Résumé
La discussion portait sur la santé mentale des jeunes dans le monde numérique. Les intervenants ont parlé des plateformes, ldes algorithmes, de l’éducation et des dynamiques sociales dans un contexte international.Selon eux, la question dépasse le seul cadre de la jeunesse, et ont soutenu que l’usage du numérique concerne tout le monde et constitue une question de politique fondamentale à l’ONU et à Genève.Un point central de convergence a été que le temps d’écran, à lui seul, ne permet pas d'analyser le problème convenablement. Niels Weber a déclaré que la question essentielle est de savoir ce que font les jeunes sur et hors écran, dans le cadre d’une évaluation plus large de la santé mentale globale.Tatiana Debrabandere a de même indiqué que les recherches menées en Belgique francophone montrent qu’une attention excessive est accordée aux limites de temps d’écran plutôt qu’à ce que les jeunes font réellement en ligne et aux expériences positives qu’ils peuvent y vivre.Plusieurs intervenants ont souligné que la conception des plateformes et les algorithmes façonnent les comportements. Daniella Esi Darlington a soutenu que de nombreuses plateformes ne sont pas conçues de manière sûre pour les jeunes et qu’elles sont pensées pour maximiser le temps d'utilisation, tout en notant que la technologie peut aussi soutenir la sensibilisation et la mobilisation.Niels Weber a convenu que la conception axée sur le temps d'utilisation prolonge l’usage des plateformes par les jeunes, mais il a rejeté l’idée de décrire la plupart des usages problématiques comme une « addiction », affirmant que l’indicateur clinique le plus pertinent est la souffrance ressentie par les usagers ou les familles.Il a ajouté que l’usage excessif du téléphone ou des jeux répond souvent à des difficultés hors ligne telles que l’école, les relations ou le deuil, de sorte que les comportements numériques doivent être compris dans un contexte de vie plus large.Plutôt que l'interdiction, les intervenants ont mis en avant des logiques d’éducation et de dialogue. Tatiana Debrabandere a parlé de la base juridique de la Belgique en matière d’éducation aux médias et des efforts de son conseil pour fournir des supports pédagogiques transversaux, des activités communautaires et un soutien aux parents, tout en relevant le manque de ressources et les orientations politiques vers l’interdiction des smartphones et des réseaux sociaux dans certains contextes.
Daniella Esi Darlington s’est opposée aux interdictions des réseaux sociaux, estimant qu’elles ne traitent pas les causes profondes et que les politiques devraient plutôt associer les jeunes, les parents, l’industrie et les pouvoirs publics, notamment par des évaluations d’impact sur les droits humains centrées sur l’enfant dans la gouvernance de l’IA.La discussion a également exploré des réponses pratiques. Niels Weber a décrit l’usage des jeux vidéo en thérapie pour rétablir le dialogue familial et comprendre, à travers le jeu, les expériences et émotions réelles des jeunes.Sur la parentalité, il a suggéré de remplacer les limites de temps rigides par une liste de contrôle de signes indiquant qu’un enfant va bien et est équilibré.En conclusion, la discussion a mis en lumière à la fois les dimensions mondiales et locales, en évoquant notamment l’ouverture croissante du Ghana aux questions de santé mentale numérique, et s’est achevé par un appel à une responsabilité et une régulation accrues des plateformes, même lorsque la science montre plus clairement une corrélation qu’un lien de causalité.
Points clés
- Le thème central de la discussion était la santé mentale des jeunes dans le monde numérique, en particulier la manière dont les plateformes, les algorithmes, l’éducation, les dynamiques sociales et la psychologie se croisent dans les expériences en ligne des jeunes. La discussion prenait place a un moment important dans le contexte plus large Dialogue mondial de l'ONU sur la gouvernance de l'IA. - Un point majeur a été qu'un contrôle du temps d’écran, à lui seul, est une mesure inadéquate du bien-être numérique. Niels Weber et Tatiana Debrabandere ont soutenu que les questions les plus pertinentes sont de savoir ce que font les jeunes en ligne, ce qui se passe dans leur vie, et comment l’usage du numérique est lié à des besoins plus larges en matière de santé mentale et de développement. - Les intervenants ont souligné que l’usage problématique du numérique ne devrait pas être automatiquement qualifié d’« addiction ». Niels Weber a soutenu que la surconsommation se comprend mieux à travers la souffrance, le contexte et la conception des plateformes qu’à travers un langage simpliste de l’addiction, tandis que Tatiana Debrabandere a ajouté que la reconnaissance de l’OMS se limite au trouble du jeu vidéo dans une faible minorité de cas et que l’éducation aux médias devrait se concentrer sur la réduction des risques. - Un autre grand point de discussion a été le rôle de la conception des plateformes et de l’IA dans la production des préjudices et des bénéfices. Daniella Esi Darlington a souligné que de nombreux systèmes sont conçus pour maximiser le temps d'utilisation, exposer les jeunes à des risques tels que la solitude, les contenus nocifs et le cyberharcèlement, et brouiller les frontières entre soutien humain et compagnons IA. Elle a noté que la technologie peut aussi être utilisée pour la sensibilisation, le signalement, l’accès au conseil et d’autres interventions de soutien. - Le panel a plaidé à plusieurs reprises en faveur de l’éducation, du dialogue et d’une régulation co-construite plutôt que des interdictions. Tatiana Debrabandere a décrit la base juridique de la Belgique en matière d’éducation aux médias et la nécessité d’outils pédagogiques transversaux et pratiques ainsi que d’un meilleur financement, tandis que Daniella Esi Darlington et Alexandre Carette ont remis en question les restrictions générales telles que l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans et ont au contraire appelé à associer les jeunes, les parents, les écoles, les gouvernements et l’industrie à une conception plus sûre et à des cadres politiques centrés sur l’enfant.L’objectif global de la discussion était d’examiner comment protéger et améliorer la santé mentale des jeunes dans les environnements numériques en dépassant les débats simplistes sur le temps d’écran et l’interdiction. Le panel visait à réunir des perspectives psychologiques, éducatives, technologiques et politiques afin d’identifier de meilleures façons de comprendre les pratiques numériques des jeunes, de soutenir les familles et de façonner des plateformes et une gouvernance plus responsables.
Les intervenants ont partagé leurs réflexions, ils ont collaboré et ont porposé des solutions. La discussion a commencé par une introduction formelle et accueillante des intervenants, puis ces derniers ont proposé des analyses en évoquant les préjudices, la panique morale, la solitude, les usages problématiques et la faible responsabilité des plateformes. À la fin de la séance, ils ont proposé des réponses pratiques et constructives, mettant l’accent sur le dialogue, l’éducation, la responsabilité partagée et la réforme réglementaire plutôt que sur la peur ou la critique.
Intervenants
- Intervenante nº1 - Sharon Weinblum - Intervenante d’ouverture ; a accueilli les participants et présenté le panel sur la santé mentale des jeunes dans le monde numérique ; présentée comme déléguée de Bruxelles à Genève / représentant Bruxelles à Genève. - Audience - Participants du public posant des questions et formulant des commentaires. - Tatiana Debrabandere - Panéliste ; travaille sur l’éducation aux médias et les questions de démocratie/éducation au sein du gouvernement belge ; s’est exprimée spécifiquement du point de vue de la Belgique francophone et de la politique d’éducation aux médias. - Alexandre Carette - Modérateur du panel ; a introduit et guidé la discussion ; présenté comme venant de l’ONU à Genève. - Niels Weber - Psychologue et psychothérapeute en Suisse ; spécialisé dans l’hyperconnectivité, l’usage problématique des outils numériques et l’utilisation des jeux vidéo comme outil de soutien et de compréhension. - Daniella Esi Darlington - Entrepreneure technologique ghanéenne ; spécialiste de l’IA ; membre du council de UAT ; travaille sur la conformité, la régulation et l’usage éthique et responsable des technologies, avec une perspective internationale incluant le Sud global. Intervenants supplémentaires : - Aucun autre intervenant nommé clairement identifié n’a participé à la discussion au-delà de ceux énumérés ci-dessus.Les intervenants de la séance ont échangé autour du thème de la santé mentale des jeunes dans notre monde numérique. Selon eux, cette problématique dépasse largement les simples préoccupations liées aux appareils ou au temps d’écran, et implique auss les plateformes, les algorithmes, l'éducation, la psychologie et les dynamiques sociales. Sharon Weinblum a ouvert la séance en indiquant que la discussion se déroulerait principalement en français avec interprétation en anglais, et elle a noté qu’elle avait lieu le même jour que l’ouverture du Dialogue mondial de l'ONU sur la gouvernance de l’IA à Genève. Alexandre Carette a renforcé ce cadrage en affirmant qu’il ne s’agit pas seulement d’une question pour les experts ou pour les jeunes, mais pour tous ceux qui utilisent des outils numériques, et il l'a relié à des questions telles que l’accès, la vie privée et les usages numériques du quotidien. La problématique du temps d'écran analysée seule ne permet pas de bien comprendre le bien-être numérique. Niels Weber a déclaré que les discussions sur le temps d’écran se concentrent souvent sur la fixation de limites, mais que le temps passé devant un écran, à lui seul, n’en dit pas assez. Selon lui, les questions les plus importantes sont de savoir ce que les jeunes font sur les écrans, ce qu’ils font en dehors des écrans, et comment les pratiques numériques s’inscrivent dans leur santé mentale et leur développement au sens large. Il a ajouté que le monde numérique ne devrait pas être traité séparément du monde réel, mais comme faisant partie du monde dans lequel les jeunes grandissent. Tatiana Debrabandere a soutenu ces propos et a précisé que des enquêtes menées en Belgique francophone montrent que les jeunes sont informés et peuvent tirer profit d’expériences positives en ligne, alors que les restrictions tendent surtout à se concentrer sur le temps d’écran plutôt que sur ce qu’ils font réellement en ligne. Niels Weber a aussi déclaré qu’il ne fallait pas considérer que ce problème est propre aux jeunes, mais qu'il s'agit d'une question sociétale plus large qui exige une autre manière de comprendre les comportements. Tatiana Debrabandere a expliqué que la Belgique francophone dispose d’un cadre juridique pour l’éducation aux médias qui, selon ses termes, agit comme une « Bible » et oblige le gouvernement à mettre en place des pratiques éducatives autour des médias tout au long de la vie, aussi bien pour les jeunes que pour les personnes plus âgées. Elle a indiqué que ce cadre est important, car il permet de mener des enquêtes sur les pratiques numériques des enfants et des jeunes et aide à transmettre ces informations au gouvernement. Elle a par la suite décrit le travail pratique du Conseil supérieur de l’éducation aux médias, qui réunit des spécialistes, produit des supports prêts à l’emploi pour les enseignants et développe des activités dans les écoles ainsi que dans les milieux de la jeunesse et de la culture. Dans le même temps, elle a souligné que la mise en œuvre reste difficile : il est compliqué de créer un cours dédié à l’éducation aux médias, de nombreux outils sont surtout utilisés par des enseignants déjà motivés, et les financements restent limités. Daniella Esi Darlington a ajouté une perspective internationale et technologique. Elle a déclaré que les jeunes figurent parmi les plus grands utilisateurs d’internet et qu’ils sont donc souvent les premiers exposés aux préjudices qui y sont liés. Elle a soutenu que de nombreuses plateformes ne sont pas conçues de manière suffisamment sûre et que les algorithmes sont élaborés pour maintenir les utilisateurs connectés le plus longtemps possible, ce qui sert les intérêts des grandes entreprises technologiques. Elle a aussi avancé que la technologie a aussi des usages positifs, notamment en matière de sensibilisation, de mobilisation et d’auto-éducation sur les préjudices technologiques, en particulier en ce qui concerne l’IA. Elle a également appelé à ce que les solutions soient co-construites par les parents, les écoles, les gouvernements, l’industrie et les jeunes eux-mêmes, plutôt qu’imposées aux jeunes alors même que l'on ne comprend pas forcément leur vécu. Niels Weber a ensuite abordé le thème de l'addiction, et il a soutenu que ce terme est souvent trompeur lorsqu’il est appliqué aux comportements numériques des jeunes. Il a affirmé qu’il n’existe pas de critères cliniques qui définissent le temps d’écran lui-même comme problématique, et que la question devrait plutôt être comprise à travers les besoins développementaux, les fonctions remplies par les écrans et les caractéristiques de conception qui maintiennent les utilisateurs en ligne plus longtemps qu’ils ne l’avaient prévu. Il a reconnu qu’une conception orientée vers la rétention peut rendre l’arrêt plus difficile, en particulier pour les jeunes utilisateurs dont le cerveau est encore en développement, mais il a estimé que cela ne devrait pas être automatiquement décrit comme une addiction. Pour lui, la question cliniquement pertinente est de savoir s’il y a souffrance : si le jeune est en détresse face à son propre comportement, ou si les parents souffrent eux aussi et décrivent l’usage