Atelier 4: La numérisation des contenus inexploités: stratégies et outils
La discussion portait sur la transformation de contenus inexploités « dormants » en ressources numériques utiles, fiables et gouvernées pour l’intelligence artificielle, tout en préservant les droits d'auteurs, la qualité des données et l’intérêt général . Le modérateur a aussi cadré l’échange autour de l’expérience de la numérisation patrimoniale et des enjeux de gouvernance et de droit d’auteur liés aux contenus utilisés par l’IA .
Frédéric Lemmers a soutenu qu’il existe encore d’immenses volumes de contenus patrimoniaux inaccessibles en ligne, alors que les modèles d’IA dépendent de la quantité mais aussi de la qualité des données, avec des risques de biais culturels et linguistiques si seules les données déjà dominantes sur le web sont utilisées . Il a présenté cela comme un double enjeu de souveraineté et de représentativité pour la francophonie, en rappelant que la Bibliothèque royale de Belgique n’a numérisé qu’environ 10 % de ses collections et que, dans le réseau francophone numérique, les taux vont souvent de quelques pour cent à 25 % au maximum . Il a insisté sur le fait que la numérisation patrimoniale ne consiste pas seulement à produire des images, mais à créer des données patrimoniales contextualisées, fiables et exploitables par les machines, notamment via du plein texte de qualité et des collections transformées en données structurées . Selon lui, cela justifie des investissements publics, l’harmonisation des pratiques, la prise en compte du droit d’auteur et l'augmentation de la maturité numérique collective au sein du réseau francophone .
Jérémie Petit a complété cette approche par une perspective de propriété intellectuelle, en rappelant que les systèmes d’IA ont besoin à la fois de données patrimoniales anciennes et de contenus contemporains souvent protégés par le droit d’auteur . Il a expliqué que l’OMPI promeut un cadre équilibré entre accès du public et respect des droits, notamment par des guides sur la préservation et l’accès aux œuvres dans les institutions patrimoniales . Il a souligné que des exceptions au droit d’auteur sont possibles, mais seulement dans les limites du « test en trois étapes », et qu’il faut distinguer accès au public, recherche textuelle et usage comme données d’entraînement pour l’IA . Il a aussi insisté sur la transparence des usages, le partage de la valeur, les licences, les partenariats public-privé et la nécessité d’une infrastructure sémantique robuste avec métadonnées et identifiants pour attribuer les œuvres et gérer les droits .
Les questions de la salle ont élargi le débat aux savoirs oraux, particulièrement dans des contextes africains, en soulignant la nécessité de penser l’archivage, les coûts, les critères de souveraineté et le risque que certaines sociétés ne deviennent que fournisseuses de connaissances exploitées par d’autres . En réponse, les intervenants ont insisté sur la confiance des communautés, sur l’encadrement des usages futurs des savoirs locaux et sur le fait que même des contenus apparemment marginaux peuvent avoir une forte valeur pour l’IA . Interrogé sur les priorités, Frédéric Lemmers a proposé de commencer par faire de meilleurs inventaires des collections, puis de traiter en priorité le patrimoine fragile ou menacé - notamment bandes magnétiques, presse, sources sonores et documents uniques - tout en multipliant les canaux d’accès et l’interopérabilité . En conclusion, les échanges ont convergé vers l’idée qu’une stratégie de numérisation pour l’IA doit combiner préservation, fiabilité, diversité culturelle, confiance, financement, standards communs et gouvernance des droits afin que le patrimoine devienne une ressource d’avenir plutôt qu’un angle mort du numérique .
- Le débat porte d’abord sur la transformation de contenus « dormants » en ressources utiles pour l’IA, avec un équilibre entre utilité, fiabilité, gouvernance, droits d’auteur et intérêt général. Le modérateur pose explicitement cette question centrale en ouverture, et les intervenants y reviennent ensuite sous l’angle de la numérisation patrimoniale et de l’exploitation par les machines.
- Un point majeur est l’urgence de numériser le patrimoine encore absent du web, car une grande partie des collections reste en dehors du champ numérique, ce qui crée un problème de souveraineté, de représentativité culturelle et linguistique, et de biais dans les systèmes d’IA. Frédéric Lemmers insiste sur le fait que les données disponibles en ligne sont limitées, que les collections patrimoniales constituent un réservoir encore largement inexploité, et que leur absence rend certaines cultures et langues invisibles dans les futurs modèles.
- La discussion souligne que la numérisation ne suffit pas en soi : les contenus doivent être fiables, contextualisés, structurés, interopérables et convertis en données réellement exploitables par les machines. Frédéric Lemmers explique que la numérisation patrimoniale implique des choix de qualité, de contrôle, de métadonnées et de production de texte intégral ou de données structurées (« collections as data »), sans quoi les contenus restent difficilement utilisables pour l’IA.
- Un autre axe central concerne l’encadrement juridique des œuvres protégées par le droit d’auteur, notamment les contenus du XXe siècle et les usages par l’IA. Jérémie Petit rappelle la nécessité de concilier accès, préservation et respect des droits, en s’appuyant sur les limitations et exceptions au droit d’auteur, le « test en trois étapes », les licences, les partenariats public-privé et les mécanismes de rémunération.
- Les participants insistent enfin sur la nécessité d’une stratégie collective fondée sur la confiance, la prise en compte des traditions orales, la clarification des priorités de numérisation, les infrastructures, les financements et la normalisation. Les échanges mettent en avant les savoirs oraux africains et autochtones, les risques de captation de valeur, la fragilité de certains supports, ainsi que le besoin de métadonnées robustes, d’inventaires précis, de standards communs et de politiques publiques coordonnées.
- But global de la discussion :
- Cette discussion vise à définir comment numériser et gouverner des contenus patrimoniaux, culturels et parfois encore analogiques ou oraux, afin qu’ils deviennent des ressources fiables, visibles et exploitables par l’intelligence artificielle, tout en respectant les droits d’auteur, les communautés concernées, la diversité culturelle et les exigences de souveraineté informationnelle.
- Ton général :
- La tonalité est globalement sérieuse, experte et constructive. Elle est d’abord pédagogique et stratégique, avec des exposés riches des deux intervenants principaux sur les enjeux techniques, culturels et juridiques. Elle devient ensuite plus interactive et critique lors des questions de la salle, notamment autour des traditions orales, des risques d’exclusion, des coûts, de la souveraineté et de la captation économique des contenus. Malgré ces tensions et interrogations, la discussion revient à une tonalité pragmatique et orientée vers l’action, centrée sur les priorités, la confiance, les standards et les stratégies collectives.
L’atelier s’ouvre sur une question centrale : comment transformer des contenus encore inexploités en ressources utiles, fiables et gouvernées pour l’intelligence artificielle, sans sacrifier les droits d'auteurs, la qualité des données ni l’intérêt général . Le modérateur précise d’emblée que l’échange se veut plus ouvert qu’un panel classique, et annonce deux portes d’entrée complémentaires : l’expérience de la numérisation patrimoniale portée par Frédéric Lemmers, et les enjeux de gouvernance des contenus et de droit d’auteur liés à l’IA portés par Jérémie Petit . Il reformule aussi très tôt un point clé : la numérisation n’a de sens, dans ce contexte, que si elle produit des contenus exploitables et interopérables, et pas seulement des copies numériques .
Dans son intervention liminaire, Frédéric Lemmers reprend une idée évoquée plus tôt dans la journée : le moissonnage des données disponibles sur le web approche d’une forme de saturation, ce qui rend d’autant plus visibles les vastes contenus encore absents d’internet . Il insiste sur le fait que, derrière chaque système d’IA, la question décisive reste celle des données, à la fois en quantité et en qualité . Selon lui, les déséquilibres déjà présents en ligne - entre langues, cultures, points de vue ou périodes historiques - risquent d’être reproduits dans les réponses des systèmes d’IA . Dans cette perspective, la francophonie fait face à un enjeu à la fois de souveraineté et de représentativité, mais dispose aussi d’un potentiel particulier du fait de sa diversité culturelle et linguistique .
Frédéric Lemmers appuie ce constat sur plusieurs chiffres. À la Bibliothèque royale de Belgique, il estime qu’au maximum 10 % des contenus sont aujourd’hui numérisés et accessibles en ligne, sans que cela signifie encore qu’ils soient directement exploitables par l’IA . Dans le Réseau francophone numérique, qui rassemble une centaine d’institutions patrimoniales de la francophonie, les taux de numérisation vont souvent de quelques pourcents à 25 % au maximum . Autrement dit, de très larges pans de savoirs et de cultures restent en dehors du champ numérique et sont, de ce fait, beaucoup moins susceptibles d’alimenter les systèmes d’IA . Pour Frédéric Lemmers, la numérisation relève donc aussi d’un choix de politique publique, puisque ces réserves de connaissances sont conservées dans des institutions patrimoniales majoritairement financées par des fonds publics .
Son point central est toutefois que numériser ne suffit pas. Il distingue la simple production d’un fac-similé numérique de la création de véritables données patrimoniales . Celles-ci doivent être contextualisées, fiables et structurées si l’on veut éviter de produire des contenus peu utiles ou eux-mêmes porteurs de biais . Il décrit la numérisation patrimoniale comme une chaîne complète de métiers : harmonisation des inventaires, révision de données bibliographiques anciennes, prise en compte du statut juridique des œuvres, capture technique, contrôle qualité, structuration et diffusion . Il insiste aussi sur la place de l’intervention humaine dans ce processus, en comparant les agents de numérisation à des « passeurs de savoir » ou à des « copistes des temps modernes » .
Frédéric Lemmers ajoute qu’il ne suffit pas non plus d’avoir de belles images ou des métadonnées de base . Pour que les contenus soient vraiment utiles aux machines, il faut produire du texte de qualité et rendre les collections lisibles par des systèmes automatisés, y compris pour les corpus imprimés, manuscrits, iconographiques, sonores et audiovisuels . C’est dans ce cadre qu’il évoque l’idée de « collections as data » . Selon lui, cette évolution conduit à considérer les données patrimoniales non plus seulement comme mémoire du passé, mais aussi comme un actif stratégique et une matière première de l’avenir . Il appelle donc à poursuivre et amplifier les investissements publics dans la numérisation pour rendre ces contenus réellement utilisables à l’ère de l’IA .
Il présente aussi le Réseau francophone numérique, créé en 2006 au moment de l’émergence de Google Books, comme un outil de solidarité et d'augmentation de la maturité numérique . Il résume cette orientation par une formule nette : « il n’y a pas d’IA sans numérisation » . Pour atteindre un niveau où les données patrimoniales peuvent alimenter des usages avancés, les institutions doivent maîtriser toute la chaîne : inventaire, catalogage, statut juridique, capture, structuration, diffusion et interopérabilité . Le réseau cherche ainsi à harmoniser les pratiques et à développer la formation, dans un contexte où les capacités des membres restent très inégales .
Jérémie Petit aborde ensuite la question sous l’angle du droit d’auteur et de la gouvernance des usages. Il rappelle que les systèmes d’IA ont besoin de données de qualité et culturellement pertinentes, mais aussi de contenus contemporains souvent encore protégés, et pas seulement d’œuvres anciennes tombées dans le domaine public . Son propos porte donc en particulier sur les œuvres du XXe siècle encore présentes sous forme analogique - livres, phonogrammes, films sur bande magnétique - et sur les conditions de leur numérisation dans un cadre équilibré entre accès du public et respect des droits . Il présente à ce titre le rôle de l’OMPI, qui accompagne les États membres à travers des guides de bonnes pratiques sur la préservation et l’accès aux œuvres dans les collections patrimoniales .
