Atelier 4: La numérisation des contenus inexploités: stratégies et outils

7 intervenants
Résumé

La discussion portait sur la transformation de contenus inexploités « dormants » en ressources numériques utiles, fiables et gouvernées pour l’intelligence artificielle, tout en préservant les droits d'auteurs, la qualité des données et l’intérêt général . Le modérateur a aussi cadré l’échange autour de l’expérience de la numérisation patrimoniale et des enjeux de gouvernance et de droit d’auteur liés aux contenus utilisés par l’IA .

Frédéric Lemmers a soutenu qu’il existe encore d’immenses volumes de contenus patrimoniaux inaccessibles en ligne, alors que les modèles d’IA dépendent de la quantité mais aussi de la qualité des données, avec des risques de biais culturels et linguistiques si seules les données déjà dominantes sur le web sont utilisées . Il a présenté cela comme un double enjeu de souveraineté et de représentativité pour la francophonie, en rappelant que la Bibliothèque royale de Belgique n’a numérisé qu’environ 10 % de ses collections et que, dans le réseau francophone numérique, les taux vont souvent de quelques pour cent à 25 % au maximum . Il a insisté sur le fait que la numérisation patrimoniale ne consiste pas seulement à produire des images, mais à créer des données patrimoniales contextualisées, fiables et exploitables par les machines, notamment via du plein texte de qualité et des collections transformées en données structurées . Selon lui, cela justifie des investissements publics, l’harmonisation des pratiques, la prise en compte du droit d’auteur et l'augmentation de la maturité numérique collective au sein du réseau francophone .

Jérémie Petit a complété cette approche par une perspective de propriété intellectuelle, en rappelant que les systèmes d’IA ont besoin à la fois de données patrimoniales anciennes et de contenus contemporains souvent protégés par le droit d’auteur . Il a expliqué que l’OMPI promeut un cadre équilibré entre accès du public et respect des droits, notamment par des guides sur la préservation et l’accès aux œuvres dans les institutions patrimoniales . Il a souligné que des exceptions au droit d’auteur sont possibles, mais seulement dans les limites du « test en trois étapes », et qu’il faut distinguer accès au public, recherche textuelle et usage comme données d’entraînement pour l’IA . Il a aussi insisté sur la transparence des usages, le partage de la valeur, les licences, les partenariats public-privé et la nécessité d’une infrastructure sémantique robuste avec métadonnées et identifiants pour attribuer les œuvres et gérer les droits .

Les questions de la salle ont élargi le débat aux savoirs oraux, particulièrement dans des contextes africains, en soulignant la nécessité de penser l’archivage, les coûts, les critères de souveraineté et le risque que certaines sociétés ne deviennent que fournisseuses de connaissances exploitées par d’autres . En réponse, les intervenants ont insisté sur la confiance des communautés, sur l’encadrement des usages futurs des savoirs locaux et sur le fait que même des contenus apparemment marginaux peuvent avoir une forte valeur pour l’IA . Interrogé sur les priorités, Frédéric Lemmers a proposé de commencer par faire de meilleurs inventaires des collections, puis de traiter en priorité le patrimoine fragile ou menacé - notamment bandes magnétiques, presse, sources sonores et documents uniques - tout en multipliant les canaux d’accès et l’interopérabilité . En conclusion, les échanges ont convergé vers l’idée qu’une stratégie de numérisation pour l’IA doit combiner préservation, fiabilité, diversité culturelle, confiance, financement, standards communs et gouvernance des droits afin que le patrimoine devienne une ressource d’avenir plutôt qu’un angle mort du numérique .

Points clés
  • Le débat porte d’abord sur la transformation de contenus « dormants » en ressources utiles pour l’IA, avec un équilibre entre utilité, fiabilité, gouvernance, droits d’auteur et intérêt général. Le modérateur pose explicitement cette question centrale en ouverture, et les intervenants y reviennent ensuite sous l’angle de la numérisation patrimoniale et de l’exploitation par les machines.
  • Un point majeur est l’urgence de numériser le patrimoine encore absent du web, car une grande partie des collections reste en dehors du champ numérique, ce qui crée un problème de souveraineté, de représentativité culturelle et linguistique, et de biais dans les systèmes d’IA. Frédéric Lemmers insiste sur le fait que les données disponibles en ligne sont limitées, que les collections patrimoniales constituent un réservoir encore largement inexploité, et que leur absence rend certaines cultures et langues invisibles dans les futurs modèles.
  • La discussion souligne que la numérisation ne suffit pas en soi : les contenus doivent être fiables, contextualisés, structurés, interopérables et convertis en données réellement exploitables par les machines. Frédéric Lemmers explique que la numérisation patrimoniale implique des choix de qualité, de contrôle, de métadonnées et de production de texte intégral ou de données structurées (« collections as data »), sans quoi les contenus restent difficilement utilisables pour l’IA.
  • Un autre axe central concerne l’encadrement juridique des œuvres protégées par le droit d’auteur, notamment les contenus du XXe siècle et les usages par l’IA. Jérémie Petit rappelle la nécessité de concilier accès, préservation et respect des droits, en s’appuyant sur les limitations et exceptions au droit d’auteur, le « test en trois étapes », les licences, les partenariats public-privé et les mécanismes de rémunération.
  • Les participants insistent enfin sur la nécessité d’une stratégie collective fondée sur la confiance, la prise en compte des traditions orales, la clarification des priorités de numérisation, les infrastructures, les financements et la normalisation. Les échanges mettent en avant les savoirs oraux africains et autochtones, les risques de captation de valeur, la fragilité de certains supports, ainsi que le besoin de métadonnées robustes, d’inventaires précis, de standards communs et de politiques publiques coordonnées.
  • But global de la discussion :
  • Cette discussion vise à définir comment numériser et gouverner des contenus patrimoniaux, culturels et parfois encore analogiques ou oraux, afin qu’ils deviennent des ressources fiables, visibles et exploitables par l’intelligence artificielle, tout en respectant les droits d’auteur, les communautés concernées, la diversité culturelle et les exigences de souveraineté informationnelle.
  • Ton général :
  • La tonalité est globalement sérieuse, experte et constructive. Elle est d’abord pédagogique et stratégique, avec des exposés riches des deux intervenants principaux sur les enjeux techniques, culturels et juridiques. Elle devient ensuite plus interactive et critique lors des questions de la salle, notamment autour des traditions orales, des risques d’exclusion, des coûts, de la souveraineté et de la captation économique des contenus. Malgré ces tensions et interrogations, la discussion revient à une tonalité pragmatique et orientée vers l’action, centrée sur les priorités, la confiance, les standards et les stratégies collectives.
Intervenants
M
Moderator
134 wpm · 10 min
S1
Speaker 1
160 wpm · 29 min
S2
Speaker 2
139 wpm · 16 min
S3
Speaker 3
194 wpm · 4 min
S5
Speaker 5
195 wpm · 2 min
S6
Speaker 6
138 wpm · 58 s
S4
Speaker 4
180 wpm · 2 min

