Atelier 1: Des infrastructures durables au-delà des évolutions technologiques
La discussion a porté sur la durabilité et la résilience des infrastructures de l’Internet, en articulant les dimensions techniques, de gouvernance et de souveraineté. Laurent Ferrali a rappelé que les standards de l’Internet ont été développés surtout dans le cadre ouvert de l’IETF, tandis que l’ICANN repose sur un modèle de gouvernance multipartite conçu pour accompagner l’évolution technologique . Il a aussi expliqué que le DNS relie les adresses IP aux noms de domaine et que l’IETF produit les standards techniques nécessaires au développement de l’Internet .
Plusieurs exemples montrent l’articulation entre technique et gouvernance. Sur le multilinguisme, Laurent Ferrali a indiqué que des travaux ont été menés à la fois à l’IETF et à l’ICANN, notamment pour intégrer les noms de domaine internationalisés dans les politiques générales et les nouveaux gTLD . En cybersécurité, il a cité DNSSEC et d’autres RFC comme illustrations d’une réponse conjointe entre standards techniques et politiques élaborées par la communauté . Il a insisté sur le fait que la gouvernance de l’ICANN est liée à une réalité technique spécifique et ne constitue pas un modèle universel à transposer mécaniquement ailleurs .
Un point central du débat concernait la participation inégale aux instances de gouvernance. Laurent Ferrali a souligné que certaines régions, notamment en Afrique subsaharienne, sont insuffisamment représentées à l’ICANN et à l’IETF, ce qui empêche leurs priorités locales d’être correctement prises en compte . Il a affirmé que ces modèles restent ouverts et interopérables, mais qu’ils doivent être activement défendus et investis par les communautés concernées, faute de quoi d’autres modèles plus fermés peuvent s’imposer .
Andres Figoli a ensuite déplacé l’attention vers les câbles sous-marins, qu’il a présenté comme une infrastructure mondiale essentielle, tout en décrivant leur vulnérabilité, le manque d’investissement dans les navires de maintenance et le coût très élevé des réparations . Il a expliqué avoir contribué à durcir les sanctions contre les pêcheurs coupant des câbles en Uruguay et en Colombie, avec un effet dissuasif clair . Il a aussi mentionné une initiative de l’UIT ayant produit 40 recommandations et un rapport de 200 pages pour renforcer la résilience, même si leur mise en œuvre dépend largement des gouvernements nationaux .
La discussion a également abordé l’impact environnemental et économique des infrastructures. Laurent Ferrali a noté que l’empreinte carbone du DNS peut être réduite en localisant davantage les requêtes, et a cité des travaux de l’ICANN en Afrique pour limiter les requêtes inutiles et garder davantage de trafic sur le territoire . En parallèle, Andres Figoli et l'intervenant 3 ont souligné la montée en puissance des GAFAM et des hyperscalers dans la propriété ou l’usage des infrastructures, ce qui fragilise le modèle économique des opérateurs télécoms traditionnels et soulève des questions de souveraineté et d’investissement futur .
En conclusion, les intervenants convergent vers l’idée que la résilience de l’Internet dépend à la fois d’infrastructures critiques robustes, de politiques publiques adaptées et d’une participation des communautés au modèle multipartite. Laurent Ferrali a finalement insisté sur le fait que l’Internet de demain doit être co-construit par des acteurs multiples plutôt que laissé aux seules plateformes privées .
- Le débat souligne la complémentarité entre standards techniques ouverts et gouvernance multipartite pour faire évoluer l’Internet. L'intervenant 1 explique que les standards de l’Internet ont été développés surtout dans le cadre de l’IETF, dans une logique ouverte, tandis que l’ICANN fournit un modèle de gouvernance multipartite capable d’accompagner les évolutions technologiques. Il insiste sur le fait que l’Internet avance avec “deux jambes” : une jambe technique et une jambe gouvernance.
- Des exemples concrets montrent comment l’écosystème IETF/ICANN s’adapte à de nouveaux enjeux comme le multilinguisme, la cybersécurité et les abus en ligne. Le DNS est présenté comme l’infrastructure qui relie adresses IP et noms de domaine, et l’IETF comme l’espace où les ingénieurs développent les standards. L'intervenant 1 cite ensuite le travail sur les noms de domaine internationalisés (IDN), le DNSSEC pour la cybersécurité, ainsi que l’adaptation des politiques face au phishing, aux scams et autres abus. - La résilience et la durabilité des infrastructures dépendent fortement de la participation effective de toutes les régions du monde aux instances de gouvernance. L'intervenant 1 souligne que l’ICANN ne décide pas seule : les sujets avancent si les communautés les portent. Il note un déficit de participation de certaines régions, notamment d’Afrique subsaharienne, ce qui empêche certaines priorités locales d’être traitées. Il rappelle aussi que les modèles ouverts et interopérables doivent être activement défendus face à d’autres logiques plus fermées de type plateforme. - Les câbles sous-marins apparaissent comme une infrastructure critique majeure, confrontée à des vulnérabilités physiques, juridiques et économiques. L'intervenant 2 rappelle que l’essentiel du trafic mondial passe par ces infrastructures, évoque les coupures causées par des pêcheurs, le besoin de sanctions dissuasives, et le travail mené à l’UIT avec des dizaines de recommandations pour renforcer la résilience. Il met aussi en avant le manque d’investissement, le vieillissement et l’insuffisance des navires de maintenance, ainsi que les coûts très élevés des réparations.
- Une forte préoccupation émerge autour de la concentration du contrôle des infrastructures et de la valeur chez les GAFAM/hyperscalers, avec des implications pour la souveraineté et la soutenabilité du modèle. L'intervenant 2 affirme que les hyperscalers contrôlent désormais une part dominante de certaines infrastructures sous-marines. L'intervenant 3 prolonge cette idée en expliquant que la valeur économique du numérique se concentre chez les GAFAM, ce qui réduit la capacité d’investissement des opérateurs télécoms nationaux et menace la connectivité durable. L'intervenant 1 ajoute qu’il faut développer des alternatives locales via le DNS, les ccTLD et la production de contenus hors plateformes, faute de quoi les pays deviennent dépendants d’écosystèmes fermés.
- But global de la discussion :*
- La discussion vise à réfléchir à la manière de maintenir, renforcer et rendre durables les infrastructures de l’Internet, tant sur le plan technique que sur celui de la gouvernance. Elle cherche à articuler plusieurs dimensions : standards ouverts, gouvernance multipartite, résilience des infrastructures critiques comme le DNS et les câbles sous-marins, souveraineté des États, inclusion des régions sous-représentées, et adaptation aux enjeux contemporains comme l’environnement, l’IA et la concentration du pouvoir chez les grandes plateformes.
- Ton général de la discussion :*
- La tonalité est globalement sérieuse, experte et pédagogique. Au début, elle est surtout explicative, avec des clarifications sur le DNS, l’IETF et l’ICANN pour le public. Ensuite, elle devient plus stratégique et préoccupée, notamment quand sont abordés les risques de cybersécurité, la sous-représentation de certaines régions, la vulnérabilité des câbles sous-marins et la montée en puissance des GAFAM. Il y a aussi un moment plus spéculatif et métaphorique avec l’intervention de l'intervenant 4 sur la survie du savoir en cas de catastrophe. Enfin, la discussion se conclut sur une note volontariste et mobilisatrice, insistant sur la co-construction de “l’Internet de demain” par des communautés d’acteurs plutôt que par les seules plateformes privées.
La séance porte sur la durabilité des infrastructures numériques et sur la manière dont leur solidité peut être maintenue dans un contexte de transformations rapides, notamment liées à l’intelligence artificielle . Dès le début, le modérateur demande un effort explicite de vulgarisation pour le public, en demandant que soient expliqués simplement des sigles comme DNS ou IETF .
Laurent Ferrali ouvre l’échange en rappelant que les standards de l’Internet ont été élaborés principalement dans le cadre de l’IETF, selon une logique ouverte et non propriétaire . Il distingue ce rôle de standardisation technique de celui de l’ICANN, qu’il présente comme un cadre de gouvernance multipartite ou multi-acteurs accompagnant l’évolution technologique . Il résume ensuite cette articulation par l’image d’un Internet qui avance sur « deux jambes », l’une technique et l’autre de gouvernance . Il ajoute toutefois que cette gouvernance n’est pas un modèle universel transposable tel quel, car elle est liée à une architecture technique et à un écosystème particuliers .
À la demande du modérateur, Laurent Ferrali précise plusieurs notions de base. Il décrit le DNS comme une sorte d’annuaire reliant les adresses IP aux noms de domaine, dans une infrastructure passée d’un simple fichier texte à un système distribué avec serveurs racines et résolveurs, notamment opérés par les fournisseurs d’accès . Il présente aussi l’IETF comme l’espace où les ingénieurs élaborent les standards techniques nécessaires au fonctionnement et au développement de l’Internet .
Laurent Ferrali illustre ensuite la complémentarité entre couches techniques et gouvernance par trois exemples. Sur le multilinguisme, il explique que les travaux techniques sur les noms de domaine internationalisés ont ensuite été pris en compte dans les politiques de l’ICANN, y compris lors de l’ouverture des nouveaux gTLD, sans créer une politique entièrement séparée pour les IDN . Sur la cybersécurité, il cite le DNSSEC, les RFC produites à l’IETF et les politiques élaborées ensuite par l'ICANN . Enfin, il évoque l’adaptation de l’Internet à la montée des abus, comme les scams et le phishing, qui a conduit à de nouvelles politiques . Il précise que, depuis le début, le DNS n’a pas été remis en cause comme structure capable de soutenir le développement de l’Internet .
Le modérateur relie alors cet échange au thème de la session, en recentrant la discussion sur l’évolution de la gouvernance technique et des infrastructures dans une perspective de durabilité . Il ouvre ainsi la voie à une discussion plus large, portant à la fois sur l’architecture logique de l’Internet et sur ses dimensions matérielles, géopolitiques et environnementales .
L'intervenant 4 introduit ensuite une réflexion plus spéculative en s’interrogeant sur la survie du savoir, des valeurs et des contenus culturels en cas de catastrophe majeure . Il distingue la survie des infrastructures territoriales de celle des connaissances elles-mêmes, et demande en substance comment rendre durables non seulement les réseaux, mais aussi ce qu’ils transportent .
Laurent Ferrali répond en rappelant d’abord les limites du mandat de l’ICANN : l’organisation ne travaille pas sur de tels scénarios catastrophes, mais son modèle, avec l’IETF et la communauté technique, a permis d’accompagner l’évolution de l’Internet à travers des décisions collectives . Il insiste surtout sur une distinction qu’il répète à plusieurs reprises dans la séance : les politiques ne viennent pas du staff de l’ICANN, mais de la communauté mondiale ; si un sujet doit avancer, il doit être porté par cette communauté . Il souligne à ce propos une faiblesse du système : une partie du monde participe encore trop peu aux travaux de l’ICANN et de l’IETF . Il mentionne les efforts fournis pour faciliter cette participation, y compris par des bourses, mais estime que cela ne suffit pas . Il cite en particulier la sous-représentation de certaines régions, notamment d’Afrique subsaharienne, et en tire une formule nette : quand nous ne sommes pas présents, nos intérêts ne sont pas représentés .