Au cœur de son intervention se trouve la question des limitations et exceptions au droit d’auteur. Jérémie Petit rappelle que le droit international permet aux États de prévoir des exceptions au droit exclusif de reproduction, mais seulement dans le respect du test en trois étapes : cas particuliers, absence de conflit avec l’exploitation normale de l’œuvre, et absence de préjudice indu aux intérêts légitimes des auteurs . Il insiste ensuite sur trois distinctions. Donner accès à des chercheurs n’est pas équivalent à publier sur Internet ; permettre une recherche textuelle avec extraits n’est pas équivalent à donner l’accès intégral ; et numériser une œuvre n’autorise pas automatiquement son usage pour l’entraînement d’une IA . Il prend l’exemple de Google Books, où la numérisation d’œuvres protégées a été admise aux États-Unis pour la recherche textuelle et les aperçus, mais non pour un accès intégral .
Jérémie Petit ajoute que « rendre accessible » ne signifie pas nécessairement « gratuit » . Il souligne la multiplication des contrats de licence entre détenteurs de contenus et entreprises d’IA, ce qui montre qu’un marché existe et que la gratuité ne peut pas être présumée . Il mentionne aussi que certains choix de politique publique peuvent conduire à l’ouverture de données publiques, tandis que certains ayants droit peuvent préférer des licences ouvertes . Il attire également l’attention sur la valeur potentielle de contenus peu commercialisés, y compris dans des langues rares, autochtones ou minoritaires, pour lesquelles des entreprises cherchent déjà à constituer des jeux de données spécialisés, notamment audio et multilingues .
À partir de là, Jérémie Petit formule plusieurs messages directeurs. D’abord, toute stratégie de numérisation doit intégrer dès le départ la question du droit d’auteur, mais aussi celle du folklore et des patrimoines immatériels, en particulier lorsqu’il s’agit de savoirs portés par des communautés locales ou des peuples autochtones . Ensuite, il insiste sur la transparence des objectifs poursuivis : préservation, accès, recherche textuelle ou entraînement de systèmes d’IA . Il mentionne aussi, dans le cadre européen, l’existence d’une « clause de réservation » permettant de signaler une opposition à certains usages par les systèmes d’IA, en référence à l’article 4 de la directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique . Il appelle également à réfléchir explicitement au partage de la valeur entre créateurs, institutions patrimoniales et entreprises d’IA, via des licences, la gestion collective ou des partenariats public-privé . Sur ce point, il ne défend pas un modèle unique : plusieurs schémas sont possibles selon qu’une institution souhaite céder certains droits, conserver des copies ou poursuivre d’autres objectifs de diffusion et de valorisation . Enfin, il met l’accent sur la nécessité d’une infrastructure robuste de gestion des droits, fondée sur des métadonnées précises et des identifiants normalisés comme ISBN, ISSN, ISAN, ISRC ou ISWC .
La discussion avec la salle déplace ensuite le débat vers quatre questions concrètes : comment intégrer l’oralité, comment archiver avant même la numérisation, comment éviter l’extractivisme culturel, et comment définir des priorités opérationnelles et finançables . L'intervenant 3 recentre la réflexion sur les savoirs oraux, en particulier dans plusieurs sociétés africaines où l’information n’est pas d’abord conservée sous forme documentaire structurée . Il souligne qu’une stratégie fondée uniquement sur les bibliothèques et les archives déjà organisées risquerait d’exclure ces formes de savoir . Il insiste aussi sur une étape souvent oubliée : avant la numérisation proprement dite, il faut penser l’archivage primaire de savoirs oraux recueillis sur le terrain, leur conservation, leur classement et le coût de cette phase de transition . Il rappelle enfin le poids des contraintes matérielles : coût de la numérisation, besoin de serveurs et de stockage, fragilité des infrastructures énergétiques et nécessité de concevoir des stratégies soutenables . Dans la même intervention, il met en garde contre un risque d’extractivisme culturel : sans stratégie de valorisation locale, certaines régions pourraient fournir à l’IA une matière première culturelle tout en laissant ailleurs la captation de la valeur économique produite .
L'intervenant 4 intervient dans un registre plus conceptuel et sceptique. À travers la figure imaginaire d’un « martien » venant dans mille ans écrire l’histoire de la Terre, il rappelle l’ampleur potentielle des contenus inexploités : conversations téléphoniques, tickets de caisse, courriers, images privées, stocks invendus de livres ou vidéos diverses . Son propos vise surtout à souligner l’écart entre l’idéal d’exhaustivité et les contraintes humaines, juridiques, morales et institutionnelles . Lemmers lui répond sur un plan pragmatique : l’IA générative est déjà entrée dans les usages courants, et l’enjeu n’est plus de savoir s’il faut ou non participer à ce mouvement, mais de faire en sorte qu’elle s’appuie sur des données aussi fiables, complètes et diverses que possible .
La question de la confiance et du consentement devient ensuite un fil important de la discussion. Le modérateur introduit ce point avec l’exemple d’un chant religieux kanak enregistré dans un cadre non lucratif dans les années 1980 puis réutilisé commercialement, bien plus tard, sans que la communauté d’origine soit créditée . Jérémie Petit s’appuie sur cet exemple pour souligner la nécessité d’obtenir l’accord des communautés et de définir en amont les conditions d’usage . Il rappelle aussi que les systèmes d’IA sont très divers et que même des contenus apparemment marginaux peuvent prendre une forte valeur économique dans des usages spécialisés . Son exemple du « vol des hélicoptères » illustre le fait qu’un producteur d’IA peut avoir besoin d’images très spécifiques, collectées et annotées à partir de journaux télévisés, de documentaires ou de films . Il cite aussi la base française ReLIRE pour montrer que des œuvres du XXe siècle non rééditées, parfois de niche, peuvent garder une réelle valeur pour des publics spécialisés . Frédéric Lemmers, de son côté, répond surtout sur le plan stratégique : puisque l’usage de l’IA est déjà là, il faut s’assurer que les systèmes s’appuient sur des données de meilleure qualité .
Plusieurs interventions de la salle ancrent ensuite ces enjeux dans des préoccupations africaines et nationales. L'intervenante 5, directrice du numérique du Sénégal, explique que l’absence de numérisation des transmissions orales pourrait conduire à une restitution déformée, voire à une falsification, de références historiques ou héroïques nationales dans les systèmes d’IA . Selon elle, il faut donc numériser, structurer et fiabiliser ces patrimoines, même si cela a un coût, afin que chaque société conserve la maîtrise de ce qui lui appartient culturellement . Elle relie aussi cette fiabilisation à la propriété intellectuelle, envisagée comme un moyen de sécuriser plus tôt les contenus et leur attribution .
Le modérateur recentre alors l’échange sur l’espace francophone en demandant quels critères de priorisation devraient guider les efforts de numérisation, et s’il faut viser un corpus francophone commun ou plutôt une fédération de communs malgré la diversité des règles nationales et institutionnelles . En réponse, Frédéric Lemmers propose une hiérarchie d’action assez claire. La première priorité est d’améliorer ou de refaire les inventaires pour savoir précisément ce qui est conservé et ce qui risque de disparaître . La seconde est de traiter en urgence les patrimoines fragiles ou menacés, en particulier les bandes magnétiques, les sources sonores, la presse sur papier acide, les manuscrits et les documents uniques . Il plaide aussi pour la multiplication des canaux d’accès afin d’éviter la dépendance à un seul intermédiaire et d’augmenter la découvrabilité des contenus . Il l’illustre par des exemples belges, en expliquant que certains documents conservés à Bruxelles ont peu de chances d’être trouvés s’ils ne sont visibles que sur un portail national et doivent donc circuler via plusieurs portails spécialisés ou thématiques .
Frédéric Lemmers revient également sur les conditions institutionnelles de cette politique. Il insiste sur la nécessité, pour les bibliothèques, archives et musées, de mieux se connaître, de comprendre leurs réalités respectives et de construire collectivement la confiance, car il n’y a pas d’IA possible sans cette confiance . Il appelle à un écosystème numérique ouvert et utile à la fois aux chercheurs, aux étudiants, au grand public et aux machines . Cela suppose des formations transversales, une meilleure maîtrise des marchés publics, des normes partagées, des équipements adaptés, des bibliothèques numériques et des portails agrégateurs .
Interrogé sur l’existence de priorités déjà identifiées et de plans d’action concrets, Frédéric Lemmers répond que l’IA a au moins le mérite de remettre la numérisation à l’avant-plan politique, alors que certains pensaient ce chantier déjà achevé . Il réaffirme que la priorité doit aller au patrimoine menacé : bandes magnétiques, presse, sources sonores, patrimoine immatériel enregistré, manuscrits et documents uniques . Il observe cependant que, dans plusieurs contextes francophones, les politiques publiques existantes visent encore surtout à encadrer l’usage de l’IA dans le secteur public, plutôt qu’à refinancer l’ensemble de la chaîne documentaire nécessaire à la constitution de corpus réellement exploitables .
En mot de clôture, Jérémie Petit résume trois priorités : créer la confiance avec les ayants droit et les communautés porteuses de traditions orales, assurer la transparence des systèmes d’IA sur les contenus exploités, et mettre en place une infrastructure sémantique robuste pour l’attribution et la gestion des droits . Il a aussi précisé que les conditions d’usage, les objectifs de la numérisation et les éventuelles restrictions peuvent être inscrits dans la couche sémantique décrivant les objets numérisés, de manière à être visibles aussi par les machines .
Dans l’ensemble, l’atelier fait apparaître un accord large sur plusieurs points. Les intervenants considèrent que la numérisation des contenus encore hors ligne est devenue une condition importante pour une IA plus utile, plus fiable et plus représentative . Ils s’accordent aussi sur le fait que la simple conversion numérique ne suffit pas : les contenus doivent être structurés, contextualisés, interopérables, accompagnés de texte, de métadonnées riches et d’une gouvernance explicite des droits et des usages . Enfin, plusieurs interventions convergent sur l’importance d’intégrer les savoirs oraux, les patrimoines fragiles et les langues sous-représentées, en particulier dans l’espace francophone et africain .
Les tensions portent moins sur les finalités que sur les arbitrages. Une première tension oppose l’ambition d’élargir les corpus à la reconnaissance des limites pratiques, juridiques et matérielles de toute politique de numérisation . Une seconde concerne le risque d’extractivisme culturel et la question du partage de la valeur . Une troisième tient à la méthode : partir des corpus patrimoniaux institutionnels et de leurs standards, ou repenser les stratégies à partir des savoirs oraux, de l’archivage préalable et du consentement des communautés .
La conclusion qui se dégage de l’atelier est donc pragmatique. Il ne s’agit pas de tout numériser indistinctement, mais de construire des corpus plus fiables, plus représentatifs et mieux gouvernés, à partir d’inventaires précis, de priorités assumées et d’un renforcement des capacités institutionnelles . Les pistes d’action les plus nettes concernent la priorisation des supports fragiles, l’harmonisation des normes et des pratiques, l’investissement public, l’intégration précoce du droit d’auteur et des communautés concernées, ainsi que la mise en place de couches sémantiques robustes pour rendre les contenus réellement exploitables par les machines . Plusieurs questions restent cependant ouvertes : le financement durable, les critères communs de priorisation dans l’espace francophone, la gouvernance d’un éventuel corpus commun, le partage équitable de la valeur, et la manière de concilier accès, souveraineté culturelle, consentement des communautés et exploitation commerciale des données .
La base confirme explicitement que « l'IA est construite sur des données », et que la gouvernance des données et celle de l’IA vont de pair [S19].
Cette idée est corroborée par [S29], qui rappelle que les données utilisées par l’IA sont majoritairement anglophones et que les plateformes recommandent souvent des contenus anglophones, ce qui pose un défi direct pour la diversité linguistique francophone en ligne [S29].
