plus larges visant à renforcer la souveraineté numérique et le contrôle de l’État sur les technologies émergentes. Les propositions se concentrent sur la gestion des risques, les normes nationales et la réduction de la dépendance vis-à-vis des systèmes d’IA étrangers, tout en soutenant l’innovation nationale. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de Moscou visant à renforcer le contrôle sur les infrastructures numériques et les flux de données transfrontaliers.

Partenariats

Corée du Sud – France. La Corée du Sud et la France renforcent leur coopération par le biais d’un nouveau partenariat stratégique en matière d’IA et de technologie, visant à consolider la recherche conjointe, la collaboration industrielle et la normalisation dans le domaine des technologies émergentes. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large visant à harmoniser les capacités en matière de semi-conducteurs, d’infrastructures de données et de calcul avancé, tout en positionnant les deux pays de manière plus compétitive sur la scène mondiale de l’IA.

L’UE et le Maroc. La Commission européenne et le Maroc ont lancé un dialogue numérique afin d’approfondir leur coopération stratégique sur les technologies émergentes, la transformation numérique et le développement axé sur l’innovation. Ciblées sur l’IA, les infrastructures numériques, le soutien aux start-ups, la collaboration en matière de recherche et le renforcement des écosystèmes d’IA, cette initiative vise à faire des technologies numériques des moteurs du progrès économique et social. Une plus grande interopérabilité des services publics numériques et un échange de connaissances élargi sont également au cœur de ce partenariat, reflétant un intérêt commun pour une gouvernance numérique plus connectée, plus efficace et plus inclusive.

Juridique

États-Unis. Une cour d’appel fédérale de Washington, D.C. a refusé de bloquer l’inscription d’Anthropic sur la liste noire du Pentagone pour des raisons de sécurité nationale, permettant ainsi à cette mesure de rester en vigueur pendant que le litige se poursuit. Cette décision contraste avec celle d’un juge californien qui avait auparavant bloqué une partie de la mesure gouvernementale, soulignant une divergence judiciaire croissante face à cette initiative sans précédent.

Paraguay. Le Paraguay a adopté de nouvelles règles relatives à l’utilisation de l’IA dans ses tribunaux, avec le soutien de l’UNESCO, marquant ainsi une avancée notable dans la gouvernance judiciaire de l’IA. Ce cadre, approuvé par la Cour suprême de justice, limite l’IA à un rôle de soutien dans le traitement des données, la gestion de l’information et l’aide à la prise de décision, tout en exigeant une supervision humaine, la transparence, la responsabilité et la divulgation lorsque les outils d’IA influencent les processus judiciaires. Ces règles alignent l’approche du Paraguay sur les recommandations de l’UNESCO concernant l’IA dans les tribunaux et soulignent une tendance plus large vers un déploiement de l’IA fondé sur les droits et axé sur la confiance au sein des institutions publiques.

Belgique. L’autorité belge chargée de la protection des données a publié une nouvelle brochure d’information intitulée « L’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la vie privée », qui fournit des conseils sur les risques tels que les biais, les violations de la vie privée et l’utilisation abusive des systèmes d’IA générative. Ce document vise à sensibiliser les organisations et le public, et à favoriser le respect des cadres européens en matière de protection des données et de gouvernance de l’IA.

Sécurité et sûreté

L’UE. Les États membres de l’UE et les députés du Parlement européen n’ont pas réussi à trouver un accord sur la révisions de la loi européenne sur l’intelligence artificielle, après 12 heures de négociations sur les modifications proposées dans le cadre du paquet « Omnibus numérique » de la Commission. Les désaccords portaient principalement sur la question de savoir si les secteurs déjà couverts par les réglementations existantes en matière de produits et de sécurité devaient être exemptés de certaines parties du cadre réglementaire sur l’IA. Les législateurs ont averti que cette nouvelle impasse risquait de créer une insécurité juridique pour les entreprises qui se préparent déjà à se conformer à la réglementation, tandis que les groupes de défense de la vie privée et de la société civile ont mis en garde contre le fait que les assouplissements proposés pourraient affaiblir les garanties fondamentales. Les discussions reprendront toutefois en mai.

Kazakhstan. Le Kazakhstan a mis en place des audits obligatoires pour les systèmes d’IA à haut risque, exigeant des développeurs qu’ils obtiennent une évaluation d’audit positive avant que leurs systèmes puissent être classés comme « fiables » par les autorités sectorielles. Le gouvernement publiera et mettra régulièrement à jour des listes officielles de systèmes approuvés, sur la base de demandes comprenant des documents relatifs à la propriété, aux fonctionnalités et aux conditions d’utilisation, examinées dans des délais stricts. Cette mesure vise à instaurer la confiance et à normaliser les meilleures pratiques en matière de déploiement de l’IA, marquant ainsi une approche plus structurée et axée sur la conformité de la gouvernance de l’IA à haut risque.

Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Singapour. Le Centre national de cybersécurité de Nouvelle-Zélande, le Centre national de cybersécurité du Royaume-Uni et l’Agence de cybersécurité de Singapour ont publié des avertissements coordonnés indiquant que l’IA de pointe est en train de redessiner le paysage des cybermenaces en abaissant les barrières aux attaques sophistiquées, en accélérant la découverte des vulnérabilités et en réduisant le délai entre la divulgation et l’exploitation. Tous trois soulignent la nature à double usage de l’IA, exhortant les organisations à réévaluer les modèles de risque obsolètes et à donner la priorité à l’application rapide de correctifs, à la surveillance continue, à des contrôles d’identité et d’accès renforcés, ainsi qu’à la réduction des surfaces d’attaque afin de contrer les cybermenaces de plus en plus automatisées et rapides dans les secteurs public et privé.

États-Unis. Les responsables américains de la cybersécurité envisagent de ramener à trois jours seulement le délai de correction des failles activement exploitées, invoquant la rapidité croissante à laquelle les systèmes d’IA peuvent identifier et exploiter les vulnérabilités. Ce changement proposé s’appliquerait dans un premier temps aux agences civiles fédérales, mais pourrait redéfinir les attentes de base en matière de réponse aux incidents au sein du gouvernement et des infrastructures critiques. Les agences font valoir que les cycles de correctifs traditionnels ne sont plus compatibles avec les délais d’exploitation actuels, tandis que le secteur met en garde contre le fait que des délais aussi raccourcis pourraient dépasser la capacité des environnements informatiques complexes et hérités.