Dans le prolongement de ce point, Laurent Ferrali affirme que les modèles ouverts, interopérables et fondés sur des standards publics ne sont pas garantis pour toujours . Ils doivent être défendus, car d’autres logiques progressent, en particulier celles de plateformes plus fermées qui ne reposent pas sur le même principe d’interopérabilité . Il appelle donc à investir réellement ces espaces de gouvernance et de normalisation, y compris l’IETF, faute de quoi d’autres acteurs façonneront les règles de l’Internet .
Le modérateur fait ensuite basculer la discussion vers l’UIT et les infrastructures physiques, en particulier les câbles sous-marins . Andres Figoli rappelle qu’ils comptent parmi les infrastructures les plus importantes au monde et indique qu’environ 90 % du trafic mondial passe par eux . Il insiste sur l’existence de points de vulnérabilité ou d’étranglement, ainsi que sur les difficultés propres à des zones isolées ou peu attractives pour les entreprises, souvent situées dans le Sud global .
Pour illustrer ces enjeux, Andres Figoli évoque son expérience personnelle en Uruguay et en Colombie, où il dit avoir contribué à faire modifier la législation afin d’augmenter fortement les sanctions contre les pêcheurs responsables de coupures de câbles . Selon lui, le passage d’amendes très faibles à des sanctions beaucoup plus élevées a mis fin à ces incidents . Il explique qu’il a toutefois été difficile de convaincre les autorités qu’il ne s’agissait pas seulement d’un conflit entre entreprises privées, mais d’un enjeu de souveraineté nationale .
Andres Figoli présente ensuite le forum spécialisé mis en place à l’UIT sur la résilience des câbles sous-marins, réunissant des profils variés : représentants étatiques, autorités concernées, entreprises de maintenance, propriétaires de navires, industriels comme Alcatel, ainsi que des acteurs chinois et américains . Il explique qu’un sommet récent a débouché sur 40 recommandations et sur un rapport d’environ 200 pages devant être approuvé la semaine suivante . Il précise cependant que, si certaines recommandations s’adressent à l’UIT ou à d’autres organisations, la plupart relèvent en pratique de décisions et de mises en œuvre nationales .
Le modérateur résume cette séquence en soulignant le rôle de l’UIT dans la robustesse des infrastructures et le fait que les câbles doivent être considérés comme des infrastructures critiques relevant aussi de la souveraineté nationale . Il déplace ensuite la discussion vers la durabilité environnementale, en demandant comment rendre ces infrastructures à la fois résilientes et plus soutenables .
Dans sa réponse, Andres Figoli insiste surtout sur les contraintes matérielles de la maintenance. Il évoque le manque de navires spécialisés, leur vieillissement et leur mobilisation croissante pour d’autres usages, comme les câbles électriques ou les plateformes pétrolières . Selon lui, le problème central n’est pas d’allonger abstraitement la durée de vie des câbles, mais de réduire les coûts de maintenance et de réparation . Il donne des ordres de grandeur élevés, en soulignant notamment le poids du carburant et des longs trajets nécessaires pour amener un navire sur zone .
Interrogé à son tour sur la durabilité, Laurent Ferrali répond par un exemple plus technique lié au DNS. Il estime que l’empreinte carbone du DNS est inférieure à celle de grands centres de données, même si certaines architectures restent plus gourmandes que d’autres . Il cite des travaux et des présentations menés par l’ICANN dans plusieurs pays africains montrant qu’un volume important de requêtes DNS sort inutilement du territoire ou n’aboutit pas, ce qui crée à la fois une inefficacité et une consommation supplémentaire . Il mentionne aussi l’installation de deux structures importantes en Afrique afin de localiser davantage les requêtes DNS, de conserver plus de trafic sur place et de réduire ces inefficacités . Il présente cela comme un exemple de travail technique pouvant réduire indirectement l’empreinte carbone .
Laurent Ferrali relie ensuite cette question à la coopération entre acteurs. Il explique qu’en Afrique, la résilience peut aussi passer par des coopérations sur le DNS entre opérateurs et gestionnaires de ccTLD, y compris par des mécanismes de sauvegarde mutuelle . Il rappelle de nouveau qu’en tant que membre du staff de l’ICANN, il n’a pas pour rôle de prescrire des solutions, mais de produire des données, des recherches et des pistes que la communauté peut ensuite transformer en décisions .
La discussion se déplace ensuite vers l’économie politique des infrastructures. Andres Figoli affirme que les hyperscalers ou GAFAM occupent désormais une place dominante dans les câbles sous-marins, soit comme propriétaires directs, soit comme utilisateurs majeurs des capacités, même lorsque les propriétaires formels restent des opérateurs télécoms . Il estime que cette évolution change profondément l’équilibre historique du secteur et pose une question de contrôle effectif des infrastructures et des flux de données .
L'intervenant 3 prolonge cette analyse en soulignant que la concentration de la valeur économique chez les GAFAM réduit la capacité des opérateurs télécoms à investir dans les infrastructures nationales de connectivité . Selon lui, les opérateurs ne peuvent investir qu’à hauteur de ce qu’ils gagnent, et si leur part de valeur diminue, leur capacité à maintenir et développer les réseaux diminue aussi . Il appelle donc à repenser le business model global afin de soutenir les investissements dans la connectivité nationale et de préserver une forme de souveraineté .
Andres Figoli nuance néanmoins cette critique. Il reconnaît la montée en puissance des hyperscalers, mais soutient qu’ils financent aussi des routes ou des zones que les opérateurs télécoms n’auraient pas prises en charge seuls . Il cite l’exemple de Sainte-Hélène, où un investissement lié à une route transocéanique a créé des opportunités qu’aucun opérateur classique n’aurait probablement portées . Il défend ainsi une coexistence entre anciens et nouveaux acteurs, à condition de préserver la concurrence et d’éviter les abus .
Laurent Ferrali intervient alors pour déplacer le débat de la propriété des infrastructures vers celui des usages et de l’autonomie numérique. Il reconnaît les inquiétudes suscitées par le rôle croissant des GAFAM, y compris dans les satellites . Mais il soutient aussi que les pays auraient pu limiter une partie de cette dépendance en développant davantage l’Internet ouvert, notamment à travers le DNS, les noms de domaine nationaux et les ccTLD . Il prend l’exemple du .ci en Côte d’Ivoire, qu’il relie explicitement à l’ancrage juridique local : c’est la juridiction nationale et le droit national qui s’y appliquent . Il oppose alors l’Internet ouvert à des plateformes fermées qui finissent par ressembler à des intranets privés . Il appelle à former les usagers pour qu’ils soient aussi producteurs de contenus sur leurs propres noms de domaine, et pas seulement consommateurs de services hébergés sur des plateformes .
La discussion revient ensuite aux coupures de câbles et à leurs effets régionaux. Andres Figoli évoque le cas de la Côte d’Ivoire, où plusieurs câbles ont été endommagés, en rappelant que certains risques géographiques sont connus de longue date . Il souligne que les grands acteurs et opérateurs OTT peuvent financer des routes de contournement coûteuses parce qu’ils disposent de moyens financiers supérieurs à ceux des télécoms traditionnels . Le modérateur évoque ensuite, de mémoire, la coupure ayant touché la Côte d’Ivoire et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, en citant notamment ACE et SAT3, pour montrer qu’un incident local peut avoir des effets régionaux majeurs . Il pose alors une question plus politique : face à la présence d’acteurs privés dans la mer, l’espace et les réseaux, les États ne devraient-ils pas aussi porter leurs propres alternatives, par exemple satellitaires, afin de disposer d’un véritable choix stratégique ?
Laurent Ferrali répond en insistant sur la responsabilité des États à garantir un minimum de continuité et de résilience sur leur territoire . Il explique qu’une coupure totale d’Internet peut aussi interrompre des services internes essentiels . Il ajoute qu’au-delà des câbles et satellites, des acteurs étrangers ont déjà installé des équipements comme des CDN directement dans les réseaux d’opérateurs locaux . Pour les îles et les zones enclavées, il recommande donc d’avoir du cache dans le réseau afin de pouvoir fonctionner en mode dégradé, au moins pour les services de l’État . Il insiste sur la nécessité, pour un État, de pouvoir continuer à informer sa population et à assurer un minimum de continuité administrative même en cas de rupture de connectivité internationale . Selon lui, cela suppose des accords de résilience avec les opérateurs et des investissements dans des structures locales limitant la dépendance à l’international .
Andres Figoli complète ce point en plaidant pour une approche fondée sur des données objectives et sur une distinction claire entre sécurité et résilience . Il critique par exemple l’idée de dépenser des millions dans des drones pour surveiller les pêcheurs, alors que des systèmes plus simples comme l’AIS ou le VMS permettent déjà de suivre efficacement les navires . Il met ainsi en garde contre des réponses technologiques coûteuses mais mal ciblées . Il mentionne aussi un nouveau grand câble mondial développé pour Meta contournant certains points d’étranglement comme la mer Rouge, comme exemple de diversification des routes .
Dans un passage institutionnel plus bref, Laurent Ferralirappelle aussi que l’ICANN ne « gère » pas directement des espaces comme .com, .org ou .net . Il explique que les discussions à l’ICANN servent à élaborer des politiques applicables à ces domaines, que le board les valide, et que le staff a pour fonction de soutenir la communauté et de mettre en œuvre les politiques adoptées . Ce point prolonge sa distinction répétée entre travail du staff et décisions de la communauté .
Vers la fin de l’échange, l'intervenant 4 revient sur les noms de domaine en opposant un ancien modèle de bibliothèque et de catalogue à un modèle dominé aujourd’hui par les moteurs de recherche et les index . Il estime qu’une partie de cette fonction de « table des matières » subsiste encore dans les noms de domaine, par exemple avec des suffixes comme .biz ou .edu .
Laurent Ferrali répond en reconnaissant que les noms de domaine portent des significations géographiques, culturelles ou linguistiques fortes, comme .paris ou .alsace . Il explique que l’ouverture de nouveaux gTLD et le développement des IDN visaient justement à réduire la domination anglophone initiale de l’Internet, marquée notamment par des catégories historiquement américaines comme .edu . Il ajoute qu’il ne suffit pas de créer ces possibilités sur le plan technique : encore faut-il que les logiciels, formulaires et services les prennent effectivement en charge, par exemple pour les adresses électroniques . Il présente ainsi les nouveaux gTLD et les IDN comme des outils de pluralisme linguistique et territorial . Il rappelle toutefois fermement que l’ICANN ne traite pas du contenu lui-même et ne peut pas étendre son mandat à l’organisation du savoir au sens large .
Le modérateur conclut en soulignant le besoin de vulgarisation autour de notions souvent confondues, comme Internet, le Web, les noms de domaine ou les moteurs de recherche . Cette remarque prolonge sa demande initiale d’explication des sigles et montre que la compréhension de ces objets reste une condition de participation au débat .