des écrans comme une lutte permanente dans la vie familiale. Il a suggéré de s’éloigner de l’étiquette d’addiction afin ouvrir la voie à des réponses plus utiles et moins stigmatisantes. Tatiana Debrabandere s’est globalement accordée avec lui tout en établissant une distinction clinique plus étroite. Elle a déclaré que l’OMS reconnaît le trouble du jeu vidéo, et non l’addiction de manière générale, et seulement dans une faible minorité de cas, autour de 3 pour cent. Elle a soutenu que l’éducation aux médias devrait se concentrer sur la réduction des risques plutôt que de traiter la plupart des usages numériques comme une addiction. Selon elle, les cas plus graves sont mieux identifiés à travers des schémas tels qu’une perte de contrôle durable ou un retrait social prolongé. Elle a également comparé les inquiétudes actuelles autour des réseaux sociaux et de l’IA aux peurs anciennes suscitées par les romans au dix-neuvième siècle, plaidant contre la diabolisation et en faveur d’un accompagnement patient et de l’éducation. La discussion s’est ensuite tournée vers les signes d’alerte et le contexte familial. Niels Weber a été interrogé sur ce qui devrait alerter les parents, et a déclaré que les inquiétudes apparaissent souvent autour du refus scolaire, de l’isolement et des conflits familiaux, tout en mettant à nouveau en garde contre le fait de considérer l’écran lui-même comme l’ensemble du problème. Il a indiqué que l’usage excessif du numérique peut être une réponse à des difficultés de la vie quotidienne telles qu’une séparation, un deuil, des problèmes scolaires ou des difficultés relationnelles. Il a inversé le récit habituel en suggérant qu’un jeune peut ne pas aller mal à l’école à cause de l’usage du téléphone, mais peut au contraire utiliser excessivement son téléphone parce que sa vie scolaire ou émotionnelle est déjà difficile. Niels Weber a également donné un exemple thérapeutique concret à partir des jeux vidéo. Il a expliqué que lorsqu’une famille vient en thérapie inquiète du fait qu’un enfant joue trop à Fortnite ou à un autre jeu, une étape utile peut être de jouer au jeu ensemble pendant la séance. Il a affirmé que cette approche fonctionne généralement bien parce que les jeunes ont souvent beaucoup à dire, s’impliquent dans la séance et expliquent un environnement numérique que les adultes ne comprennent souvent pas. Il a ajouté que les jeux génèrent de vraies émotions même si le cadre est simulé, et qu’observer le jeu peut révéler ce qui se passe à la fois pour le jeune et au sein de la famille. Il ne s'agit pas d'une solution magique, mais d'un moyen de reconstruire le dialogue et d’inscrire la vie numérique dans une discussion plus large sur l’école, la famille, les émotions et l’équilibre quotidien. Dans des conseils pratiques ultérieurs destinés aux parents, il a réitéré qu'une limite d'usage en heure n'est pas idéale et a plutôt suggéré de définir une liste d’éléments qui les rassurent sur le fait qu’un enfant va bien, puis d’évaluer l’usage des écrans à l’intérieur de ce tableau plus large. Plusieurs intervenants ont également abordé la solitude, les compagnons IA et les risques en ligne. Daniella Esi Darlington a déclaré que la solitude peut conduire les jeunes à chercher des compagnons IA pour avoir des amis, et elle a averti que les fournisseurs ne devraient pas permettre aux chatbots d’agir comme substituts à des professionnels lorsque les utilisateurs évoquent une dépression, de l’anxiété ou une détresse similaire. Elle a soutenu que de tels systèmes devraient rediriger les utilisateurs vers un soutien adapté, une personne humaine. Elle a également lié la vulnérabilité des jeunes à la peur de manquer quelque chose, en disant que les jeunes peuvent essayer de nouvelles technologies simplement parce qu’ils ne veulent pas être laissés de côté. Elle a indiqué que cela peut les exposer à des contenus dangereux et au cyberharcèlement, entre autres. Elle a aussi déclaré que la technologie peut faire partie de la réponse ; elle a donné des exemples tels que des systèmes d’IA qui détectent le cyberharcèlement, signalent des comportements abusifs inacceptables ou mettent les jeunes en relation avec des conseillers et des lignes d’assistance. Les intervenants ont ensuite discuté plus en détail de la question des interdictions et des restrictions. Tatiana Debrabandere a déclaré qu’après un changement de gouvernement en Belgique, les smartphones avaient été complètement interdits dans les écoles et que des restrictions sur les réseaux sociaux étaient également en discussion, sous l’influence d’évolutions dans des pays tels que l’Australie et la France. Elle a décrit cela comme un virage politique vers l’interdiction et l’a opposé aux efforts du conseil pour poursuivre une approche plus structurelle d’éducation aux médias. Lorsque Alexandre Carette a évoqué la décision de l’Australie de restreindre l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, il a remis en question des mesures introduites sans consultation adéquate des jeunes et a noté que l’accès au soutien psychologique et social varie fortement d’un pays à l’autre. Daniella Esi Darlington a répondu clairement que l’interdiction des réseaux sociaux ou de l’accès à internet n’est pas la bonne réponse, car elle ne s’attaque pas au problème sous-jacent. Elle a indiqué que les jeunes utilisent internet pour de nombreuses raisons positives, notamment pour la recherche, les affaires, la recherche d’opportunités et la communication. Au lieu d’interdictions, elle a appelé à des cadres de gouvernance plus solides, y compris des évaluations d’impact sur les droits humains spécifiques aux enfants dans la gouvernance de l’IA et du numérique, ainsi qu’à un examen plus attentif de la question de savoir si les documents de politique nationale traitent réellement du bien-être numérique des enfants. Tatiana Debrabandere a également expliqué comment l’éducation aux médias peut fonctionner dans la pratique. Elle a déclaré qu’elle devrait partir des pratiques médiatiques quotidiennes propres aux jeunes : ce qu’ils aiment, ce qu’ils consomment, les personnes qu’ils suivent et la manière dont ils s’informent. Elle a donné l’exemple des influenceurs et des créateurs de contenu, qu’elle a décrits comme une question majeure en Belgique et en France, en particulier lorsque les jeunes peuvent avoir du mal à distinguer journalisme, opinion et promotion commerciale. Elle a affirmé que l’éducation aux médias devrait les aider à identifier la publicité, à comprendre comment les contenus sont construits et à réfléchir de manière critique aux raisons pour lesquelles ils font confiance à certains influenceurs. Daniella Esi Darlington a ensuite été interrogée sur le point de savoir si les questions discutées se présentaient différemment au Ghana. Elle a déclaré que la santé mentale est une question vaste et mondiale et que le Ghana compte lui aussi de nombreux jeunes utilisateurs d’internet et des réseaux sociaux, en particulier de TikTok. Elle a toutefois ajouté que le contexte culturel reste important : au Ghana, la santé mentale n’est pas toujours discutée ouvertement dans les cadres dominants, même si les jeunes générations utilisent de plus en plus les outils numériques pour sensibiliser et orienter les personnes vers des experts et des psychologues lorsqu’elles ont besoin d’aide. Les interventions du public ont encore élargi la discussion. Un participant a déclaré que les enfants neurodivergents peuvent être particulièrement affectés et il a soulevé des questions telles que le harcèlement et le passage d’un visionnage partagé à une consommation numérique plus individualisée. Il a mis en avant des modèles d’accompagnement impliquant de jeunes adultes ou des pairs plutôt que de s’appuyer uniquement sur des figures d’autorité telles que les parents, les enseignants ou les écoles. Un autre participant, issu du régulateur colombien, a demandé s’il existe suffisamment de preuves, y compris au niveau de l’OMS, concernant l’impact de la technologie sur la santé mentale, et comment amener les plateformes à assumer une véritable responsabilité face aux préjudices. En réponse, Alexandre Carette a déclaré que la difficulté tient au fait que la science montre souvent une corrélation plutôt qu’une causalité, et qu’attendre une preuve définitive peut bloquer l’action. Il a soutenu qu’il était malgré tout possible d’agir parce que le modèle économique actuel n’est ni transparent ni équitable, et il a suggéré que la réglementation pourrait exiger des changements dans les algorithmes des plateformes et les modèles économiques, indépendamment des questions non résolues sur les causes réelles. Il a mentionné Meta comme exemple et a fait référence à un cas aux Pays-Bas où, selon son récit, une entreprise a préféré payer une amende plutôt que de modifier sa documentation ou son modèle. Dans l’ensemble, la discussion a présenté le bien-être numérique des jeunes comme une question contextuelle et sociétale plutôt qu’une simple affaire de temps d’écran. Les intervenants ont souligné à plusieurs reprises la nécessité d’examiner ce que les jeunes font en ligne, quels besoins l’usage du numérique vient satisfaire, et s’il existe une souffrance pour le jeune ou pour la famille.
Ils ont également mis en lumière la solitude, le cyberharcèlement, la conception des plateformes, l’éducation aux médias, le soutien parental, la participation des jeunes et une régulation plus forte des modèles économiques opaques.
Plutôt que de s’appuyer principalement sur des interdictions ou sur le langage de l’addiction, les intervenants ont généralement plaidé pour l’éducation, le dialogue, des solutions co-construites et une responsabilité accrue des fournisseurs de technologies.
This is supported by [S40], which says many scientists question broad claims about harms from 'screen time' alone and stress the importance of factors such as the type of screen engagement and other underlying variables. [S18] also supports moving away from simple offline-online dichotomies.
The knowledge base strongly corroborates this framing. [S18] states there should be no sharp differentiation between offline and online in terms of emotions, skills, and consequences, and [S82] argues that cyberspace is not separate from physical reality but embedded in it.
This is consistent with [S40], which notes that evidence is often weak when discussion focuses on screen time in the abstract and that researchers emphasise distinguishing harmful content from positive online interaction.
The knowledge base does not directly verify the Belgian legal framework, but it adds broader policy context. [S19] describes media literacy as a major policy and civil society field across Europe and the US, while [S18] notes that European policy has shifted towards empowering young people online rather than focusing only on risks.
Although the knowledge base does not specifically confirm the Supreme Council on Media Education, [S19] provides relevant context by showing that media literacy initiatives commonly involve multiple stakeholders, educators, civil society groups, and support materials for schools and parents.
This is broadly supported by [S19], which states that one in three internet users is a child, underscoring the scale of children's and young people's presence online and the need to adapt governance accordingly. [S18] also notes that children in Europe go online from a young age and many have social networking profiles despite age restrictions.
La santé mentale numérique des jeunes est une question vaste et urgente qui implique les plateformes, les algorithmes, l’éducation, les dynamiques sociales et la psychologie, et non pas seulement l’usage des appareils (Sharon)
Arg. 1Sharon présente le cadre de la discussion en soulignant que la santé mentale des jeunes dans le monde numérique est une préoccupation grave et ancienne. Elle la présente comme une question multidimensionnelle qui englobe la conception des technologies, l’éducation ainsi que des facteurs sociaux et psychologiques, plutôt qu’une question restreinte à l’usage des appareils.
Elle indique que le panel abordera « la santé des jeunes dans le monde numérique » et plus précisément « la santé mentale des jeunes dans le monde numérique » . Elle énumère ensuite les sous-thèmes suivants : les plateformes, les algorithmes, l’éducation, les dynamiques sociales et la psychologie, montrant ainsi que cette question va bien au-delà du simple usage des écrans .
on: La conception des plateformes et des algorithmes joue un rôle majeur dans la prolongation de l’engagement ; la responsabilité n’incombe donc pas uniquement aux jeunes ou aux parents.
Le bien-être numérique des jeunes est une question fondamentale de politique publique liée à l’accès, à la vie privée et aux usages numériques quotidiens, et il concerne tous les utilisateurs, pas seulement les experts (Alexandre Carette)
Arg. 1Alexandre Carette présente le bien-être numérique comme un enjeu de politique universel qui touche non seulement les spécialistes ou les jeunes, mais toute personne qui utilise quotidiennement des outils numériques. Il relie cette discussion à des préoccupations publiques telles que l’accès au monde numérique, la vie privée et la vie intime, et l’inscrit dans le contexte des politiques de l’ONU.
Il affirme que la question « concerne tout le monde », y compris les jeunes, les experts et tous les utilisateurs quotidiens des outils numériques . Il évoque également les remarques d’Antonio Guterres sur l’accès au monde numérique et les problèmes connexes, en particulier l’intimité, et dit que cela en fait une « question fondamentale » à l’ONU et à Genève .
on: La santé mentale numérique des jeunes est une question large et systémique qui dépasse le simple usage des écrans ou le temps d’écran.