Dans le même temps, Washington fait discrètement marche arrière dans son bras de fer avec Anthropic. La Maison Blanche rédige actuellement des directives exécutives qui permettraient aux agences fédérales de travailler à nouveau avec Anthropic, bien que l’entreprise ait précédemment été qualifiée de risque pour la chaîne d’approvisionnement par le Pentagone. Ce revirement reflète des divisions internes : alors que certains secteurs de la défense restent méfiants, d’autres considèrent que l’exclusion de modèles de pointe comme Mythos serait stratégiquement coûteuse.

Mythos. Anthropic a ouvert une enquête après qu’un petit groupe d’utilisateurs a obtenu un accès non autorisé à son puissant modèle d’IA Mythos via l’environnement d’un sous-traitant tiers. Cet accès aurait eu lieu au moment même où l’entreprise commençait à déployer une version préliminaire limitée du modèle auprès d’organisations sélectionnées dans le cadre du projet Glasswing. Les utilisateurs non autorisés auraient opéré via un groupe Discord privé, en utilisant diverses tactiques, notamment l’accès par le biais de sous-traitants et des outils de renseignement open source, pour accéder au système. Mythos avait été intentionnellement restreint en raison de sa capacité à accélérer les cyberattaques et n’avait été fourni qu’à un nombre limité de partenaires, mais il semble avoir fait l’objet d’une fuite presque immédiate via l’écosystème des partenaires plutôt que par une violation directe. La période pendant laquelle les capacités de Mythos resteront contenues pourrait s’avérer bien plus courte que prévu.

Gouvernance des contenus

Chine. L’Administration chinoise du cyberespace a mis en garde plusieurs plateformes appartenant à ByteDance, notamment CapCut, Catbox et le système d’IA Dreamina, pour ne pas avoir correctement signalé les contenus générés par l’IA et les contenus synthétiques. L’Administration chinoise du cyberespace a déclaré que des inspections avaient révélé des violations des réglementations en matière de cybersécurité et d’IA générative, ce qui a donné lieu à des mesures coercitives telles que des rectifications obligatoires, des avertissements et des sanctions disciplinaires à l’encontre du personnel responsable.

Développement

Ghana. Le ministère ghanéen de la Communication, des Technologies numériques et des Innovations a lancé un programme de renforcement des capacités en matière d’IA dans le secteur public, en collaboration avec le gouvernement japonais et le Programme des Nations Unies pour le développement. Ce programme vise à doter les fonctionnaires de connaissances sur l’IA et ses applications dans la gouvernance. Il met l’accent sur l’amélioration de la prise de décision et de la prestation de services, en s’appuyant sur l’expérience des Nations Unies et du Japon.

UNESCO – Amérique latine et Caraïbes. L’UNESCO a lancé un observatoire régional de l’IA dans l’éducation pour l’Amérique latine et les Caraïbes, conçu pour soutenir l’élaboration de politiques fondées sur des données factuelles et suivre l’impact de l’IA sur les systèmes éducatifs. Cette initiative vise à renforcer les capacités, à partager les meilleures pratiques et à orienter l’intégration responsable des outils d’IA dans les écoles et les environnements d’apprentissage.

UNESCO–Oxford. L’UNESCO et l’université d’Oxford ont lancé une formation mondiale sur l’IA destiné aux tribunaux. Ce programme forme les juges et les professionnels du droit à évaluer les outils algorithmiques, à identifier les biais et à garantir le respect des normes en matière de droits de l’Homme dans des procédures judiciaires de plus en plus numérisées. Il présente des cadres pratiques pour évaluer les résultats de l’IA dans des contextes juridiques, en mettant fortement l’accent sur le maintien de l’indépendance judiciaire, de la transparence et de la responsabilité à mesure que l’IA s’intègre dans les systèmes de traitement des preuves et d’aide à la décision.

Commonwealth. Le Secrétariat du Commonwealth a lancé un programme de renforcement des capacités sur l’utilisation de l’IA dans la gestion électorale, formant les responsables électoraux des États membres à la manière dont les outils d’IA peuvent contribuer à l’éducation des électeurs, à l’efficacité administrative et à l’analyse des données tout en préservant l’intégrité électorale. Cette initiative se concentre sur les applications pratiques de l’IA dans les processus électoraux, y compris les risques tels que la désinformation, les biais et l’automatisation de fonctions sensibles d’aide à la décision. Elle souligne que l’IA doit rester un outil d’assistance plutôt qu’un substitut dans les processus démocratiques, le contrôle humain étant considéré comme essentiel pour maintenir la confiance, la légitimité et la responsabilité dans les élections.

Australie. Dans le cadre de sa stratégie nationale pour la main-d’œuvre dans le domaine de l’IA, l’Australie développe des programmes de perfectionnement ciblés destinés aux apprenants et aux travailleurs afin de combler les déficits de compétences structurels créés par les mutations du marché du travail induites par l’IA. Cette approche donne la priorité à l’intégration de la culture de l’IA dans les parcours éducatifs et professionnels, parallèlement à des formations en lien avec les employeurs pour soutenir l’adaptation dans les secteurs fortement exposés. Elle considère l’IA comme une technologie à usage général nécessitant une reconversion continue plutôt qu’une formation ponctuelle, l’attention politique se portant sur l’inclusion, l’accompagnement de la transition et l’alignement entre les systèmes éducatifs et les exigences de l’économie numérique émergente.

Pakistan. Le Pakistan a approuvé la création d’une Autorité chargée de l’éducation à l’IA, parallèlement à des projets d’écoles virtuelles. Ces réformes visent à déployer à grande échelle des systèmes d’apprentissage basés sur l’IA, à soutenir la mise en œuvre d’un enseignement personnalisé et à harmoniser les programmes numériques entre les régions. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’efforts plus larges visant à moderniser le secteur de l’éducation, à renforcer l’accès au numérique et à développer les capacités nationales pour l’adoption de l’IA dans l’enseignement public, tout en remédiant aux disparités dans les résultats d’apprentissage grâce à des modèles d’enseignement assistés par la technologie.