Dans ses derniers mots, Andres Figoli estime que l’année en cours sera importante pour l’amélioration de la résilience des câbles sous-marins, grâce à des critères et objectifs plus explicites . Laurent Ferrali formule pour sa part une conclusion plus générale : il affirme qu’il existe encore une possibilité de construire collectivement « l’Internet de demain » à travers des modèles multi-acteurs . Il regrette une posture trop passive et consumériste des usagers, alors que l’Internet s’est d’abord construit comme un espace de co-construction . Il relie cet enjeu à la réduction de la fracture numérique, au multilinguisme, à l’accès à la culture et à d’autres biens communs qui, selon lui, ne seront pas assurés spontanément par le seul secteur privé . Il conclut que, sans engagement conjoint des gouvernements, des communautés techniques, des utilisateurs et des entreprises, l’espace numérique risque d’être façonné principalement par les plateformes .
Au total, la discussion met en avant plusieurs constats récurrents : la complémentarité entre standards techniques ouverts et gouvernance multi-acteurs ; le caractère critique et vulnérable des câbles sous-marins ; les tensions créées par la concentration croissante de la valeur et du pouvoir d’infrastructure chez les hyperscalers ; et l’importance d’une participation effective de toutes les régions du monde aux espaces où se décident politiques et standards . Le débat suggère qu’aucun levier unique ne suffira : les intervenants évoquent à la fois l’action communautaire dans les enceintes techniques, les responsabilités des États, les investissements matériels, les capacités locales de résilience et la nécessité de défendre un Internet ouvert face à des modèles de plateformes plus fermés .
Cette affirmation est cohérente avec la base, qui souligne l’importance des « normes ouvertes » et de l’interopérabilité dans le développement de l’Internet, ainsi que son caractère collaboratif [S20]. La base rappelle aussi que l’IETF s’occupe des protocoles Internet [S16].
La distinction générale est corroborée par la base : l’IETF est décrit comme l’instance qui s’occupe des protocoles [S16], tandis que l’écosystème de gouvernance de l’Internet est présenté comme impliquant institutions techniques, institutions de gouvernance, société civile, industrie et communauté des utilisateurs [S20].
La base confirme cette description pédagogique du DNS : les résolveurs récursifs reçoivent les requêtes, souvent via le fournisseur d’accès, puis interrogent le système de serveurs racines et les serveurs de TLD avant d’obtenir la réponse [S37]. Elle précise aussi que les serveurs de cache disposent d’une liste préconfigurée d’adresses de serveurs racines [S38].
La base ajoute un élément important : le DNS ne se limite pas à quelques serveurs visibles dans un schéma, mais repose en réalité sur des millions de serveurs distribués à l’échelle mondiale ; il n’existe pas un unique résolveur ou un unique serveur faisant autorité [S37].
La base va dans le même sens en indiquant que l’IETF « s’occupe des protocoles » [S16], ce qui confirme son rôle central dans l’élaboration des mécanismes techniques de l’Internet.
La base apporte du contexte en décrivant l’Internet comme un « réseau de réseaux » interopérant librement, ayant produit une infrastructure collaborative où institutions techniques, gouvernance, société civile, industrie et utilisateurs sont tous engagés [S20]. Cela renforce l’idée d’une articulation entre technique et gouvernance.
La base apporte un cadrage utile : elle souligne que la transformation numérique devient transversale dans les organisations internationales et qu’une politique numérique holistique est nécessaire face à la nature multidimensionnelle des enjeux numériques [S14]. Elle rappelle aussi que, pour l’IA, des normes ouvertes et l’interopérabilité sont jugées essentielles [S20].
Standards ouverts et articulation technique/gouvernance pour faire évoluer l’Internet (Speaker 1)
Arg. 1Speaker 1 explique que l’Internet s’est construit sur des standards ouverts élaborés principalement à l’IETF, et que cette base technique est complétée par un modèle de gouvernance multipartite porté notamment par l’ICANN. Selon lui, l’évolution de l’Internet repose sur ces deux dimensions indissociables : une jambe technique pour standardiser, et une jambe de gouvernance pour adapter les პოლიტiques et accompagner les changements.
Il affirme d’abord que les standards ont été développés principalement dans le cadre de l’IETF et qu’ils sont ouverts, non propriétaires dans leur grande majorité . Il précise ensuite que l’ICANN repose sur un modèle de gouvernance multipartite capable d’accompagner l’évolution technologique . Il illustre cette articulation avec le multilinguisme et la cybersécurité : les IDN ont donné lieu à un travail technique à l’IETF puis à une intégration dans les politiques de l’ICANN , et DNSSEC a également suivi cette logique combinant RFC/standards côté technique et politiques côté gouvernance .
on: La gouvernance et les réponses institutionnelles doivent être portées collectivement, avec une forte implication des communautés et des pouvoirs publics
La gouvernance ICANN ne fonctionne que si toutes les régions participent ; sinon leurs intérêts ne sont pas représentés (Speaker 1)
Arg. 2Speaker 1 soutient que le modèle multipartite de l’ICANN est ouvert à tous, mais qu’il ne peut refléter les besoins du monde entier que si toutes les régions participent effectivement. Quand certaines zones, notamment des pays africains, sont absentes, leurs enjeux spécifiques ne remontent pas dans les débats ni dans l’élaboration des politiques.
Il explique qu’une partie du monde participe insuffisamment à l’ICANN et que certaines régions y existent peu ou mal . Il précise que le rôle du staff est de faciliter la venue et la participation de ces acteurs, faute de quoi seule une partie du monde est représentée . Il ajoute que lorsque les pays concernés ne sont pas présents, leurs intérêts ne sont pas représentés, en donnant l’exemple de sujets de résilience DNS en Afrique subsaharienne qui ne seront pas portés par d’autres pays à leur place .
on: La participation, la pédagogie et la vulgarisation sont nécessaires pour que davantage d’acteurs puissent peser sur la gouvernance et les choix techniques
Il faut co-construire l’Internet de demain avec des modèles multi-acteurs plutôt que rester de simples consommateurs des plateformes (Speaker 1)
Arg. 3Speaker 1 défend l’idée que l’Internet de demain doit être façonné collectivement par les gouvernements, le secteur privé, les communautés techniques et les utilisateurs. Il met en garde contre une posture passive de simple consommation, qui laisse le pouvoir aux plateformes privées plutôt qu’aux communautés d’acteurs.
Dans sa conclusion, il affirme qu’il existe encore une opportunité de co-construire l’Internet de demain avec des modèles multi-acteurs et que tout le monde doit y prendre part . Il oppose cette vision à un usage purement consommateur de l’Internet, en rappelant que l’esprit initial était celui d’une communauté et d’une gouvernance multi-acteurs . Il relie cette participation à des objectifs concrets comme la lutte contre la fracture numérique, le multilinguisme et l’accès à la culture, en soulignant que ces avancées ne viendront pas spontanément du seul secteur privé .
La durabilité passe aussi par l’empreinte carbone du DNS et par une meilleure localisation des requêtes pour éviter des traitements inutiles (Speaker 1)
Arg. 4Speaker 1 fait valoir que la durabilité des infrastructures numériques ne concerne pas seulement les grands centres de données, mais aussi l’efficacité des traitements DNS. Il explique qu’une meilleure localisation des requêtes et une réduction des requêtes inutiles peuvent limiter la consommation énergétique et donc l’empreinte carbone du système.
Il indique que l’empreinte carbone du DNS existe, même si elle est relativement faible, et que certains modèles de traitement des requêtes sont plus ou moins gourmands en énergie . Il précise qu’éviter de faire sortir inutilement les requêtes DNS et limiter les cascades de requêtes constitue une piste concrète d’amélioration .
on: Quelle doit être la priorité pour la durabilité : sécurité/résilience stratégique, optimisation économique de la maintenance, ou réduction de l’empreinte environnementale
En Afrique, certaines requêtes DNS sortent inutilement du territoire ; des installations locales peuvent réduire la consommation et améliorer l’efficacité (Speaker 1)
Arg. 5Speaker 1 souligne qu’en Afrique, une partie importante des requêtes DNS est mal gérée et quitte inutilement le territoire sans aboutir utilement. Il présente la localisation de certaines infrastructures DNS comme un moyen à la fois d’améliorer l’efficacité technique et de réduire les coûts énergétiques et opérationnels.
Il explique que des travaux menés par l’ICANN dans différents pays africains montrent qu’un grand nombre de requêtes DNS ne servent à rien ou n’aboutissent pas pour diverses raisons . Il mentionne une étude en Afrique du Sud montrant que des fournisseurs d’accès ont une gestion peu durable des requêtes DNS . Il ajoute que l’ICANN a installé deux structures importantes en Afrique afin de localiser des requêtes DNS qui ne sortent plus du territoire, ce qui a généré des économies et amélioré l’efficacité .
on: Quelle doit être la priorité pour la durabilité : sécurité/résilience stratégique, optimisation économique de la maintenance, ou réduction de l’empreinte environnementale
Les États doivent garantir un minimum de continuité locale des services, notamment via du cache et des accords de résilience avec les opérateurs (Speaker 1)
Arg. 6Speaker 1 considère que l’État doit garantir un niveau minimal de continuité des services numériques sur son territoire, même en cas de coupure de connectivité internationale. Pour cela, il recommande des mécanismes locaux comme le cache réseau et des accords de résilience avec les opérateurs afin d’assurer la disponibilité des services essentiels de l’État.
Il affirme qu’un État doit garantir un minimum de sécurité sur son territoire et qu’une coupure totale d’Internet peut interrompre aussi des services internes . Il donne comme bonne pratique, notamment pour les îles et zones enclavées, d’avoir du cache au niveau du réseau afin de maintenir au moins les services de l’État en boucle locale . Il ajoute que l’absence d’accès aux services publics et à l’information peut déstabiliser fortement l’administration et provoquer des troubles, ce qui justifie des accords spécifiques entre l’État et les opérateurs pour assurer la résilience locale .
on: Il faut développer des alternatives locales et ouvertes pour renforcer l’autonomie et la résilience numériques
Les plateformes privées poursuivent d’abord des objectifs commerciaux ; sans alternatives locales ouvertes, les pays perdent en souveraineté (Speaker 1)
Arg. 7Speaker 1 estime que les grandes plateformes privées agissent d’abord selon une logique commerciale et ne peuvent donc pas être le seul socle de la présence numérique des pays. Sans développement d’alternatives locales ouvertes, comme les noms de domaine nationaux et l’Internet ouvert, les pays deviennent dépendants d’environnements fermés qui affaiblissent leur souveraineté.