La base apporte un contexte utile en montrant que la concentration du pouvoir numérique et l’inégalité numérique sont identifiées comme des risques majeurs, en particulier pour les régions moins favorisées, ce qui renforce l’idée d’un enjeu de souveraineté informationnelle et culturelle [S22].
La base n’aborde pas directement les institutions patrimoniales, mais elle confirme plus largement que l’usage accru des données par les organisations et pouvoirs publics doit servir des politiques fondées sur des preuves, tandis que la gouvernance des données devient plus politique [S19]. Cela donne du poids à la dimension de politique publique évoquée dans le rapport.
La base confirme que l’essor d’outils comme ChatGPT a fait émerger de nouvelles questions de gouvernance pratique et de protection des droits de propriété intellectuelle [S19].
Contenus dormants à rendre exploitables pour l’IA, avec exigence de fiabilité, de gouvernance et de respect des droits (Moderator)
Arg. 1Le modérateur pose d’emblée le cadre du débat : il ne s’agit pas seulement de numériser des contenus, mais de transformer des contenus dormants en ressources réellement utiles pour l’IA. Il insiste sur un équilibre à maintenir entre utilité, fiabilité, gouvernance des contenus, qualité des données, intérêt général et respect des droits des auteurs et créateurs.
Le modérateur formule explicitement la question centrale de l’atelier comme la transformation de contenus dormants en ressources « utiles, fiables, gouvernées » pour l’intelligence artificielle, sans perdre de vue les droits des auteurs, la qualité des données et l’intérêt général .
on: La numérisation doit être articulée avec le respect des droits, la confiance des ayants droit et des communautés, et une gouvernance claire des usages.
Dans l’espace francophone, il faut définir des critères de priorisation et éventuellement construire des corpus communs ou une fédération de communs (Moderator)
Arg. 2Le modérateur recentre ensuite la discussion sur l’espace francophone en demandant quels contenus devraient être priorisés et selon quels critères. Il ouvre aussi la perspective d’une coopération francophone plus structurée, sous forme de corpus partagés ou d’une fédération de communs, tout en reconnaissant la diversité des cadres nationaux et institutionnels.
Le modérateur demande explicitement quels seraient, dans l’espace francophone, les critères de priorisation de la numérisation et comment développer la souveraineté à travers un corpus francophone commun ou une « fédération de communs », en distinguant au besoin corpus nationaux et institutionnels selon les règles applicables .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
Le web accessible arrive à saturation, alors qu’une grande masse de contenus patrimoniaux reste hors ligne ; leur numérisation est nécessaire pour nourrir l’IA (Speaker 1)
Arg. 1Speaker 1 explique que l’IA a déjà largement exploité les contenus accessibles sur le web, ce qui conduit à une forme de saturation. En parallèle, une masse importante de contenus patrimoniaux demeure hors ligne et pourrait enrichir les modèles d’IA si elle était numérisée et rendue accessible.
Speaker 1 évoque l’idée d’un futur « crash » du marché de l’IA lié à l’épuisement progressif des données moissonnées sur le web, puis répond qu’il existe au contraire énormément de contenus encore totalement inaccessibles sur Internet, parfois même méconnus, ce qui justifie leur mise à disposition dans la société numérique . Il précise aussi que, dans sa propre bibliothèque, seulement 10 % des contenus sont numérisés et accessibles, laissant 90 % hors du champ numérique .
on: La numérisation des contenus dormants est une condition nécessaire pour disposer de ressources utiles à l’IA, au-delà de ce qui est déjà accessible sur le web.
La qualité des données compte autant que leur quantité ; sinon l’IA reproduit des biais culturels, linguistiques et historiques (Speaker 1)
Arg. 2Pour Speaker 1, l’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le volume de données disponibles pour l’IA, mais surtout d’améliorer leur qualité et leur représentativité. Si les données d’entraînement reflètent surtout des langues et cultures dominantes, l’IA reproduira mécaniquement des biais de diversité, de perspective et de profondeur historique.
Speaker 1 affirme que derrière chaque modèle d’IA se cache la question des données, à la fois en quantité et en qualité, et relie cela aux enjeux de cultures, de langues et de visions du monde qui seront représentées dans les systèmes futurs . Il souligne que lorsque les réponses de l’IA reposent sur des données ne représentant qu’une partie du savoir humain, cela introduit nécessairement des biais de diversité, de perspective et de diachronie .
on: La diversité culturelle et linguistique, notamment francophone et africaine, doit être mieux représentée dans les corpus afin de limiter les biais de l’IA.
La numérisation patrimoniale est un enjeu de souveraineté, car les données culturelles deviennent une matière première stratégique de l’IA (Speaker 1)
Arg. 3Speaker 1 présente les données patrimoniales et culturelles comme une ressource stratégique comparable à une matière première pour l’IA. Dès lors, leur production, leur mise à disposition et leur contrôle relèvent d’un enjeu de souveraineté publique, notamment parce que leur numérisation dépend largement d’investissements publics.
Il explique que les données patrimoniales et culturelles sont devenues la matière première de l’intelligence artificielle et que, lorsqu’elles ne sont pas nativement numériques, il faut aller les chercher dans les bibliothèques, archives et musées, ce qui suppose des investissements souvent assumés par le secteur public . Il en conclut que la mise à disposition et la découvrabilité de ces contenus participent de politiques publiques visant aussi à éviter des situations monopolistiques et à préserver des alternatives d’accès .
on: La priorité stratégique doit-elle aller d’abord à l’exploitation maximale des contenus pour l’IA, ou d’abord à la protection contre la captation externe de la valeur ?
La francophonie a un rôle particulier à jouer pour garantir la représentation de cultures, langues et imaginaires pluriels dans l’IA (Speaker 1)
Arg. 4Speaker 1 considère que la francophonie peut jouer un rôle spécifique en raison de sa pluralité culturelle et linguistique. Elle peut contribuer à éviter l’effacement de savoirs, d’imaginaires et de langues dans les systèmes d’IA dominés par des contenus déjà majoritaires sur le web.
Il affirme que les enjeux de biais placent la francophonie devant un double défi, mais lui donnent aussi un rôle important précisément en raison de sa dimension plurielle . Il ajoute que, sans correction, les savoirs, cultures et imaginaires francophones risquent de devenir invisibles dans l’écosystème de l’IA, alors même que la majorité des collections concernées restent inaccessibles .
on: La diversité culturelle et linguistique, notamment francophone et africaine, doit être mieux représentée dans les corpus afin de limiter les biais de l’IA.
Numériser ne suffit pas : il faut produire des données patrimoniales contextualisées, fiables et structurées, pas seulement des images numériques (Speaker 1)
Arg. 5Speaker 1 défend l’idée que la numérisation patrimoniale ne peut pas se limiter à créer des reproductions numériques visuelles. Les contenus doivent devenir de véritables données patrimoniales, c’est-à-dire contextualisées, fiabilisées et structurées pour être réellement utiles à des machines comme à des humains.
Il distingue clairement la simple mise à disposition d’un fac-similé numérique du travail plus exigeant sur les « données patrimoniales », qui doivent être contextualisées ou contextualisables et fiables . Il précise également que ces données doivent être considérées comme un actif stratégique pour la société, ce qui justifie d’investir dans leur qualité et leur structuration .
on: L’interopérabilité, les normes communes et la multiplication des canaux d’accès sont essentielles pour la découvrabilité et l’exploitation des contenus.
on: La réponse principale aux lacunes des corpus doit-elle être patrimoniale et institutionnelle, ou d’abord adaptée aux formes orales et non structurées des savoirs ?
La qualité de la capture, du contrôle, de l’OCR, du plein texte et de la structuration conditionne l’exploitabilité réelle des contenus par les machines (Speaker 1)
Arg. 6Pour Speaker 1, l’exploitation réelle par l’IA dépend de toute la chaîne technique de la numérisation, pas seulement de l’existence d’un fichier numérique. La qualité de la capture, des contrôles, de la transcription en texte intégral et de la structuration des collections conditionne directement la fiabilité et l’utilité des contenus pour l’entraînement des modèles.
Il décrit le rôle crucial des opérateurs de numérisation, qu’il compare à des « passeurs de savoir », en expliquant que la qualité de leur travail et le calibrage des chaînes de numérisation déterminent la fiabilité de la copie numérique finale et donc sa valeur pour l’entraînement des modèles d’IA . Il ajoute qu’il ne suffit pas d’avoir de belles images et des métadonnées structurées : il faut aussi produire du plein texte de qualité, traiter les imprimés comme les manuscrits, et transformer les collections en données structurées directement exploitables par des machines .
on: La qualité, la fiabilité, la structuration et les métadonnées des contenus numérisés sont aussi importantes que la numérisation elle-même.
L’interopérabilité, les normes communes et la multiplication des canaux de diffusion renforcent l’accès, la visibilité et l’autonomie des institutions (Speaker 1)
Arg. 7Speaker 1 soutient qu’une stratégie efficace de numérisation suppose des normes partagées, des pratiques harmonisées et des dispositifs interopérables. La multiplication des portails et canaux de diffusion permet de mieux faire circuler les contenus, d’accroître leur visibilité et de réduire la dépendance à des points d’accès uniques.
Il explique que le réseau francophone numérique travaille à harmoniser les pratiques d’inventaire, de traitement des données de catalogues et de prise en compte du droit d’auteur afin d’élever le niveau moyen de maturité numérique de ses membres . Plus loin, il insiste sur la nécessité de partager normes et standards, de favoriser l’interopérabilité et la multiplication des canaux de diffusion, en donnant l’exemple de documents belges qui ont davantage de chances d’être consultés s’ils sont diffusés dans des portails spécialisés ou internationaux plutôt que sur un seul site institutionnel .
on: L’interopérabilité, les normes communes et la multiplication des canaux d’accès sont essentielles pour la découvrabilité et l’exploitation des contenus.
Les moyens publics doivent financer la numérisation, car elle relève de l’intérêt général et de politiques d’accès au savoir (Speaker 1)
Arg. 8Speaker 1 considère que la numérisation du patrimoine ne peut pas être laissée aux seules logiques privées, car elle répond à une mission d’intérêt général. Comme ces investissements soutiennent l’accès au savoir, la diversité culturelle et la souveraineté informationnelle, ils relèvent de politiques publiques et de financements publics.
Il rappelle que la numérisation de collections patrimoniales conservées dans les bibliothèques, archives et musées coûte cher et que cet investissement est le plus souvent réalisé par le secteur public . Il ajoute que les États ont des responsabilités économiques, juridiques et morales pour protéger, préserver et valoriser ce patrimoine commun, tandis que les institutions doivent activer davantage ces opérations .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
Les priorités doivent aller vers les patrimoines fragiles ou menacés : bandes magnétiques, presse, documents uniques, manuscrits et sources orales enregistrées (Speaker 1)
Arg. 9Pour Speaker 1, la priorisation doit d’abord répondre à l’urgence de conservation. Les supports les plus fragiles et les contenus uniques doivent être traités en premier, car leur disparition serait irréversible et certaines institutions en sont les seuls dépositaires.
Il explique que la première étape consiste à refaire ou préciser l’inventaire afin de savoir ce qui est conservé et ce qui risque de disparaître . Il cite comme priorités absolues les bandes magnétiques, très fragiles, puis la presse, les sources sonores, les documents uniques et le patrimoine manuscrit, en soulignant que si les bibliothèques ne les traitent pas, personne ne le fera .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
Il faut renforcer la maturité numérique des institutions pour qu’elles puissent choisir leurs équipements, partenaires et infrastructures sans dépendance excessive (Speaker 1)
Arg. 10Speaker 1 insiste sur le fait que la numérisation utile à l’IA exige des institutions capables de maîtriser toute la chaîne technique, juridique et organisationnelle. Renforcer cette maturité numérique permet d’éviter une dépendance subie à des prestataires ou acteurs économiques plus puissants.