Le mois dernier, l’Afrique du Sud a dévoilé son premier projet de politique nationale en matière d’IA, visant à positionner le pays comme un chef de file du continent en matière d’innovation. Ce plan prévoyait la création de nouvelles institutions ambitieuses : une Commission nationale de l’IA, un Conseil d’éthique, ainsi que des allègements fiscaux pour encourager la collaboration avec le secteur privé.

Mais quelques jours plus tard, la liesse s’est transformée en embarras.

Selon Reuters, le gouvernement sud-africain a été contraint de retirer le projet après que des examinateurs ont découvert une faille fatale : le projet était truffé de fausses sources et de citations imaginaires. Les recherches étayant la stratégie du pays en matière d’IA avaient probablement été générées par une IA.

Il ne s’agit pas d’une simple faute de frappe. L’IA a inventé de toutes pièces des politiques et des ressources pour les étayer. Cela n’a rien de surprenant, car les grands modèles linguistiques sont des machines de prédiction sophistiquées, et non des fournisseurs de faits vérifiés. Même lorsqu’ils sont faux, les textes peuvent paraître parfaitement corrects et légitimes.

Le ministre sud-africain des Communications et des Technologies numériques, Solly Malatsi, a reconnu cet échec avec une honnêteté rafraîchissante :

« L’explication la plus plausible est que des citations générées par l’IA ont été incluses sans vérification appropriée. Cela n’aurait pas dû se produire. »

Il a noté que cette erreur « a compromis l’intégrité et la crédibilité du projet de politique ».

Pourquoi est-ce important ? Nous ne mettons pas l’Afrique du Sud sous les feux de la rampe pour l’embarrasser. Nous mettons en lumière le problème des lois générées par l’IA. L’incident survenu en Afrique du Sud n’est pas une exception. Alors que les décideurs politiques s’empressent de suivre le rythme de la technologie, nous voyons de plus en plus d’exemples de réglementations rédigées par l’IA soumises pour examen. Par exemple, aux États-Unis, un juge fédéral de Californie a sanctionné deux cabinets d’avocats pour avoir soumis un mémoire juridique contenant une fausse citation générée par l’IA.

Le problème n’est pas que l’IA soit utilisée. Le danger réside dans la manière dont elle est utilisée.

Les documents juridiques et les politiques exigent précision, fondement et contextualisation. Les modèles d’IA génériques échouent souvent sur ces trois points :

  1. Manque de précision : l’IA fournit fréquemment des réponses vagues et génériques à des questions juridiques spécifiques. Les lois ont besoin de définitions précises et solides ; l’IA préfère les conjectures probabilistes.
  2. Absence de fondement : la plupart des modèles d’IA ne peuvent pas fournir de lien vérifiable vers la phrase exacte d’une loi ou d’un règlement. Souvent, ils confondent les juridictions entre les pays et les juridictions.
  3. Absence de contexte : l’IA manque souvent du contexte politique, social ou historique spécifique d’une politique ou d’une réglementation. Le contexte temporel fait également défaut, ce qui montre comment les questions juridiques ont évolué au cours de la rédaction et des négociations.

Comment résoudre ce problème (sans interdire l’IA). La solution réside dans une double approche : développer une IA institutionnelle et améliorer la culture numérique en matière d’IA.

Si l’Afrique du Sud avait disposé d’une IA institutionnelle ancrée dans les connaissances et les réalités locales, une telle dérive aurait pu être évitée. De plus, l’IA serait alors un outil fiable et utile reflétant le contexte thématique et temporel de l’élaboration des politiques et de la rédaction des lois.

Mais surtout, nous devons développer les compétences en IA chez les décideurs politiques. Cela nécessite un changement de pédagogie. Nous ne pouvons pas nous contenter d’apprendre aux décideurs politiques à utiliser l’IA ; ils doivent comprendre comment elle fonctionne.

Comme l’a déclaré le ministre Malatsi :

« Cette erreur inacceptable prouve pourquoi une surveillance humaine vigilante de l’utilisation de l’intelligence artificielle est essentielle. C’est une leçon que nous tirons avec humilité. »

Si nous ne parvenons pas à mettre au point des outils d’IA précis et fiables et à former les décideurs politiques à les utiliser correctement, nous n’aurons pas seulement de fausses citations dans un projet de loi. Nous aurons de fausses lois régissant la vie de personnes réelles.


Les déclarations utopiques ou extravagantes sur l’avenir sont monnaie courante dans le discours du secteur technologique. Mais l’accélération fulgurante de l’IA générative semble avoir raccourci le délai de concrétisation de bon nombre de ces prédictions.

Le mois d’avril a vu déferler une nouvelle vague de prédictions très médiatisées. Si certains pourraient être tentés de les rejeter comme de simples effets d’annonce, il existe une bonne raison de ne pas le faire. Ces idées émanent de personnes qui non seulement développent les plateformes ou les technologies sur lesquelles nous dépendons tant, mais qui investissent également des capitaux pour transformer en réalité leur vision de ce à quoi devrait ressembler l’avenir. Lorsque les « leaders technologiques » lancent leurs idées, ils commencent à orienter les ressources du monde réel et les débats réglementaires. Et c’est là que réside le danger silencieux : concevoir l’avenir sans consultation significative du public.

Le cofondateur de Palantir, Alex Karp, et le directeur des affaires générales de Palantir, Nicholas W. Zamiska, ont publié une série de 22 propositions tirées de leur prochain ouvrage, Technological Republic. Ce livre n’est pas passé inaperçu. Les détracteurs l’ont qualifié de « technofascisme » et de « ce que le mal tweeterait ».