Il affirme qu’en Afrique, l’influence croissante des GAFAM ne concerne pas seulement les câbles sous-marins mais aussi désormais le satellite . Il explique que si les pays avaient davantage utilisé l’Internet tel qu’il existe depuis l’origine, en développant le DNS local et l’usage des ccTLD comme le .ci en Côte d’Ivoire, ils auraient été moins dépendants des plateformes . Il oppose les noms de domaine et l’Internet ouvert aux environnements fermés des plateformes, en rappelant que sur Facebook, l’utilisateur est sur les serveurs et les règles de Facebook, non sur un espace souverain local . Il conclut qu’il faut éduquer les utilisateurs à devenir producteurs de contenus sur leurs propres noms de domaine, faute de quoi la souveraineté devient impossible .
on: La concentration croissante du contrôle et de la valeur chez les GAFAM/hyperscalers pose un problème de durabilité, d’investissement et de souveraineté
on: Comment interpréter la montée des GAFAM dans les infrastructures : menace principale pour la souveraineté ou coexistence pragmatique avec effets aussi positifs
Le multilinguisme a progressé grâce au travail technique sur les IDN et à leur intégration dans les politiques de l’ICANN (Speaker 1)
Arg. 8Speaker 1 explique que le multilinguisme sur Internet a avancé grâce à une combinaison entre innovation technique et adaptation des politiques. Les noms de domaine internationalisés ont d’abord nécessité un travail technique, puis leur prise en compte a été diffusée dans les politiques de l’ICANN.
Il indique qu’un travail a été fait au niveau de l’IETF sur les IDN et qu’au niveau de l’ICANN, cette évolution s’est traduite par leur prise en compte dans l’ensemble ou presque des politiques, notamment lors de l’ouverture des nouveaux gTLD . Il précise qu’il n’existe pas une politique spéciale IDN isolée, mais une approche transversale intégrée aux politiques générales de l’ICANN .
Les nouveaux noms de domaine et les IDN visent à réduire la domination anglophone et à permettre une représentation plus large des langues et territoires (Speaker 1)
Arg. 9Speaker 1 soutient que l’ouverture de nouveaux noms de domaine et le développement des IDN répondent à un objectif politique et culturel : réduire le poids historique de l’anglais et des catégories américaines dans l’architecture visible d’Internet. Cela doit permettre à davantage de langues, d’écritures et de territoires d’exister de manière légitime et fonctionnelle en ligne.
Il explique que de nouveaux noms de domaine se sont ajoutés aux anciens comme .com ou .org, avec des significations fortes telles que .paris ou .alsace, liées à des identités géographiques . Il affirme que l’ouverture de la racine de l’Internet a été poussée notamment pour le multilinguisme et pour sortir d’une architecture initiale très marquée par les usages américains, citant .edu comme exemple d’espace historiquement américain . Il ajoute que les IDN ont été développés pour permettre des noms de domaine avec accents ou scripts particuliers, mais que leur succès dépend aussi de leur prise en charge par les logiciels et formulaires, y compris pour les adresses e-mail .
on: Le rôle des noms de domaine : simple couche technique de gouvernance ou aussi structure de sens et d’organisation du savoir
Les pays devraient davantage développer l’usage de leurs ccTLD et de noms de domaine propres au lieu de dépendre uniquement des plateformes fermées (Speaker 1)
Arg. 10Speaker 1 considère que l’usage des domaines nationaux est un levier d’autonomie numérique et de visibilité territoriale. Il estime que les pays gagneraient à bâtir leur présence numérique sur leurs propres noms de domaine plutôt que de dépendre prioritairement d’applications et de plateformes fermées.
Il explique que le développement de l’Internet mobile en Afrique a souvent rendu moins visible l’usage des noms de domaine parce que les utilisateurs passaient surtout par des applications . Il donne l’exemple du .ci en Côte d’Ivoire, qu’il présente comme un point d’ancrage clair sur la carte mondiale des données, relevant de la juridiction nationale . Il affirme qu’il faut encourager la production de contenus sur des noms de domaine propres plutôt que sur des plateformes, sinon la dépendance envers les grands acteurs se renforce .
on: Il faut développer des alternatives locales et ouvertes pour renforcer l’autonomie et la résilience numériques
Les réponses institutionnelles ne peuvent émerger que si des communautés portent activement ces sujets dans les enceintes de gouvernance (Speaker 1)
Arg. 11Speaker 1 répond à l’interrogation sur la préservation du savoir en soulignant que l’ICANN ne décide pas seule de telles orientations. Il explique que des réponses de résilience ou de protection ne peuvent émerger que si des communautés d’intérêt s’organisent, participent et portent effectivement ces questions dans les structures de gouvernance et de normalisation.
Il précise que son rôle au sein du staff de l’ICANN n’est pas de développer les politiques, et que des modèles de résilience de l’infrastructure ne peuvent être décidés unilatéralement par lui ou par le staff . Il insiste sur le fait que ces sujets doivent être décidés par la communauté mondiale et que, sans mobilisation des acteurs intéressés, rien n’advient automatiquement . Il ajoute que des structures existent pour défendre des modèles ouverts et interopérables, mais qu’il faut les occuper activement pour porter des idées et faire développer des politiques .
on: La participation, la pédagogie et la vulgarisation sont nécessaires pour que davantage d’acteurs puissent peser sur la gouvernance et les choix techniques
on: Qui doit porter en priorité la résilience et les choix d’infrastructure : la communauté multipartite, les États, ou les grands acteurs privés
Clarification du DNS, de l’IETF et de l’enjeu d’infrastructures durables au-delà des évolutions technologiques (Moderator)
Arg. 1Le Moderator intervient pour demander une clarification pédagogique des sigles techniques afin que le débat soit accessible à l’ensemble du public. Il recentre aussi la discussion sur la question directrice de la session : comment maintenir et renforcer des infrastructures durables au-delà des évolutions technologiques, y compris face à l’IA.
Il interrompt Speaker 1 pour demander une explication simple du DNS, de l’IETF et d’autres sigles, en expliquant qu’une partie du public ne maîtrise pas forcément ces notions . Il reformule ensuite le thème de la session en insistant sur la nécessité de maintenir, consolider et renforcer des infrastructures durables au-delà des mutations technologiques contemporaines, notamment l’intelligence artificielle, et rappelle le rôle important de l’ICANN dans cette réflexion .
on: La participation, la pédagogie et la vulgarisation sont nécessaires pour que davantage d’acteurs puissent peser sur la gouvernance et les choix techniques
Les coupures régionales montrent que les infrastructures critiques affectent plusieurs pays à la fois et exigent des alternatives robustes (Moderator)
Arg. 2Le Moderator souligne que les ruptures de câbles sous-marins ne touchent pas seulement un pays, mais peuvent déstabiliser une sous-région entière. Il en déduit que les infrastructures critiques doivent être pensées avec des solutions alternatives robustes, notamment pour les pays du Sud plus vulnérables aux défaillances régionales.
Il cite la crise de la Côte d’Ivoire, en rappelant plusieurs câbles sous-marins affectés et en soulignant que ce type de coupure pose directement la question des infrastructures critiques . Il observe qu’en Afrique une coupure localisée, par exemple à Dakar ou en Côte d’Ivoire, peut toucher plusieurs pays voisins, mentionnant le cas d’environ cinq ou six pays de la sous-région affectés . Il pose alors explicitement la question des alternatives, y compris satellitaires, face aux sabotages ou aux coupures sous-marines .
on: La résilience des infrastructures numériques critiques, en particulier les câbles sous-marins, est une priorité stratégique qui dépasse les intérêts privés
La question environnementale doit être liée aux politiques publiques de robustesse et de maintenance des infrastructures critiques (Moderator)
Arg. 3Le Moderator relie la durabilité des infrastructures à leur impact environnemental et à leur gouvernance publique. Pour lui, la robustesse, la maintenance, la géopolitique et le coût écologique doivent être pensés ensemble afin de définir des trajectoires plus soutenables.
Après l’exposé sur la robustesse des câbles, il demande explicitement ce que ces infrastructures coûtent à l’environnement et quelles pistes de gouvernance et de solutions techniques pourraient les rendre à la fois plus robustes et plus respectueuses de l’environnement . Il ancre cette question dans un contexte géopolitique marqué par des sabotages potentiels et des enjeux de maintenance .
on: Quelle doit être la priorité pour la durabilité : sécurité/résilience stratégique, optimisation économique de la maintenance, ou réduction de l’empreinte environnementale
Les États doivent disposer d’alternatives sur mer, dans l’espace et sur les réseaux pour ne pas dépendre uniquement d’acteurs privés puissants (Moderator)
Arg. 4Le Moderator souligne que la multiplication des investissements privés dans les câbles, le satellite et d’autres couches d’infrastructure peut certes offrir des solutions de secours, mais pose une question de dépendance stratégique. Il demande si les États ne devraient pas eux-mêmes porter ou garantir des alternatives afin de préserver leur capacité de choix et leur autonomie.
Il constate que des acteurs privés puissants investissent désormais la mer, l’espace et les infrastructures réseau, et il demande quelles perspectives cela ouvre en matière d’alternatives lorsqu’un pays subit une coupure ou un sabotage . Il formule la question de savoir si ces alternatives devraient être portées par les États plutôt que laissées uniquement à de grands acteurs privés .
on: Il faut développer des alternatives locales et ouvertes pour renforcer l’autonomie et la résilience numériques
on: Qui doit porter en priorité la résilience et les choix d’infrastructure : la communauté multipartite, les États, ou les grands acteurs privés
Il existe un besoin de vulgarisation et de débat public pour clarifier durablement les notions d’Internet, de Web, de noms de domaine et de structure de l’information (Moderator)
Arg. 5Le Moderator reconnaît que beaucoup de notions structurantes de l’Internet restent mal comprises, y compris par des professionnels, et qu’un effort de vulgarisation reste nécessaire. Il suggère qu’un travail explicatif approfondi sur l’histoire et l’architecture de l’Internet serait utile pour clarifier durablement ces concepts.
En réponse à la remarque de Speaker 4, il reconnaît qu’il faudrait presque refaire toute l’histoire de l’Internet, du Web à aujourd’hui, tant il y a de choses à expliquer . Il conclut en soulignant l’importance du travail de vulgarisation autour de ces sujets .
on: La participation, la pédagogie et la vulgarisation sont nécessaires pour que davantage d’acteurs puissent peser sur la gouvernance et les choix techniques
Les câbles sous-marins sont essentiels au trafic mondial et leur vulnérabilité impose des politiques publiques de protection (Speaker 2)
Arg. 1Speaker 2 insiste sur le caractère vital des câbles sous-marins pour les communications mondiales et sur leur forte vulnérabilité aux coupures et incidents. Selon lui, cette dépendance justifie des politiques publiques actives de protection, car les enjeux dépassent largement les intérêts privés des opérateurs.
Il affirme que les câbles sous-marins constituent l’une des infrastructures les plus importantes au monde et transportent environ 90 % du trafic mondial . Il explique également que des zones isolées ou mal desservies, notamment dans le Sud global, se trouvent particulièrement exposées lorsqu’aucun acteur ne prend véritablement en charge cette résilience .
on: La résilience des infrastructures numériques critiques, en particulier les câbles sous-marins, est une priorité stratégique qui dépasse les intérêts privés
Le travail de l’UIT a produit des recommandations concrètes pour améliorer la résilience, mais leur mise en œuvre dépend surtout des gouvernements (Speaker 2)
Arg. 2Speaker 2 présente une initiative de l’UIT qui a rassemblé experts, autorités et industriels pour formuler des recommandations de résilience. Il insiste toutefois sur le fait que ces recommandations n’auront d’effet réel que si les gouvernements nationaux les mettent en œuvre dans leurs cadres juridiques et opérationnels.