L’atelier s’ouvre sur une question centrale : comment transformer des contenus encore inexploités en ressources utiles, fiables et gouvernées pour l’intelligence artificielle, sans sacrifier les droits d'auteurs, la qualité des données ni l’intérêt général . Le modérateur précise d’emblée que l’échange se veut plus ouvert qu’un panel classique, et annonce deux portes d’entrée complémentaires : l’expérience de la numérisation patrimoniale portée par Frédéric Lemmers, et les enjeux de gouvernance des contenus et de droit d’auteur liés à l’IA portés par Jérémie Petit . Il reformule aussi très tôt un point clé : la numérisation n’a de sens, dans ce contexte, que si elle produit des contenus exploitables et interopérables, et pas seulement des copies numériques .

Dans son intervention liminaire, Frédéric Lemmers reprend une idée évoquée plus tôt dans la journée : le moissonnage des données disponibles sur le web approche d’une forme de saturation, ce qui rend d’autant plus visibles les vastes contenus encore absents d’internet . Il insiste sur le fait que, derrière chaque système d’IA, la question décisive reste celle des données, à la fois en quantité et en qualité . Selon lui, les déséquilibres déjà présents en ligne - entre langues, cultures, points de vue ou périodes historiques - risquent d’être reproduits dans les réponses des systèmes d’IA . Dans cette perspective, la francophonie fait face à un enjeu à la fois de souveraineté et de représentativité, mais dispose aussi d’un potentiel particulier du fait de sa diversité culturelle et linguistique .

Frédéric Lemmers appuie ce constat sur plusieurs chiffres. À la Bibliothèque royale de Belgique, il estime qu’au maximum 10 % des contenus sont aujourd’hui numérisés et accessibles en ligne, sans que cela signifie encore qu’ils soient directement exploitables par l’IA . Dans le Réseau francophone numérique, qui rassemble une centaine d’institutions patrimoniales de la francophonie, les taux de numérisation vont souvent de quelques pourcents à 25 % au maximum . Autrement dit, de très larges pans de savoirs et de cultures restent en dehors du champ numérique et sont, de ce fait, beaucoup moins susceptibles d’alimenter les systèmes d’IA . Pour Frédéric Lemmers, la numérisation relève donc aussi d’un choix de politique publique, puisque ces réserves de connaissances sont conservées dans des institutions patrimoniales majoritairement financées par des fonds publics .

Son point central est toutefois que numériser ne suffit pas. Il distingue la simple production d’un fac-similé numérique de la création de véritables données patrimoniales . Celles-ci doivent être contextualisées, fiables et structurées si l’on veut éviter de produire des contenus peu utiles ou eux-mêmes porteurs de biais . Il décrit la numérisation patrimoniale comme une chaîne complète de métiers : harmonisation des inventaires, révision de données bibliographiques anciennes, prise en compte du statut juridique des œuvres, capture technique, contrôle qualité, structuration et diffusion . Il insiste aussi sur la place de l’intervention humaine dans ce processus, en comparant les agents de numérisation à des « passeurs de savoir » ou à des « copistes des temps modernes » .

Frédéric Lemmers ajoute qu’il ne suffit pas non plus d’avoir de belles images ou des métadonnées de base . Pour que les contenus soient vraiment utiles aux machines, il faut produire du texte de qualité et rendre les collections lisibles par des systèmes automatisés, y compris pour les corpus imprimés, manuscrits, iconographiques, sonores et audiovisuels . C’est dans ce cadre qu’il évoque l’idée de « collections as data » . Selon lui, cette évolution conduit à considérer les données patrimoniales non plus seulement comme mémoire du passé, mais aussi comme un actif stratégique et une matière première de l’avenir . Il appelle donc à poursuivre et amplifier les investissements publics dans la numérisation pour rendre ces contenus réellement utilisables à l’ère de l’IA .

Il présente aussi le Réseau francophone numérique, créé en 2006 au moment de l’émergence de Google Books, comme un outil de solidarité et d'augmentation de la maturité numérique . Il résume cette orientation par une formule nette : « il n’y a pas d’IA sans numérisation » . Pour atteindre un niveau où les données patrimoniales peuvent alimenter des usages avancés, les institutions doivent maîtriser toute la chaîne : inventaire, catalogage, statut juridique, capture, structuration, diffusion et interopérabilité . Le réseau cherche ainsi à harmoniser les pratiques et à développer la formation, dans un contexte où les capacités des membres restent très inégales .