Les jeunes doivent être directement entendus dans les politiques numériques, car des mesures imposées sans les consulter peuvent les priver de ressources et d’opportunités importantes (Alexandre Carette)
Arg. 2Alexandre soutient que la politique numérique ne doit pas être élaborée au-dessus de la tête des jeunes. Il avertit que des décisions imposées au nom de la protection peuvent supprimer l’accès à des ressources sans d’abord demander aux jeunes ce dont ils ont besoin ni comment ils vivent les espaces numériques.
En discutant des restrictions sur les réseaux sociaux, il critique des décisions « prises sans prendre en compte les jeunes » et affirme que les autorités « se contentent de les imposer » au lieu de demander aux jeunes ce dont ils ont besoin et comment ils perçoivent la question . Il ajoute que de telles décisions peuvent couper l’accès à des ressources dont la disponibilité varie selon les pays, notamment la psychologie et le soutien social .
on: Les interdictions générales des réseaux sociaux ou des smartphones ne constituent pas la réponse privilégiée ; une régulation systémique et des approches éducatives sont plus appropriées.
on: La question de savoir si des restrictions telles que l’interdiction des smartphones ou des réseaux sociaux constituent une réponse appropriée aux préjudices numériques subis par les jeunes
La régulation devrait cibler les modèles économiques et algorithmiques opaques et déloyaux plutôt que d’attendre une preuve scientifique parfaite de la causalité, car la conception actuelle des plateformes affecte tous les utilisateurs, pas seulement les jeunes (Alexandre Carette)
Arg. 3Alexandre soutient que les décideurs publics ne devraient pas retarder l’action jusqu’à ce que la science prouve une causalité directe entre la technologie et les atteintes à la santé mentale. Il propose plutôt de réguler des systèmes économiques et algorithmiques opaques dont on sait déjà qu’ils manquent de transparence et qu’ils sont capables d’influencer tout le monde, y compris les adultes.
Il dit que la science montre actuellement une corrélation plutôt qu’une causalité, et qu’attendre une preuve complète bloque les décideurs publics . Il affirme que ce qui est proposé en ligne n’est « ni loyal » ni « transparent », de sorte que la régulation devrait déjà exiger des plateformes qu’elles modifient leurs modèles économiques et algorithmiques . Il note en outre que les algorithmes influencent aussi les adultes et cite Meta ainsi que l’approche néerlandaise comme exemples de tentatives visant à ramener les plateformes vers des formats antérieurs, moins pilotés par les algorithmes .
on: La conception des plateformes et des algorithmes joue un rôle majeur dans la prolongation de l’engagement, de sorte que la responsabilité n’incombe pas uniquement aux jeunes ou aux parents.
on: La question de savoir si les politiques publiques devraient attendre des preuves scientifiques plus solides d’un préjudice causal avant d’agir contre les plateformes
Le temps d’écran, à lui seul, est un mauvais indicateur ; ce qui compte, c’est ce que les jeunes font sur les écrans et en dehors des écrans, dans le contexte global de leur santé mentale (Niels Weber)
Arg. 1Niels Weber soutient que le temps d’écran, à lui seul, apporte très peu d’enseignements sur le bien-être des jeunes. Selon lui, l’évaluation devrait porter sur ce que les jeunes font en ligne et hors ligne, et inscrire l’usage du numérique dans une compréhension plus large de la santé mentale globale.
Il dit que, lorsque les gens parlent du temps d’écran, c’est généralement pour imposer des limites, mais que cela ne devrait pas être l’objectif principal, car le temps d’écran ne fournit que « peu d’informations utiles et cohérentes » . Il ajoute que la question essentielle est de savoir ce que les jeunes font sur les écrans et en dehors, et que c’est cela qui devrait être intégré à l’évaluation de la santé mentale dans un sens plus large et global .
on: La santé mentale numérique des jeunes est une question large et systémique qui va au-delà du simple usage des écrans ou du temps d’écran.
L’usage problématique devrait être évalué à travers les besoins individuels, le contexte et la souffrance, plutôt qu’au moyen de limites de temps fixes ou d’une mise en cause générationnelle (Niels Weber)
Arg. 2Niels soutient que les pratiques numériques sont subjectives et varient selon les groupes de jeunes ; elles ne peuvent donc pas être jugées à l’aune de règles universelles fondées sur le temps. Selon lui, la bonne approche consiste à comprendre quels besoins les jeunes cherchent à satisfaire et si leur usage est associé à une détresse ou à des difficultés.
Il explique que les pratiques des jeunes sont individualisées et que différents groupes recherchent des choses différentes dans les applications, les réseaux sociaux et les jeux . Il critique la tendance fréquente à blâmer la génération suivante et à définir les problèmes numériques à partir de recommandations sur le temps d’écran, en affirmant qu’il n’existe aucun critère clinique qui fasse du temps d’écran lui-même un problème . Il dit que l’accent devrait être mis sur les besoins développementaux et note ensuite que le travail clinique utilise la notion de souffrance pour déterminer si l’usage est devenu problématique .
on: Les interdictions générales des réseaux sociaux ou des smartphones ne constituent pas la réponse privilégiée ; une régulation systémique et des approches éducatives sont plus appropriées.
La plupart des comportements numériques excessifs ne devraient pas être qualifiés d’addiction ; le problème plus exact tient à une conception qui prolonge l’usage, tandis que la préoccupation clinique devrait se concentrer sur la souffrance et la perte de contrôle (Niels Weber)
Arg. 3Niels rejette l’usage courant du mot addiction pour la plupart des usages numériques excessifs. Il soutient que le problème plus exact réside dans une conception des plateformes axée sur la rétention, et que les cliniciens devraient plutôt rechercher des signes de souffrance plutôt que de forcer les comportements numériques dans des modèles d’addiction empruntés à la toxicomanie.
Il affirme explicitement que « nous devons cesser d’utiliser ce terme » et que « nous ne parlons pas d’addictions », tout en reconnaissant que des problèmes existent bel et bien et doivent être correctement nommés . Il explique que les plateformes sont conçues pour prolonger l’usage grâce à des mécanismes de rétention, mais que cela ne produit pas automatiquement une addiction . Il ajoute que les jeunes cerveaux peuvent avoir du mal à s’arrêter, et que, dans la recherche clinique, le critère pertinent est la souffrance, comme la détresse après un scrolling prolongé, y compris la détresse éprouvée par les parents .
on: La plupart des comportements numériques problématiques ne devraient pas être automatiquement qualifiés d’addiction ; des notions plus précises telles que la souffrance, la perte de contrôle et le risque sont préférables.
on: La question de savoir si les comportements numériques problématiques devraient être envisagés sous l’angle de l’addiction ou à travers d’autres notions telles que la souffrance, le risque et la conception
Parmi les signes d’alerte pour les parents figurent le refus scolaire, l’isolement et les changements de comportement, mais ceux-ci devraient être compris comme de possibles réponses à des difficultés de vie plus larges plutôt que comme des effets directs des écrans à eux seuls (Niels Weber)
Arg. 4Niels affirme que les parents devraient être attentifs à des signaux d’alerte tels que le refus scolaire, l’isolement et des changements notables de comportement. Il avertit toutefois que ces signes reflètent souvent des difficultés de vie sous-jacentes, l’usage des écrans jouant alors un rôle de stratégie d’adaptation plutôt que de cause initiale.
Il explique que, dans la pratique clinique, les préoccupations qui amènent souvent les familles à consulter concernent l’école et l’isolement . Il souligne que l’ensemble de l’écosystème compte et qu’il est réducteur de supposer que les réseaux sociaux, à eux seuls, créent le problème . Il cite des exemples tels que la séparation, le deuil, les difficultés scolaires et les difficultés amoureuses, en faisant valoir qu’une utilisation accrue du téléphone peut être une réaction à ces épreuves plutôt que leur cause .
on: La technologie n’est pas seulement une source de préjudices ; elle offre aussi des avantages et peut elle-même être utilisée pour soutenir la sensibilisation, la recherche d’aide et les solutions.
Les choix de conception des Big Tech encouragent un engagement prolongé, en particulier chez les jeunes utilisateurs dont l’autorégulation est encore en développement ; la responsabilité incombe donc en partie à une conception des systèmes centrée sur la rétention (Niels Weber)
Arg. 5Niels soutient que l’usage problématique du numérique ne peut pas être compris uniquement comme une défaillance individuelle. Il attribue une part de responsabilité à la conception des plateformes, délibérément pensée pour maintenir l’engagement des utilisateurs plus longtemps, ce qui affecte particulièrement les plus jeunes, dont la capacité d’autorégulation est encore en développement.
Il convient que de nombreuses plateformes sont « construites aujourd’hui de manière à prolonger l’usage » et affirme que le problème réside dans la « conception » et les « mécanismes de rétention » qui font durer l’activité plus longtemps que prévu . Il ajoute que, parce que le cerveau des jeunes n’est pas encore pleinement mature, il peut leur être plus difficile de s’arrêter et de passer à une autre activité .
on: La conception des plateformes et des algorithmes joue un rôle majeur dans la prolongation de l’engagement ; la responsabilité n’incombe donc pas uniquement aux jeunes ou aux parents.
Les parents devraient remplacer les règles rigides sur le temps d’écran par une liste plus large de signes indiquant qu’un enfant va bien, afin que l’inquiétude repose sur le bien-être global plutôt que sur le nombre d’heures passées en ligne (Niels Weber)
Arg. 6Niels propose une approche parentale pratique qui déplace l’attention du comptage des minutes vers la vérification qu’un enfant est en bonne santé, actif et, de manière générale, va bien. L’objectif est de réduire l’anxiété en évaluant l’usage numérique à travers des indicateurs plus larges de bien-être plutôt qu’au moyen de limites horaires arbitraires.
Il suggère qu’au lieu de dire qu’un enfant n’a droit qu’à une heure de temps d’écran, les parents devraient définir ce qui les rassure sur le fait que l’enfant va bien et élaborer une « checklist » autour de cela . Il ajoute que même si un enfant passe deux heures devant les écrans, la vraie question est de savoir si les conditions d’ensemble sont satisfaisantes et si les parents peuvent cesser de s’inquiéter du temps d’écran en tant que tel .
on: Les réponses devraient privilégier l’éducation, le dialogue, l’accompagnement et le soutien aux parents et aux jeunes, plutôt que la panique morale ou la diabolisation.
La politique d’éducation aux médias en Belgique francophone montre qu’en se concentrant uniquement sur le temps d’écran, on passe à côté de la vraie question : ce que les jeunes font en ligne et les bénéfices ou préjudices qu’ils en retirent (Tatiana Debrabandere)
Arg. 1Tatiana soutient que le cadre belge d’éducation aux médias montre les limites d’une approche centrée sur le temps d’écran. Selon elle, les politiques publiques et la recherche devraient plutôt examiner comment les jeunes utilisent réellement les médias numériques et quelles expériences positives ou négatives découlent de cet usage.
Elle explique que la Belgique francophone dispose d’une base juridique pour l’éducation aux médias qui oblige le gouvernement à soutenir les pratiques éducatives tout au long de la vie . Elle ajoute que des enquêtes sur les pratiques numériques des jeunes contribuent à éclairer l’action publique, et que ces études montrent que les jeunes peuvent tirer profit d’expériences positives en ligne, alors qu’une focalisation exclusive sur des limites de temps d’écran imposées conduit les décideurs à passer à côté de ce que les jeunes font réellement en ligne .
on: La technologie n’est pas seulement une source de préjudices ; elle offre aussi des bénéfices et peut elle-même être utilisée pour soutenir la sensibilisation, la recherche d’aide et les solutions.
L’OMS ne reconnaît le trouble du jeu vidéo que dans des cas limités ; l’éducation aux médias devrait donc se concentrer sur la réduction des risques et l’identification de schémas graves tels qu’une perte de contrôle durable ou un retrait social prolongé (Tatiana Debrabandere)
Arg. 2Tatiana distingue le trouble du jeu vidéo, rare et reconnu cliniquement, de la tendance plus large du public à qualifier l’usage du numérique d’addiction. Elle soutient que l’éducation aux médias devrait plutôt se concentrer sur la réduction des risques et sur le repérage de signes de dysfonctionnement plus graves et durables.