Il explique qu’au sein de l’UIT a été mis en place un forum consultatif international réunissant autorités nationales, acteurs de maintenance, propriétaires de navires et industriels tels qu’Alcatel, des acteurs chinois et américains . Il précise qu’un sommet à Abuja a permis d’approuver 40 recommandations pour améliorer la résilience, et qu’un rapport de 200 pages devait être approuvé la semaine suivante pour les détailler . Il ajoute que la moitié des recommandations s’adresse à l’UIT ou à d’autres organisations internationales, mais que la majorité doit être mise en œuvre par les gouvernements nationaux, ce qui reste difficile car l’UIT ne peut qu’émettre des suggestions .
on: La gouvernance et les réponses institutionnelles doivent être portées collectivement, avec une forte implication des communautés et des pouvoirs publics
on: Qui doit porter en priorité la résilience et les choix d’infrastructure : la communauté multipartite, les États, ou les grands acteurs privés
La protection des câbles relève de la souveraineté nationale et pas seulement de conflits entre entreprises privées (Speaker 2)
Arg. 3Speaker 2 défend l’idée que les coupures de câbles doivent être traitées comme des enjeux de souveraineté nationale. Il rejette la vision selon laquelle il s’agirait de simples litiges commerciaux entre acteurs privés, et montre que l’intervention publique peut avoir un effet dissuasif puissant.
Il raconte avoir contribué à modifier les lois en Uruguay et en Colombie pour augmenter fortement les sanctions contre les pêcheurs coupant des câbles, les faisant passer d’environ 1 000 dollars à 500 000 dollars . Il précise qu’après cette réforme, les incidents de câbles sectionnés se sont arrêtés, preuve selon lui de l’efficacité de la mesure dissuasive . Il souligne qu’il a été difficile de convaincre les autorités que le sujet relevait de la souveraineté nationale et non d’un conflit entre entreprises privées .
on: Il faut développer des alternatives locales et ouvertes pour renforcer l’autonomie et la résilience numériques
Le principal défi matériel des câbles est le manque de navires de maintenance et le coût élevé des réparations, plus que la seule durée de vie des câbles (Speaker 2)
Arg. 4Speaker 2 explique que le problème central n’est pas seulement la longévité théorique des câbles, mais la capacité concrète à les entretenir et les réparer rapidement. Le manque de navires spécialisés, leur vieillissement et les coûts très élevés de mobilisation rendent la maintenance difficile et peu durable économiquement.
Il indique qu’il manque des bateaux pour la maintenance des câbles et que la moyenne d’âge de ces navires est très élevée, au point qu’ils sont presque retirés du service . Il ajoute que beaucoup de ces navires sont aujourd’hui mobilisés pour les câbles électriques, les plateformes pétrolières ou les relevés pétroliers plutôt que pour les télécommunications . Il en conclut qu’il existe un manque d’investissement dans ce domaine . Il donne ensuite des ordres de grandeur de coûts, expliquant qu’envoyer un navire depuis Curaçao vers certaines zones peut coûter environ 2 millions de dollars de carburant, et que même en Europe une réparation représente encore plusieurs centaines de milliers de dollars .
on: Quelle doit être la priorité pour la durabilité : sécurité/résilience stratégique, optimisation économique de la maintenance, ou réduction de l’empreinte environnementale
Les GAFAM/hyperscalers contrôlent désormais une grande partie des capacités et usages des câbles, ce qui transforme l’équilibre historique du secteur télécom (Speaker 2)
Arg. 5Speaker 2 affirme que la structure de propriété et d’usage des câbles sous-marins a profondément changé au profit des hyperscalers et des grandes plateformes. Selon lui, les opérateurs télécoms ne sont plus les acteurs dominants qu’ils étaient, ce qui modifie l’équilibre du secteur et le contrôle réel des infrastructures.
Il affirme que 90 % des propriétaires de câbles sous-marins sont aujourd’hui des hyperscalers ou des GAFAM . Il prend l’exemple de la route de l’Atlantique Nord, où 90 % de la bande passante est utilisée par les GAFAM . Il explique encore que les entreprises télécoms peuvent apparaître comme propriétaires formels ou bailleurs de capacité, mais que les utilisateurs réels sont désormais les grands acteurs du numérique .
on: La concentration croissante du contrôle et de la valeur chez les GAFAM/hyperscalers pose un problème de durabilité, d’investissement et de souveraineté
on: Comment interpréter la montée des GAFAM dans les infrastructures : menace principale pour la souveraineté ou coexistence pragmatique avec effets aussi positifs
Le déplacement de la valeur vers les GAFAM réduit la capacité d’investissement des opérateurs télécoms dans les infrastructures nationales de connectivité (Speaker 3)
Arg. 1Speaker 3 observe que la valeur économique du numérique est de plus en plus captée par les GAFAM, tandis que les opérateurs télécoms voient leurs revenus et leurs marges se réduire. Comme l’investissement dépend des ressources disponibles, cette évolution diminue leur capacité à financer les infrastructures nationales de connectivité pourtant essentielles.
Il explique qu’on constate ces dernières années un changement de propriété des infrastructures de connectivité vers les GAFAM, alors que les opérateurs télécoms restent historiquement ceux qui bâtissent la connectivité nationale . Il affirme ensuite que les GAFAM concentrent aujourd’hui la valeur créée dans le numérique, tandis que les opérateurs télécoms en captent de moins en moins, ce qui réduit directement leur capacité d’investissement dans l’infrastructure nécessaire .
on: La concentration croissante du contrôle et de la valeur chez les GAFAM/hyperscalers pose un problème de durabilité, d’investissement et de souveraineté
on: Comment interpréter la montée des GAFAM dans les infrastructures : menace principale pour la souveraineté ou coexistence pragmatique avec effets aussi positifs
Cette évolution pose la question d’un nouveau modèle économique pour préserver la connectivité universelle et la souveraineté numérique (Speaker 3)
Arg. 2Speaker 3 estime que la durabilité des infrastructures passe désormais par une réflexion sur le modèle économique global du secteur. Si les opérateurs traditionnels ne peuvent plus réinjecter suffisamment de ressources dans les réseaux, la souveraineté numérique et la connectivité universelle risquent d’être compromises à moyen terme.
Il pose explicitement la question de ce qui se passera dans cinq ou dix ans si les pays ne sont plus capables de réinjecter des investissements dans leurs infrastructures de connectivité nationales . Il en déduit qu’il faut peut-être repenser le business model du secteur, puisque toute la valeur est aspirée vers les GAFAM tandis que les acteurs traditionnels manquent de nouvelles ressources pour soutenir les investissements .
on: La concentration croissante du contrôle et de la valeur chez les GAFAM/hyperscalers pose un problème de durabilité, d’investissement et de souveraineté
on: Comment interpréter la montée des GAFAM dans les infrastructures : menace principale pour la souveraineté ou coexistence pragmatique avec effets aussi positifs
Les noms de domaine portent aussi une fonction de structuration et d’orientation dans l’information, au-delà de la seule technique (Speaker 4)
Arg. 1Speaker 4 soutient que les noms de domaine ne sont pas de simples éléments techniques d’adressage, mais qu’ils ont aussi une fonction intellectuelle d’organisation de l’information. Il les compare à une forme résiduelle de catalogage ou de table des matières dans un environnement numérique dominé par les moteurs de recherche et les index.
Il oppose l’ancien univers du savoir, organisé par catalogues, auteurs, titres et sujets, à l’Internet contemporain largement structuré par l’indexation et les moteurs de recherche . Il affirme qu’au fond, une forme de structuration persistait dans les noms de domaine, en donnant l’exemple de suffixes comme .biz ou .edu, qui orientent l’utilisateur sur le type de contenu ou d’institution susceptible d’être trouvé .
on: La participation, la pédagogie et la vulgarisation sont nécessaires pour que davantage d’acteurs puissent peser sur la gouvernance et les choix techniques
on: Le rôle des noms de domaine : simple couche technique de gouvernance ou aussi structure de sens et d’organisation du savoir
Il faut se demander comment rendre le savoir, les valeurs humanistes et le patrimoine informationnel durables même en cas de catastrophe majeure (Speaker 4)
Arg. 2Speaker 4 pose une question de résilience civilisationnelle : comment préserver le savoir, les valeurs humanistes et le patrimoine informationnel si des catastrophes extrêmes faisaient disparaître les structures politiques ou culturelles qui les portent aujourd’hui. Il invite à penser la durabilité du savoir au-delà de la seule survie institutionnelle ou territoriale.
À travers une métaphore sur une possible disparition de l’Europe ou de la francophonie comme entités physiques, il demande si l’esprit du savoir et de l’encyclopédie pourrait continuer à exister malgré tout . Il formule explicitement la question de savoir s’il existe des moyens de rendre durables les valeurs, les connaissances et le patrimoine circulant sur Internet pour qu’ils survivent même aux pires catastrophes .
La survie des connaissances est une question distincte de la survie des infrastructures nationales, mais Internet est devenu central pour cette transmission (Speaker 4)
Arg. 3Speaker 4 distingue clairement la survie du savoir de la survie des infrastructures ou des États eux-mêmes. Toutefois, il note que, dans le monde actuel, Internet est devenu un support majeur de circulation et de transmission de ce patrimoine, ce qui rend la question technique aussi culturellement décisive.
Il affirme que la survie du savoir encyclopédique et humaniste est une question distincte de celle de la survie des infrastructures nationales, car des nations peuvent disparaître sans que l’idée du savoir doive nécessairement disparaître . Dans le même temps, il souligne que les valeurs et le patrimoine auxquels nous tenons circulent aujourd’hui largement sous forme d’informations et de patrimoine sur Internet, ce qui relie directement leur préservation à la durabilité des infrastructures numériques .
Graphe de connaissances de la session
Intervenants · Sujets · Arguments · Relations
Les intervenants convergent sur le fait que les infrastructures critiques de connectivité sont vitales, vulnérables et doivent être protégées par des réponses d’intérêt public. Speaker 2 souligne le rôle central des câbles sous-marins pour le trafic mondial et la nécessité de politiques de protection . Le Moderator insiste sur le fait qu’une coupure peut affecter plusieurs pays d’une sous-région et appelle à réfléchir à des alternatives robustes . Speaker 1 ajoute qu’un État doit garantir un minimum de continuité locale des services et ne pas dépendre entièrement de la connectivité internationale ou d’opérateurs extérieurs .