Il explique que, pour arriver à l’IA à partir des données patrimoniales, il faut maîtriser toute la chaîne des métiers des bibliothèques et archives, ce qui suppose un certain degré de maturité numérique ; c’est pourquoi le réseau francophone numérique développe des formations et une pyramide de maturité dont la pointe est l’IA . Il ajoute que cette montée en capacité doit permettre de mieux maîtriser marchés publics, équipements, infrastructures et partenariats, afin de ne pas se faire dicter la loi par des acteurs économiques faute d’expertise .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
L’IA peut servir d’argument politique pour relancer le financement de la numérisation patrimoniale, mais cela exige des priorités publiques claires (Speaker 1)
Arg. 11Speaker 1 voit dans l’essor actuel de l’IA une opportunité pour remettre la numérisation patrimoniale à l’agenda politique. Mais il souligne que cette fenêtre ne produira d’effet que si elle se traduit en priorités publiques explicites et en programmes de financement adaptés à l’ensemble de la chaîne de numérisation.
Il affirme que l’IA remet les enjeux de numérisation à l’avant-plan et offre l’occasion de sensibiliser à nouveau les autorités publiques à la nécessité de financer la préservation et la numérisation du patrimoine . Il note toutefois que, pour l’instant, les politiques observées visent surtout à encadrer l’usage de l’IA dans le secteur public, plutôt qu’à refinancer toutes les chaînes en amont qui rendent cette IA possible, ce qu’il présente comme « le combat suivant » .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
Face à l’infobésité et à l’usage croissant des IA génératives, il vaut mieux améliorer la qualité et l’exhaustivité des données disponibles plutôt que rester à l’écart (Speaker 1)
Arg. 12Speaker 1 reconnaît qu’on pourrait choisir de rester à distance de l’IA, mais estime que cette option est déjà largement dépassée par les usages. Puisque les IA génératives sont de plus en plus utilisées à la place des moteurs de recherche, il faut agir sur la qualité et l’exhaustivité des données qui les alimentent.
En réponse à l’intervention de Speaker 4, il explique que beaucoup de personnes utilisent déjà des applications d’IA générative pour obtenir rapidement des réponses, ce qui rend la question de savoir s’il faut ou non une telle IA en partie dépassée . Il mobilise aussi l’idée d’« infobésité » pour rappeler qu’Internet contient déjà tant d’informations qu’on s’en remet à des mécanismes de classement opaques ; dans ce contexte, son objectif est de rendre les données d’entraînement aussi complètes et fiables que possible .
on: Faut-il viser une extension maximale des corpus pour l’IA, ou accepter qu’une grande partie des contenus demeure hors exploitation ?
Les œuvres du XXe siècle et les contenus contemporains sont aussi nécessaires à l’IA, pas seulement les œuvres anciennes du domaine public (Speaker 2)
Arg. 1Speaker 2 complète l’approche patrimoniale en rappelant que l’IA a aussi besoin de contenus récents et culturellement pertinents. Il souligne donc que les œuvres du XXe siècle et les contenus contemporains, souvent encore protégés par le droit d’auteur, sont également essentiels à une IA de qualité.
Il indique dès le départ que les systèmes d’IA ont besoin de données de qualité et pertinentes culturellement, provenant non seulement du domaine public et d’œuvres anciennes, mais aussi de données contemporaines et récentes généralement couvertes par le droit d’auteur .
on: La numérisation des contenus dormants est une condition nécessaire pour disposer de ressources utiles à l’IA, au-delà de ce qui est déjà accessible sur le web.
Les contenus oraux et les savoirs communautaires doivent être numérisés avec l’accord des communautés et avec des garanties sur les usages futurs (Speaker 2)
Arg. 2Speaker 2 insiste sur le fait que la numérisation des traditions orales et des savoirs communautaires ne peut pas être pensée sans consentement ni garanties. Pour instaurer la confiance, il faut clarifier les usages prévus et permettre aux communautés concernées de garder une forme de contrôle sur l’exploitation future de leurs contenus.
Il avertit qu’il faut poser dès le départ les questions de droit d’auteur et de protection du folklore lorsqu’il s’agit de patrimoines non publiés de communautés locales ou de peuples autochtones, afin d’éviter les erreurs déjà commises dans certaines expériences . Il ajoute que, sans contrôle sur les conditions d’utilisation et les usages ultérieurs par les systèmes d’IA, ces communautés auront très peu envie de partager leurs savoirs .
on: La numérisation doit être articulée avec le respect des droits, la confiance des ayants droit et des communautés, et une gouvernance claire des usages.
Des usages commerciaux non consentis de contenus culturels enregistrés montrent le risque de perte de contrôle et la nécessité d’un cadre de confiance (Speaker 2)
Arg. 3Speaker 2 montre que les risques ne sont pas théoriques : des contenus collectés à des fins non lucratives peuvent être réutilisés plus tard dans des circuits commerciaux sans reconnaissance des communautés d’origine. Ce type d’exemple justifie la mise en place d’un cadre de confiance dès la stratégie de numérisation.
Lors de la discussion sur les contenus oraux, il cite l’exemple d’un chant religieux kanak enregistré en Nouvelle-Calédonie par des musicologues dans les années 1980 à des fins non lucratives, puis repris vingt ans plus tard par un musicien à succès de manière commerciale sans crédit à la communauté d’origine . Il en déduit qu’il faut penser dès la conception de la stratégie les usages futurs afin d’encadrer de telles réutilisations .
on: La numérisation doit être articulée avec le respect des droits, la confiance des ayants droit et des communautés, et une gouvernance claire des usages.
Il faut concilier accès du public, préservation patrimoniale et respect des droits des auteurs à travers des limitations et exceptions équilibrées (Speaker 2)
Arg. 4Speaker 2 présente le droit d’auteur non comme un obstacle absolu, mais comme un cadre à équilibrer avec la préservation et l’accès. Il met en avant les limitations et exceptions comme outil permettant aux États de soutenir l’intérêt général tout en respectant les droits des auteurs.
Il explique que son propos porte sur la manière de numériser les œuvres analogiques du XXe siècle en respectant les droits des auteurs, notamment à travers la question des limitations et exceptions aux droits d’auteur pour la préservation et l’accès au public . Il détaille le « test en trois étapes » : les exceptions doivent viser des cas particuliers, ne pas entrer en conflit avec l’exploitation normale de l’œuvre et ne pas causer de préjudice indu aux intérêts légitimes des auteurs .
on: La numérisation doit être articulée avec le respect des droits, la confiance des ayants droit et des communautés, et une gouvernance claire des usages.
L’accès à un contenu numérisé, sa mise en ligne et son usage comme donnée d’entraînement pour l’IA sont trois situations juridiquement distinctes (Speaker 2)
Arg. 5Speaker 2 appelle à ne pas confondre plusieurs opérations souvent amalgamées dans le débat public. Autoriser l’accès à un contenu, le rendre visible en ligne et l’utiliser pour entraîner une IA correspondent à des régimes et à des implications juridiques différents.
Il distingue explicitement plusieurs cas de figure : donner accès à des collections à des chercheurs n’est pas la même chose que rendre un document accessible sur Internet . Il ajoute qu’une numérisation destinée à la recherche textuelle avec aperçus limités, comme Google Books, est différente d’un usage des œuvres numérisées comme données d’entraînement pour l’IA .
on: La numérisation doit être articulée avec le respect des droits, la confiance des ayants droit et des communautés, et une gouvernance claire des usages.
La gratuité ne découle pas automatiquement de la numérisation ; des licences et des marchés de contenus pour l’IA existent déjà (Speaker 2)
Arg. 6Speaker 2 souligne que rendre un contenu numérique accessible n’implique pas nécessairement qu’il soit gratuit. Il rappelle l’existence croissante de contrats de licence et de marchés de contenus structurés pour l’IA, ce qui impose de penser l’économie de ces usages.
Il affirme clairement que « numérisé » et « accessible » ne veulent pas dire gratuit, puis mentionne la multiplication des contrats de licence entre détenteurs de contenus et systèmes d’IA . Il complète en indiquant que des entreprises présentent à l’OMPI des marketplaces spécialisées dans la structuration de jeux de données multilingues, montrant l’existence d’une demande économique réelle pour ces contenus .
Il faut réfléchir au partage de la valeur entre créateurs, institutions patrimoniales et entreprises d’IA, notamment dans les partenariats public-privé (Speaker 2)
Arg. 7Pour Speaker 2, la question n’est pas seulement celle de l’accès, mais aussi celle de la répartition de la valeur créée à partir des contenus numérisés. Cela implique de penser les licences, les mécanismes de rémunération, la gestion collective et les effets des partenariats public-privé sur les droits et les bénéfices.
Il identifie comme troisième message la nécessité de réfléchir au partage de la valeur entre créateurs de contenu et entreprises de l’IA, en prenant en compte les possibilités d’accords de licence . Il demande aussi d’examiner les conséquences des partenariats public-privé pour la digitalisation des contenus, notamment sur la cession ou la conservation des droits, en soulignant que tout dépend des objectifs politiques poursuivis .
Des métadonnées précises, des identifiants normalisés et une couche sémantique robuste sont indispensables pour attribuer les œuvres et gérer les droits (Speaker 2)
Arg. 8Speaker 2 insiste sur le fait qu’une infrastructure informationnelle solide est indispensable pour faire fonctionner la numérisation à l’ère de l’IA. Les métadonnées, identifiants et couches sémantiques permettent d’identifier les auteurs, de garantir l’attribution et de gérer efficacement les droits associés.
Il affirme qu’il faut mettre en place une infrastructure robuste d’attribution et de gestion des droits, fondée sur une couche sémantique décrivant les œuvres et permettant d’identifier leurs auteurs . Il illustre cette exigence en citant plusieurs identifiants normalisés - ISBN, ISSN, DOI, ISAN, ISRC, ISWC - et mentionne des travaux de standardisation menés notamment par les bibliothèques nationales de Finlande et de Lettonie .
on: L’interopérabilité, les normes communes et la multiplication des canaux d’accès sont essentielles pour la découvrabilité et l’exploitation des contenus.
Les métadonnées peuvent aussi porter les conditions d’usage, de restriction ou d’ouverture des contenus numérisés (Speaker 2)
Arg. 9Speaker 2 explique que les métadonnées ne servent pas seulement à décrire des œuvres, mais aussi à encadrer leur circulation. Elles peuvent intégrer les finalités de la numérisation, les restrictions d’usage et les niveaux d’accessibilité, afin que ces règles soient lisibles et applicables par les machines.
Il répond à une question technique en disant qu’il est tout à fait possible d’inclure, dans la couche sémantique décrivant les objets numérisés, l’objectif de la numérisation et les conditions d’utilisation, qu’il s’agisse d’un accès large, restreint ou sensible . Il ajoute que des métadonnées extrêmement précises permettent de rendre ces objets visibles par la machine et exploitables conformément à la politique fixée par l’État .
on: L’interopérabilité, les normes communes et la multiplication des canaux d’accès sont essentielles pour la découvrabilité et l’exploitation des contenus.
Même des contenus jugés anodins ou peu valorisés peuvent avoir une forte valeur d’usage pour des systèmes d’IA spécialisés et pour des marchés de données ciblées (Speaker 2)
Arg. 10Speaker 2 répond à l’idée que certains contenus inexploités resteraient sans intérêt en montrant que leur valeur dépend fortement des usages. Des éléments apparemment banals ou commercialement peu visibles peuvent devenir très précieux pour entraîner des systèmes d’IA spécialisés ou servir des besoins documentaires de niche.