Elle indique que l’OMS reconnaît le trouble du jeu vidéo et que celui-ci ne concerne qu’environ 3 %, tout en précisant que cela n’équivaut pas à parler d’addiction au sens large . Elle explique que le rôle de l’éducation aux médias est de « tirer parti du risque », en comparant cela à l’apprentissage du code de la route pour conduire une voiture . Elle ajoute aussi que les situations problématiques peuvent être repérées à travers une « perte de contrôle durable » et un « retrait social pendant plusieurs mois » .
on: La plupart des comportements numériques problématiques ne devraient pas être automatiquement qualifiés d’addiction ; des notions plus précises comme la souffrance, la perte de contrôle et le risque sont préférables.
on: La question est de savoir si les comportements numériques problématiques doivent être envisagés sous l’angle de l’addiction ou à travers d’autres notions telles que la souffrance, le risque et le design
L’éducation aux médias nécessite une approche transversale tout au long de la vie, qui soutienne les jeunes, les enseignants et surtout les parents par le dialogue plutôt que par la peur ou la diabolisation (Tatiana Debrabandere)
Arg. 3Tatiana considère l’éducation aux médias comme un effort éducatif de long terme et transversal, plutôt qu’une intervention ponctuelle. Elle met l’accent sur le soutien aux parents et sur la nécessité de remplacer la panique et la culpabilisation par le dialogue, des conseils pratiques et un accompagnement.
Elle affirme que l’éducation aux médias exige « un rôle à long terme » avec des outils d’information et des ateliers, et la décrit explicitement comme une « approche transversale » . Elle ajoute que cette approche devrait anticiper les besoins du public et l’accompagner, en particulier les parents, en leur offrant des espaces de dialogue et de conseil afin qu’ils cessent de diaboliser les médias numériques et ne se sentent plus complètement démunis ou seuls responsables .
on: Les réponses devraient privilégier l’éducation, le dialogue, l’accompagnement et le soutien aux parents et aux jeunes, plutôt que la panique morale ou la diabolisation.
L’éducation aux médias devrait apprendre aux jeunes à analyser de manière critique les influenceurs, les contenus commerciaux et les sources d’information, en partant de leurs propres pratiques médiatiques quotidiennes (Tatiana Debrabandere)
Arg. 4Tatiana soutient qu’une éducation aux médias efficace doit partir des habitudes médiatiques réelles des jeunes. À partir de là, les éducateurs peuvent les aider à reconnaître l’influence commerciale, à comprendre comment les créateurs de contenu façonnent l’opinion et à développer un esprit critique à l’égard des sources d’information.
Elle explique qu’une approche consiste à interroger les jeunes sur ce qu’ils aiment, font et consomment dans leur vie quotidienne, afin de les amener à réfléchir à leurs propres pratiques . Elle attire l’attention sur la question des news influencers et des content creators en Belgique et en France, avertissant que les jeunes peuvent les suivre sans reconnaître la publicité ni développer leur esprit critique . Elle précise que les éducateurs peuvent s’appuyer sur des publications concrètes et demander aux jeunes comment ils s’informent, pourquoi ils font confiance à un influenceur donné et comment le contenu est construit, en insistant sur le fait que l’éducation aux médias doit partir des usages personnels .
on: Les jeunes devraient être directement associés à l’élaboration des politiques et des solutions numériques, plutôt que d’être encadrés uniquement par des mesures descendantes.
Les interdictions générales des smartphones ou des réseaux sociaux risquent de devenir des réponses politiques simplistes qui ignorent le travail éducatif et les réalités vécues par les jeunes (Tatiana Debrabandere)
Arg. 5Tatiana critique les interdictions pures et simples, qu’elle considère comme une réponse excessivement grossière aux défis du numérique. Elle estime que ces interdictions peuvent éclipser le travail plus lent mais plus porteur de sens de l’éducation aux médias et ne pas répondre à la manière dont les jeunes vivent et apprennent réellement avec les outils numériques.
Elle donne l’exemple de la Belgique francophone, où, après un changement de gouvernement, les smartphones ont été totalement interdits à l’école, ce qu’elle qualifie en quelque sorte de révolution . Elle ajoute que les réseaux sociaux peuvent eux aussi être interdits, citant l’Australie et la France, et indique que c’est précisément le type de modèle auquel son conseil tente de résister . Elle oppose cela aux efforts visant à construire une éducation aux médias structurelle et transversale grâce à une coordination spécialisée, à des supports pédagogiques et à des activités menées à l’intérieur comme à l’extérieur des écoles .
on: Les interdictions générales des réseaux sociaux ou des smartphones ne constituent pas la réponse privilégiée ; une régulation systémique et des approches éducatives sont plus appropriées.
on: La question de savoir si des restrictions telles que l’interdiction des smartphones ou des réseaux sociaux constituent une réponse appropriée aux préjudices numériques touchant les jeunes
Les jeunes sont de grands utilisateurs d’internet et sont donc fortement exposés aux préjudices numériques, mais les plateformes sont aussi conçues de manière à intensifier l’engagement par le biais de systèmes algorithmiques (Daniella Esi Darlington)
Arg. 1Daniella soutient que, parce que les jeunes comptent parmi les utilisateurs les plus actifs d’internet, ils sont particulièrement exposés aux préjudices en ligne. Elle affirme aussi que ce risque est amplifié par la conception des plateformes et des algorithmes, qui maintiennent les utilisateurs engagés plus longtemps et peuvent les pousser vers des modes d’usage malsains.
Elle déclare que les jeunes sont « les plus grands utilisateurs d’Internet » et qu’ils se retrouvent donc plus souvent exposés à ses préjudices . Elle note que les jeunes utilisent internet pour l’éducation, l’amitié et la recherche, mais affirme que les plateformes qu’ils utilisent « ne sont pas vraiment conçues de manière sûre », en particulier lorsqu’on tient compte des algorithmes . Elle ajoute que les systèmes sont conçus pour maintenir les jeunes engagés pendant de longues heures et relie cela à la manière dont les grandes entreprises technologiques conçoivent des technologies qui provoquent ou intensifient un usage de type addictif .
on: La conception des plateformes et des algorithmes joue un rôle majeur dans la prolongation de l’engagement ; la responsabilité ne repose donc pas uniquement sur les jeunes ou les parents.
Les jeunes ont besoin d’un soutien co-construit associant les parents, les écoles, les gouvernements et d’autres parties prenantes, afin que les recours correspondent à leurs besoins et défis réels (Daniella Esi Darlington)
Arg. 2Daniella soutient que les réponses aux préjudices numériques touchant les jeunes devraient être collaboratives plutôt qu’imposées du haut vers le bas. Elle affirme que les jeunes eux-mêmes doivent être associés à la conception des solutions, aux côtés des parents, des écoles, des gouvernements et d’autres acteurs, afin que le soutien reflète réellement les difficultés qu’ils vivent.
Elle affirme que les solutions devraient revenir à un modèle collaboratif plus traditionnel dans lequel les parents, les écoles, le gouvernement et d’autres parties prenantes co-créent des recours auxquels les jeunes peuvent participer . Elle insiste en outre sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une question à sens unique, que les adultes doivent parler aux jeunes, comprendre leurs difficultés et créer des espaces sûrs leur permettant de co-créer des solutions avec les acteurs concernés .
on: Les jeunes devraient être directement associés à la conception des politiques et des solutions numériques, plutôt que d’être gouvernés uniquement par des mesures descendantes.
Les compagnons IA et les chatbots peuvent aggraver la solitude ou mal gérer la dépression et l’anxiété ; les fournisseurs devraient donc réorienter les utilisateurs vulnérables vers des professionnels humains et maintenir un humain dans la boucle (Daniella Esi Darlington)
Arg. 3Daniella avertit que les jeunes peuvent se tourner vers les systèmes d’IA pour trouver de la compagnie en raison de la solitude, mais que ces outils ne sont pas humains et ne devraient pas remplacer les soins professionnels. Elle soutient que les fournisseurs ont le devoir de réorienter les utilisateurs confrontés à la dépression ou à l’anxiété vers des personnes qualifiées et de préserver une supervision humaine.
Elle identifie la solitude comme l’une des raisons pour lesquelles les jeunes peuvent se tourner vers des compagnons IA pour trouver de l’amitié . Elle affirme qu’une sensibilisation est nécessaire pour que les utilisateurs comprennent que l’IA « n’a pas d’émotions humaines » . Elle soutient ensuite que lorsque les conversations portent sur la dépression ou l’anxiété, les fournisseurs devraient les orienter vers de véritables professionnels et veiller à ce que les chatbots IA n’assument pas le rôle d’un professionnel, ce qui rend « l’humain dans la boucle » essentiel .
Internet est aussi un espace positif où les jeunes peuvent trouver des opportunités, faire des recherches, gérer des entreprises et développer le plaidoyer ; les politiques doivent donc préserver ces bénéfices tout en traitant les préjudices (Daniella Esi Darlington)
Arg. 4Daniella souligne qu’internet n’est pas seulement une source de risque, mais aussi une source importante d’opportunités et d’autonomisation pour les jeunes. Elle plaide donc pour une politique équilibrée qui protège les jeunes utilisateurs sans les priver des bénéfices éducatifs, économiques et civiques de l’accès au numérique.
Elle affirme que la technologie est suffisamment puissante pour être utilisée non seulement pour publier du contenu, mais aussi pour sensibiliser aux préjudices et soutenir des initiatives de jeunesse autour de l’éducation et du plaidoyer, y compris sur l’IA et la solitude . Plus tard, en s’opposant aux interdictions, elle donne ses propres exemples d’utilisation d’internet pour trouver des opportunités, faire des recherches, soutenir son entreprise, trouver des clients et échanger avec des personnes .
on: La technologie n’est pas seulement une source de préjudice ; elle offre aussi des avantages et peut elle-même être utilisée pour soutenir la sensibilisation, la recherche d’aide et les solutions.
Interdire les réseaux sociaux n’est pas la bonne solution ; des cadres plus solides, des évaluations d’impact sur les droits humains spécifiques aux enfants et l’implication des parties prenantes sont plus efficaces que l’exclusion (Daniella Esi Darlington)
Arg. 5Daniella rejette les interdictions des réseaux sociaux, qu’elle considère comme une réponse superficielle ne traitant pas les problèmes sous-jacents. Elle plaide plutôt pour des cadres de gouvernance qui incluent les jeunes et les parties prenantes, et qui évaluent directement les risques pour les droits de l’enfant dans les politiques relatives à l’IA et au numérique.
Elle déclare sans détour que « banning social media or even access to internet is not the right approach because it doesn't really solve the root of the problem » . Elle indique que les jeunes délégués d’un récent projet de recherche du UN Graduate Study Program ont également estimé que l’interdiction des réseaux sociaux n’était pas la bonne approche . Elle propose de mettre en place des cadres plus solides, en citant un rapport récemment publié par un panel scientifique, examiné lors du Global Dialogue on AI Governance, qui recommande des évaluations fondamentales de l’impact sur les droits humains des enfants dans les stratégies de gouvernance de l’IA . Elle conclut que les politiques devraient associer les jeunes, les parties prenantes, l’industrie technologique et les organisations gouvernementales plutôt que de poursuivre des interdictions totales .
on: Les interdictions générales des réseaux sociaux ou des smartphones ne constituent pas la réponse privilégiée ; des approches de régulation systémique et d’éducation sont plus appropriées.
on: La question de savoir si des restrictions telles que l’interdiction des smartphones ou des réseaux sociaux constituent une réponse appropriée aux préjudices numériques touchant les jeunes
Au Ghana, la santé mentale reste marquée par une réticence culturelle à en parler ouvertement, mais les jeunes générations utilisent les outils numériques pour sensibiliser et chercher l’aide d’experts (Daniella Esi Darlington)
Arg. 6Daniella explique qu’au Ghana, les discussions sur la santé mentale restent influencées par une certaine réticence culturelle et ne sont pas pleinement entrées dans les usages courants. En même temps, elle affirme que les jeunes utilisent les plateformes numériques pour normaliser la conversation, sensibiliser et mettre les personnes en relation avec un soutien professionnel.
Elle dit que la question est mondiale, mais qu’au Ghana le contexte culturel influe sur la manière dont la santé mentale et le bien-être sont abordés, et qu’il n’est « not really in the mainstream » que les jeunes parlent ouvertement de leur santé mentale . Elle ajoute ensuite que les jeunes générations utilisent les outils numériques pour mieux sensibiliser et pour faire savoir que les gens peuvent contacter des experts ou des psychologues lorsqu’ils rencontrent des difficultés sur les plateformes technologiques .
Les jeunes neurodivergents et les risques de harcèlement nécessitent des modèles d’accompagnement fondés sur les pairs ou d’autres groupes de confiance, et pas uniquement sur des figures d’autorité comme les parents et les écoles (Audience)
Arg. 1L’intervenant du public soutient que certains groupes, en particulier les jeunes neurodivergents, sont confrontés à des risques numériques spécifiques qui ne sont pas bien pris en compte par les réponses classiques centrées sur les parents ou l’école. Il propose des approches d’accompagnement mobilisant des pairs ou d’autres groupes non investis d’autorité, qui peuvent être mieux placés pour soutenir et orienter les jeunes.