Les câbles sous-marins sont essentiels au trafic mondial et leur vulnérabilité impose des politiques publiques de protection (Speaker 2)
Les coupures régionales montrent que les infrastructures critiques affectent plusieurs pays à la fois et exigent des alternatives robustes (Moderator)
Les États doivent garantir un minimum de continuité locale des services, notamment via du cache et des accords de résilience avec les opérateurs (Speaker 1)
Ce point est fortement étayé par la littérature de gouvernance numérique récente, qui identifie explicitement la protection des câbles sous-marins et des satellites comme un enjeu géopolitique majeur et une vulnérabilité centrale de l’interdépendance numérique, pouvant affecter des pays entiers [S23][S24].
Un accord se dégage sur l’idée que la gouvernance de l’Internet et de ses infrastructures ne peut pas reposer sur un acteur unique. Speaker 1 décrit un modèle à deux jambes, technique et gouvernance, fondé sur des standards ouverts et une gouvernance multipartite . Il insiste aussi sur le fait que les politiques n’émergent que si les communautés participent effectivement et portent leurs sujets . Speaker 2 explique de son côté que l’UIT peut formuler des recommandations, mais que leur mise en œuvre dépend principalement des gouvernements . Le Moderator cadre également la discussion autour de la gouvernance technique et de la durabilité des infrastructures .
Standards ouverts et articulation technique/gouvernance pour faire évoluer l’Internet (Speaker 1)
La gouvernance ICANN ne fonctionne que si toutes les régions participent ; sinon leurs intérêts ne sont pas représentés (Speaker 1)
Les réponses institutionnelles ne peuvent émerger que si des communautés portent activement ces sujets dans les enceintes de gouvernance (Speaker 1)
Le travail de l’UIT a produit des recommandations concrètes pour améliorer la résilience, mais leur mise en œuvre dépend surtout des gouvernements (Speaker 2)
Clarification du DNS, de l’IETF et de l’enjeu d’infrastructures durables au-delà des évolutions technologiques (Moderator)
Ce consensus s’inscrit dans une logique de coopération multi-acteurs documentée dans plusieurs sources : l’interdépendance numérique repose sur la coopération entre États, entreprises technologiques et autres acteurs [S24], tandis que les travaux sur la diplomatie numérique africaine soulignent le rôle conjoint des pouvoirs publics, des communautés locales, des entreprises et des experts techniques [S26]. L’exemple du registre .Africa est aussi présenté comme une mise en œuvre historique d’un cadre multi-acteurs [S27].
Plusieurs intervenants s’accordent sur le fait que l’essor des GAFAM/hyperscalers modifie profondément l’équilibre de l’écosystème. Speaker 2 affirme qu’ils contrôlent une grande partie de la propriété, de l’usage et des capacités des câbles, au détriment du rôle historique des télécoms . Speaker 3 estime que cette captation de valeur réduit la capacité d’investissement des opérateurs nationaux et oblige à repenser le modèle économique si l’on veut préserver la connectivité universelle et la souveraineté . Speaker 1 souligne que les plateformes suivent une logique commerciale et qu’en l’absence d’alternatives locales ouvertes, les pays deviennent dépendants . Le Moderator formule la même inquiétude en demandant si les États ne devraient pas porter eux-mêmes des alternatives .
Les GAFAM/hyperscalers contrôlent désormais une grande partie des capacités et usages des câbles, ce qui transforme l’équilibre historique du secteur télécom (Speaker 2)
Le déplacement de la valeur vers les GAFAM réduit la capacité d’investissement des opérateurs télécoms dans les infrastructures nationales de connectivité (Speaker 3)
Cette évolution pose la question d’un nouveau modèle économique pour préserver la connectivité universelle et la souveraineté numérique (Speaker 3)
Les plateformes privées poursuivent d’abord des objectifs commerciaux ; sans alternatives locales ouvertes, les pays perdent en souveraineté (Speaker 1)
Les États doivent disposer d’alternatives sur mer, dans l’espace et sur les réseaux pour ne pas dépendre uniquement d’acteurs privés puissants (Moderator)
Des sources externes confirment ce cadrage en rappelant que, malgré l’architecture décentralisée d’Internet, les grandes plateformes ont progressivement dominé le marché et concentré le contrôle [S23]. Elles soulignent aussi que la souveraineté numérique est difficile à atteindre précisément en raison de la puissance des entreprises technologiques [S23][S24], tandis qu’un panel francophone critique également la concentration du pouvoir technologique entre quelques acteurs dominants [S25].
Les intervenants partagent l’idée que la résilience passe par des capacités locales ou souveraines, et non par une dépendance totale à des acteurs externes. Speaker 1 défend le développement du cache local, des accords de résilience avec les opérateurs et l’usage des ccTLD/noms de domaine nationaux comme leviers d’autonomie . Le Moderator élargit ce raisonnement aux alternatives sur mer, dans l’espace et dans les réseaux . Speaker 2 considère également que la protection des câbles doit relever de la souveraineté nationale et de l’action publique .
Les États doivent garantir un minimum de continuité locale des services, notamment via du cache et des accords de résilience avec les opérateurs (Speaker 1)
Les pays devraient davantage développer l’usage de leurs ccTLD et de noms de domaine propres au lieu de dépendre uniquement des plateformes fermées (Speaker 1)
Les États doivent disposer d’alternatives sur mer, dans l’espace et sur les réseaux pour ne pas dépendre uniquement d’acteurs privés puissants (Moderator)
La protection des câbles relève de la souveraineté nationale et pas seulement de conflits entre entreprises privées (Speaker 2)
Ce point trouve un appui dans la critique des modèles de concentration technologique et dans l’appel à des alternatives fondées sur des communs accessibles à tous [S25]. Il est aussi enrichi par l’exemple historique du registre .Africa, présenté comme une démarche visant à renforcer une identité et une présence numériques propres au continent dans un cadre multi-acteurs [S27].
Un consensus transversal apparaît sur le besoin de rendre ces débats plus compréhensibles et plus inclusifs. Le Moderator demande dès le départ de clarifier des notions comme DNS ou IETF pour le public , puis souligne en fin de session l’importance de la vulgarisation . Speaker 1 explique que sans participation effective des régions et des communautés concernées, leurs intérêts ne sont pas représentés et leurs sujets n’émergent pas . Speaker 4, en s’interrogeant sur la fonction structurante des noms de domaine et en appelant à un séminaire de clarification, va dans le même sens d’un besoin d’explication plus approfondie .
Clarification du DNS, de l’IETF et de l’enjeu d’infrastructures durables au-delà des évolutions technologiques (Moderator)
La gouvernance ICANN ne fonctionne que si toutes les régions participent ; sinon leurs intérêts ne sont pas représentés (Speaker 1)
Les réponses institutionnelles ne peuvent émerger que si des communautés portent activement ces sujets dans les enceintes de gouvernance (Speaker 1)
Il existe un besoin de vulgarisation et de débat public pour clarifier durablement les notions d’Internet, de Web, de noms de domaine et de structure de l’information (Moderator)
Les noms de domaine portent aussi une fonction de structuration et d’orientation dans l’information, au-delà de la seule technique (Speaker 4)
Cette orientation est cohérente avec les analyses sur la diplomatie numérique africaine, qui insistent sur la nécessité de mobiliser largement les ressources humaines et institutionnelles, au-delà des seuls diplomates ou techniciens, pour permettre une participation effective aux politiques numériques globales [S26]. L’exemple de .Africa met aussi en avant le rôle de la société civile dans la sensibilisation et l’appropriation des enjeux [S27].
Speaker 2 et le Moderator partagent une lecture stratégique des câbles sous-marins : ils les présentent comme des infrastructures critiques dont la rupture a des effets systémiques et régionaux, justifiant des politiques de protection et des solutions de secours . Speaker 1 et Speaker 2 insistent tous deux sur le fait que les structures de gouvernance ou les organisations internationales ne suffisent pas en elles-mêmes : il faut une mobilisation concrète des parties prenantes et des gouvernements pour transformer les discussions ou recommandations en politiques effectives . Ces trois intervenants décrivent, chacun sous un angle différent, un même déplacement de pouvoir au profit des grandes plateformes : Speaker 2 parle du contrôle des capacités et de l’usage des câbles , Speaker 3 de la captation de valeur qui affaiblit l’investissement télécom , et Speaker 1 de la dépendance stratégique créée par des plateformes motivées d’abord par le business . Speaker 1 et le Moderator convergent sur la nécessité pour les États de ne pas subir passivement les dépendances techniques. Le premier parle de continuité locale, de cache et d’accords de résilience , tandis que le second demande quelles alternatives les États doivent porter eux-mêmes sur différentes couches de l’infrastructure . Ces intervenants partagent l’idée que les couches techniques comme les noms de domaine ont aussi une dimension de compréhension publique, d’orientation et de représentation culturelle. Speaker 4 met en avant leur fonction structurante dans l’information , Speaker 1 explique leur portée linguistique et territoriale , et le Moderator reconnaît le besoin d’un travail plus large de vulgarisation sur ces notions .
Ce consensus est inattendu car Speaker 4 aborde la question sous un angle culturel et intellectuel, alors que Speaker 1 rappelle habituellement les limites du mandat de l’ICANN sur le contenu. Pourtant, tous reconnaissent que les noms de domaine ont une portée structurante ou symbolique : Speaker 4 y voit une forme de catalogage , Speaker 1 confirme leur signification géographique, linguistique et politique à travers les nouveaux domaines et les IDN , et le Moderator valide l’intérêt d’un débat de clarification sur ces notions .
Alors que les intervenants viennent d’horizons différents, ils convergent sur une vision large de la résilience. Speaker 1 insiste sur l’articulation entre technique et gouvernance , Speaker 2 sur la nécessité de traduire les recommandations en action gouvernementale , Speaker 3 sur la viabilité économique du modèle d’investissement , et le Moderator relie la robustesse à la politique publique et à l’environnement .
Les principaux accords portent sur quatre axes : la centralité stratégique et la vulnérabilité des infrastructures critiques de connectivité, la nécessité d’une gouvernance collective et participative, le risque de dépendance croissante envers les GAFAM/hyperscalers, et le besoin d’alternatives locales ou souveraines pour préserver la résilience et l’autonomie numériques .
Speaker 1 insiste sur le fait que l’ICANN et son staff ne décident pas seuls : les politiques de résilience ne peuvent émerger que si les communautés concernées participent activement et portent elles-mêmes leurs sujets dans les enceintes de gouvernance . Le Moderator, lui, reformule le problème en demandant si les alternatives d’infrastructure ne devraient pas être portées par les États plutôt que laissées à de puissants acteurs privés . Speaker 2 se situe davantage dans une logique intergouvernementale et réglementaire en soulignant que, même si l’UIT formule des recommandations, leur traduction effective dépend surtout des gouvernements nationaux . Il y a donc désaccord sur le centre de gravité de l’action : gouvernance communautaire ouverte, pilotage étatique, ou mise en œuvre par cadres publics nationaux .