Jérémie Petit aborde ensuite la question sous l’angle du droit d’auteur et de la gouvernance des usages. Il rappelle que les systèmes d’IA ont besoin de données de qualité et culturellement pertinentes, mais aussi de contenus contemporains souvent encore protégés, et pas seulement d’œuvres anciennes tombées dans le domaine public . Son propos porte donc en particulier sur les œuvres du XXe siècle encore présentes sous forme analogique - livres, phonogrammes, films sur bande magnétique - et sur les conditions de leur numérisation dans un cadre équilibré entre accès du public et respect des droits . Il présente à ce titre le rôle de l’OMPI, qui accompagne les États membres à travers des guides de bonnes pratiques sur la préservation et l’accès aux œuvres dans les collections patrimoniales .

Au cœur de son intervention se trouve la question des limitations et exceptions au droit d’auteur. Jérémie Petit rappelle que le droit international permet aux États de prévoir des exceptions au droit exclusif de reproduction, mais seulement dans le respect du test en trois étapes : cas particuliers, absence de conflit avec l’exploitation normale de l’œuvre, et absence de préjudice indu aux intérêts légitimes des auteurs . Il insiste ensuite sur trois distinctions. Donner accès à des chercheurs n’est pas équivalent à publier sur Internet ; permettre une recherche textuelle avec extraits n’est pas équivalent à donner l’accès intégral ; et numériser une œuvre n’autorise pas automatiquement son usage pour l’entraînement d’une IA . Il prend l’exemple de Google Books, où la numérisation d’œuvres protégées a été admise aux États-Unis pour la recherche textuelle et les aperçus, mais non pour un accès intégral .

Jérémie Petit ajoute que « rendre accessible » ne signifie pas nécessairement « gratuit » . Il souligne la multiplication des contrats de licence entre détenteurs de contenus et entreprises d’IA, ce qui montre qu’un marché existe et que la gratuité ne peut pas être présumée . Il mentionne aussi que certains choix de politique publique peuvent conduire à l’ouverture de données publiques, tandis que certains ayants droit peuvent préférer des licences ouvertes . Il attire également l’attention sur la valeur potentielle de contenus peu commercialisés, y compris dans des langues rares, autochtones ou minoritaires, pour lesquelles des entreprises cherchent déjà à constituer des jeux de données spécialisés, notamment audio et multilingues .

À partir de là, Jérémie Petit formule plusieurs messages directeurs. D’abord, toute stratégie de numérisation doit intégrer dès le départ la question du droit d’auteur, mais aussi celle du folklore et des patrimoines immatériels, en particulier lorsqu’il s’agit de savoirs portés par des communautés locales ou des peuples autochtones . Ensuite, il insiste sur la transparence des objectifs poursuivis : préservation, accès, recherche textuelle ou entraînement de systèmes d’IA . Il mentionne aussi, dans le cadre européen, l’existence d’une « clause de réservation » permettant de signaler une opposition à certains usages par les systèmes d’IA, en référence à l’article 4 de la directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique . Il appelle également à réfléchir explicitement au partage de la valeur entre créateurs, institutions patrimoniales et entreprises d’IA, via des licences, la gestion collective ou des partenariats public-privé . Sur ce point, il ne défend pas un modèle unique : plusieurs schémas sont possibles selon qu’une institution souhaite céder certains droits, conserver des copies ou poursuivre d’autres objectifs de diffusion et de valorisation . Enfin, il met l’accent sur la nécessité d’une infrastructure robuste de gestion des droits, fondée sur des métadonnées précises et des identifiants normalisés comme ISBN, ISSN, ISAN, ISRC ou ISWC .

La discussion avec la salle déplace ensuite le débat vers quatre questions concrètes : comment intégrer l’oralité, comment archiver avant même la numérisation, comment éviter l’extractivisme culturel, et comment définir des priorités opérationnelles et finançables . L'intervenant 3 recentre la réflexion sur les savoirs oraux, en particulier dans plusieurs sociétés africaines où l’information n’est pas d’abord conservée sous forme documentaire structurée . Il souligne qu’une stratégie fondée uniquement sur les bibliothèques et les archives déjà organisées risquerait d’exclure ces formes de savoir . Il insiste aussi sur une étape souvent oubliée : avant la numérisation proprement dite, il faut penser l’archivage primaire de savoirs oraux recueillis sur le terrain, leur conservation, leur classement et le coût de cette phase de transition . Il rappelle enfin le poids des contraintes matérielles : coût de la numérisation, besoin de serveurs et de stockage, fragilité des infrastructures énergétiques et nécessité de concevoir des stratégies soutenables . Dans la même intervention, il met en garde contre un risque d’extractivisme culturel : sans stratégie de valorisation locale, certaines régions pourraient fournir à l’IA une matière première culturelle tout en laissant ailleurs la captation de la valeur économique produite .

L'intervenant 4 intervient dans un registre plus conceptuel et sceptique. À travers la figure imaginaire d’un « martien » venant dans mille ans écrire l’histoire de la Terre, il rappelle l’ampleur potentielle des contenus inexploités : conversations téléphoniques, tickets de caisse, courriers, images privées, stocks invendus de livres ou vidéos diverses . Son propos vise surtout à souligner l’écart entre l’idéal d’exhaustivité et les contraintes humaines, juridiques, morales et institutionnelles . Lemmers lui répond sur un plan pragmatique : l’IA générative est déjà entrée dans les usages courants, et l’enjeu n’est plus de savoir s’il faut ou non participer à ce mouvement, mais de faire en sorte qu’elle s’appuie sur des données aussi fiables, complètes et diverses que possible .