Il prend l’exemple d’une entreprise d’IA générative ayant besoin d’images d’hélicoptères en vol : pour corriger une faiblesse de son système, elle peut demander la constitution d’un jeu de données à partir de journaux télévisés, reportages, documentaires ou films, puis faire annoter ces images, ce qui « vaut très cher » . Il ajoute qu’une œuvre sans succès commercial n’est pas forcément sans valeur, citant la base française ReLIRE où l’on retrouve des ouvrages de niche et des autoréférences utiles pour des spécialistes .
on: La valeur des contenus inexploités est-elle principalement limitée par leur caractère marginal, ou au contraire révélée par des usages spécialisés de l’IA ?
Les sociétés à forte tradition orale, notamment africaines, ne doivent pas être exclues par une vision centrée sur des données déjà structurées (Speaker 3)
Arg. 1Speaker 3 rappelle que toutes les sociétés ne produisent pas leur mémoire sous forme de documents déjà organisés comme dans les bibliothèques. Une stratégie de numérisation centrée sur les seuls contenus structurés risquerait donc d’exclure des savoirs oraux, notamment africains, pourtant essentiels et pertinents.
Il souligne que les bibliothèques travaillent sur des données structurées, alors que dans certaines sociétés africaines l’information est d’abord orale, ce qui impose d’adapter les stratégies de numérisation pour éviter des exclusions . Il insiste aussi sur le fait qu’une information orale peut être extrêmement importante et pertinente même si elle ne repose sur aucun support déjà formalisé .
on: La diversité culturelle et linguistique, notamment francophone et africaine, doit être mieux représentée dans les corpus afin de limiter les biais de l’IA.
Sans stratégie de valorisation locale, certaines régions risquent de fournir la matière première culturelle tout en laissant à d’autres la captation de la valeur économique (Speaker 3)
Arg. 2Speaker 3 alerte sur un risque de reproduction des déséquilibres économiques déjà observés dans d’autres secteurs extractifs. Les régions qui produisent les savoirs pourraient devenir de simples fournisseuses de matière première culturelle, tandis que d’autres captureraient la valeur via la commercialisation et les usages de l’IA.
Il reformule le problème en disant qu’il faut éviter d’avoir des producteurs de contenus culturels qui deviennent uniquement des consommateurs de produits issus de leur propre patrimoine . Il fait explicitement le parallèle avec les matières premières en Afrique, en déclarant que l’IA pourrait reproduire la situation où l’on « produit, mais on est pauvre », cette fois avec les connaissances .
on: La priorité stratégique doit-elle aller d’abord à l’exploitation maximale des contenus pour l’IA, ou d’abord à la protection contre la captation externe de la valeur ?
Les stratégies de numérisation doivent intégrer l’oralité, les modes d’archivage transitoires et les coûts associés avant même la numérisation complète (Speaker 3)
Arg. 3Speaker 3 soutient qu’une stratégie réaliste doit commencer en amont de la numérisation elle-même. Il faut penser la collecte et l’archivage provisoire de l’oralité, les méthodes de conservation, les arbitrages de classification, ainsi que les coûts matériels et énergétiques que cela implique.
Il demande comment archiver les savoirs transmis oralement, par exemple lorsqu’on enregistre un ancien avec un dictaphone, et insiste sur la nécessité de penser une phase de transition entre collecte, archivage et numérisation . Il ajoute que la stratégie doit aussi prendre en compte les modes de conservation, les arbitrages sur ce qui est souverain ou partageable, ainsi que les coûts liés aux serveurs, au stockage, aux data centers et même au manque d’électricité .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
on: La réponse principale aux lacunes des corpus doit-elle être patrimoniale et institutionnelle, ou d’abord adaptée aux formes orales et non structurées des savoirs ?
Le coût énergétique, le stockage, les serveurs et l’absence d’infrastructures comme l’électricité compliquent les stratégies de numérisation à grande échelle (Speaker 3)
Arg. 4Speaker 3 rappelle que la numérisation n’est pas qu’un projet culturel ou technique : elle dépend d’infrastructures matérielles lourdes. Dans des contextes où l’énergie et les équipements de base manquent, le passage massif au numérique pose des contraintes financières et environnementales majeures.
Il affirme que le grand problème est le financement, car la numérisation coûte cher et suppose des serveurs, des centres de données et des capacités de stockage . Il ajoute que, dans certains contextes, l’absence même d’électricité rend ces stratégies difficiles et invite à réfléchir à ce qui est soutenable pour la planète si tout le monde se numérise .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
Sans numérisation des patrimoines locaux, l’histoire et la culture risquent d’être déformées ou invisibilisées dans les outils d’IA (Speaker 5)
Arg. 1Speaker 5 met en garde contre une future falsification ou déformation des récits historiques si les patrimoines locaux, en particulier ceux transmis oralement, ne sont pas numérisés. Sans ce travail, les outils d’IA risquent de restituer des versions incomplètes, traduites ou dénaturées de références culturelles importantes.
Elle donne l’exemple du Sénégal et imagine qu’un héros national pourrait un jour être restitué par l’IA dans une forme dégradée ou francisée, simplement parce que la transmission orale n’aurait pas été numérisée et rendue exploitable . Elle ajoute que, si l’on interroge des systèmes sur des informations non numérisées, on risque de se retrouver avec une falsification de l’histoire .
on: La diversité culturelle et linguistique, notamment francophone et africaine, doit être mieux représentée dans les corpus afin de limiter les biais de l’IA.
La fiabilisation des savoirs oraux et leur structuration sont essentielles pour qu’ils puissent être transmis correctement dans l’environnement numérique et l’IA (Speaker 5)
Arg. 2Speaker 5 estime que la simple collecte des savoirs oraux ne suffit pas : ils doivent être structurés et fiabilisés pour être correctement transmis à l’ère numérique. Cette structuration est, selon elle, une condition pour préserver l’appartenance culturelle et garantir des usages fiables dans l’IA.
Elle insiste sur le fait qu’il faut numériser et structurer le patrimoine, en particulier en Afrique où beaucoup d’informations restent orales, afin que chacun puisse savoir ce qui lui appartient culturellement dans la diversité . Elle pose explicitement la question de savoir à quel moment une information est suffisamment fiable pour être mise à disposition de tous, ce qui fait de la fiabilisation un élément central de la stratégie .
on: La qualité, la fiabilité, la structuration et les métadonnées des contenus numérisés sont aussi importantes que la numérisation elle-même.
La propriété intellectuelle peut contribuer à fiabiliser les contenus et à encadrer leur circulation dès la conception de la stratégie (Speaker 5)
Arg. 3Speaker 5 présente la propriété intellectuelle comme un outil de fiabilisation et de cadrage des contenus numérisés. L’intégrer tôt dans la stratégie permettrait de mieux sécuriser la circulation des savoirs et de renforcer leur crédibilité dans les environnements numériques.
Elle souligne l’importance de pouvoir aussi s’appuyer sur la propriété intellectuelle, qu’elle associe à une forme de fiabilisation des informations . Elle affirme que si cet aspect est intégré très tôt dans la stratégie, il pourrait aider à mieux encadrer et sécuriser les contenus .
on: La numérisation doit être articulée avec le respect des droits, la confiance des ayants droit et des communautés, et une gouvernance claire des usages.
Il faut identifier des priorités concrètes de numérisation pour réduire les biais des contenus en ligne et passer à l’action (Speaker 6)
Arg. 1Speaker 6 demande comment traduire les préoccupations sur les biais informationnels en priorités opérationnelles de numérisation. Son intervention insiste sur la nécessité d’un plan d’action, de recommandations, de normes et d’un engagement politique et financier pour que les objectifs deviennent effectifs.
Speaker 6 demande s’il existe des priorités déjà identifiées dans les bibliothèques et dans la classification des données, avec des recommandations pour numériser certaines catégories d’informations . Elle souligne aussi que sans plan d’action, financements, priorités politiques nationales et forte mobilisation, il sera difficile d’atteindre l’objectif de réduction des biais dans les contenus en ligne .
on: Les priorités de numérisation doivent être définies, financées et soutenues par des capacités institutionnelles et des infrastructures adaptées.
Une part des contenus restera de toute façon inexploitable ou non exploitée, car tout ne peut pas être traité ni rendu accessible, entre contraintes humaines, juridiques et matérielles (Speaker 4)
Arg. 1Speaker 4 adopte une position plus sceptique et rappelle qu’il existe un écart irréductible entre l’idéal encyclopédique d’un accès total aux contenus et les contraintes du monde réel. Selon lui, de nombreux contenus resteront inexploités, soit pour des raisons légitimes, soit parce qu’aucune institution ne peut matériellement tout traiter ni tout ouvrir.
Il propose la fiction d’un « martien » venant dans mille ans pour écrire l’histoire de la Terre et voulant consulter une masse quasi infinie d’archives, de conversations, de tickets, de courriers privés, de fonds invendus, de photos et de vidéos, afin de montrer l’ampleur des contenus potentiellement inexploités . Il conclut que ces contenus le restent en partie pour des raisons légitimes aujourd’hui et qu’on ne peut pas attendre des bibliothèques et des législateurs qu’ils travaillent en fonction d’un tel idéal totalisant .
on: La valeur des contenus inexploités est-elle principalement limitée par leur caractère marginal, ou au contraire révélée par des usages spécialisés de l’IA ?
Graphe de connaissances de la session
Intervenants · Sujets · Arguments · Relations
Le modérateur pose comme question centrale la transformation de contenus dormants en ressources utiles, fiables et gouvernées pour l’IA . Speaker 1 soutient que les données du web accessible arrivent à saturation alors qu’une masse de contenus patrimoniaux reste hors ligne, avec seulement 10 % de contenus numérisés dans son institution . Speaker 2 ajoute que l’IA a aussi besoin d’œuvres récentes et contemporaines, pas seulement du domaine public ancien . Speaker 5 avertit que, sans numérisation des patrimoines locaux, l’IA risque de déformer l’histoire et la culture . Speaker 6 demande enfin des priorités opérationnelles de numérisation pour corriger ces biais et passer à l’action .
Contenus dormants à rendre exploitables pour l’IA, avec exigence de fiabilité, de gouvernance et de respect des droits (Moderator)
Le web accessible arrive à saturation, alors qu’une grande masse de contenus patrimoniaux reste hors ligne ; leur numérisation est nécessaire pour nourrir l’IA (Speaker 1)
Les œuvres du XXe siècle et les contenus contemporains sont aussi nécessaires à l’IA, pas seulement les œuvres anciennes du domaine public (Speaker 2)
Sans numérisation des patrimoines locaux, l’histoire et la culture risquent d’être déformées ou invisibilisées dans les outils d’IA (Speaker 5)
Il faut identifier des priorités concrètes de numérisation pour réduire les biais des contenus en ligne et passer à l’action (Speaker 6)
Le modérateur insiste d’emblée sur l’utilité, la fiabilité, la gouvernance et la qualité des données . Speaker 1 explique que la numérisation patrimoniale ne doit pas se limiter à un fac-similé, mais produire des données contextualisées, fiables et structurées, ainsi que du plein texte exploitable par les machines . Speaker 2 rejoint ce point en soulignant la nécessité d’une couche sémantique robuste, d’identifiants normalisés et de métadonnées précises pour l’attribution, la gestion des droits et la définition des conditions d’usage . Speaker 5 insiste également sur la structuration et la fiabilisation des savoirs, notamment oraux, avant leur mise à disposition .