Les réponses institutionnelles ne peuvent émerger que si des communautés portent activement ces sujets dans les enceintes de gouvernance (Speaker 1)
Les États doivent disposer d’alternatives sur mer, dans l’espace et sur les réseaux pour ne pas dépendre uniquement d’acteurs privés puissants (Moderator)
Le travail de l’UIT a produit des recommandations concrètes pour améliorer la résilience, mais leur mise en œuvre dépend surtout des gouvernements (Speaker 2)
Ce désaccord correspond à une ligne de fracture bien documentée : certaines approches valorisent la gouvernance multipartite pragmatique, tandis que d’autres réaffirment un rôle plus fort des États ou questionnent les modèles dominants [S25]. Les sources de diplomatie numérique rappellent en outre que l’interdépendance numérique dépend désormais à la fois des États et des entreprises technologiques [S24], ce qui éclaire la tension sur l’acteur devant porter la résilience en priorité.
Speaker 3 présente la montée des GAFAM comme un problème structurel : ils captent la valeur du numérique, ce qui affaiblit la capacité d’investissement des opérateurs télécoms nationaux et oblige à repenser le modèle économique pour préserver la souveraineté et la connectivité universelle . Speaker 1 partage l’inquiétude sur la dépendance, mais la formule surtout en termes d’usages : selon lui, le problème vient aussi du fait que les pays n’ont pas assez développé l’Internet ouvert, le DNS local et leurs ccTLD, laissant ainsi le terrain aux plateformes fermées . Speaker 2, tout en confirmant la puissance des hyperscalers dans les câbles , nuance davantage la critique en soulignant qu’ils investissent aussi là où les télécoms n’iraient pas, par exemple à Sainte-Hélène, et plaide pour une coexistence des deux systèmes tant que la concurrence n’est pas détruite . Le désaccord porte donc moins sur le constat de la montée des GAFAM que sur son évaluation normative et la réponse à apporter .
Les plateformes privées poursuivent d’abord des objectifs commerciaux ; sans alternatives locales ouvertes, les pays perdent en souveraineté (Speaker 1)
Les GAFAM/hyperscalers contrôlent désormais une grande partie des capacités et usages des câbles, ce qui transforme l’équilibre historique du secteur télécom (Speaker 2)
Le déplacement de la valeur vers les GAFAM réduit la capacité d’investissement des opérateurs télécoms dans les infrastructures nationales de connectivité (Speaker 3)
Cette évolution pose la question d’un nouveau modèle économique pour préserver la connectivité universelle et la souveraineté numérique (Speaker 3)
Les sources fournissent un cadrage direct de ce débat : d’un côté, elles soulignent que la puissance des entreprises technologiques limite la possibilité d’une souveraineté numérique complète [S23][S24] ; de l’autre, elles montrent que l’interdépendance numérique contemporaine repose aussi sur la coopération avec ces entreprises [S24]. Cette ambivalence nourrit précisément l’opposition entre lecture critique et coexistence pragmatique.
Le Moderator pose explicitement la question environnementale et demande comment concilier robustesse, maintenance et respect de l’environnement dans les politiques publiques . Speaker 1 répond en déplaçant l’enjeu vers l’efficacité du DNS, la localisation des requêtes et la réduction des traitements inutiles, qu’il présente comme une piste de durabilité environnementale concrète . Speaker 2, de son côté, ramène la discussion sur les contraintes matérielles lourdes des câbles : pénurie de navires spécialisés, vieillissement de la flotte et coût extrêmement élevé des réparations et du carburant . Il ne conteste pas l’enjeu environnemental, mais sa réponse montre une autre hiérarchie des priorités, centrée sur la faisabilité économique et opérationnelle de la maintenance .
La question environnementale doit être liée aux politiques publiques de robustesse et de maintenance des infrastructures critiques (Moderator)
La durabilité passe aussi par l’empreinte carbone du DNS et par une meilleure localisation des requêtes pour éviter des traitements inutiles (Speaker 1)
En Afrique, certaines requêtes DNS sortent inutilement du territoire ; des installations locales peuvent réduire la consommation et améliorer l’efficacité (Speaker 1)
Le principal défi matériel des câbles est le manque de navires de maintenance et le coût élevé des réparations, plus que la seule durée de vie des câbles (Speaker 2)
Ce point est éclairé partiellement par des cadres antérieurs sur les arbitrages de l’interdépendance numérique, qui insistent sur la nécessité de décisions difficiles entre impératifs concurrents [S24]. Un panel francophone documente aussi une tension entre nouveaux investissements d’infrastructure et optimisation frugale de l’existant, ce qui enrichit la dimension économique du débat sur la durabilité [S25].
Speaker 4 soutient que les noms de domaine ont aussi une fonction intellectuelle de catalogage et d’orientation dans l’information, comparable à une table des matières résiduelle dans l’univers du Web et des moteurs de recherche . Speaker 1 reconnaît que les nouveaux domaines et les IDN portent des significations fortes, territoriales et linguistiques, mais il tient à borner cela au mandat technique et à la gouvernance des noms, en rappelant à plusieurs reprises qu’à l’ICANN « on ne peut pas parler de contenu » . Le désaccord est donc réel sur la nature même de l’objet : Speaker 4 lui attribue une portée culturelle et épistémique plus large, tandis que Speaker 1 refuse d’étendre la discussion au contenu ou à l’organisation du savoir au-delà du domaine de nommage .
Les noms de domaine portent aussi une fonction de structuration et d’orientation dans l’information, au-delà de la seule technique (Speaker 4)
Les nouveaux noms de domaine et les IDN visent à réduire la domination anglophone et à permettre une représentation plus large des langues et territoires (Speaker 1)
Le contexte externe n’aborde pas directement la dimension épistémique des noms de domaine, mais il montre que les registres et identités numériques ont aussi une portée politique et symbolique. L’exemple du registre .Africa est présenté comme lié à la construction d’un contenu propre et d’une identité numérique sur Internet, au-delà d’une simple fonction technique [S27].
Ce désaccord est inattendu car la session portait surtout sur la durabilité et la résilience des infrastructures. Pourtant, la discussion a bifurqué vers la fonction cognitive des noms de domaine. Speaker 4 les présente comme des outils de structuration du savoir et de l’information , alors que Speaker 1, bien qu’il reconnaisse leur charge symbolique et linguistique , recadre immédiatement en rappelant que l’ICANN ne traite pas du contenu . Cela révèle une tension imprévue entre vision technique-institutionnelle et vision culturelle de l’architecture d’Internet .
Le désaccord est inattendu parce que tous parlent de « durabilité », mais pas du tout à la même échelle. Le Moderator ouvre une question large sur l’environnement des infrastructures critiques . Speaker 2 répond surtout en termes de flotte, carburant, rareté des navires et coûts de réparation des câbles , alors que Speaker 1 déplace la focale vers l’optimisation énergétique des requêtes DNS et leur relocalisation . Le mot « durabilité » recouvre donc ici des significations différentes, ce qui crée un écart de cadrage plus qu’une opposition frontale .
Les principaux désaccords portent sur le niveau pertinent d’action pour gouverner la résilience numérique (communautés multipartites, États, organisations internationales), sur l’interprétation de la montée des GAFAM dans les infrastructures, sur les priorités concrètes de la durabilité (environnement, maintenance, sécurité), et sur la portée des noms de domaine comme objets techniques ou culturels .
Les trois intervenants s’accordent sur le fait que les infrastructures critiques doivent être rendues plus résilientes et que les coupures ont des effets graves au-delà d’un seul pays . Toutefois, ils divergent sur le moyen principal d’y parvenir : Speaker 2 met l’accent sur la protection juridique, les sanctions et les recommandations publiques de l’UIT , Speaker 1 sur la continuité locale des services via du cache et des accords de résilience avec les opérateurs , et le Moderator sur la nécessité d’alternatives plus larges, y compris satellitaires et stratégiques pour les États .
Les États doivent garantir un minimum de continuité locale des services, notamment via du cache et des accords de résilience avec les opérateurs (Speaker 1) Les câbles sous-marins sont essentiels au trafic mondial et leur vulnérabilité impose des politiques publiques de protection (Speaker 2) Les coupures régionales montrent que les infrastructures critiques affectent plusieurs pays à la fois et exigent des alternatives robustes (Moderator)
Les trois intervenants reconnaissent que les GAFAM/hyperscalers jouent désormais un rôle structurant dans l’infrastructure et que cela a des implications pour la souveraineté et l’avenir du secteur . En revanche, ils ne s’accordent pas sur la réponse : Speaker 1 privilégie le développement d’alternatives ouvertes locales, notamment via le DNS et les ccTLD , Speaker 3 appelle à repenser le business model global du secteur , tandis que Speaker 2 défend plutôt une logique de coexistence entre anciens et nouveaux acteurs tant que la concurrence reste préservée .
Les plateformes privées poursuivent d’abord des objectifs commerciaux ; sans alternatives locales ouvertes, les pays perdent en souveraineté (Speaker 1) Les GAFAM/hyperscalers contrôlent désormais une grande partie des capacités et usages des câbles, ce qui transforme l’équilibre historique du secteur télécom (Speaker 2) Cette évolution pose la question d’un nouveau modèle économique pour préserver la connectivité universelle et la souveraineté numérique (Speaker 3)
Il existe un accord de fond sur l’importance de penser la durabilité du savoir et de mieux comprendre les structures de l’Internet . Mais Speaker 4 pousse la réflexion vers la préservation civilisationnelle du savoir en cas de catastrophe majeure , alors que Speaker 1 recentre fermement le débat sur le mandat institutionnel de l’ICANN et sur la nécessité que de telles orientations soient portées par des communautés organisées plutôt que décidées par le staff . Le Moderator, lui, valide surtout le besoin de pédagogie et de clarification publique .
Il faut se demander comment rendre le savoir, les valeurs humanistes et le patrimoine informationnel durables même en cas de catastrophe majeure (Speaker 4) Les réponses institutionnelles ne peuvent émerger que si des communautés portent activement ces sujets dans les enceintes de gouvernance (Speaker 1) Il existe un besoin de vulgarisation et de débat public pour clarifier durablement les notions d’Internet, de Web, de noms de domaine et de structure de l’information (Moderator)
- L’Internet s’est développé sur des standards ouverts, principalement via l’IETF, tandis que l’ICANN fournit un cadre de gouvernance multipartite permettant d’accompagner les évolutions techniques.
- Le fonctionnement du DNS, des IDN et de mécanismes comme DNSSEC illustre l’articulation constante entre couche technique et couche de gouvernance dans l’évolution de l’Internet.
- Le modèle multipartite de l’ICANN ne peut représenter les intérêts du monde entier que si toutes les régions participent effectivement ; l’absence de certains pays, notamment africains, limite la prise en compte de leurs priorités.
- La résilience des infrastructures critiques, en particulier des câbles sous-marins qui transportent l’essentiel du trafic mondial, est un enjeu central de souveraineté nationale et régionale.
- L’UIT a structuré un travail international avec des recommandations concrètes sur la résilience des câbles sous-marins, mais leur mise en œuvre dépend largement des gouvernements nationaux.
- Les coupures de câbles montrent qu’une panne peut affecter plusieurs pays à la fois, en particulier en Afrique, ce qui renforce la nécessité de diversifier les routes, de prévoir des alternatives et d’assurer une continuité minimale des services essentiels.