La question de la confiance et du consentement devient ensuite un fil important de la discussion. Le modérateur introduit ce point avec l’exemple d’un chant religieux kanak enregistré dans un cadre non lucratif dans les années 1980 puis réutilisé commercialement, bien plus tard, sans que la communauté d’origine soit créditée . Jérémie Petit s’appuie sur cet exemple pour souligner la nécessité d’obtenir l’accord des communautés et de définir en amont les conditions d’usage . Il rappelle aussi que les systèmes d’IA sont très divers et que même des contenus apparemment marginaux peuvent prendre une forte valeur économique dans des usages spécialisés . Son exemple du « vol des hélicoptères » illustre le fait qu’un producteur d’IA peut avoir besoin d’images très spécifiques, collectées et annotées à partir de journaux télévisés, de documentaires ou de films . Il cite aussi la base française ReLIRE pour montrer que des œuvres du XXe siècle non rééditées, parfois de niche, peuvent garder une réelle valeur pour des publics spécialisés . Frédéric Lemmers, de son côté, répond surtout sur le plan stratégique : puisque l’usage de l’IA est déjà là, il faut s’assurer que les systèmes s’appuient sur des données de meilleure qualité .

Plusieurs interventions de la salle ancrent ensuite ces enjeux dans des préoccupations africaines et nationales. L'intervenante 5, directrice du numérique du Sénégal, explique que l’absence de numérisation des transmissions orales pourrait conduire à une restitution déformée, voire à une falsification, de références historiques ou héroïques nationales dans les systèmes d’IA . Selon elle, il faut donc numériser, structurer et fiabiliser ces patrimoines, même si cela a un coût, afin que chaque société conserve la maîtrise de ce qui lui appartient culturellement . Elle relie aussi cette fiabilisation à la propriété intellectuelle, envisagée comme un moyen de sécuriser plus tôt les contenus et leur attribution .

Le modérateur recentre alors l’échange sur l’espace francophone en demandant quels critères de priorisation devraient guider les efforts de numérisation, et s’il faut viser un corpus francophone commun ou plutôt une fédération de communs malgré la diversité des règles nationales et institutionnelles . En réponse, Frédéric Lemmers propose une hiérarchie d’action assez claire. La première priorité est d’améliorer ou de refaire les inventaires pour savoir précisément ce qui est conservé et ce qui risque de disparaître . La seconde est de traiter en urgence les patrimoines fragiles ou menacés, en particulier les bandes magnétiques, les sources sonores, la presse sur papier acide, les manuscrits et les documents uniques . Il plaide aussi pour la multiplication des canaux d’accès afin d’éviter la dépendance à un seul intermédiaire et d’augmenter la découvrabilité des contenus . Il l’illustre par des exemples belges, en expliquant que certains documents conservés à Bruxelles ont peu de chances d’être trouvés s’ils ne sont visibles que sur un portail national et doivent donc circuler via plusieurs portails spécialisés ou thématiques .

Frédéric Lemmers revient également sur les conditions institutionnelles de cette politique. Il insiste sur la nécessité, pour les bibliothèques, archives et musées, de mieux se connaître, de comprendre leurs réalités respectives et de construire collectivement la confiance, car il n’y a pas d’IA possible sans cette confiance . Il appelle à un écosystème numérique ouvert et utile à la fois aux chercheurs, aux étudiants, au grand public et aux machines . Cela suppose des formations transversales, une meilleure maîtrise des marchés publics, des normes partagées, des équipements adaptés, des bibliothèques numériques et des portails agrégateurs .

Interrogé sur l’existence de priorités déjà identifiées et de plans d’action concrets, Frédéric Lemmers répond que l’IA a au moins le mérite de remettre la numérisation à l’avant-plan politique, alors que certains pensaient ce chantier déjà achevé . Il réaffirme que la priorité doit aller au patrimoine menacé : bandes magnétiques, presse, sources sonores, patrimoine immatériel enregistré, manuscrits et documents uniques . Il observe cependant que, dans plusieurs contextes francophones, les politiques publiques existantes visent encore surtout à encadrer l’usage de l’IA dans le secteur public, plutôt qu’à refinancer l’ensemble de la chaîne documentaire nécessaire à la constitution de corpus réellement exploitables .

En mot de clôture, Jérémie Petit résume trois priorités : créer la confiance avec les ayants droit et les communautés porteuses de traditions orales, assurer la transparence des systèmes d’IA sur les contenus exploités, et mettre en place une infrastructure sémantique robuste pour l’attribution et la gestion des droits . Il a aussi précisé que les conditions d’usage, les objectifs de la numérisation et les éventuelles restrictions peuvent être inscrits dans la couche sémantique décrivant les objets numérisés, de manière à être visibles aussi par les machines .

Dans l’ensemble, l’atelier fait apparaître un accord large sur plusieurs points. Les intervenants considèrent que la numérisation des contenus encore hors ligne est devenue une condition importante pour une IA plus utile, plus fiable et plus représentative . Ils s’accordent aussi sur le fait que la simple conversion numérique ne suffit pas : les contenus doivent être structurés, contextualisés, interopérables, accompagnés de texte, de métadonnées riches et d’une gouvernance explicite des droits et des usages . Enfin, plusieurs interventions convergent sur l’importance d’intégrer les savoirs oraux, les patrimoines fragiles et les langues sous-représentées, en particulier dans l’espace francophone et africain .

Les tensions portent moins sur les finalités que sur les arbitrages. Une première tension oppose l’ambition d’élargir les corpus à la reconnaissance des limites pratiques, juridiques et matérielles de toute politique de numérisation . Une seconde concerne le risque d’extractivisme culturel et la question du partage de la valeur . Une troisième tient à la méthode : partir des corpus patrimoniaux institutionnels et de leurs standards, ou repenser les stratégies à partir des savoirs oraux, de l’archivage préalable et du consentement des communautés .

La conclusion qui se dégage de l’atelier est donc pragmatique. Il ne s’agit pas de tout numériser indistinctement, mais de construire des corpus plus fiables, plus représentatifs et mieux gouvernés, à partir d’inventaires précis, de priorités assumées et d’un renforcement des capacités institutionnelles . Les pistes d’action les plus nettes concernent la priorisation des supports fragiles, l’harmonisation des normes et des pratiques, l’investissement public, l’intégration précoce du droit d’auteur et des communautés concernées, ainsi que la mise en place de couches sémantiques robustes pour rendre les contenus réellement exploitables par les machines . Plusieurs questions restent cependant ouvertes : le financement durable, les critères communs de priorisation dans l’espace francophone, la gouvernance d’un éventuel corpus commun, le partage équitable de la valeur, et la manière de concilier accès, souveraineté culturelle, consentement des communautés et exploitation commerciale des données .