L’intervenant souligne que les jeunes neurodivergents constituent une population particulièrement touchée par les écrans et les réseaux sociaux, et mentionne également le harcèlement ainsi que le fait que les médias numériques ne sont plus partagés de la même manière que la télévision l’était . Il fait référence à une conférence présidée par Chypre et à des solutions de remplacement en cours d’élaboration par le biais d’organisations et de travaux liés à la Commission européenne, où de jeunes adultes accompagnent l’apprentissage au lieu de se limiter à interdire l’usage . Il ajoute que cela crée une relation différente de celle fondée sur l’autorité des écoles, des enseignants ou des parents, car cela introduit « une autre population » comme base de soutien .
Des préoccupations existent quant au caractère limité des données probantes au niveau de l’OMS sur l’impact de la technologie sur la santé mentale, parallèlement à une demande de responsabilisation accrue des plateformes pour les préjudices liés à leurs services (Audience)
Arg. 2L’intervenant du public soulève un défi de politique publique et de preuve : les autorités disent souvent qu’il n’existe pas suffisamment de données probantes de haut niveau, y compris de la part de l’OMS, sur l’impact de la technologie sur la santé mentale. En même temps, il demande comment amener les plateformes à assumer une responsabilité réelle et significative pour les préjudices associés à leurs services.
Un représentant de l’autorité de régulation colombienne indique que, dans son contexte, on fait souvent valoir qu’il n’existe pas assez de données probantes de l’Organisation mondiale de la Santé sur l’impact de la technologie sur la santé mentale . Le même intervenant demande s’il existe une étude sur la question et soulève directement la question de ce qui peut être fait pour amener les plateformes à « assumer une responsabilité réelle » pour les préjudices connexes .
on: La question de savoir si les politiques publiques devraient attendre des preuves scientifiques plus solides d’un préjudice causal avant d’agir contre les plateformes
Graphe de connaissances de la session
Intervenants · Sujets · Arguments · Relations
Un large consensus s’est dégagé sur le fait que la santé mentale des jeunes dans le monde numérique ne peut être réduite au simple décompte des heures passées sur les appareils. Sharon a présenté la question comme impliquant les plateformes, les algorithmes, l’éducation, les dynamiques sociales et la psychologie . Alexandre l’a décrite comme un enjeu fondamental de politique publique touchant les utilisateurs du quotidien et l’a reliée aux questions d’accès et d’intimité . Niels a explicitement soutenu que le temps d’écran n’apporte que des informations utiles limitées et que l’attention doit se porter sur ce que les jeunes font sur les écrans et en dehors, dans le contexte global de leur santé mentale . Tatiana a de même indiqué qu’une focalisation exclusive sur un temps d’écran imposé conduit les décideurs à passer à côté de ce que les jeunes font réellement en ligne et des expériences positives qu’ils peuvent y vivre . Daniella a également déplacé le débat au-delà du temps passé en ligne vers la conception des plateformes et les algorithmes qui intensifient l’engagement .
La santé mentale numérique des jeunes est une question vaste et urgente qui implique les plateformes, les algorithmes, l’éducation, les dynamiques sociales et la psychologie, et pas seulement l’usage des appareils (Sharon)
Le bien-être numérique des jeunes est un enjeu fondamental de politique publique, lié à l’accès, à la vie privée et aux usages numériques du quotidien, et il concerne tous les utilisateurs, pas seulement les experts (Alexandre Carette)
Le temps d’écran, à lui seul, est un mauvais indicateur ; ce qui importe, c’est ce que les jeunes font sur les écrans et en dehors, dans le contexte global de leur santé mentale (Niels Weber)
La politique d’éducation aux médias en Belgique francophone montre qu’en se concentrant uniquement sur le temps d’écran, on passe à côté de la vraie question : ce que les jeunes font en ligne et les bénéfices ou les préjudices qu’ils en retirent (Tatiana Debrabandere)
Les jeunes sont de grands utilisateurs d’internet et sont donc fortement exposés aux préjudices numériques, mais les plateformes sont aussi conçues de manière à intensifier l’engagement par des systèmes algorithmiques (Daniella Esi Darlington)
Cela concorde avec des discussions antérieures entre experts et décideurs appelant à une approche holistique du bien-être numérique des enfants plutôt qu’à une focalisation étroite sur le seul temps d’exposition [S39] [S40] [S58].
Niels a soutenu qu’il n’existe aucun critère clinique faisant du temps d’écran en soi un problème et que l’évaluation devrait plutôt porter sur les besoins développementaux, le contexte et la souffrance . Tatiana a approuvé cette idée en soulignant que la seule chose souvent imposée aux jeunes est le temps d’écran, tandis qu’une attention insuffisante est accordée à ce qu’ils font réellement en ligne . Daniella a elle aussi déplacé l’attention des longues heures passées en ligne en tant que telles vers la manière dont les plateformes et les algorithmes sont conçus pour maintenir l’engagement des jeunes, indiquant que le véritable enjeu n’est pas seulement la durée, mais les conditions et les conséquences de l’usage .
L’usage problématique doit être évalué à l’aune des besoins individuels, du contexte et de la souffrance, plutôt qu’au regard de limites de temps fixes ou d’une mise en cause générationnelle (Niels Weber)
La politique d’éducation aux médias en Belgique francophone montre qu’en se concentrant uniquement sur le temps d’écran, on passe à côté de la vraie question : ce que les jeunes font en ligne et les bénéfices ou les préjudices qu’ils en retirent (Tatiana Debrabandere)
Les jeunes sont de grands utilisateurs d’internet et sont donc fortement exposés aux préjudices numériques, mais les plateformes sont aussi conçues de manière à intensifier l’engagement par des systèmes algorithmiques (Daniella Esi Darlington)
Cela est étayé par des éléments probants qui remettent en question les récits simplistes sur le temps d’écran, ainsi que par des orientations mettant l’accent sur la qualité des contenus, le visionnage accompagné, le contexte et les préjudices réels plutôt que sur des plafonds horaires arbitraires [S38] [S39] [S40] [S58].
Niels a fermement rejeté l’usage routinier du terme addiction, affirmant que les plateformes peuvent prolonger l’usage mais que cela ne crée pas automatiquement une addiction, et que l’attention clinique devrait plutôt se concentrer sur la souffrance . Tatiana a repris cette distinction en indiquant que WHO ne reconnaît le gaming disorder que dans des cas limités et que l’éducation aux médias devrait se concentrer sur la réduction des risques et l’identification d’une perte de contrôle durable ou d’un retrait social prolongé, plutôt que de qualifier largement tout d’addiction .
La plupart des comportements numériques excessifs ne devraient pas être qualifiés d’addiction ; le problème, plus justement, tient à des conceptions qui prolongent l’usage, tandis que la préoccupation clinique devrait porter sur la souffrance et la perte de contrôle (Niels Weber)
WHO ne reconnaît le gaming disorder que dans des cas limités ; l’éducation aux médias devrait donc se concentrer sur la réduction des risques et l’identification de schémas graves, tels qu’une perte de contrôle durable ou un retrait social prolongé (Tatiana Debrabandere)
Cela reflète une prudence plus large à l’égard des étiquettes chargées et la nécessité d’une précision conceptuelle : des discussions antérieures sur l’usage problématique ou excessif d’internet mettent en garde contre le fait de faire porter la faute aux enfants à travers des cadrages simplistes en termes d’« addiction », tandis que d’autres domaines d’action publique soulignent que des termes tels qu’addiction peuvent être contestés et doivent être employés avec prudence [S53] [S57] [S58].
Plusieurs intervenants se sont accordés à dire que la conception des plateformes et des algorithmes contribue de manière significative aux usages problématiques. Sharon a posé ce cadre en identifiant les plateformes et les algorithmes comme des sous-thèmes centraux de la discussion . Niels a expliqué que les plateformes sont conçues pour prolonger l’usage grâce à des mécanismes de rétention et que les jeunes utilisateurs peuvent avoir plus de difficultés à s’arrêter parce que leur autorégulation est encore en développement . Daniella a de même soutenu que les plateformes ne sont pas conçues de manière sûre et que les algorithmes sont élaborés pour maintenir plus longtemps l’engagement des jeunes . Alexandre a ensuite fait valoir que les politiques publiques devraient cibler les modèles économiques et algorithmiques non transparents plutôt que d’attendre une preuve définitive d’un lien de causalité avec la santé mentale .
La santé mentale numérique des jeunes est une question vaste et urgente qui implique les plateformes, les algorithmes, l’éducation, les dynamiques sociales et la psychologie, et pas seulement l’usage des appareils (Sharon)
Les choix de conception des big tech favorisent un engagement prolongé, en particulier chez les jeunes utilisateurs dont l’autorégulation est encore en développement ; la responsabilité réside donc en partie dans des systèmes conçus pour maximiser la rétention (Niels Weber)
Les jeunes sont de grands utilisateurs d’internet et sont donc fortement exposés aux préjudices numériques, mais les plateformes sont aussi conçues de manière à intensifier l’engagement par des systèmes algorithmiques (Daniella Esi Darlington)
La régulation devrait cibler les modèles économiques et algorithmiques opaques et déloyaux plutôt que d’attendre une preuve scientifique parfaite de la causalité, car la conception actuelle des plateformes affecte tous les utilisateurs, et pas seulement les jeunes (Alexandre Carette)
Cela correspond aux approches établies de « safety by design » et de responsabilisation des plateformes, y compris les appels à des protections intégrées, à la transparence des algorithmes et à un examen attentif des modèles économiques fondés sur la publicité de surveillance et l’amplification [S42] [S49] [S50].
Niels a proposé une approche pratique de la parentalité fondée sur une liste de contrôle des signes montrant qu’un enfant va bien, plutôt que sur des limites horaires rigides . Tatiana a insisté sur une approche transversale de l’éducation aux médias tout au long de la vie, offrant aux parents des espaces de dialogue et de conseil et les aidant à cesser de diaboliser les médias numériques . Daniella a ajouté que les solutions devraient être co-construites par les parents, les écoles, les gouvernements et d’autres parties prenantes avec les jeunes eux-mêmes .
Les parents devraient remplacer les règles rigides de temps d’écran par une liste de contrôle plus large des signes montrant qu’un enfant va bien, afin que les inquiétudes reposent sur le bien-être global plutôt que sur le nombre d’heures passées en ligne (Niels Weber)
L’éducation aux médias doit adopter une approche transversale tout au long de la vie, qui soutienne les jeunes, les enseignants et surtout les parents par le dialogue plutôt que par la peur ou la diabolisation (Tatiana Debrabandere)
Les jeunes ont besoin d’un soutien co-construit associant parents, écoles, gouvernements et autres parties prenantes, afin que les réponses correspondent à leurs besoins et difficultés réels (Daniella Esi Darlington)
Cela s’inscrit dans le prolongement de cadres établis en matière d’internet plus sûr et de parentalité numérique, qui privilégient l’autonomisation, une éducation non culpabilisante, le dialogue parents-enfants et l’éducation aux médias plutôt que des approches fondées sur la peur [S41] [S42] [S50] [S58].
Alexandre a soutenu que les décisions prises sans tenir compte des jeunes ne font qu’imposer des restrictions et peuvent les couper de ressources importantes . Daniella a de même indiqué que les adultes doivent parler aux jeunes, comprendre leurs difficultés et créer des espaces sûrs leur permettant de co-construire des solutions . L’approche éducative de Tatiana part elle aussi des pratiques médiatiques, des préférences et des habitudes informationnelles propres aux jeunes, ce qui montre que comprendre directement l’expérience des jeunes est indispensable à toute intervention réellement pertinente .
Les jeunes doivent être entendus directement dans les politiques numériques, car des mesures imposées sans les consulter peuvent les couper de ressources et d’opportunités importantes (Alexandre Carette)
Les jeunes ont besoin d’un soutien co-construit associant parents, écoles, gouvernements et autres parties prenantes, afin que les réponses correspondent à leurs besoins et difficultés réels (Daniella Esi Darlington)
L’éducation aux médias devrait apprendre aux jeunes à analyser de manière critique les influenceurs, les contenus commerciaux et les sources d’information, en partant de leurs propres pratiques médiatiques quotidiennes (Tatiana Debrabandere)
Cela repose solidement sur la pratique internationale et celle de la gouvernance de l’internet : les orientations des Nations Unies appellent à une participation significative et institutionnalisée des jeunes, tandis que les processus relatifs à un internet plus sûr et à l’IGF recommandent depuis longtemps une participation directe des jeunes à l’élaboration des politiques [S41] [S43] [S44] [S45].