Contenus dormants à rendre exploitables pour l’IA, avec exigence de fiabilité, de gouvernance et de respect des droits (Moderator)
Numériser ne suffit pas : il faut produire des données patrimoniales contextualisées, fiables et structurées, pas seulement des images numériques (Speaker 1)
La qualité de la capture, du contrôle, de l’OCR, du plein texte et de la structuration conditionne l’exploitabilité réelle des contenus par les machines (Speaker 1)
Des métadonnées précises, des identifiants normalisés et une couche sémantique robuste sont indispensables pour attribuer les œuvres et gérer les droits (Speaker 2)
Les métadonnées peuvent aussi porter les conditions d’usage, de restriction ou d’ouverture des contenus numérisés (Speaker 2)
La fiabilisation des savoirs oraux et leur structuration sont essentielles pour qu’ils puissent être transmis correctement dans l’environnement numérique et l’IA (Speaker 5)
Le modérateur recentre la discussion sur l’espace francophone en demandant quels contenus prioriser et s’il faut construire un corpus francophone commun ou une fédération de communs . Speaker 1 affirme que la faible représentativité de certaines langues et cultures introduit des biais et que la francophonie a un rôle particulier à jouer pour éviter l’invisibilisation de ses savoirs et imaginaires . Speaker 3 rappelle que les sociétés à forte tradition orale, notamment africaines, risquent d’être exclues si l’on se concentre seulement sur des données déjà structurées . Speaker 5 met en garde contre la falsification ou la dégradation de patrimoines culturels non numérisés . Speaker 6 relie directement la question des priorités de numérisation à la réduction des biais dans les contenus en ligne .
Dans l’espace francophone, il faut définir des critères de priorisation et éventuellement construire des corpus communs ou une fédération de communs (Moderator)
La qualité des données compte autant que leur quantité ; sinon l’IA reproduit des biais culturels, linguistiques et historiques (Speaker 1)
La francophonie a un rôle particulier à jouer pour garantir la représentation de cultures, langues et imaginaires pluriels dans l’IA (Speaker 1)
Les sociétés à forte tradition orale, notamment africaines, ne doivent pas être exclues par une vision centrée sur des données déjà structurées (Speaker 3)
Sans numérisation des patrimoines locaux, l’histoire et la culture risquent d’être déformées ou invisibilisées dans les outils d’IA (Speaker 5)
Il faut identifier des priorités concrètes de numérisation pour réduire les biais des contenus en ligne et passer à l’action (Speaker 6)
Ce point est fortement étayé par des travaux antérieurs sur la pluralité linguistique en ligne, qui insistent sur la nécessité de méthodes rigoureuses pour mesurer la place réelle des langues et améliorer la découvrabilité des contenus francophones [S29]. Il s’inscrit aussi dans une perspective plus large de diplomatie numérique africaine appelant à une participation accrue de l’Afrique à la gouvernance numérique mondiale afin que ses intérêts et représentations soient mieux pris en compte [S26].
Le modérateur inclut explicitement les droits des auteurs et la gouvernance des contenus dans la problématique centrale . Speaker 2 développe longuement l’idée qu’il faut concilier préservation, accès et droit d’auteur au moyen d’exceptions équilibrées, tout en distinguant clairement accès, mise en ligne et entraînement de l’IA . Il insiste aussi sur la nécessité de créer la confiance avec les communautés détentrices de savoirs oraux et d’encadrer les usages futurs . Speaker 5 converge en présentant la propriété intellectuelle comme un outil de fiabilisation et de sécurisation précoce des contenus .
Contenus dormants à rendre exploitables pour l’IA, avec exigence de fiabilité, de gouvernance et de respect des droits (Moderator)
Il faut concilier accès du public, préservation patrimoniale et respect des droits des auteurs à travers des limitations et exceptions équilibrées (Speaker 2)
L’accès à un contenu numérisé, sa mise en ligne et son usage comme donnée d’entraînement pour l’IA sont trois situations juridiquement distinctes (Speaker 2)
Les contenus oraux et les savoirs communautaires doivent être numérisés avec l’accord des communautés et avec des garanties sur les usages futurs (Speaker 2)
Des usages commerciaux non consentis de contenus culturels enregistrés montrent le risque de perte de contrôle et la nécessité d’un cadre de confiance (Speaker 2)
La propriété intellectuelle peut contribuer à fiabiliser les contenus et à encadrer leur circulation dès la conception de la stratégie (Speaker 5)
Le modérateur demande explicitement des critères de priorisation dans l’espace francophone . Speaker 1 soutient que la numérisation relève de l’intérêt général, doit être financée publiquement et prioriser les patrimoines fragiles ou menacés, comme les bandes magnétiques, la presse, les documents uniques et les manuscrits . Il ajoute que les institutions doivent renforcer leur maturité numérique pour mieux choisir équipements, infrastructures et partenaires . Speaker 3 souligne pour sa part les coûts matériels, énergétiques et d’archivage, ainsi que les contraintes d’électricité et de stockage . Speaker 6 insiste sur la nécessité d’un plan d’action, de financements et de priorités politiques nationales pour rendre ces objectifs effectifs .
Dans l’espace francophone, il faut définir des critères de priorisation et éventuellement construire des corpus communs ou une fédération de communs (Moderator)
Les moyens publics doivent financer la numérisation, car elle relève de l’intérêt général et de politiques d’accès au savoir (Speaker 1)
Les priorités doivent aller vers les patrimoines fragiles ou menacés : bandes magnétiques, presse, documents uniques, manuscrits et sources orales enregistrées (Speaker 1)
Il faut renforcer la maturité numérique des institutions pour qu’elles puissent choisir leurs équipements, partenaires et infrastructures sans dépendance excessive (Speaker 1)
L’IA peut servir d’argument politique pour relancer le financement de la numérisation patrimoniale, mais cela exige des priorités publiques claires (Speaker 1)
Les stratégies de numérisation doivent intégrer l’oralité, les modes d’archivage transitoires et les coûts associés avant même la numérisation complète (Speaker 3)
Le coût énergétique, le stockage, les serveurs et l’absence d’infrastructures comme l’électricité compliquent les stratégies de numérisation à grande échelle (Speaker 3)
Il faut identifier des priorités concrètes de numérisation pour réduire les biais des contenus en ligne et passer à l’action (Speaker 6)
Ce constat rejoint le cadrage des politiques de diplomatie numérique africaine, qui soulignent la nécessité de mobiliser des ressources humaines et institutionnelles pour permettre un engagement effectif dans le numérique [S26]. Il est également cohérent avec les analyses de gouvernance numérique selon lesquelles la transformation numérique exige une intégration structurelle et des capacités organisationnelles durables, et pas seulement des initiatives ponctuelles [S27].
Le modérateur souligne, en reformulant l’intervention de Speaker 1, qu’il ne suffit pas de numériser : les contenus doivent être exploitables et interopérables . Speaker 1 insiste sur l’harmonisation des pratiques, les normes partagées, l’interopérabilité et la multiplication des canaux de diffusion pour améliorer l’accès et la visibilité des contenus . Speaker 2 rejoint cette approche en mettant l’accent sur des métadonnées précises, des identifiants et une couche sémantique robuste, y compris pour porter les conditions d’usage .
Numériser ne suffit pas : il faut produire des données patrimoniales contextualisées, fiables et structurées, pas seulement des images numériques (Speaker 1)
L’interopérabilité, les normes communes et la multiplication des canaux de diffusion renforcent l’accès, la visibilité et l’autonomie des institutions (Speaker 1)
Des métadonnées précises, des identifiants normalisés et une couche sémantique robuste sont indispensables pour attribuer les œuvres et gérer les droits (Speaker 2)
Les métadonnées peuvent aussi porter les conditions d’usage, de restriction ou d’ouverture des contenus numérisés (Speaker 2)
Ce point fait écho aux débats antérieurs sur la découvrabilité, où la question des cadres méthodologiques, des indicateurs et de l’accès aux données des plateformes est déjà posée comme condition d’une visibilité effective des contenus [S29]. Il s’inscrit aussi dans un contexte international où les règles sur les flux de données, la régulation du numérique et les cadres communs deviennent des enjeux centraux de gouvernance [S28].
Les deux intervenants lient directement l’absence de numérisation ou la mauvaise représentation des contenus culturels à des biais ou déformations dans les systèmes d’IA. Speaker 1 parle d’un biais de diversité, de perspective et de diachronie quand seules certaines cultures dominent les données . Speaker 5 prolonge cette idée en avertissant qu’un patrimoine non numérisé peut conduire à une falsification de l’histoire ou à une version dégradée de références nationales . Speaker 2 et Speaker 5 convergent sur le fait que les savoirs oraux et culturels ne doivent pas être numérisés sans cadre de droits et de contrôle. Speaker 2 insiste sur l’accord des communautés, la protection du folklore et la maîtrise des usages futurs . Speaker 5 estime de son côté que la propriété intellectuelle doit être intégrée très tôt pour fiabiliser et encadrer la circulation des contenus . Les deux experts partagent une vision très proche d’une numérisation "de qualité" fondée sur la structuration des données. Speaker 1 met l’accent sur la contextualisation, la fiabilité, le plein texte et la transformation des collections en données exploitables par les machines . Speaker 2 complète avec la nécessité de métadonnées riches, d’identifiants normalisés et d’une couche sémantique permettant attribution et gestion des droits . Ces interventions convergent sur la nécessité de passer d’un débat général à des choix stratégiques concrets. Speaker 3 demande de penser les types d’information, l’archivage, la conservation et les coûts avant la numérisation . Speaker 6 réclame des priorités identifiées, des recommandations, des financements et un plan d’action . Le modérateur formule la même exigence sous l’angle des critères de priorisation et de la coopération francophone . Speaker 1 et Speaker 3 relient tous deux la numérisation à la souveraineté culturelle. Speaker 1 souligne l’enjeu de représentativité des langues, cultures et imaginaires francophones dans l’IA . Speaker 3 pousse l’argument en alertant sur le risque que des sociétés, notamment africaines, fournissent la matière première culturelle sans capter la valeur générée .
Ce consensus est inattendu car il inclut même le participant le plus sceptique. Speaker 4 défend l’idée qu’on ne pourra jamais tout traiter, mais précise qu’il ne juge pas ces contenus sans intérêt, au contraire . Speaker 2 montre concrètement qu’un contenu apparemment banal peut avoir une grande valeur d’usage pour un système d’IA spécialisé, comme des images d’hélicoptères en vol . Speaker 1 et Speaker 3 insistent sur la valeur patrimoniale des documents fragiles et des savoirs oraux . Speaker 5 relie enfin cette valeur à la préservation de l’histoire et de l’identité culturelle .
Même si leurs angles diffèrent, les intervenants convergent sur la nécessité de créer la confiance. Le modérateur pose un cadre fondé sur la fiabilité, la gouvernance et le respect des droits . Speaker 2 fait de la confiance un objectif explicite de toute stratégie vis-à-vis des ayants droit et des communautés . Speaker 1 affirme lui aussi qu’il n’y a pas d’IA possible sans confiance et que les institutions patrimoniales doivent contribuer à un écosystème ouvert et fiable .
Le principal terrain d’accord porte sur le fait que la numérisation du patrimoine et des contenus encore hors ligne est devenue stratégique pour l’IA, à condition qu’elle produise des données fiables, structurées, interopérables et juridiquement encadrées . Il existe aussi un accord fort sur la nécessité de mieux représenter la diversité culturelle, linguistique et orale, notamment francophone et africaine, afin de limiter les biais de l’IA . Enfin, plusieurs intervenants convergent sur l’importance des priorités, des financements publics, des capacités institutionnelles et de la confiance pour rendre ces objectifs réalisables .
Speaker 4 soutient qu’il existe un écart irréductible entre l’idéal d’un accès total aux contenus et les contraintes réelles : même pour un observateur futur fictif, une masse immense d’archives et de traces restera non exploitée, et il n’est ni réaliste ni souhaitable d’attendre des bibliothèques et des législateurs qu’ils visent cet encyclopédisme total . Speaker 1 répond qu’au vu des usages déjà installés des IA génératives, la question n’est plus de savoir s’il faut ou non entrer dans cette logique, mais de faire en sorte que les données d’entraînement soient aussi complètes et fiables que possible, y compris en ouvrant davantage les bibliothèques et autres corpus aujourd’hui sous-exploités .