Leur vision s’articule autour du devoir, de la force brute et du scepticisme envers la culture démocratique moderne. Ils soutiennent que la Silicon Valley a une dette morale envers le pays qui a rendu son essor possible, et que l’élite des ingénieurs a l’obligation positive de participer à la défense nationale. Ils remettent en question l’armée de volontaires, suggérant que le service national devrait être un devoir universel afin que la prochaine guerre implique un risque partagé. Le soft power et la rhétorique grandiloquente, écrivent-ils, se sont révélés insuffisants. Les sociétés libres ont besoin de force militaire, et en ce siècle, celle-ci reposera sur les logiciels.

En ce qui concerne les armes basées sur l’IA, Karp et Zamiska sont catégoriques : elles seront développées, indépendamment des débats occidentaux. La seule question est de savoir par qui et dans quel but. Les auteurs prennent également la défense d’Elon Musk contre ce qu’il considère être des moqueries culturelles, en faisant valoir que nous devrions applaudir ceux qui tentent d’agir là où le marché a failli à sa mission. Dans le même temps, ils rejettent ce qu’ils appellent le « pluralisme vide », insistant sur le fait que toutes les cultures ne sont pas aussi productives les unes que les autres et que l’intolérance de l’élite envers les croyances religieuses est un signe de fermeture intellectuelle.

Ce que Kapr et Zamiska ne proposent pas, ce sont des mesures de politique économique. Leur république technologique s’articule autour de la sécurité et de la puissance technologique, et non de la redistribution. L’État existe pour être défendu. L’individu existe pour servir.

À peu près à la même époque, OpenAI a publié son propre document d’orientation, intitulé « Industrial Policy for the Intelligence Age ». Ce document est plus long, d’un ton plus modéré, et regorge d’expressions telles que « fonds souverain » et « droit à l’IA ». Il appelle à un débat démocratique sur la politique industrielle, la réglementation, l’éthique et l’économie en matière d’IA.

Le document d’OpenAI part d’un constat différent. La superintelligence — ces systèmes d’IA capables de surpasser les humains les plus brillants, même lorsque ces derniers sont assistés par l’IA — est en train d’arriver. OpenAI estime que les forces du marché ne peuvent à elles seules gérer cette transition. En établissant des parallèles avec l’ère progressiste et le New Deal, l’entreprise propose une collaboration public-privé ambitieuse.

Sur le plan économique, cela inclut notamment de donner aux travailleurs une voix officielle sur la manière dont l’IA est déployée sur les lieux de travail, des micro-subventions pour aider les travailleurs à devenir des entrepreneurs axés sur l’IA, un droit à l’IA en tant qu’accès fondamental comparable à l’alphabétisation ou à l’électricité, le transfert de la fiscalité des salaires vers les plus-values et le travail automatisé, la création d’un fonds de richesse publique pour donner aux citoyens une participation directe à la croissance tirée par l’IA, et la conversion des gains d’efficacité en semaines de travail plus courtes ou en meilleures prestations sociales.

Sur le plan de la résilience, OpenAI propose des systèmes de sécurité contre les risques cybernétiques et biologiques, une pile de confiance en IA pour la vérification, des régimes d’audit pour les modèles de pointe, des guides de confinement des modèles pour l’IA dangereuse, ainsi que des garde-fous pour l’utilisation par les gouvernements. L’entreprise reconnaît ne pas détenir toutes les réponses et invite à lui faire part de vos commentaires.

Similitudes et différences. Là où Karp et Zamiska parlent de devoir et de guerre, OpenAI parle de transitions et de dispositifs de sécurité. Pourtant, tous deux rejettent l’ordre politique actuel, qu’ils jugent inadéquat. Tous deux considèrent la technologie comme le principal vecteur de pouvoir. Et tous deux proposent de nouvelles formes d’obligation : le service national dans un cas, un droit à l’IA et des avantages transférables dans l’autre.

Pris ensemble, ces deux documents ne sont pas des manifestes opposés. Ce sont des dialectes différents d’un même langage émergent : les leaders technologiques ne se considèrent plus comme des fabricants d’outils. Ils se considèrent comme des concepteurs d’institutions. Et une bataille judiciaire entre Elon Musk et Sam Altman est sur le point de déterminer dans quelle mesure leurs promesses initiales sont réellement exécutoires.

Des promesses, encore des promesses. Elon Musk poursuit Sam Altman en justice pour déterminer si OpenAI s’est détournée de manière frauduleuse de sa mission initiale à but non lucratif. M. Musk soutient qu’il a été induit en erreur et que la direction d’OpenAI a renoncé à sa promesse de servir l’humanité, s’orientant plutôt vers la commercialisation par le biais de partenariats et de produits tels que ChatGPT. Il cherche à écarter Altman et le président Greg Brockman, à imposer des changements structurels à la gouvernance d’OpenAI et à obtenir potentiellement jusqu’à 150 milliards de dollars de dommages-intérêts pour sa branche à but non lucratif. OpenAI rejette cette version des faits, qualifiant l’affaire de litige concurrentiel : selon eux, Musk n’a soulevé des objections qu’après le succès d’OpenAI et l’émergence de sa propre entreprise d’IA, xAI, qui a déposé une demande d’introduction en bourse. Selon certaines rumeurs, OpenAI envisagerait elle-même une introduction en bourse fin 2026 ou en 2027. Le tribunal devra examiner les premiers e-mails, les discussions sur le financement et les interprétations contradictoires de ce que les termes « ouvert » et « à but non lucratif » étaient censés signifier.

Si le tribunal estime que l’orientation vers le profit a violé les principes fondateurs, de nombreuses organisations hybrides similaires pourraient devoir se restructurer. Si le modèle actuel est maintenu, cela consolidera la réalité selon laquelle la logique du marché et les intérêts commerciaux sont les moteurs du développement de l’IA. La mise au point et l’exploitation d’une IA avancée étant coûteuses, les entreprises ont besoin de barèmes tarifaires pour couvrir leurs coûts et réaliser des bénéfices. Et comme les modèles et l’infrastructure sous-jacents constituent des atouts concurrentiels précieux, les entreprises sont incitées à fidéliser les utilisateurs et à limiter la divulgation d’informations afin de conserver leur avantage. Cela signifie que les utilisateurs pourraient être confrontés à un accès plus différencié, à un verrouillage plus fort sur les plateformes et à une visibilité réduite sur le fonctionnement des systèmes.