Moderator
qui m 'a l 'avance, j 'ai entendu une personne au micro qui a été coupée, désolé. Donc la question centrale de cet atelier sera de savoir comment on transforme des contenus dormants en ressources qui soient à la fois utiles, fiables, gouvernées pour l 'intelligence artificielle, sans pour autant oublier, perdre de vue la question des droits des auteurs, créateurs, la qualité des données et l 'intérêt général. Voilà, pour en discuter, nous avons le plaisir d 'accueillir M. Frédéric Lemers, qui est responsable de la numérisation de la Bibliothèque royale de Belgique et donc qui ouvrira la discussion notamment à partir de son expérience de la numérisation patrimoniale et documentaire. Nous avons aussi le plaisir d 'avoir M. Jérémy Petit, qui est expert en intelligence artificielle, et en droit d 'auteur au sein de l 'organisation. mondiale d 'approprié -té intellectuel il y a vraiment d 'approprié -té intellectuel la question de tracé -dissé la pollution la gouvernance des contenus utilisés par l 'intelligence artificielle voilà je vous remercie pour votre présence cet atelier se veut ouvert on va à la différence donc des panels, il y a beaucoup de plans à l 'échange avec les audiences avec les participants donc après deux interventions liminaires de la part de nos experts on poursuivra dans la salle les échanges et puis nous conclurons avec des messages de nos experts autour des priorités et d 'actions collectives que l 'on peut mener à l 'échelle internationale sans plus tarder je vais peut -être laisser la parole à monsieur le maire pour quelques minutes sur les enjeux en matière de pollution pour continuer ce domaine .
Speaker 1
Merci beaucoup, mesdames et messieurs. Merci de votre invitation. Alors, des introductions, quelques éléments. Donc, j 'interviens évidemment en tant qu 'électronique de Belgique, mais aussi en tant qu 'administrateur du réseau francophone numérique, qui est un des partenaires de cette journée, qui est une organisation de bibliothèques nationales et archives et en bibliothèques patrimoniales, notamment de la francophonie. Une centaine de membres aujourd 'hui. Et on va se poser le lien avec cette organisation. On a beaucoup parlé, et je pense qu 'il y avait une belle transition tout à l 'heure qui nous était faite par cette analyse grasse qui disait qu 'il y aura bientôt un crash de marché dans l 'IA, puisque le moissonnage des données disponibles sur le web arrive progressivement à saturation et qu 'il n 'y aura plus de données disponibles et donc un épuisement potentiel des machines. Eh bien, bonne nouvelle. énormément de contenus qui sont encore totalement inaccessibles sur internet dont l 'existence est parfois même insoupçonnée et donc dès lors que l 'on veut garantir et ouvrir un droit réel d 'accès à de l 'information et encore faut -il que cette information soit fiable il y a évidemment un enjeu de mise à disposition de ces contenus et donc de les rendre accessibles dans la sphère dans la société du numérique qui est la nôtre aujourd 'hui nous savons que derrière chaque modèle d 'intelligence artificielle se cache une question plus fondamentale encore c 'est la question des données qui nourrissent ce modèle il y a la question de la quantité de données mais il y a évidemment aussi la question de la qualité des données et derrière la question des données se cachent d 'autres questions plus profondes encore qui touche à cela a été évoqué déjà ce matin, qui touche à nos individualités, qui touche aux sociétés dans lesquelles on évolue à nos cultures, à nos langues bien sûr, donc qui sera représenté au final dans l 'intelligence artificielle de demain quelles seront les cultures, quelles seront les langues quelle façon de voir le monde contribuant à façonner ces systèmes qui influenceront de plus en plus la société, c 'est finalement une question fondamentale on a encore entendu tout à l 'heure qu 'effectivement dès lors que, peu importe finalement le pourcentage, à partir du moment où il y a une langue et une culture, ou quelques cultures dominantes sur le web, et que les réponses proposées par l 'IA, quelle que soit la langue dans laquelle elles vont se proposer si les données sur base desquelles elles ont été formulées, leurs élèves ne sont représentatives que d 'une partie du savoir de l 'humanité, forcément elles ont introduit un biais un biais, à la fois en termes de diversité, mais aussi en termes de perspective et de diachronie donc ces questions elles placent aujourd 'hui la francophonie devant un enjeu double mais aussi elles permettent à la francophonie de jouer un rôle important à mon sens par rapport à cet enjeu de par sa dimension plurielle précisément alors le premier c 'est un enjeu de souveraineté le fait que les données patrimoniales et culturelles elles sont devenues la matière première d 'intelligence artificielle on le sait et que donc pour pouvoir continuer à en produire dès lors qu 'elles ne sont pas nativement numériques ça suppose de pouvoir faire appel à des réservoirs de données qui sont conservées vous savez dans les bibliothèques patrimoniales dans les archives voire dans les musées et que forcément ça coûte pas mal d 'argent également c 'est un investissement et qui la plupart du temps est réalisé par le secteur public donc la mise à disposition de ces données le fait de rendre ces contenus accessibles donc leur découvrabilité participent des politiques publiques on a entendu tout à l 'heure l 'importance de de préserver l 'accès de situations monopolistiques et de garantir la possibilité de proposer différentes alternatives dans les manières de de rendre accessible ce patrimoine voilà un enjeu de souveraineté important. Le second c 'est un enjeu de représentativité forcément à partir du moment où le modèle ne doit entraîner que sur un certain nombre de données qui sont incomplètes ou qui sont partielles voire qui sont tronquées forcément ça pose un certain nombre de questions et donc là au niveau de la francophonie bien entendu il s 'agit de nos savoirs, de nos cultures de nos imaginaires qui pourraient