Face à l’infobésité et à l’usage croissant des IA génératives, il vaut mieux améliorer la qualité et l’exhaustivité des données disponibles plutôt que rester à l’écart (Speaker 1)
Une part des contenus restera de toute façon inexploitable ou non exploitée, car tout ne peut pas être traité ni rendu accessible, entre contraintes humaines, juridiques et matérielles (Speaker 4)
Ce désaccord est éclairé par des discussions antérieures sur la tension entre mise en ligne, découvrabilité et préservation du sens des contenus. Dans l’atelier sur la diversité culturelle et linguistique en IA, il est rappelé que les cultures débordent les logiques de classement et que tout contenu n’est pas nécessairement réductible à une exploitation standardisée par l’IA [S30]. En parallèle, les débats de gouvernance numérique mondiale montrent que l’extension des usages des données doit être pensée dans des cadres politiques plus larges et non comme une finalité automatique [S27].
Speaker 4 met l’accent sur l’immensité des contenus potentiellement inexploités et sur le fait que beaucoup le resteront pour des raisons légitimes et pratiques . Speaker 2 conteste implicitement l’idée que ces contenus seraient de faible intérêt en montrant qu’un contenu apparemment banal ou peu valorisé peut acquérir une forte valeur sur des marchés de données spécialisés, par exemple pour entraîner des systèmes visuels à reconnaître des hélicoptères en vol, ou pour des usages savants de niche .
Une part des contenus restera de toute façon inexploitable ou non exploitée, car tout ne peut pas être traité ni rendu accessible, entre contraintes humaines, juridiques et matérielles (Speaker 4)
Même des contenus jugés anodins ou peu valorisés peuvent avoir une forte valeur d’usage pour des systèmes d’IA spécialisés et pour des marchés de données ciblées (Speaker 2)
Speaker 1 insiste sur l’intérêt de numériser massivement des contenus patrimoniaux pour qu’ils puissent nourrir l’IA, en faisant de cette numérisation un enjeu de souveraineté et d’accès au savoir . Speaker 3 déplace la focale vers le risque économique et géopolitique : si des régions comme l’Afrique numérisent sans stratégie de valorisation locale, elles pourraient simplement fournir la matière première culturelle pendant que d’autres capteraient la valeur économique, reproduisant une logique extractive déjà connue .
La numérisation patrimoniale est un enjeu de souveraineté, car les données culturelles deviennent une matière première stratégique de l’IA (Speaker 1)
Sans stratégie de valorisation locale, certaines régions risquent de fournir la matière première culturelle tout en laissant à d’autres la captation de la valeur économique (Speaker 3)
Cette opposition rejoint des préoccupations explicites sur la souveraineté numérique, la concentration du pouvoir numérique et la répartition inégale de la valeur créée par l’économie numérique [S28]. Elle est également cohérente avec l’appel à renforcer une diplomatie numérique africaine capable de défendre les intérêts nationaux et continentaux face aux réalités géopolitiques et aux asymétries de pouvoir dans la gouvernance mondiale du numérique [S26].
Speaker 1 développe surtout une approche centrée sur les institutions patrimoniales, les collections, les métadonnées, la qualité de capture, l’OCR et la transformation des collections en données structurées exploitables par des machines . Speaker 3 souligne que cette approche risque de rester trop proche de logiques documentaires déjà structurées et rappelle que, dans certaines sociétés, l’information est d’abord orale ; il faut donc penser en amont la collecte, l’archivage transitoire, la classification et les coûts spécifiques de cette oralité .
Numériser ne suffit pas : il faut produire des données patrimoniales contextualisées, fiables et structurées, pas seulement des images numériques (Speaker 1)
Les stratégies de numérisation doivent intégrer l’oralité, les modes d’archivage transitoires et les coûts associés avant même la numérisation complète (Speaker 3)
Ce désaccord est directement enrichi par les réflexions sur les musées, les bibliothèques vivantes et les savoirs oraux, qui contestent une vision purement institutionnelle ou classificatoire du patrimoine numérisé [S30]. La source souligne que les objets culturels et les savoirs vivent dans des contextes linguistiques, rituels et sociaux qui ne se laissent pas aisément convertir en corpus standards pour l’IA [S30].
Le désaccord est inattendu parce que Speaker 4 précise lui-même qu’il n’a jamais dit que ces contenus étaient sans intérêt . Son point est plutôt qu’on ne pourra jamais tout traiter ni tout ouvrir . Speaker 2 répond cependant en montrant que des contenus très spécifiques ou apparemment triviaux peuvent devenir économiquement et techniquement très précieux pour l’IA . Le décalage porte donc moins sur la valeur intrinsèque des contenus que sur la faisabilité et les logiques d’exploitation.
L’échange part d’un accord apparent sur la nécessité de numériser les patrimoines, mais Speaker 3 introduit un angle inattendu : celui de la reproduction, dans l’IA, d’un schéma comparable à celui des matières premières, où les détenteurs de ressources culturelles resteraient pauvres tandis que d’autres industrialiseraient et commercialiseraient la valeur . Speaker 1 parlait bien de souveraineté et d’actifs stratégiques , mais surtout sous l’angle de la représentation culturelle et de l’accès. Speaker 3 révèle ainsi un clivage inattendu entre souveraineté culturelle et souveraineté économique.
Les désaccords portent surtout sur quatre lignes de fracture : l’ambition réaliste de la numérisation face à l’idéal encyclopédique ; la valeur et l’exploitabilité des contenus marginaux ; la place respective de l’urgence patrimoniale, des savoirs oraux et des droits des communautés ; enfin, le partage de la valeur entre intérêt général, souveraineté culturelle et marchés de données .
Les deux intervenants s’accordent sur le fait que l’IA a besoin d’un élargissement de ses bases documentaires. Speaker 1 insiste sur l’énorme masse de contenus patrimoniaux encore absents du web et sur la nécessité de les numériser . Speaker 2 partage l’objectif d’enrichir les données utiles à l’IA, mais il estime qu’il faut inclure aussi des œuvres récentes et contemporaines couvertes par le droit d’auteur, et non seulement des corpus patrimoniaux anciens ou du domaine public . Ils convergent donc sur le besoin d’élargir les corpus, mais divergent sur le périmètre prioritaire et sur le poids de la contrainte juridique .
Le web accessible arrive à saturation, alors qu’une grande masse de contenus patrimoniaux reste hors ligne ; leur numérisation est nécessaire pour nourrir l’IA (Speaker 1) Les œuvres du XXe siècle et les contenus contemporains sont aussi nécessaires à l’IA, pas seulement les œuvres anciennes du domaine public (Speaker 2)
Tous reconnaissent l’importance de préserver et de rendre visibles les savoirs oraux et fragiles. Speaker 1 classe parmi les priorités les sources sonores, les bandes magnétiques et les documents uniques . Speaker 3 insiste sur le fait que les sociétés à tradition orale ne doivent pas être exclues d’une stratégie de numérisation pensée à partir de bibliothèques et de données structurées . Speaker 5 insiste sur la structuration et la fiabilisation de ces savoirs pour éviter la falsification ou l’invisibilisation culturelle . Speaker 2 ajoute une condition forte : cette numérisation ne doit pas se faire sans accord des communautés ni sans garanties sur les usages futurs . Ils partagent donc le même objectif de préservation et de visibilité, mais divergent sur la méthode prioritaire : urgence patrimoniale, structuration, ou gouvernance par consentement et contrôle des usages .
Les priorités doivent aller vers les patrimoines fragiles ou menacés : bandes magnétiques, presse, documents uniques, manuscrits et sources orales enregistrées (Speaker 1) Les sociétés à forte tradition orale, notamment africaines, ne doivent pas être exclues par une vision centrée sur des données déjà structurées (Speaker 3) La fiabilisation des savoirs oraux et leur structuration sont essentielles pour qu’ils puissent être transmis correctement dans l’environnement numérique et l’IA (Speaker 5) Les contenus oraux et les savoirs communautaires doivent être numérisés avec l’accord des communautés et avec des garanties sur les usages futurs (Speaker 2)
Les trois interventions convergent sur la nécessité de normes, de structuration et d’un cadre opérationnel. Speaker 1 met l’accent sur l’harmonisation des pratiques, l’interopérabilité et la multiplication des portails pour améliorer la visibilité et l’accès . Speaker 2 insiste sur une couche sémantique robuste, les identifiants et les métadonnées permettant aussi la gestion des droits . Speaker 6 pousse la discussion vers l’action en demandant s’il existe déjà des priorités, des recommandations et un plan concret de numérisation pour réduire les biais . L’accord porte sur le besoin de structuration et de normes ; la divergence porte sur le niveau d’avancement et sur ce qui doit être mis en place en premier : standards techniques, gestion des droits, ou plan politique et financier .
L’interopérabilité, les normes communes et la multiplication des canaux de diffusion renforcent l’accès, la visibilité et l’autonomie des institutions (Speaker 1) Des métadonnées précises, des identifiants normalisés et une couche sémantique robuste sont indispensables pour attribuer les œuvres et gérer les droits (Speaker 2) Il faut identifier des priorités concrètes de numérisation pour réduire les biais des contenus en ligne et passer à l’action (Speaker 6)
Speaker 1 et Speaker 2 s’accordent sur le fait que la numérisation a une dimension stratégique et qu’elle ne peut pas être pensée hors de ses modèles économiques. Speaker 1 souligne la responsabilité des États et du financement public pour protéger, préserver et valoriser le patrimoine commun . Speaker 2 admet aussi l’importance des choix de politique publique, mais insiste davantage sur les licences, la rémunération, la gestion collective et les partenariats public-privé comme leviers possibles de valorisation et de partage de la valeur . Ils partagent donc le même objectif de soutenabilité économique, mais divergent sur l’équilibre entre financement public d’intérêt général et mécanismes marchands ou contractuels .
Les moyens publics doivent financer la numérisation, car elle relève de l’intérêt général et de politiques d’accès au savoir (Speaker 1) Il faut réfléchir au partage de la valeur entre créateurs, institutions patrimoniales et entreprises d’IA, notamment dans les partenariats public-privé (Speaker 2)
- La discussion conclut que la numérisation du patrimoine est une condition préalable pour disposer d’une IA utile, fiable, gouvernée et représentative des diversités culturelles, linguistiques et historiques.
- Les intervenants ont souligné que le web accessible approche une forme de saturation, alors qu’une masse très importante de contenus patrimoniaux, documentaires et oraux reste encore hors ligne et donc absente des systèmes d’IA.
- La quantité de données ne suffit pas : la qualité, la fiabilité, la contextualisation, la structuration et l’interopérabilité des contenus numérisés sont essentielles pour éviter les biais et permettre un usage réel par les machines.
- La francophonie est présentée comme un espace stratégique pour défendre la souveraineté culturelle et la représentativité de langues, imaginaires et savoirs pluriels dans l’IA.
- Les sociétés de tradition orale, notamment en Afrique, ne doivent pas être exclues des stratégies de numérisation ; l’oralité, les archives transitoires et les savoirs communautaires doivent être intégrés dès la conception des politiques.
- La numérisation ne doit pas se limiter à produire des images : il faut aussi du plein texte de qualité, des métadonnées riches, des identifiants normalisés et une couche sémantique robuste pour l’attribution, la gestion des droits et l’exploitation par l’IA.
- Le droit d’auteur, les exceptions et limitations, les licences et les conditions d’accès doivent être pensés en amont, en distinguant clairement préservation, accès au public, mise en ligne et usage des contenus comme données d’entraînement pour l’IA.
- Les contenus contemporains et les œuvres du XXe siècle sont également nécessaires pour l’IA ; le domaine public seul ne suffit pas à constituer des corpus pertinents.