Que pourraient donc faire les sociétés ? Karp, Zamiska et OpenAI partagent un postulat rarement énoncé ouvertement : l’ordre juridique et politique existant est trop lent ou trop confus pour gérer les technologies qui émergent actuellement.

Si l’on part du principe qu’ils ont ne serait-ce que partiellement raison, la solution ne peut consister à confier le pouvoir de conception aux mêmes entreprises qui tirent profit de ces technologies. Trois mesures méritent d’être envisagées.

Premièrement, séparer la conception des politiques de la stratégie d’entreprise. Toute entreprise détenant d’importants contrats publics dans des domaines tels que la défense, la santé ou le contrôle des frontières ne devrait pas être à l’origine des politiques utilisées pour réglementer ses propres activités.

Deuxièmement, codifier la responsabilité. Si les développeurs d’IA revendiquent des missions d’intérêt public, ces revendications doivent reposer sur des fondements juridiques et réglementaires, et non pas simplement sur une image de marque. L’affaire Musk-OpenAI pourrait accélérer ce processus, mais les décideurs politiques ne peuvent pas externaliser cette tâche aux tribunaux.

Troisièmement, élargir la participation. L’appel d’OpenAI à la contribution du public va dans la bonne direction, mais les mécanismes comptent. Sans une inclusion significative — impliquant les travailleurs, la société civile et les petites économies —, la participation risque de devenir procédurale plutôt que substantielle.

Nous ne sommes pas sur le point de nous réveiller d’un jour à l’autre dans une république technologique. Mais il est déjà clair que les oligarques de la technologie ne se contentent plus de créer des produits ; ils façonnent des ordres politiques et sociaux. Les sociétés modernes devront déterminer quel type d’ordre juridique et politique est nécessaire et comment faire face au pouvoir croissant des entreprises technologiques et de leurs dirigeants.


Claude Mythos Preview établit une nouvelle référence en matière de capacités de l’IA et soulève des questions de gouvernance

Le 7 avril 2026, Anthropic a annoncé le lancement de Claude Mythos Preview, son modèle d’IA le plus performant à ce jour, tout en prenant la décision explicite de ne pas le rendre accessible au public. Claude Mythos Preview est un modèle de pointe polyvalent, non commercialisé, qui, selon les propres termes d’Anthropic, met en évidence une réalité frappante : les modèles d’IA ont atteint un niveau de compétence en programmation tel qu’ils sont capables de surpasser tous les humains, à l’exception des plus chevronnés, dans la détection et l’exploitation des failles logicielles.

Les benchmarks publiés par Anthropic montrent que Mythos Preview a obtenu un score de 93,9 % au test SWE-bench Verified, de 97,6 % à l’évaluation mathématique de l’USAMO 2026, et a largement surpassé tous les modèles précédemment publiés lors d’évaluations spécifiques à la cybersécurité. Le score SWE-bench Verified est environ le double de l’état de l’art de 2024 et a été obtenu dans un contexte agentique, où le modèle a résolu de manière autonome de véritables problèmes d’ingénierie logicielle à partir de bases de code de production.

Lors de l’évaluation USAMO 2026, Mythos Preview a obtenu un score supérieur de 55 points de pourcentage à celui d’Opus 4.6, qui a obtenu 42,3 %. Sur GPQA Diamond, un indice de référence de raisonnement scientifique de niveau universitaire, Mythos Preview a obtenu un score de 94,6 %. Sur Terminal-Bench 2.0, qui évalue les compétences en administration système et en ligne de commande, il a obtenu un score de 82,0 %, soit une avance de 16,6 points sur Opus 4.6. Sur le benchmark de cybersécurité Cybench, le modèle a obtenu un score de 100 % dès le premier essai, ce qui rend ce benchmark inutilisable comme évaluation discriminante.

Capacités en matière de cybersécurité

La décision de ne pas rendre Mythos Preview accessible au public est liée à des préoccupations concernant ses capacités avancées, en particulier dans des domaines à haut risque tels que la cybersécurité, ainsi qu’à des considérations plus générales liées à la sécurité et aux risques d’utilisation abusive.

Il convient de noter que ces capacités ne sont pas le résultat d’un apprentissage ciblé. Anthropic n’a pas explicitement formé Mythos Preview pour qu’il dispose de ces capacités. Elles sont apparues comme une conséquence indirecte des améliorations générales apportées au code, au raisonnement et à l’autonomie. Les mêmes améliorations qui rendent le modèle nettement plus efficace pour corriger les vulnérabilités le rendent également nettement plus efficace pour les exploiter.

Au cours de tests internes, Mythos Preview a identifié des milliers de failles « zero-day » sur tous les principaux systèmes d’exploitation et navigateurs web, ainsi que sur d’autres logiciels critiques, dont beaucoup étaient de gravité élevée et n’avaient pas été détectées depuis des années. Des ingénieurs d’Anthropic n’ayant reçu aucune formation officielle en sécurité pouvaient demander à Mythos de trouver des failles permettant l’exécution de code à distance pendant la nuit et disposer d’un outil d’exploitation complet et fonctionnel le lendemain matin. Cette dimension d’accessibilité soulève un problème de gouvernance distinct. Traditionnellement, les cyberattaques sophistiquées nécessitaient des équipes hautement qualifiées, une planification approfondie et une expertise technique pointue. Les modèles dotés de ces capacités peuvent réduire considérablement ces barrières, y compris pour les petits acteurs étatiques et non étatiques.

Anthropic n’a divulgué qu’une fraction de ce qu’elle affirme avoir découvert lors de ses tests internes. Plus de 99 % des failles découvertes par Mythos n’avaient toujours pas fait l’objet d’un correctif au moment de l’annonce du 7 avril.

Projet Glasswing

Anthropic a lancé le projet Glasswing en tant que mécanisme d’accès structuré permettant d’utiliser Claude Mythos Preview à des fins de cybersécurité défensive. Cette initiative rassemble Amazon Web Services, Apple, Broadcom, Cisco, CrowdStrike, Google, JPMorganChase, la Linux Foundation, Microsoft, NVIDIA et Palo Alto Networks en tant que partenaires de lancement, l’accès étant également étendu à plus de 40 autres organisations qui développent ou gèrent des infrastructures logicielles critiques.