devenir invisibles dans le texte de l 'État belge et l 'enjeu est immense parce que la plupart de ces collections restent inaccessibles. Si je prends un exemple l 'exemple de la bibliothèque royale de Belgique qui est une bibliothèque patrimoniale, qui est donc la bibliothèque nationale de l 'État belge, qui est une bibliothèque patrimoniale de taille moyenne je dirais par rapport à les très grandes bibliothèques qu 'on peut retrouver dans la bibliothèque nationale de France ou d 'autres bibliothèques de taille plus élite mais dont les collections de par l 'histoire de la Belgique sont disproportionnellement riches aujourd 'hui malgré les efforts intensifs en matière de numérisation on a maximum 10 % des contenus qui sont numériques s 'ils sont numérisés et qu 'ils sont accessibles en ligne, ça ne veut pas dire pour autant qu 'ils sont exploitables par un délire en particulier. Donc on est à 10%. Il y a 90 % qui n 'est pas disponible, qui est donc inexistant du champ du numérique. On prend d 'autres membres parmi nos membres du réseau francophone numérique entre Haïti et le Vietnam en passant par l 'Afrique et nos collègues européens. On a des pourcentages de numérisation qui vont de quelques pourcents à 25 % maximum. Et donc l 'enjeu pour tous les membres reste très très important de rétro -numériser quelque part, de faire en sorte que le savoir du passé, la connaissance du passé, puisse être monté dans le train du numérique et être nourri de l 'intelligence artificielle. Alors face à ce double enjeu, les États ont évidemment les responsabilités économiques, juridiques et morales, et peuvent les protéger et préserver, valoriser ce patrimoine commun. Les institutions en ont aussi forcément, c 'est d 'activer, de stimuler davantage ces opérations de numérisation. Je vais venir rapidement à ce dont il s 'agit en pratique. Parce que le plus facile a été fait finalement pour l 'instant, c 'est -à -dire que les IA se sont nourries de tout ce qui est accessible sur Internet, produites essentiellement d 'un point de vue textuel ou alors des formats audiovisuels, mais qui sont des contenus nativement numériques pour l 'essentiel. A partir du moment où on s 'inscrit dans une logique diachronique, de faire en sorte que la connaissance produite depuis l 'Antiquité jusqu 'à aujourd 'hui, progressivement puisse rejoindre ce train du numérique, on est confronté à des structurations de l 'information, de la pensée, du savoir qui sont différentes, à des langues qui sont... encore bien plus diverses que celles qui sont déjà présentes, etc. et donc la numérisation n 'est pas une simple opération similaire à la numérisation du patrimoine n 'est pas une opération similaire à la numérisation d 'archives bancaires qu 'on peut ensuite détruire ou d 'archives quelconques qu 'on peut ensuite détruire une fois que l 'information brute est disponible dans une nouvelle venue c 'est pour ça qu 'on parle au sein du réseau francophone numérique de plus en plus de données patrimoniales et de bien remarquer, de mettre l 'accent sur le fait qu 'il s 'agit de numériser du patrimoine c 'est bien de le rendre accessible sous la forme d 'un facsimilier numérique mais que c 'est insuffisant et qu 'il s 'agit de données patrimoniales, donc ces données doivent être contextualisées ou en tout cas contextualisables elles doivent être fiables, autrement dit là aussi les acteurs du patrimoine vont eux -mêmes être porteurs de biais non souhaitables. Et il faut voir ces données en puissance comme étant un actif stratégique de notre société. Raison pour laquelle il faut investir à ce niveau. Alors, la francophonie s 'est déjà positionnée sur le sujet. Je ne vais pas développer ça maintenant, mais il y a eu la déclaration du maire scotteret, il y a eu un certain nombre d 'éléments en faveur de l 'écouvrabilité, du fait d 'affirmer ce rôle stratégique des acteurs du patrimoine et de la culture par rapport à ce besoin. Le réseau francophone numérique qui existe depuis 2006, donc bien avant qu 'on parle d 'IA générative, mais qui est donc apparu au moment de la révolution précédente, juste après le lancement de Google, du projet Google Books en 2005, au moment où un certain nombre de bibliothèques relevant de la francophonie ont commencé leur politique de numérisation avec la volonté de se mettre en commun. Et aujourd 'hui, la... la stratégie du réseau par rapport à cet enjeu de numérisation c 'est de se dire qu 'il n 'y a pas d 'IA sans numérisation, qu 'on pourrait faire des choses sous l 'angle du patrimoine culturel et que pour pouvoir arriver à l 'IA pour pouvoir arriver à enrichir et entraîner des modèles d 'intelligence artificielle au départ des données patrimoniales, il faut maîtriser et avoir atteint un certain degré de maturité de toute la chaîne des métiers du secteur des bibliothèques et archives libre autrement ce n 'est pas possible or à ce niveau là il y a évidemment en raison de l 'histoire, en raison des possibilités de financement qui sont très diverses et variées en fonction des réalités économiques des états etc des situations entre nos membres qui sont très différentes et donc il y a cet enjeu de solidarité au sein du réseau francophone numérique qui consiste à développer des formations de manière à permettre de faire relever le niveau moyen de maturité de chacun des stades d 'une pyramide de la maturité numérique que nous avons établie et dont la pointe, si vous voulez, est l 'intelligence artificielle. Et donc, il s 'agit de faire quoi ? D 'harmoniser les pratiques sur la manière dont on traite l 'inventaire, d 'harmoniser les pratiques sur la manière dont on repense les données qui sont présentes depuis longtemps dans les bibliothèques de ce programme informatique via les catalogues généraux, d 'insérer la notion de droit d 'auteur, évidemment, et de vérifier ce statut juridique, parce que dès qu 'on bascule dans le XXe siècle, forcément, il y a une partie qui n 'est pas nativement numérique, mais qui est sous droit et qui n 'est pas numérisée. Il y a ces fameuses œuvres indisponibles dans le commerce, par