Tatiana a critiqué les interdictions pures et simples des smartphones à l’école ainsi que les possibles interdictions des réseaux sociaux, les qualifiant de modèles simplistes auxquels son conseil tente de résister, en privilégiant plutôt une éducation aux médias structurelle . Daniella a déclaré sans détour qu’interdire les réseaux sociaux ou l’accès à Internet n’est pas la bonne approche et a plaidé pour des cadres plus solides ainsi que des évaluations d’impact spécifiques aux enfants . Alexandre a critiqué les décisions imposées sans consultation des jeunes et a averti qu’elles pourraient les priver de ressources et de soutien . L’accent plus large mis par Niels sur le contexte, les besoins et la souffrance plutôt que sur des limites brutales s’inscrit également dans une résistance aux interdictions uniformes .
Les interdictions générales des smartphones ou des réseaux sociaux risquent de devenir des réponses politiques simplistes qui ignorent le travail éducatif et les réalités vécues par les jeunes (Tatiana Debrabandere)
Interdire les réseaux sociaux n’est pas la bonne solution ; des cadres plus solides, des évaluations d’impact sur les droits humains spécifiques aux enfants et l’implication des parties prenantes sont plus efficaces que l’exclusion (Daniella Esi Darlington)
Les jeunes doivent être entendus directement dans les politiques numériques, car des mesures imposées sans les consulter peuvent les couper de ressources et d’opportunités importantes (Alexandre Carette)
L’usage problématique doit être évalué à l’aune des besoins individuels, du contexte et de la souffrance, plutôt qu’au regard de limites de temps fixes ou d’une mise en cause générationnelle (Niels Weber)
Cela est conforme aux approches de politique publique qui privilégient la régulation des plateformes, la littératie numérique et des mesures proportionnées fondées sur les droits plutôt que des interdictions générales ; les orientations de l’ONU mettent explicitement en garde contre les interdictions générales de plateformes, tandis que les débats sur la sécurité des jeunes montrent également un soutien plus fort à une régulation équilibrée et à l’éducation qu’à la seule interdiction [S41] [S50] [S55].
Tatiana a indiqué que les recherches menées en Belgique montrent que les jeunes peuvent tirer profit d’expériences positives en ligne et qu’un accent exclusif sur la restriction passe à côté de cet aspect . Daniella a souligné à plusieurs reprises que la technologie peut être utilisée pour la recherche, les affaires, la sensibilisation, le plaidoyer et même des outils tels que les lignes d’assistance ou les interventions contre le cyberharcèlement . Niels a lui aussi considéré les médias numériques, et même les jeux vidéo, comme des réalités à explorer dans le cadre de la vie réelle des jeunes plutôt que comme des éléments intrinsèquement nuisibles, notant que l’usage des écrans répond souvent à des besoins et à des difficultés sous-jacents .
La politique d’éducation aux médias en Belgique francophone montre qu’en se concentrant uniquement sur le temps d’écran, on passe à côté de la vraie question : ce que les jeunes font en ligne et les bénéfices ou préjudices qu’ils en retirent (Tatiana Debrabandere)
Internet est aussi un espace positif où les jeunes peuvent trouver des opportunités, faire des recherches, gérer des entreprises et développer leur plaidoyer ; les politiques doivent donc préserver ces bénéfices tout en traitant les préjudices (Daniella Esi Darlington)
Les signes d’alerte pour les parents incluent l’évitement scolaire, l’isolement et les changements de comportement, mais ils doivent être compris comme des réponses possibles à des difficultés de vie plus larges plutôt que comme des effets directs des écrans à eux seuls (Niels Weber)
Cela reflète un cadrage politique bien établi selon lequel les technologies numériques peuvent à la fois créer des risques et offrir des solutions, y compris dans les domaines de la e-santé, de l’éducation, de la sensibilisation, des outils de signalement et des services de soutien [S39] [S46] [S47].
Les deux intervenants ont remis en question l’usage public imprécis du terme addiction. Niels a dit directement qu’« il faut cesser d’utiliser ce terme » et que le problème se comprend mieux à travers la souffrance et une conception orientée vers la rétention plutôt qu’à travers des modèles d’addiction calqués sur les substances . Tatiana a acquiescé en distinguant le trouble du jeu vidéo, rarement reconnu par l’OMS, de déclarations plus larges sur l’addiction, et en mettant l’accent sur la réduction des risques, la perte de contrôle durable et le retrait social prolongé . Tous trois se sont éloignés d’une mesure simpliste du temps d’écran. Niels a déclaré qu’il n’existe pas de critères cliniques définissant le temps d’écran comme problématique et que l’attention devrait se porter sur les besoins et la souffrance . Tatiana a dit que les décideurs passent à côté de beaucoup de choses lorsqu’ils se concentrent uniquement sur le temps d’écran plutôt que sur les comportements et expériences réels en ligne . Daniella, de la même manière, a mis l’accent sur la conception des plateformes, la rétention algorithmique et l’exposition aux préjudices, et non simplement sur le temps passé en ligne . Ces intervenants partageaient un net scepticisme à l’égard des interdictions. Daniella a dit qu’interdire les réseaux sociaux ou l’accès à internet ne résout pas les problèmes de fond et a plutôt appelé à des cadres d’action et à l’implication des parties prenantes . Alexandre a critiqué les mesures de protection imposées sans consulter les jeunes et a averti qu’elles peuvent supprimer l’accès à des ressources . Tatiana a critiqué les interdictions de smartphones à l’école et les possibles interdictions des réseaux sociaux comme des réponses politiques simplistes qui marginalisent l’éducation structurelle aux médias . Tous trois ont situé une partie du problème dans l’architecture des plateformes plutôt que seulement dans le comportement des usagers. Daniella a dit que les plateformes ne sont pas conçues de manière sûre et que les algorithmes sont conçus pour maintenir l’engagement des utilisateurs . Niels a approuvé en soulignant que les mécanismes de rétention prolongent l’usage, en particulier chez les utilisateurs plus jeunes dont l’autorégulation est moins mûre . Alexandre a étendu cela à un argument réglementaire, affirmant que les modèles économiques et algorithmiques opaques doivent être traités sans attendre une preuve causale parfaite . Ces intervenants ont convergé vers un accompagnement de soutien plutôt que vers un contrôle punitif. Tatiana a insisté sur l’éducation aux médias tout au long de la vie, les ateliers et les espaces de dialogue pour les parents . Daniella a appelé à un soutien co-construit associant les parents, les écoles, les pouvoirs publics et les jeunes eux-mêmes . Niels a traduit cela en orientation familiale concrète en suggérant aux parents d’utiliser une liste de contrôle du bien-être plutôt que des quotas stricts de temps d’écran .
Un domaine de consensus inattendu a été le fait que des intervenants issus de perspectives professionnelles assez différentes n’étaient pas favorables à une prohibition simple. Tatiana a critiqué directement les interdictions , Daniella a rejeté l’interdiction comme mauvaise solution et a préféré des cadres de gouvernance , Alexandre s’est opposé à l’imposition de mesures sans consultation des jeunes et a ensuite plaidé pour la régulation de modèles économiques algorithmiques opaques , et le cadre clinique de Niels a lui aussi rejeté les réponses brutales, fondées sur le temps ou moralistes à l’égard d’une génération .
Compte tenu de la fréquence du langage de l’addiction dans le débat public, il était frappant de constater que le clinicien comme la spécialiste de l’éducation aux médias s’y opposaient explicitement. Niels a dit qu’il fallait cesser d’utiliser ce terme parce qu’il importe des présupposés trompeurs issus des modèles d’abus de substances . Tatiana a renforcé cette idée en limitant le langage clinique légitime au trouble du jeu vidéo reconnu par l’OMS dans des cas restreints et en déplaçant l’attention vers le risque, la perte de contrôle durable et le retrait .
Plutôt que de considérer la technologie comme intrinsèquement nuisible, plusieurs intervenants ont reconnu son potentiel constructif. Daniella a évoqué le plaidoyer, les entreprises, la recherche, les outils de lutte contre le cyberharcèlement et les canaux d’aide numériques . Tatiana a indiqué que la recherche montre que les jeunes peuvent avoir des expériences positives en ligne . Niels a même intégré les jeux vidéo à la thérapie et a envisagé les usages numériques comme une voie pertinente pour comprendre les émotions et les besoins .
Les principaux points d’accord étaient que la santé mentale numérique des jeunes est une question large et systémique ; que le temps d’écran, à lui seul, est un indicateur peu pertinent ; que la conception des plateformes et des algorithmes importe ; que les jeunes doivent être consultés directement ; et que des réponses éducatives, de soutien et réglementaires sont préférables à la panique morale ou aux interdictions générales .
Le désaccord le plus net portait sur les interdictions restrictives. Tatiana a présenté les interdictions de smartphones à l’école et les possibles interdictions des réseaux sociaux en Belgique comme un tournant politique auquel son conseil d’éducation aux médias tente de résister, en privilégiant plutôt des réponses éducatives structurelles . Daniella a explicitement rejeté l’interdiction des réseaux sociaux ou de l’accès à Internet comme une mauvaise approche, car elle ne résout pas les causes profondes, et a plaidé à la place pour des cadres, des évaluations d’impact sur les droits spécifiques des enfants et la participation des parties prenantes . Alexandre a également critiqué les décisions imposées sans demander aux jeunes ce dont ils ont besoin, avertissant que de telles mesures peuvent supprimer l’accès à des ressources et à un soutien importants .
Les interdictions générales des smartphones ou des réseaux sociaux risquent de devenir des réponses politiques simplistes qui ignorent le travail éducatif et les réalités vécues par les jeunes (Tatiana Debrabandere)
Interdire les réseaux sociaux n’est pas la bonne solution ; des cadres plus solides, des évaluations d’impact sur les droits humains spécifiques aux enfants et l’implication des parties prenantes sont plus efficaces que l’exclusion (Daniella Esi Darlington)
Les jeunes doivent être directement entendus dans les politiques numériques, car les mesures imposées sans les consulter peuvent les priver de ressources et d’opportunités importantes (Alexandre Carette)
Ce désaccord reflète une ligne de fracture politique bien réelle : certains débats européens et nationaux privilégient les interdictions ou des seuils d’âge stricts, tandis que d’autres voix dans le champ des politiques publiques avertissent que la prohibition est grossière, contournable ou attentatoire aux droits, et privilégient à la place une régulation équilibrée et l’éducation [S37] [S50] [S55].
Niels a soutenu avec force que le terme addiction devrait généralement être abandonné dans ce domaine, déclarant que « nous ne parlons pas d’addictions » et que la véritable question est celle d’une conception orientée vers la rétention et de la présence de souffrance, plutôt que d’un modèle d’addiction emprunté à l’abus de substances . Tatiana s’est largement inscrite dans cette prudence, mais a conservé une catégorie clinique plus étroite, en notant que l’OMS reconnaît le trouble du jeu vidéo dans une minorité limitée de cas et que les situations problématiques peuvent impliquer une perte de contrôle durable ou un retrait social prolongé . Le désaccord ne portait donc pas sur l’existence de problèmes, mais sur la question de savoir si une grille de lecture de type addiction reste utile au-delà du trouble spécifique reconnu par l’OMS .
La plupart des comportements numériques excessifs ne devraient pas être qualifiés d’addiction ; la question la plus juste est celle d’une conception qui prolonge l’usage, tandis que la préoccupation clinique devrait se concentrer sur la souffrance et la perte de contrôle (Niels Weber)
L’OMS ne reconnaît le trouble du jeu vidéo que dans des cas limités ; l’éducation aux médias devrait donc se concentrer sur la réduction des risques et l’identification de schémas graves tels qu’une perte de contrôle durable ou un retrait social prolongé (Tatiana Debrabandere)
Cela reflète des divergences conceptuelles plus larges au sein des communautés politiques et expertes : certains domaines reconnaissent formellement des troubles comme le trouble du jeu vidéo, mais d’autres discussions sur l’usage d’Internet mettent l’accent sur un usage « problématique » ou « excessif » et avertissent que la terminologie façonne la compréhension du public et les réponses politiques [S56] [S57] [S58].
Un représentant du régulateur colombien a fait part de la préoccupation selon laquelle on dit souvent aux décideurs qu’il n’existe pas suffisamment de preuves au niveau de l’OMS sur les effets de la technologie sur la santé mentale, et a demandé s’il existe une étude pertinente, tout en insistant également sur la responsabilité des plateformes . Alexandre a répondu que la science met actuellement en évidence une corrélation plutôt qu’une causalité, mais a soutenu qu’attendre une preuve complète paralyserait l’action. Il a proposé d’agir plutôt contre des systèmes économiques et algorithmiques non transparents et déloyaux, indépendamment du fait que la causalité reste non résolue .