Les partenaires du projet Glasswing auront accès à Claude Mythos Preview pour détecter et corriger les failles de leurs systèmes fondamentaux. Les travaux devraient se concentrer sur la détection locale des vulnérabilités, les tests de type « boîte noire » des binaires, la sécurisation des terminaux et les tests d’intrusion. Anthropic s’engage à fournir jusqu’à 100 millions de dollars de crédits d’utilisation pour Mythos Preview dans le cadre de ces efforts. À l’issue de la période initiale de prévisualisation de la recherche, l’accès au modèle sera proposé aux participants au tarif de 25 dollars par million de jetons d’entrée et de 125 dollars par million de jetons de sortie sur l’API Claude, Amazon Bedrock, Vertex AI de Google Cloud et Microsoft Foundry.

Anthropic a également fait don de 2,5 millions de dollars à Alpha-Omega et à l’OpenSSF par l’intermédiaire de la Linux Foundation, et de 1,5 million de dollars à l’Apache Software Foundation afin de permettre aux responsables de la maintenance des logiciels open source de s’adapter à l’évolution du paysage de la cybersécurité.

Anthropic s’est engagée à rendre publiques ses conclusions, dans un délai de 90 jours, de ce qu’elle a appris, ainsi que des failles corrigées et des améliorations apportées pouvant être divulguées. L’entreprise a également l’intention de collaborer avec des organisations de sécurité de premier plan afin de formuler des recommandations pratiques couvrant, entre autres, les processus de divulgation des vulnérabilités, les processus de mise à jour des logiciels, la sécurité de l’open source et de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que l’automatisation des correctifs.

Anthropic a déclaré que le projet Glasswing constituait un point de départ et qu’à moyen terme, un organisme tiers indépendant réunissant des organisations des secteurs privé et public pourrait être le cadre idéal pour poursuivre les travaux sur des projets de cybersécurité à grande échelle.

Le projet Glasswing soulève une question de gouvernance pour le secteur, car les systèmes d’IA dotés de capacités cybernétiques peuvent devenir à la fois des outils de sécurité utiles et une source de risque d’utilisation abusive. La structure du projet Glasswing révèle également des tensions, car elle concentre plusieurs rôles, notamment la découverte, la coordination de la divulgation et le contrôle des capacités, au sein d’une seule organisation. Des entités telles qu’Anthropic et les principaux fournisseurs de cloud contrôlent des composants critiques de l’écosystème Glasswing, ce qui soulève des questions de pouvoir et de gouvernance qui, pour les institutions financières en particulier, se traduisent par un risque systémique.

Nous avons également abordé le projet Glasswing et ses implications dans notre newsletter hebdomadaire début avril.

Dimensions géopolitiques

Claude Mythos a attiré l’attention sur les dimensions concurrentielles et géopolitiques du développement de l’IA de pointe. Les partenaires de lancement du projet Glasswing excluent OpenAI, le rival d’Anthropic, qui aurait environ six mois de retard sur Anthropic dans le développement d’un modèle doté de capacités cyberoffensives comparables.

Des responsables politiques de haut niveau ont replacé Mythos dans le contexte plus large de la concurrence entre les entreprises occidentales d’IA et l’écosystème chinois de l’IA en pleine évolution, avec des implications pour la sécurité nationale, l’adoption par les entreprises et le leadership technologique. Un chercheur en sécurité a qualifié une fuite simultanée de code source chez Anthropic d’accélérateur géopolitique, soulignant que de telles divulgations réduisent le délai dont disposent les adversaires pour reproduire les avantages technologiques dont bénéficient actuellement les laboratoires occidentaux.

De nombreuses organisations de défense continuent de dépendre de logiciels et d’infrastructures hérités qui n’ont pas été conçus pour faire face à des menaces alimentées par l’IA. Des modèles capables d’identifier de manière autonome des failles cachées dans d’anciens codes informatiques pourraient révéler des vulnérabilités au sein de réseaux de défense critiques à travers le monde. La difficulté à contenir ces capacités à l’échelle géopolitique se reflète dans les modes d’utilisation observés. Le fait de restreindre l’accès au niveau des laboratoires ne garantit pas réellement un confinement entre juridictions lorsque les mêmes modèles sous-jacents restent accessibles via des infrastructures cloud couvrant plusieurs pays et environnements réglementaires.

Les limites de la gouvernance volontaire de l’IA

L’affaire Claude Mythos a clarifié, avec une grande précision, ce que la gouvernance volontaire de l’IA peut et ne peut pas accomplir. Un laboratoire responsable peut prendre la décision unilatérale de ne pas commercialiser un système dangereux. Il peut soutenir la divulgation coordonnée des vulnérabilités, impliquer les gouvernements de manière proactive et produire une documentation publique détaillée sur les capacités et les risques d’un modèle. Tout cela s’est produit avec Mythos et représente un progrès significatif par rapport à l’environnement de gouvernance d’il y a quelques années.

Ce que les cadres volontaires ne peuvent pas faire, c’est contraindre des concurrents qui opèrent selon des hypothèses différentes. La version 3.0 du RSP d’Anthropic le reconnaît directement en supprimant l’engagement de ne pas commercialiser de modèles dangereux si un autre laboratoire commercialise un modèle comparable en premier. La structure concurrentielle du secteur de l’IA signifie que la retenue d’un acteur n’empêche pas la capacité sous-jacente de finir par se répandre. Les cadres de gouvernance volontaires fonctionnent mieux lorsqu’ils génèrent des normes partagées à l’échelle d’un secteur. Lorsque le secteur est structuré autour d’une concurrence intense entre un petit nombre d’organisations, la retenue volontaire d’un seul acteur ne résout pas la question plus large de l’accès.