- La durabilité ne relève pas seulement de la robustesse physique : elle inclut aussi l’efficacité environnementale, notamment la réduction de l’empreinte carbone du DNS par une meilleure localisation des requêtes et la diminution des requêtes inutiles.
- Pour les câbles sous-marins, le principal problème pratique évoqué est le manque de navires de maintenance et le coût très élevé des réparations, davantage que la seule durée de vie théorique des câbles.
- Le contrôle croissant des infrastructures par les GAFAM et hyperscalers modifie profondément l’équilibre historique du secteur télécom et soulève des enjeux de souveraineté, de dépendance et de financement des infrastructures nationales.
- Le déplacement de la valeur économique vers les grandes plateformes réduit la capacité d’investissement des opérateurs télécoms traditionnels, ce qui pose la question d’un nouveau modèle économique pour soutenir la connectivité universelle.
- Les plateformes privées poursuivent avant tout des objectifs commerciaux ; sans alternatives locales ouvertes, interopérables et ancrées dans les juridictions nationales, les États et les utilisateurs perdent en autonomie.
- Le développement des ccTLD, des nouveaux gTLD et des IDN est présenté comme un levier de multilinguisme, de représentation des territoires et de réduction de la domination anglophone dans l’Internet.
- Les noms de domaine ont été évoqués non seulement comme outils techniques, mais aussi comme éléments de structuration, d’orientation et de visibilité de l’information.
- La préservation du savoir, des valeurs humanistes et du patrimoine numérique en cas de crise majeure a été soulevée comme enjeu important, mais sa prise en charge institutionnelle dépend de la capacité des communautés à porter activement ce sujet dans les enceintes de gouvernance.
- Conclusion générale exprimée en fin d’échange : l’Internet de demain doit être co-construit par des acteurs multiples ; à défaut, l’espace numérique risque d’être façonné principalement par les plateformes.
“« À chaque fois, il y a deux jambes, côté technique, côté gouvernance. Et la gouvernance, elle est calquée sur comment fonctionne l’Internet. »”
“La question métaphorique de Speaker 4 : si l’Europe ou la francophonie disparaissaient physiquement, comment faire survivre « l’esprit du savoir », les valeurs et le patrimoine informationnel ; peut-on rendre ce savoir durable même face aux pires catastrophes ?”
“« Quand vous n’êtes pas là, vos intérêts ne sont pas représentés. » et l’idée que des régions entières, notamment en Afrique subsaharienne, sont insuffisamment présentes à l’ICANN et à l’IETF.”
“L’intervention de Speaker 2 sur les câbles sous-marins : 90 % du trafic mondial passe par eux, les coupures tiennent souvent à des vulnérabilités concrètes ; il cite l’exemple de l’Uruguay et de la Colombie où l’augmentation des sanctions contre les pêcheurs ayant coupé des câbles a stoppé les incidents.”
“« 90 % des propriétaires de câbles sous-marins aujourd’hui sont les hyperscalers ou des GAFA » et l’idée que les entreprises télécom ne sont plus les acteurs dominants de fait.”
“La contribution de Speaker 3 : comme les GAFAM concentrent l’essentiel de la valeur créée par le numérique, les opérateurs télécom ont de moins en moins de capacité à investir dans les infrastructures de connectivité ; il faut peut-être repenser le modèle économique lui-même.”
“« Si on avait évité d’être entre les mains des GAFAM, on aurait déjà commencé par utiliser l’Internet tel qu’il est : développer le DNS dans les pays, utiliser les codes pays… autrement vous vous connectez à un intranet. »”
“Sur l’empreinte environnementale du DNS : localiser les requêtes DNS, éviter les requêtes inutiles ou en cascade, installer des infrastructures locales peut réduire à la fois la consommation et la dépendance extérieure.”
“L’idée de Speaker 4 selon laquelle les noms de domaine portent aussi une fonction de classement symbolique du savoir, presque une “table des matières” du Web, contrairement à un univers dominé par les moteurs de recherche et les index.”
“« On a encore l’opportunité de construire l’Internet de demain… autrement on dépendra que des plateformes. »”
Comment préserver durablement le savoir, les valeurs humanistes et le patrimoine informationnel en ligne face à des scénarios catastrophes (disparition d’États, de régions ou de communautés linguistiques) ?
Cette question ouvre un chantier sur la résilience extrême des contenus et des infrastructures numériques. Elle est importante car elle interroge la survivance du patrimoine culturel et du savoir au-delà des crises géopolitiques, ainsi que les mécanismes techniques et institutionnels permettant leur conservation et leur réactivation.
Comment améliorer la représentation des régions et pays sous-participants, notamment en Afrique subsaharienne, dans les instances de gouvernance et de normalisation de l’Internet comme l’ICANN et l’IETF ?
Le sujet est crucial car l’absence de participation empêche certains besoins locaux d’être pris en compte dans les politiques et standards. Une recherche complémentaire permettrait d’identifier les freins à la participation, les mécanismes d’inclusion efficaces et les conséquences concrètes de cette sous-représentation sur la résilience et la souveraineté numériques.
Quelles sont les vues, perspectives et projets concrets en matière de résilience numérique et d’infrastructures robustes ?
Cette question a structuré une partie importante de l’échange mais mérite un approfondissement. Elle est importante car elle couvre les dimensions techniques, réglementaires et opérationnelles de la résilience, notamment pour les câbles sous-marins, les points de vulnérabilité et la continuité des services.
Comment les politiques publiques et les solutions techniques peuvent-elles rendre les infrastructures numériques à la fois plus robustes et plus respectueuses de l’environnement ?
La discussion a soulevé l’empreinte environnementale des infrastructures, sans l’épuiser. C’est un sujet majeur pour concilier durabilité écologique, performance réseau et résilience, notamment dans le DNS, les centres de données, les réseaux d’accès et la maintenance des infrastructures physiques.
Comment réduire l’empreinte carbone et les inefficacités du DNS, notamment les requêtes inutiles ou non localisées, en particulier dans les pays africains ?
Cette piste de recherche est importante car elle relie directement gouvernance technique, efficacité énergétique et souveraineté numérique. Mieux comprendre et corriger les mauvaises pratiques DNS pourrait réduire les coûts, améliorer la performance et limiter l’impact écologique.
Quels modèles de coopération entre opérateurs, registres nationaux et gestionnaires de ccTLD peuvent renforcer la résilience locale et régionale, par exemple via des mécanismes de sauvegarde mutuelle ?
Ce sujet est important car il propose une voie concrète pour améliorer la continuité de service sans dépendre uniquement d’acteurs étrangers. Une recherche plus poussée pourrait documenter les modèles existants, leur viabilité économique et les conditions de leur déploiement.
Comment traiter le manque d’investissement dans la maintenance des câbles sous-marins, notamment la pénurie et le vieillissement des navires de réparation ?
Cette question touche au cœur de la durabilité physique de l’Internet mondial. Elle est importante car la capacité à réparer rapidement les câbles conditionne la continuité des communications, en particulier dans les régions isolées ou dépendantes de quelques routes critiques.
Comment les États peuvent-ils mettre en œuvre au niveau national les recommandations internationales sur la résilience des câbles sous-marins ?
Speaker 2 mentionne qu’une quarantaine de recommandations existent et qu’un rapport détaillé doit être adopté, mais que l’application nationale reste difficile. C’est important car l’efficacité des recommandations dépend de leur traduction en politiques publiques, cadres juridiques et dispositifs de coordination concrets.
Comment distinguer les mesures réellement utiles de résilience des dépenses orientées vers des dispositifs de sécurité peu pertinents ou inefficaces ?
Cette question est importante car elle vise à éviter des investissements publics mal ciblés. Elle appelle des recherches comparatives sur l’efficacité des outils de surveillance, de prévention et de réaction face aux incidents affectant les infrastructures critiques.
Qui contrôle réellement les infrastructures numériques critiques aujourd’hui : les opérateurs télécoms, les propriétaires d’infrastructures, ou les hyperscalers/GAFAM qui en sont les principaux utilisateurs ?
La montée en puissance des hyperscalers dans les câbles sous-marins et autres couches d’infrastructure soulève une question stratégique de gouvernance, de pouvoir économique et de souveraineté. Cette recherche est importante pour comprendre la recomposition des rapports de force dans l’écosystème Internet.
Faut-il repenser le modèle économique du numérique pour garantir l’investissement dans les infrastructures de connectivité nationale, alors que la valeur se concentre de plus en plus chez les GAFAM ?
Cette question est essentielle pour la durabilité financière des réseaux. Si les opérateurs traditionnels perdent leur capacité d’investissement, cela peut menacer la connectivité universelle et la souveraineté des États à moyen terme.
Comment assurer la souveraineté numérique et l’existence d’alternatives locales face à la dépendance croissante envers les plateformes, les GAFAM et les infrastructures étrangères ?
Le débat a montré que la dépendance peut toucher les câbles, satellites, CDN, services et usages. Cette question est importante car elle concerne la capacité des États et des sociétés à garder une maîtrise minimale de leurs communications, services publics et productions de contenus.
Quelles alternatives aux câbles sous-marins — notamment satellites et autres architectures hybrides — devraient être développées pour offrir aux États un véritable choix stratégique en cas de sabotage, de rupture ou de dépendance excessive ?
Cette piste est importante car elle porte sur la diversification des infrastructures critiques. Elle implique d’évaluer les coûts, performances, limites, dépendances et implications géopolitiques des solutions de secours ou complémentaires.
Quels dispositifs nationaux de résilience locale faut-il mettre en place pour maintenir des services essentiels de l’État en cas de coupure de connectivité internationale ?
Le maintien de services publics, d’information officielle et de communication interne est présenté comme vital. Cette question est importante car elle lie résilience technique, stabilité politique, sécurité civile et continuité administrative.
Comment mieux éduquer les utilisateurs et les écosystèmes locaux pour qu’ils deviennent producteurs de contenus sur l’Internet ouvert (noms de domaine, ccTLD) plutôt que simples consommateurs de plateformes fermées ?
Cette question est importante car elle touche à l’autonomie numérique, à la visibilité locale et à la capacité des pays à exister sur l’Internet ouvert. Elle suggère des recherches sur les usages, les incitations, les politiques publiques et les freins culturels ou économiques.
Quel rôle structurel jouent les noms de domaine, les catégories comme .edu ou .biz, et les nouveaux gTLD/IDN dans l’organisation, l’orientation et l’intelligibilité du savoir en ligne ?
Cette question relie infrastructure et structuration de l’information. Elle est importante car elle invite à explorer comment les noms de domaine participent à la classification, à la découverte de contenus, au multilinguisme et à la diversité culturelle sur Internet.
Faudrait-il organiser un séminaire ou une conférence dédiée aux questions restées floues depuis trente ans sur Internet, le Web, les moteurs de recherche, les noms de domaine et la structuration de l’information ?
Cette proposition de poursuite du débat est importante car plusieurs notions fondamentales ont été jugées insuffisamment clarifiées. Un travail dédié permettrait d’approfondir des enjeux conceptuels et pratiques qui influencent encore la gouvernance et les usages de l’Internet.