Des inquiétudes existent quant au caractère limité des preuves au niveau de l’OMS concernant l’impact de la technologie sur la santé mentale, parallèlement à une demande de responsabilisation accrue des plateformes pour les dommages liés à leurs services (Audience)
La régulation devrait viser les modèles économiques et algorithmiques opaques et déloyaux plutôt que d’attendre une preuve scientifique parfaite de la causalité, car la conception actuelle des plateformes affecte tous les utilisateurs, pas seulement les jeunes (Alexandre Carette)
Il s’agit d’une tension bien établie dans les politiques publiques. Certains commentaires de recherche soulignent la faiblesse ou l’inconstance des preuves causales concernant les effets nocifs des écrans, tandis que les approches réglementaires justifient de plus en plus une action de précaution au moyen de la sécurité dès la conception, de la transparence et des obligations imposées aux plateformes, même en situation d’incertitude probatoire [S40] [S42] [S49] [S50].
Un point de friction inattendu était conceptuel plutôt que politique. Niels a insisté sur le fait qu’il fallait cesser d’utiliser la terminologie de l’addiction, car elle importe un cadre clinique et imaginaire inadéquat et peut laisser les familles démunies . Tatiana n’a pas défendu un langage large de l’addiction, mais elle a maintenu une catégorie reconnue de trouble du jeu vidéo et a évoqué des schémas sévères identifiables tels qu’une perte de contrôle à long terme et le retrait . L’élément de surprise tient au fait que les intervenants s’accordaient largement sur des réponses de soutien, tout en divergeant encore sur le vocabulaire utilisé pour définir le problème .
La plupart des panélistes étaient globalement alignés, de sorte qu’un désaccord notable est venu de l’intervention du public. Le régulateur colombien a mis en avant une objection institutionnelle fréquente : l’insuffisance des preuves au niveau de l’OMS sur les impacts sur la santé mentale et l’incertitude quant aux études justifiant une action . Alexandre a répondu en rejetant explicitement une approche consistant à attendre des preuves, en soutenant que la corrélation suffit pour justifier une action contre des modèles de plateformes opaques et déloyaux . Cela était inattendu car la discussion est passée du soutien aux jeunes à un désaccord plus marqué sur les seuils de preuve requis pour la régulation .
La discussion a montré un niveau relativement faible de conflit direct entre les panélistes. La plupart des intervenants ont convenu que le bien-être numérique des jeunes est une question sérieuse, que les seuls indicateurs de temps d’écran sont insuffisants, que la conception des plateformes importe et que les jeunes devraient être soutenus plutôt que blâmés ou exclus . Les principaux désaccords portaient sur les méthodes et le cadrage : interdictions versus éducation et gouvernance , langage de l’addiction versus cadres axés sur la souffrance/le risque , et la question de savoir si les décideurs doivent attendre des preuves causales plus solides avant de réglementer les plateformes .
Les trois intervenants ont convenu qu’un simple comptage du temps d’écran est insuffisant. Niels a dit que le temps d’écran fournit peu d’informations vraiment utiles et que la véritable question est ce que les jeunes font sur et hors écran dans le cadre d’une évaluation plus large de la santé mentale . Tatiana a également dit que lorsque seul le temps d’écran est pris en compte, les décideurs passent à côté de ce que les jeunes font réellement en ligne et des expériences positives qu’ils peuvent y vivre . Daniella est elle aussi allée au-delà de la seule durée, en soutenant que la conception des plateformes et des algorithmes façonne l’engagement prolongé et les préjudices . Leur objectif commun était une meilleure compréhension des usages numériques des jeunes, mais ils l’abordaient différemment : Niels sous l’angle de l’évaluation clinique, Tatiana sous celui de l’éducation aux médias et Daniella sous celui de la conception et de la gouvernance des plateformes .
Le temps d’écran à lui seul est un mauvais indicateur ; ce qui compte, c’est ce que les jeunes font sur les écrans et hors des écrans, dans le contexte global de leur santé mentale (Niels Weber) La politique d’éducation aux médias en Belgique francophone montre que se concentrer uniquement sur le temps d’écran passe à côté de la vraie question : ce que les jeunes font en ligne et les bénéfices ou préjudices qu’ils en retirent (Tatiana Debrabandere) Les jeunes sont de grands utilisateurs d’internet et sont donc fortement exposés aux préjudices numériques, mais les plateformes sont aussi conçues de manière à intensifier l’engagement par le biais de systèmes algorithmiques (Daniella Esi Darlington)
Ces intervenants partageaient l’objectif de protéger les jeunes, mais n’étaient pas d’accord avec les méthodes fondées sur l’interdiction. Tatiana s’opposait aux interdictions générales et privilégiait une éducation structurelle aux médias et des systèmes de soutien . Daniella a également rejeté les interdictions, plaidant plutôt pour des cadres de gouvernance, des évaluations spécifiques aux enfants et la participation des jeunes et des parties prenantes . Alexandre a renforcé l’idée que les politiques de protection ne devraient pas être imposées sans consulter les jeunes, car cela peut les priver de ressources précieuses . L’objectif commun était la protection et le bien-être ; le désaccord portait sur les moyens punitifs ou excluants, et non sur l’objectif lui-même .
Les interdictions générales des smartphones ou des réseaux sociaux risquent de devenir des réponses politiques simplistes qui ignorent le travail éducatif et les réalités vécues par les jeunes (Tatiana Debrabandere) Interdire les réseaux sociaux n’est pas la bonne solution ; des cadres plus solides, des évaluations d’impact sur les droits humains spécifiques aux enfants et l’implication des parties prenantes sont plus efficaces que l’exclusion (Daniella Esi Darlington) Les jeunes doivent être entendus directement dans les politiques numériques, car des mesures imposées sans les consulter peuvent les couper de ressources et d’opportunités importantes (Alexandre Carette)
Tous trois soutenaient l’accompagnement plutôt que la panique, mais ils mettaient l’accent sur des voies différentes. Niels a proposé une liste de contrôle parentale axée sur le bien-être global plutôt que sur des limites horaires strictes . Tatiana a plaidé pour une éducation aux médias transversale tout au long de la vie, y compris des espaces de dialogue pour les parents afin qu’ils cessent de diaboliser les médias et de se sentir impuissants . Daniella a appelé à un soutien co-construit associant les parents, les écoles, les pouvoirs publics et les jeunes eux-mêmes . Ils s’accordaient sur l’objectif de soutien et de prévention, tout en divergeant sur le point de savoir si le principal levier devait être les pratiques familiales, les systèmes éducatifs ou une gouvernance plus large associant de multiples parties prenantes .
Les parents devraient remplacer les règles rigides sur le temps d’écran par une liste de vérification plus large des signes montrant qu’un enfant va bien, afin que les préoccupations reposent sur le bien-être global plutôt que sur le nombre d’heures passées en ligne (Niels Weber) L’éducation aux médias a besoin d’une approche transversale tout au long de la vie, qui soutienne les jeunes, les enseignants et surtout les parents par le dialogue plutôt que par la peur ou la diabolisation (Tatiana Debrabandere) Les jeunes ont besoin d’un accompagnement co-construit associant parents, écoles, gouvernements et autres parties prenantes, afin que les réponses correspondent à leurs besoins et défis réels (Daniella Esi Darlington)
Il existait un large accord sur le fait que les fournisseurs de technologies portent une responsabilité, mais des divergences subsistaient quant à l’accent mis et aux remèdes. Niels s’est concentré sur la conception orientée vers la rétention qui prolonge l’usage, en particulier chez les jeunes dont l’autorégulation est moins développée . Daniella a mis en avant les compagnons IA et les chatbots, en soutenant que les fournisseurs doivent orienter les utilisateurs vulnérables vers des professionnels et préserver une supervision humaine . Alexandre s’est concentré sur la régulation des modèles économiques et algorithmiques opaques sans attendre une preuve causale du préjudice . Ils s’accordaient sur le fait que la conception du côté des fournisseurs est déterminante, mais divergeaient sur la question de savoir si la réponse principale devait être une reformulation clinique, des obligations de sécurité dès la conception pour les systèmes d’IA, ou une régulation des marchés et des algorithmes .
Les choix de conception des Big Tech encouragent un engagement prolongé, en particulier chez les jeunes utilisateurs dont l’autorégulation est encore en développement ; la responsabilité réside donc en partie dans la conception de systèmes axés sur la rétention (Niels Weber) Les compagnons IA et les chatbots peuvent aggraver la solitude ou mal gérer la dépression et l’anxiété ; les fournisseurs devraient donc réorienter les utilisateurs vulnérables vers des professionnels humains et maintenir les humains dans la boucle (Daniella Esi Darlington) La régulation devrait viser les modèles économiques et algorithmiques opaques et déloyaux plutôt que d’attendre une preuve scientifique parfaite de la causalité, car la conception actuelle des plateformes affecte tous les utilisateurs, pas seulement les jeunes (Alexandre Carette)
- La santé mentale des jeunes dans le monde numérique est une question large de politique publique et de société, impliquant les plateformes, les algorithmes, l’éducation, la vie privée, les dynamiques familiales et la psychologie, et non pas simplement le temps passé sur les appareils.
- Le temps d’écran à lui seul a été décrit à plusieurs reprises comme une mesure inadéquate du préjudice ; les questions plus pertinentes sont de savoir ce que les jeunes font en ligne, à quels besoins l’usage du numérique répond, et comment leurs vies en ligne et hors ligne interagissent.
- L’usage problématique du numérique doit être compris à travers le contexte, les besoins individuels, les changements de comportement et la souffrance vécue, plutôt qu’au moyen de limites horaires fixes ou d’une panique morale généralisée à propos de l’usage des technologies par les jeunes.
- Les intervenants ont mis en garde contre la tendance à qualifier systématiquement les comportements numériques d’« addiction ». Niels Weber a soutenu que la plupart des cas relèvent d’un engagement prolongé induit par la conception ou de mécanismes d’adaptation, plutôt que d’une addiction, tandis que Tatiana Debrabandere a rappelé que la reconnaissance par l’OMS se limite au trouble du jeu vidéo dans une faible proportion de cas.
- Parmi les signes d’alerte figurent l’évitement scolaire, l’isolement, une perte de contrôle persistante, un retrait social prolongé et des changements de comportement plus larges, mais ceux-ci doivent être examinés comme d’éventuels signes de difficultés de vie sous-jacentes plutôt que présumés être causés uniquement par les écrans.
- L’éducation aux médias a été présentée comme une réponse centrale, en particulier l’approche de la Belgique francophone qui la considère comme une responsabilité transversale tout au long de la vie. L’éducation devrait aider les jeunes à analyser de manière critique les influenceurs, la publicité, les sources d’information et leurs propres habitudes médiatiques.
- Les parents ont besoin de soutien et d’un accompagnement fondé sur le dialogue plutôt que de reproches. Au lieu de s’appuyer uniquement sur des limites strictes de temps d’écran, ils ont été encouragés à considérer une liste plus large d’éléments permettant de savoir si un enfant fonctionne bien dans l’ensemble.
- La conception des plateformes et des algorithmes a été identifiée comme un facteur majeur d’engagement prolongé. Les intervenants ont souligné que la responsabilité n’incombe pas seulement aux jeunes ou aux parents, mais aussi aux entreprises technologiques et aux modèles économiques qui sous-tendent les services numériques.
- Les outils d’IA peuvent à la fois aider et nuire. Parmi les risques évoqués figuraient la solitude, la dépendance excessive aux compagnons IA, le cyberharcèlement et l’exposition à des contenus nuisibles, tandis que les bénéfices potentiels incluaient la sensibilisation, les lignes d’assistance, la détection du harcèlement et d’autres interventions de soutien lorsque les humains restent impliqués.
- La voix des jeunes devrait être incluse directement dans l’élaboration des politiques. Plusieurs intervenants ont soutenu que des mesures imposées sans consultation des jeunes risquent de les priver de ressources bénéfiques telles que l’éducation, la recherche, les opportunités économiques et le lien social.
- Les interdictions générales des smartphones ou des réseaux sociaux ont été largement critiquées comme des réponses simplistes qui ne s’attaquent pas aux causes profondes. La discussion a plutôt privilégié des cadres réglementaires plus solides, des solutions co-construites et un examen attentif des modèles économiques des plateformes.
- La question est mondiale, mais le contexte compte. Daniella Esi Darlington a noté qu’au Ghana, la santé mentale reste marquée par une réticence culturelle à en parler ouvertement, bien que les jeunes générations utilisent les outils numériques pour sensibiliser et chercher de l’aide.