Les analystes notent que ce que Mythos fait aujourd’hui dans un environnement restreint, les modèles accessibles au public sont susceptibles de le reproduire d’ici une à deux générations de modèles. La prochaine phase de la loi européenne sur l’IA entrera en vigueur en août 2026, introduisant des pistes d’audit automatisées, des exigences de cybersécurité pour les systèmes d’IA classés à haut risque, des obligations de signalement des incidents et des sanctions pouvant atteindre 3 % du chiffre d’affaires mondial. Le cadre de l’UE marque un tournant vers une gouvernance contraignante, mais son champ d’application par rapport au rythme et à la répartition internationale du développement de l’IA de pointe reste à démontrer.

La marche à suivre

Anthropic reconnaît que des capacités telles que celles démontrées par Mythos se généraliseront au-delà des acteurs engagés à les déployer en toute sécurité, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les économies, la sécurité publique et la sécurité nationale. La réponse de l’entreprise, considérée dans son ensemble, témoigne d’une volonté sérieuse de gérer ce risque dans le cadre de dispositifs volontaires et de la prise de décision privée. La politique de développement responsable, le projet Glasswing, les briefings proactifs auprès des gouvernements et la fiche technique détaillée constituent chacun des contributions substantielles. Ils sont également tous le fruit du jugement d’une seule entité privée, opérant sans obligation de rendre des comptes à des instances externes.

L’affaire Mythos n’appelle pas tant une réévaluation du comportement d’Anthropic qu’une vision lucide de ce que la gouvernance volontaire peut réellement soutenir à la frontière du développement de l’IA. Les gouvernements des deux côtés de l’Atlantique ont été briefés de manière informelle d’un modèle dont les capacités ont des conséquences pour les infrastructures critiques et la sécurité nationale. Aucune obligation de notification contraignante n’existait. Aucune autorité technique indépendante n’y avait eu accès au préalable. Aucun mécanisme de coordination internationale n’était en place.

Aucune organisation ne peut relever ces défis à elle seule. Les développeurs d’IA de pointe, les éditeurs de logiciels, les chercheurs en sécurité, les responsables de projets open source et les gouvernements ont tous un rôle essentiel à jouer. L’affaire Mythos a fait de cette observation non pas une simple déclaration d’intention, mais un problème politique qui nécessite des réponses institutionnelles concrètes. La question à laquelle sont désormais confrontés les décideurs politiques est de savoir si ces réponses prendront forme avant que le prochain seuil de capacité ne soit atteint.

Le mois dernier à Genève

29e session de la CSTD

La 29e session de la Commission de la science et de la technologie au service du développement (CSTD) s’est tenue du 20 au 24 avril 2026 au Palais des Nations à Genève, en Suisse.

Pour sa 29e session, le programme a abordé le thème prioritaire « Science, technologie et innovation à l’ère de l’intelligence artificielle » et a entendu des présentations sur le rapport relatif aux activités de coopération technique dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation.

Les membres de la CSTD ont également examiné les progrès réalisés dans la mise en œuvre et le suivi des résultats du Sommet mondial sur la société de l’information aux niveaux régional et international.

Enfin, les membres de la CSTD ont adopté deux résolutions sur le SMSI et la science, la technologie et l’innovation au service du développement.

 People, Person, Crowd, Indoors, Computer Hardware, Electronics, Hardware, Monitor, Screen, Cinema, Theater, Concert, Audience, Tony Meléndez, Abimael Guzmán, Stephen K. Amos, Li Hongli, Josh Grelle, Weird MC, Ole Anderson, La Parka
Source de l’image : publication Innovation X de la CNUCED

Élaboration de la stratégie suisse pour le Sommet sur l’IA

Un rapport destiné à éclairer la planification stratégique du Sommet sur l’IA de Genève 2027, synthétisant les contributions d’une table ronde multipartite et de plus de 50 contributions écrites afin d’influencer la stratégie de la Suisse pour l’organisation du Sommet sur l’IA, a été rendu public.

La principale conclusion de « Shaping Switzerland’s AI Summit Strategy » est que l’avantage comparatif de la Suisse ne réside pas dans l’envergure technologique, mais dans sa capacité à rassembler en toute confiance, sa gouvernance pragmatique et sa crédibilité institutionnelle. Sa neutralité, ses institutions solides, sa base de recherche (par exemple l’ETH/l’EPFL) et l’écosystème multilatéral de Genève la positionnent comme un facilitateur de la coopération pratique et intersectorielle. Cependant, des lacunes subsistent en matière d’investissement et de mise à l’échelle des innovations sur le marché.

Deux grands axes prioritaires se dégagent. Premièrement, une infrastructure d’IA fiable et souveraine, comprenant des modèles ouverts, l’interopérabilité et la réduction de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs dominants – parallèlement à un déficit notoire de la Suisse en matière d’accès à des capacités de calcul IA de niveau industriel. Deuxièmement, l’impact de l’IA sur les droits de l’Homme, la sécurité et le droit humanitaire, en particulier en ce qui concerne l’utilisation militaire, la surveillance et la préservation de l’autonomie humaine. Les préoccupations transversales incluent la culture de l’IA, l’adoption par les PME, la préparation du secteur public et l’accès équitable pour les pays en développement.

Sur le plan stratégique, Genève 2027 devrait être conçue comme une plateforme de mise en œuvre, ont souligné les contributeurs, fournissant un ensemble limité d’outils pratiques et réutilisables à l’échelle internationale, soutenus par un processus préparatoire inclusif et des mécanismes de suivi.

Semaine de la cybersécurité de Genève 2026

L’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) et le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) co-organisent la semaine de la cybersécurité à Genève du 4 au 8 mai 2026, réunissant des décideurs politiques, des diplomates, des experts techniques, des leaders du secteur privé, des universitaires et des représentants de la société civile dans divers lieux à Genève et en ligne pour une semaine de discussions sur la stabilité cybernétique, la résilience, la gouvernance, la numérisation et les implications sécuritaires des technologies émergentes, y compris l’IA.De retour après sa première édition, cet événement se positionne comme une réponse à un environnement cybernétique et géopolitique plus fragile. Organisée sous le thème « Faire progresser la coopération mondiale dans le cyberespace », la semaine de la cybersécurité à Genève 2026 intervient à un moment où l’insécurité cybernétique s’accroît, où les tensions géopolitiques s’intensifient et où les changements technologiques s’accélèrent. Le programme comprendra près de 90 événements et renforcera le rôle de Genève en tant que centre de cyberdiplomatie, de coopération internationale et de gouvernance numérique.