exemple, etc. Donc, il y a un volet juridique qui est très important. Il y a également un volet qui est la partie visible de l 'iceberg, c 'est la capture d 'images ou la capture du son, c 'est l 'opération technique à proprement parler. Quelles sont les conditions de cette numérisation ? il ne s 'agit pas simplement de photocopier le savoir si je puis parler de cette expression j 'ai l 'habitude de parler de mes collaborateurs quand on fait des visites dans les ateliers de numérisation quand certains numérisent des manuscrits du Moyen -Âge ou d 'autres, la presse qui intéresse énormément de monde pour moi ce sont des passeurs de savoir ce sont des personnes qui ont des activités extrêmement répétitives mais qui ont une immense responsabilité qui sont les ce sont les derniers lecteurs si vous voulez, manipulateurs de la source originale, la source analogique sans exception bien sûr et que en fonction de la qualité de leur travail, qui va évidemment être vérifié par un certain nombre d 'étapes de contrôle de qualité automatisée ou non automatisée en fonction de la qualité de leur travail et la manière dont les chaînes de numérisation auront été calibrées le résultat final, donc l 'original numérique quelque part où la copie numérisée sera plus ou moins fiable et donc plus ou moins exploitable et améliorera l 'univers, l 'entraînement des modèles IA. Donc voilà, pas sûr de savoir ou bien copistes des temps modernes, parce que finalement dans les abis, qu 'est -ce qu 'on faisait ? Les moines copistes ont fait recopier les textes de l 'Antiquité et les permettaient ensuite à cette connaissance de circuler. Mais en fait, finalement, numériser, c 'est pareil, c 'est une autre échelle, c 'est un autre rythme, mais il ne faut pas oublier cette dimension -là. Voilà, donc ça c 'est l 'enjeu essentiel de la numérisation, mais il y a un deuxième enjeu dont on parle peu pour que le produit de la numérisation puisse être exploité par l 'intelligence artificielle, c 'est que il ne suffit pas d 'avoir des belles images, il ne suffit pas d 'avoir des métadonnées structurées, il ne suffit pas d 'avoir respecté des normes colorimétriques. encore faut -il pouvoir produire du plein texte de qualité qui soit complet et quand il s 'agit de corpus textuel alors il y a les imprimés tout ce qui est non imprimé donc tout ce qui est de contenu manuscrit il faut là aussi aller faire en sorte que ce savoir là puisse être rétroversé dans une société numérique puis après toute la dimension iconographique, sonore, audiovisuelle où là il faut pouvoir aller rechercher ces contenus et les traduire dans une réalité intelligible par les machines et on en arrive alors au concept je terminerai par là ce concept de connections as data encore une fois en bon français des collections qui sont déstructurées enfin non pardon qui sont totalement dématérialisées et numérisées au sens stricto luterne mais qui sont transformées en données structurées qui sont alors directement exploitables par des machines et non plus par des yeux humains et ça c 'est indispensable pour pouvoir entraîner des modèles des modèles IA pour y arriver au niveau du réseau francophone numérique on y croit très fort à la collaboration à la nécessité d 'analyser le plus finement possible les préoccupations des uns et des autres et réaliser le terrain de manière à pouvoir progressivement et collectivement édifier cet édifice numérique du patrimoine parce que ce qu 'il y a jusqu 'à peu les autorités publiques acceptaient de financer la numérisation davantage à la fin de conservation même s 'il y avait cette volonté de faciliter l 'accès de permettre le développement des humanités numériques et c 'était essentiellement la conservation, le fait de sauvegarder un patrimoine en danger, en péril qui était l 'élément déclencheur du financement aujourd 'hui il y a une opportunité qui est une nécessité, mais qui est donc un deuxième enjeu, voire sans doute encore plus important. Il ne s 'agit non seulement plus d 'être conservé au format analogique, mais pour pouvoir exister ces données, elles doivent aussi être exploitables par des machines. Et donc, il faut dès lors pouvoir continuer à numériser, et donc considérer que les données patrimoniales ne sont plus seulement la mémoire de notre passé, mais qu 'elles constituent la matière première de notre avenir. Merci, c 'était un peu long, désolé.
Moderator
C'était très intéressant, très passionnant. Merci beaucoup, je pense que le monde a apprécié cette logique liéaire que vous avez développée, en tentant de créer, non seulement de numériser, mais que ce soit la numérisation minable, c 'est -à -dire que c 'est exploitable et interopérable aussi. Très bien, M. Petit, je vais essayer d 'intervenir.
Speaker 2
Je vais apporter un point un peu complémentaire, puisque les systèmes d 'IA ont besoin, pour s 'entraîner et pour fonctionner, de données de qualité, qui sont également des données qui sont pertinentes et qui tiennent compte du contexte culturel. C 'est -à -dire qu 'elles ont besoin de données, certes, qui peuvent être dans le domaine public, mais anciennes, nécessairement, mais également de données contemporaines, récentes, et qui, elles, vont souvent être couvertes par un droit d 'auteur. Donc, ça va être mon propos, en tant que représentant de l 'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, comment numériser ces œuvres du XXe siècle, qui sont dans un format analogique, qui peuvent être des textes, des livres, des chronogrammes, des films, encore sur bande magnétique, qui ont maintenant un bon équilibre avec le respect des droits des auteurs. Il s 'agit de la... question des limitations et exceptions aux droits d 'auteur. à la fois pour la préservation et pour l 'accès au public. Donc l 'OMPI, l 'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle que je représente, est là pour faire avancer un cadre international qui permette de faire avancer de manière équilibrée l 'intérêt général du public d 'avoir accès à des œuvres et le respect des droits de propriété intellectuelle, des droits d 