“Niels Weber a soutenu que le temps d’écran n’est pas la mesure la plus utile ; ce qui importe, c’est ce que les jeunes font sur les écrans et en dehors, et la vie numérique doit être comprise comme une composante de leur contexte plus large de santé mentale.”
“Tatiana Debrabandere a déclaré qu’en Belgique francophone, l’éducation aux médias est reconnue par la loi tout au long de la vie, et que les gouvernements se concentrent souvent trop sur l’imposition de limites de temps d’écran tout en prêtant trop peu d’attention à ce que les jeunes font réellement en ligne.”
“Daniella Esi Darlington a observé que les plateformes numériques ne sont souvent pas conçues de manière sûre pour les jeunes utilisateurs et que les algorithmes sont pensés pour maintenir leur engagement, tout en soulignant que la technologie peut aussi être utilisée positivement pour la sensibilisation, le soutien et des solutions co-construites.”
“Niels Weber a insisté sur le fait que, dans la plupart des cas, nous devrions cesser de qualifier l’usage numérique problématique d’« addiction », car ce terme est trompeur ; le véritable problème est souvent une conception manipulatrice et des besoins non satisfaits, et la question cliniquement pertinente est de savoir si la personne souffre.”
“Tatiana Debrabandere a comparé les inquiétudes actuelles autour des réseaux sociaux et de l’IA à la panique morale du XIXe siècle à propos des romans, en soutenant que l’éducation aux médias devrait anticiper et accompagner les personnes plutôt que simplement diaboliser les nouveaux médias.”
“Daniella Esi Darlington a averti que les jeunes peuvent se tourner vers des compagnons IA par solitude, et que lorsque les chatbots sont confrontés à des problèmes comme la dépression ou l’anxiété, ils devraient réorienter les utilisateurs vers des professionnels humains plutôt que d’agir comme des substituts.”
“Niels Weber a expliqué que le comportement numérique problématique n’est souvent pas la cause de la détresse, mais une réponse à celle-ci : par exemple, un jeune peut faire un usage excessif de son téléphone en raison de difficultés scolaires, de problèmes relationnels, d’une séparation ou d’un deuil.”
“Tatiana Debrabandere a décrit comment les interdictions des smartphones et des réseaux sociaux à l’école progressent sur le plan politique, tout en plaidant pour une approche transversale de l’éducation aux médias et en avertissant que les ambitions éducatives restent compromises par un manque de ressources et de capacités chez les enseignants.”
“Daniella Esi Darlington a rejeté les interdictions des réseaux sociaux comme une mauvaise approche et a proposé à la place une gouvernance fondée sur les droits, y compris des évaluations d’impact sur les droits humains spécifiques aux enfants dans les cadres de politique publique relatifs à l’IA et au numérique.”
“Niels Weber a expliqué qu’en thérapie, il lui arrive de jouer à des jeux comme Fortnite avec des familles, en utilisant le jeu comme un espace partagé pour poser des questions, rétablir le dialogue et comprendre les émotions et les significations associées au jeu.”
“En réponse à une question sur les preuves et la responsabilité des plateformes, Alexandre Carette a soutenu qu’attendre des preuves scientifiques définitives de causalité peut paralyser l’action, et que les régulateurs peuvent malgré tout intervenir sur la base de modèles économiques et algorithmiques non transparents et inéquitables.”
Comment la santé mentale des jeunes dans le monde numérique devrait-elle être évaluée au-delà de simples mesures du temps d’écran ?
Tous deux ont soutenu que le temps d’écran, à lui seul, est un indicateur inadéquat et que l’évaluation devrait porter sur ce que les jeunes font en ligne et hors ligne, sur leurs besoins de développement et sur le contexte plus large de leur santé mentale. Cela met en évidence la nécessité de meilleurs cadres d’évaluation.
Quels sont les moyens les plus efficaces de comprendre et de classifier l’usage numérique problématique sans l’étiqueter à tort comme une addiction ?
Niels a explicitement rejeté l’usage routinier du terme addiction, en insistant plutôt sur la souffrance et la perte de contrôle, tandis que Tatiana a évoqué des situations problématiques telles qu’une perte de contrôle durable et un retrait social. Cela souligne la nécessité de concepts, de critères et d’orientations professionnelles plus clairs.
Comment la conception des plateformes, les mécanismes de rétention et les algorithmes contribuent-ils à un usage excessif ou préjudiciable chez les jeunes ?
Daniella et Niels ont tous deux mis en avant des choix de conception visant à prolonger l’usage, et Alexandre a relié cela à des préoccupations plus larges concernant les plateformes et les algorithmes. C’est important pour identifier des causes structurelles du préjudice plutôt que des causes purement individuelles.
Comment peut-on répondre en toute sécurité à la solitude chez les jeunes, y compris à l’usage croissant de compagnons IA et de chatbots ?
Daniella a identifié la solitude comme un facteur clé de l’engagement envers les compagnons IA et a soutenu que les chatbots devraient rediriger les utilisateurs confrontés à la dépression ou à l’anxiété vers de vrais professionnels. Cela suggère un travail supplémentaire sur les garanties de protection, la supervision humaine et les réponses fondées sur le soutien social.
Comment les parents, les écoles, les pouvoirs publics et les jeunes peuvent-ils co-construire des solutions concrètes pour le bien-être numérique ?
Elle a souligné que les solutions ne devraient pas être imposées de manière unilatérale et que les jeunes ont besoin d’espaces sûrs pour expliquer leurs difficultés et contribuer à concevoir des réponses. Cela est important pour la légitimité et l’efficacité des interventions.
Quels signes d’alerte les parents devraient-ils rechercher pour distinguer un usage ordinaire d’une véritable détresse liée au numérique ?
Alexandre a explicitement demandé quels étaient les signaux d’alerte, et Niels a répondu en évoquant l’évitement scolaire, la solitude et des changements plus larges dans la vie. Cela reste un domaine clé de suivi pour l’accompagnement parental et l’intervention précoce.
Comment les adultes devraient-ils examiner les changements dans l’usage numérique des jeunes en les reliant à des événements de vie plus larges tels que des difficultés scolaires, des relations ou un deuil ?
Il a suggéré qu’un usage plus intensif du téléphone est souvent une réponse à des difficultés sous-jacentes plutôt que la cause première. Cela appelle des recherches supplémentaires sur les mécanismes de causalité et des modèles d’intervention plus holistiques.
Quels sont les effets des interdictions des smartphones et des réseaux sociaux à l’école et à l’échelle nationale, et ces interdictions sont-elles efficaces par rapport à d’autres approches ?
Tatiana a décrit les récentes évolutions en Belgique vers des interdictions, Alexandre a remis en question des décisions similaires comme celle de l’Australie, et Daniella a soutenu que les interdictions ne s’attaquent pas aux causes profondes. Il s’agit d’une question de politique publique non résolue qui nécessite des éléments de comparaison.
La politique publique devrait-elle viser à interdire aux jeunes l’accès aux réseaux sociaux, ou à réformer les modèles économiques et commerciaux des plateformes numériques ?
Alexandre a explicitement opposé les interdictions à la nécessité de s’attaquer au modèle économique, et Daniella a plaidé pour des cadres et des incitations plutôt que pour l’interdiction. C’est un point central des débats sur la responsabilité et la gouvernance des plateformes.
Comment le bien-être numérique des enfants et des jeunes peut-il être intégré à la gouvernance de l’IA au moyen d’évaluations d’impact sur les droits humains spécifiques aux enfants ?
Elle a noté qu’il existe de larges évaluations d’impact, mais qu’elles sont rarement adaptées aux enfants, et a demandé combien de stratégies nationales en matière d’IA prennent réellement en compte le bien-être des enfants. Cela suggère un programme concret en matière de politiques publiques et de recherche.
Comment l’éducation aux médias peut-elle être intégrée plus efficacement dans l’enseignement formel lorsqu’il est difficile de créer un cours dédié ?
Elle a décrit l’échec de la mise en place d’un cours autonome d’éducation aux médias et l’évolution vers des supports pédagogiques transversaux et des activités extrascolaires. Cela souligne la nécessité d’étudier des modèles de mise en œuvre à grande échelle.
Quel soutien financier et institutionnel est nécessaire pour renforcer les éducateurs aux médias et rendre l’éducation aux médias visible et durable ?
Elle a identifié le manque de financement comme un problème fondamental, malgré le discours gouvernemental en faveur de l’éducation aux médias. Cela indique la nécessité de mener des recherches sur les modèles de financement et le renforcement des capacités.
Comment l’éducation aux médias peut-elle aider les jeunes à comprendre de manière critique les influenceurs, les contenus commerciaux, la publicité et les sources d’information en ligne ?
Elle a mis en avant les inquiétudes concernant la manière dont les jeunes sont informés par les influenceurs et la question de savoir s’ils peuvent distinguer l’opinion, le journalisme et la promotion commerciale. Cela est important pour une citoyenneté éclairée et la protection contre la manipulation.
Comment les approches thérapeutiques et éducatives peuvent-elles s’appuyer sur les pratiques numériques réelles des jeunes, y compris les jeux vidéo, pour rétablir le dialogue et la compréhension au sein de la famille ?
Il a décrit l’utilisation de jeux comme Fortnite pendant la thérapie pour ouvrir la discussion et observer les émotions ainsi que les dynamiques familiales. Cela suggère une piste prometteuse pour approfondir l’étude de méthodes fondées sur la pratique et participatives.
Quelles stratégies parentales concrètes peuvent réduire les inquiétudes liées à l’usage des écrans sans recourir à des limites de temps rigides ?
Alexandre a demandé comment les parents peuvent aider les enfants à utiliser moins les écrans même dans des situations non problématiques, et Niels a proposé une liste de contrôle d’indicateurs rassurants plutôt que des plafonds horaires stricts. Cela est pertinent pour l’accompagnement familial au quotidien.
Comment les contextes culturels façonnent-ils les discussions, la stigmatisation et le recours à l’aide en matière de santé mentale des jeunes et de bien-être numérique, par exemple au Ghana ?
Alexandre a demandé si la question se posait différemment au Ghana, et Daniella a expliqué que les normes culturelles influencent l’ouverture autour de la santé mentale, tandis que la sensibilisation progresse. Cela montre la nécessité d’une recherche et d’une conception des politiques ancrées dans les réalités culturelles.
Comment les jeunes neuroatypiques sont-ils spécifiquement affectés par les écrans, les réseaux sociaux, le harcèlement et la consommation numérique non partagée ?
Le membre du public a explicitement évoqué les personnes neurodivergentes comme un groupe particulièrement touché et a mentionné de multiples dimensions de risque. Cela indique un domaine important encore insuffisamment exploré qui nécessite une attention ciblée.
Quels modèles de soutien alternatifs peuvent accompagner l’apprentissage et les usages numériques des jeunes sans reposer sur l’interdiction, y compris un soutien par les pairs ou par d’autres figures d’autorité non parentales ?
L’intervenant a évoqué des alternatives présentées lors d’une conférence sous la présidence chypriote ainsi que des travaux organisés par la Commission européenne, en insistant sur l’accompagnement plutôt que sur l’interdiction. Cela suggère la nécessité d’examiner des modèles alternatifs de gouvernance et de soutien.
Existe-t-il des données probantes suffisantes de la part de l’World Health Organization ou d’ailleurs sur l’impact de la technologie sur la santé mentale, et quelles études sont disponibles ?
Cette question a été posée explicitement en réponse à des affirmations récurrentes en Colombie selon lesquelles les éléments de preuve sont insuffisants. C’est important parce que les lacunes en matière de preuves affectent les politiques publiques et la réglementation.
Comment amener les plateformes à assumer une véritable responsabilité face aux atteintes à la santé mentale et au bien-être numérique des jeunes ?
Le membre du public a posé cette question directement, et Alexandre a répondu en suggérant d’agir sur la transparence, la loyauté et les modèles économiques même en l’absence de preuve définitive de causalité. Il s’agit d’une question centrale non résolue en matière de réglementation et de mise en application.
Comment les régulateurs peuvent-ils agir lorsque les données probantes montrent une corrélation, mais pas une causalité complète, entre l’usage de la technologie et les atteintes à la santé mentale ?
Alexandre a explicitement noté qu’attendre une preuve définitive peut bloquer l’action. Cela soulève une importante question de recherche et de politique publique sur la réglementation de précaution et les standards de preuve.
Le rétablissement de modèles de réseaux sociaux plus anciens, moins guidés par des algorithmes, réduirait-il les préjudices, et quels enseignements peut-on tirer de cas comme celui des Pays-Bas ?
Il a suggéré de demander à des entreprises comme Meta de revenir à un fonctionnement antérieur des plateformes et a fait référence aux Pays-Bas. Cela ouvre une piste spécifique pour l’expérimentation des politiques publiques et la recherche comparative.