Opportunité : Devenez Chargé de recherche

Diplo a le plaisir de lancer un nouvel appel à candidatures pour les boursiers « Digital Watch » (2026).

Qu’est-ce que le Digital Watch Observatory ?

Le Digital Watch Observatory(DW) est un centre d’observation complet et une source d’information unique sur la gouvernance numérique. Il suit les dernières évolutions, fournit des aperçus et des analyses des politiques, et rassemble des informations sur les thèmes clés, les technologies, les processus, les acteurs politiques, les événements et les ressources.

Le DW s’adresse aux diplomates, aux décideurs politiques, aux chercheurs, aux acteurs de la société civile, aux représentants du monde des affaires et à d’autres parties prenantes qui ont besoin d’informations fiables, structurées, impartiales et actualisées sur les questions de gouvernance numérique.

Son contenu s’articule autour de :

  • Des thèmes, allant de la cybercriminalité et de la liberté d’expression à la gouvernance des données et aux infrastructures critiques.
  • Des technologies telles que l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les semi-conducteurs.
  • Des processus, notamment le Mécanisme mondial des Nations unies sur la sécurité des TIC, le Forum sur la gouvernance de l’Internet, le processus du Pacte numérique mondial, et bien d’autres encore.
  • Les acteurs politiques, tels que les pays, les entités techniques, les associations professionnelles, les entités des Nations unies et d’autres organisations internationales et régionales.
  • Des ressources, notamment des conventions, des résolutions, des lois et règlements, des rapports, etc.
  • Événements, tels que réunions, négociations, conférences et consultations.

Cette structure est complétée par :

Des mises à jour quotidiennes, des analyses régulières et des bulletins d’information hebdomadaires et mensuels qui suivent et expliquent les développements les plus pertinents dans le domaine de la gouvernance numérique.

Quel est le rôle d’un chargé de recherches ?

Les chargés de recherches (KF) jouent un rôle central dans la capacité de ce centre d’observation à fournir une couverture complète, précise et actualisée de domaines spécifiques de la gouvernance numérique.

Chaque chargé de recherches est censé couvrir un ou plusieurs domaines d’expertise et contribuer à garantir que le DW reste précis, pertinent, complet et impartial. Cela signifie :

  • Suivre et analyser les évolutions liées au(x) domaine(s) d’expertise attribué(s) et veiller à ce qu’elles soient prises en compte dans les mises à jour quotidiennes et les analyses régulières.
  • Veiller à ce que les pages du DW attribuées soient exactes, à jour et solides sur le fond.
  • Suivre les événements pertinents pour son ou ses domaines d’expertise et contribuer à ce que les réunions, négociations et discussions importantes soient reflétées sur le DW.
  • Identifier les ressources clés pertinentes pour son ou ses domaines d’expertise, telles que les résolutions des Nations unies et autres documents adoptés au niveau intergouvernemental, les lois, les réglementations, les rapports et les documents d’orientation.

Contribuer à une meilleure couverture des organisations, des pays et des autres acteurs clés de la gouvernance numérique.

Contribuer, le cas échéant, à des bulletins d’information, des documents de politique et de recherche, ainsi qu’à d’autres produits de connaissance.

Les chargés de recherches peuvent également avoir l’occasion de contribuer à l’écosystème de connaissances plus large de Diplo, notamment aux cours, aux discussions et aux initiatives thématiques.

Qui peut postuler ?

À une époque où l’espace public regorge de contenus générés par l’IA, nous recherchons plus qu’une simple personne capable d’utiliser l’IA pour résumer des actualités ou réécrire des ressources en ligne.

Les KF auront accès à des outils d’IA sur mesure pour les aider dans leur travail, mais le poste exige une expertise dans le domaine, un esprit critique et la capacité d’identifier ce qui est important, ce qui manque et ce qui mérite une analyse plus approfondie.

Plus précisément, nous recherchons des candidats qui :

  • Possèdent une solide expertise en gouvernance numérique, fondée sur une expérience professionnelle, des recherches universitaires, un engagement politique ou une combinaison de ces éléments.
  • Souhaitent continuer à développer cette expertise.
  • Savent où chercher et quoi rechercher afin d’assurer une couverture exhaustive des sujets, technologies, processus, etc. qui leur sont assignés.
  • Sont capables d’identifier les développements majeurs, les controverses politiques, les débats clés et les tendances émergentes dans le paysage de la gouvernance numérique, et de les couvrir avec précision et impartialité.

Cela implique de combiner une expertise thématique avec un jugement éditorial, une connaissance des politiques et un sens aigu de la curation des connaissances.

Les candidats doivent également disposer :

  • Être disponible pour contribuer régulièrement. Le programme se déroule en ligne et nécessite un engagement d’au moins 8 heures par semaine.
  • De solides compétences analytiques et rédactionnelles en anglais.
  • Des compétences de base dans l’utilisation du web et des réseaux sociaux, ainsi qu’une bonne connaissance des outils d’IA générative.

Ce que nous offrons

Les boursiers Digital Watch Knowledge bénéficieront :

  • d’une formation initiale et des conseils sur l’approche éditoriale et de curation de Digital Watch.
  • d’une formation aux processus de travail du Digital Watch et aux outils numériques/d’IA.
  • d’une rémunération.
  • d’une visibilité de leur travail auprès des utilisateurs de DW (communautés diplomatiques à Genève et dans d’autres centres diplomatiques, professionnels de tous les groupes de parties prenantes traitant de sujets numériques, etc.)
  • d’opportunités de promouvoir leurs recherches sur la gouvernance numérique via les réseaux de DW et Diplo.
  • de l’adhésion à une communauté mondiale d’experts et de professionnels travaillant sur la gouvernance numérique.

Les boursiers sont engagés à titre de consultants/rémunérés ; ce poste ne constitue pas un emploi au sein de la DiploFoundation.

Comment postuler

Les candidats intéressés sont invités à remplir le formulaire de candidature.
Date limite de candidature : 31 mai 2026