- La confiance des ayants droit et des communautés est apparue comme une condition centrale : la transparence sur les objectifs, les usages et les restrictions est indispensable, en particulier pour les patrimoines sensibles ou oraux.
- La discussion a mis en avant que même des contenus apparemment marginaux ou peu valorisés peuvent avoir une forte valeur d’usage pour des IA spécialisées, ce qui renforce l’enjeu de partage de la valeur et de gouvernance des partenariats.
- Les priorités de numérisation devraient porter en premier lieu sur les patrimoines fragiles ou menacés, tels que bandes magnétiques, presse, documents uniques, manuscrits et sources orales déjà enregistrées.
- Le financement public, la montée en maturité numérique des institutions patrimoniales et la maîtrise des infrastructures, normes et marchés publics sont considérés comme des leviers indispensables pour éviter une dépendance excessive envers des acteurs privés.
“« Il n’y a pas d’IA sans numérisation » et les données patrimoniales ne sont plus seulement la mémoire du passé, mais « la matière première de notre avenir ».”
“La numérisation du patrimoine n’est pas une simple opération technique : il ne suffit pas d’avoir « de belles images », il faut des données contextualisées, fiables, du plein texte de qualité et des collections transformées en données structurées exploitables par les machines.”
“Il faut distinguer plusieurs choses : accès pour les chercheurs, mise en ligne sur Internet, recherche dans le texte sans accès intégral, et utilisation comme données d’entraînement pour l’IA ; « rendre accessible ne veut pas dire gratuit ».”
“Sur les contenus oraux et les savoirs locaux, il faut penser la stratégie autrement : « on n’a pas tous uniformes dans la manière d’aller vers la numérisation » ; beaucoup de savoirs, notamment en Afrique, sont oraux, non structurés, et risquent d’être exclus.”
“La stratégie doit aussi définir ce qui est « souverain », ce qui peut être partagé ou non, afin d’anticiper la régulation au lieu de courir derrière elle.”
“Le scénario du « martien dans mille ans » qui voudrait écrire l’histoire de la Terre à partir de tous les contenus inexploités, y compris les conversations téléphoniques, tickets de caisse, vidéos, courriers privés et fonds invendus.”
“« Beaucoup de gens ont commencé déjà aujourd’hui à ne plus utiliser les moteurs de recherche » au profit d’outils d’IA générative ; dès lors, il vaut mieux que ces systèmes soient entraînés sur des données « les plus complètes possibles et les plus fiables possible ».”
“L’exemple du chant religieux kanak enregistré à des fins non lucratives puis réutilisé commercialement sans créditer la communauté d’origine.”
“Même des contenus apparemment anodins ont de la valeur pour l’IA : pour entraîner un système à générer correctement « le vol des hélicoptères », il faut collecter et annoter des images issues de journaux télévisés, reportages, films, documentaires.”
“« La connaissance risque aussi dans l’IA d’avoir les mêmes trucs qu’on a eus avec les matières primaires. On produit, mais on est pauvre. »”
“L’exemple sénégalais : sans numérisation des transmissions orales, on risque de se retrouver demain avec une histoire ou des héros nationaux restitués de manière falsifiée, par exemple « en français », parce que les sources locales n’auront pas été structurées et intégrées.”
“La priorité, selon Speaker 1, est d’abord de « refaire l’inventaire », savoir ce qui existe, ce qui risque de disparaître, puis de prioriser le patrimoine fragile, unique ou menacé, notamment les bandes magnétiques, la presse, les manuscrits et les documents dont les institutions sont les seules détentrices.”
“Il faut « créer la confiance », assurer la transparence des objectifs et mettre en place une « couche sémantique » robuste avec identifiants et métadonnées pour gérer les droits, les usages autorisés et la visibilité machine des contenus.”
Comment intégrer les savoirs oraux et les contenus non structurés dans une stratégie de numérisation et d’IA, sans exclure des sociétés où la transmission est principalement orale ?
Cette question est importante pour éviter que des patrimoines entiers, notamment africains et autochtones, restent invisibles dans les corpus numériques et dans les systèmes d’IA. Elle touche à la diversité culturelle, à l’inclusion et à la représentativité des données.
Quelles méthodes d’archivage intermédiaire faut-il mettre en place avant la numérisation des contenus oraux ou fragiles ?
Avant la numérisation, il faut savoir comment collecter, conserver et documenter des contenus parfois uniques et vulnérables. C’est un préalable essentiel pour éviter la perte de connaissances avant même leur traitement numérique.
Comment définir, dans une stratégie de numérisation, ce qui relève de la souveraineté informationnelle et ce qui peut être partagé publiquement ?
La distinction entre contenus souverains, publics ou restreints est centrale pour anticiper la régulation, protéger les intérêts culturels et organiser les conditions d’accès et de réutilisation, notamment dans l’espace francophone.
Comment financer durablement la numérisation, le stockage, les infrastructures et l’énergie nécessaires, tout en tenant compte des contraintes environnementales ?
Le coût de la numérisation et de son infrastructure est un obstacle majeur, surtout dans des contextes où les ressources matérielles et énergétiques sont limitées. Cette question conditionne la faisabilité réelle des politiques proposées.
Où placer le curseur entre l’ambition encyclopédique d’exploiter tous les contenus possibles et les limites pratiques, juridiques et sociales de cette ambition ?
Cette question interroge les finalités mêmes de la numérisation et de l’IA : tout conserver et tout exploiter n’est ni simple ni nécessairement souhaitable. Elle oblige à réfléchir aux critères de sélection, aux usages et aux arbitrages.
Comment éviter que les pays ou communautés qui produisent les contenus deviennent seulement des fournisseurs de matière première, tandis que d’autres captent la valeur économique de l’IA ?
Cette question porte sur le partage de la valeur, la justice économique et l’asymétrie entre producteurs de savoirs et entreprises technologiques. Elle est cruciale pour éviter une reproduction des inégalités déjà observées avec les matières premières.
Comment créer la confiance des communautés locales, peuples autochtones, minorités linguistiques et ayants droit dans les dispositifs de numérisation et d’usage par l’IA ?
Sans confiance, les détenteurs de savoirs ou de droits peuvent refuser la numérisation ou l’ouverture de leurs contenus. La question est déterminante pour permettre des politiques durables, éthiques et acceptées.
Quels usages précis doivent être autorisés après numérisation : préservation, accès scientifique, diffusion publique, recherche textuelle, entraînement d’IA, ou autres ?
La clarification des usages est nécessaire pour définir un cadre juridique et technique adapté. Tous les usages ne soulèvent pas les mêmes enjeux de droit d’auteur, de consentement, d’accès ou de rémunération.
Comment signaler techniquement, dans les métadonnées et la couche sémantique, les conditions d’utilisation, restrictions d’accès et objectifs de numérisation ?
Cette piste de recherche est essentielle pour rendre les politiques de droits et d’accès lisibles par les machines, faciliter la gouvernance des contenus et assurer un usage conforme aux choix des institutions et des États.
Quels critères de priorisation faut-il adopter pour décider ce qu’il faut numériser en premier, notamment dans l’espace francophone ?
Les ressources étant limitées, il faut des critères clairs de priorisation. Le débat fait émerger plusieurs pistes : patrimoine menacé, bandes magnétiques, presse fragile, documents uniques, patrimoine national et contenus sous-représentés.
Comment construire, dans l’espace francophone, un corpus commun ou une fédération de communs numériques, malgré des règles nationales ou institutionnelles différentes ?
Cette question est importante pour renforcer la souveraineté numérique francophone, améliorer l’interopérabilité et accroître la présence des langues et cultures francophones dans les systèmes d’IA.
Existe-t-il déjà des priorités nationales ou des plans d’action concrets dans les pays membres pour financer et orienter la numérisation liée à l’IA ?
Il s’agit de savoir si les discours sont déjà traduits en politiques publiques, en budgets et en programmes opérationnels. Sans plan d’action, les objectifs de représentativité et de souveraineté risquent de rester théoriques.
Dans quelle mesure les normes et standards peuvent-ils faciliter la classification, l’interopérabilité et la priorisation des données à numériser ?
Les normes sont présentées comme un levier pour partager les pratiques, améliorer la qualité des données et permettre leur exploitation par les machines. C’est un sujet clé pour passer d’initiatives isolées à des écosystèmes compatibles.
Comment fiabiliser des informations issues de traditions orales avant de les rendre accessibles et réutilisables par tous ?
La fiabilité des contenus est fondamentale pour éviter les falsifications historiques et la propagation de versions erronées dans les outils numériques et l’IA. La question est particulièrement sensible pour des patrimoines transmis oralement.
Comment articuler propriété intellectuelle et fiabilisation des contenus patrimoniaux, notamment oraux ?
Le lien entre propriété intellectuelle, attribution et crédibilité des contenus est central pour protéger les auteurs et communautés tout en assurant un cadre de confiance pour la circulation des savoirs.
Quelles leçons tirer des expériences passées où des exceptions trop larges au droit d’auteur ont échoué ou provoqué des réactions négatives des ayants droit ?
Cette piste de recherche est importante pour concevoir des politiques équilibrées et éviter de reproduire des dispositifs perçus comme injustes ou inefficaces. Elle aide à identifier les conditions d’acceptabilité des réformes.
Quels modèles de partenariats public-privé pour la numérisation sont les plus pertinents, et avec quelles conséquences sur les droits, les copies, l’accès et la valeur créée ?
Les partenariats avec des acteurs privés peuvent accélérer la numérisation, mais ils posent des questions de contrôle, de cession de droits et de partage de bénéfices. C’est un domaine nécessitant une analyse fine des modèles possibles.
Quelle est la valeur économique et stratégique de contenus de niche, non commerciaux ou apparemment anodins pour l’entraînement de systèmes d’IA spécialisés ?
Le débat montre que des contenus peu visibles peuvent avoir une forte utilité pour certains usages d’IA. Mieux comprendre cette valeur permettrait d’orienter les stratégies de numérisation et de licence.
Comment multiplier les canaux d’accès et les portails de diffusion sans perdre l’interopérabilité, afin d’éviter une dépendance à un seul acteur ou à une seule interface ?
La diversification des accès est liée à la souveraineté, à la découvrabilité et à la lutte contre les situations monopolistiques. C’est une condition importante pour que les contenus numérisés soient réellement visibles et utiles.
Comment faire monter collectivement le niveau de maturité numérique des institutions patrimoniales, notamment dans les pays aux ressources limitées ?
La numérisation exploitable par l’IA suppose des compétences, des méthodes et une chaîne technique maîtrisée. La question de la formation, de l’harmonisation des pratiques et de la solidarité institutionnelle est donc stratégique.
Comment intégrer, dans les stratégies nationales et internationales, l’urgence spécifique des supports menacés comme les bandes magnétiques, la presse fragile ou les documents uniques ?
Ces supports risquent de disparaître rapidement. Leur traitement prioritaire est un enjeu de sauvegarde irréversible, mais aussi de disponibilité future pour la recherche, l’accès public et l’entraînement de systèmes d’IA.
Comment éviter la falsification de l’histoire ou la mauvaise représentation de figures culturelles faute de contenus locaux numérisés et structurés ?
Sans sources fiables issues des patrimoines locaux, les systèmes d’IA risquent de diffuser des récits erronés ou exogènes. Cette question touche directement à la mémoire collective, à l’éducation et à l’autoreprésentation culturelle.
Comment rendre les données patrimoniales non seulement accessibles, mais réellement exploitables par les machines, notamment via du plein texte de qualité et des données structurées ?
Le passage d’images numérisées à des données utilisables par l’IA est un enjeu technique majeur. Sans structuration, OCR/HTR de qualité, métadonnées et contextualisation, la numérisation reste incomplète du point de vue des usages avancés.