'auteur et des droits voisins. Sur cette question de l 'accès et de la préservation, nous mettons à disposition de nos États membres des guides de bonne pratique. Un guide sur la préservation qui est aussi disponible en français sur notre site qui explique la manière dont les États membres, les institutions du secteur du patrimoine culturel comme les bibliothèques, les services d 'archives ou les musées, peuvent mettre en place des exceptions et limitations qui vont s 'inscrire dans le cadre du droit international pour actuer la préservation. Et un guide qui est en cours d 'édition, qui sera prochainement publié sur notre site. sur l 'accès aux œuvres protégées par le droit d 'auteur dans les collections des institutions chargées de patrimoine culturel. Donc toujours pour l 'usage des médiothèques, des services d 'archives et des musées. Car il est possible de faire les choses de manière correcte en respectant ce que nous appelons le test en trois étapes. C 'est -à -dire que les États ont la possibilité de fixer des exceptions et limitations au droit de reproduction, qui normalement est un droit exclusif, à trois conditions. Il doit s 'agir de cas particuliers, avec des objectifs bien précis. Cela ne doit pas entrer en conflit avec une exploitation normale de l 'œuvre. Et cela ne doit pas porter un préjudice induit aux intérêts légitimes des auteurs. Donc il est possible de... à la fois d 'assurer la préservation de ces œuvres toujours couvertes par le droit d 'auteur, une certaine accessibilité au public. Il se pose également la question de la possible utilisation des données numérisées par les systèmes d 'IA. Avant d 'entrer vraiment dans le propos, j 'aimerais faire quelques petits distinguos. D 'abord, quand on parle d 'accessibilité au public, il peut y avoir différents cas de figure. Ce n 'est pas du tout la même chose de permettre l 'accès à des collections de musées, de bibliothèques ou d 'archives à des chercheurs et de rendre accessible un document sur Internet. Lorsque l 'on parle maintenant d 'utilisation par des systèmes d 'IA, il peut y avoir plusieurs choses. Il peut y avoir une numérisation qui a pour but de permettre une recherche dans le corps du texte, mais sans donner accès à l 'intégralité du contenu. C 'est ce que permet notamment Google Books, qui a numérisé des dizaines de millions d 'œuvres couvertes par le copyright des États -Unis. Elles donnent des aperçus sur Internet, mais pas l 'accès à l 'intégralité du document. Dans la législation américaine, qui est très particulière, cela a été reconnu par la jurisprudence comme étant un usage loyal, inférieuse, toléré. Et ça n 'est pas du tout la même chose que de permettre l 'utilisation de ces données d 'œuvres numérisées couvertes par le droit d 'auteur comme données d 'entraînement pour l 'entraînement du système d 'IA. Et enfin, un troisième distinguo, rendre numérisé, rendre accessible ne veut pas dire gratuit. Nous assistons à la multiplication de contrats de licences entre, d 'une part, des détenteurs de contenus et, d 'autre part, des systèmes d 'IA. Et dès lors qu 'il y a un marché, se pose la question de la conformité à la deuxième étape qui reste entre trois étapes, c 'est -à -dire s 'il est possible de vendre un contenu numérique, peut -on imposer la gratuité ? Oui, en fait, sur l 'AXI. La réponse est probablement non, mais ensuite il peut y avoir un choix de politique publique visant à rendre librement accessible des données gouvernementales, également un choix des ayants droit de placer leur contenu sous une licence Creative Commons qui va être accessible sans paiement de royalties. Deuxième sous -cadre, il ne faut pas sous -estimer la valeur d 'usage pour les systèmes d 'IA d 'oeuvres qui n 'ont pas rencontré de succès commercial, ou même d 'oeuvres de contenu dans des langues rares, telles que les langues de peuples autochtones, de communautés locales, de minorités linguistiques et culturelles. Nous avons à l 'OMPI des présentations de marketplace, d 'entreprises spécialisées dans la structuration de jeux de données. Nous avons à l 'OMPI des présentations de marketplace, d 'entreprises spécialisées dans la structuration de jeux de données. langage, donc en 100 langues de documents, une base de données audio, donc en 100 langues différentes pour permettre d 'avoir un système d 'IA qui parle en langage humain de manière audio donc dans 100 langues différentes. Donc effectivement, ils vont avoir besoin d 'avoir des licences, des contenus sécurisés dans un grand nombre de langues différentes. Ensuite, parmi les différentes expériences de numérisation de la proposition par le droit d 'auteur, beaucoup donnent lieu à un système de rémunération et enfin se pose la question des partenariats publics -privés avec des entreprises et Google est particulièrement en train de proposer différents schémas de numérisation des données. Ça rentre également dans le cadre d 'une valorisation. ceci étant posé j 'aimerais faire passer 4 messages pour résumer le premier c 'est qu 'il est très important de poser lorsqu 'on veut définir une stratégie de numérisation de ces contenus toujours couverts par le droit d 'auteur la question du droit d 'auteur mais également celui de la protection du folklore lorsqu 'il s 'agit d 'accéder à des patrimoines non publiés de communautés locales de peuples autochtones qui peuvent être immatériels pour éviter tous les écueils potentiels parce qu 'il y a déjà des leçons à tirer de quelques exemples qui ont été tentés où en fait des pays ont essayé d 'introduire des exceptions trop larges au droit d 'auteur et qui ont été ressentis comme injustes par les ayants droit donc il y a eu des potons de flammes et des expériences qui n 'ont pas vraiment abouti donc ça je pourrais vous donner quelques exemples si vous êtes intéressé là -dessus et par ailleurs il peut y avoir un manque de confiance donc des communautés locales des peuples autochtones, des minorités hick et linguistiques qui auront sans doute très peu envie de partager leur savoir leur contenu, leur folklore s 'ils ne peuvent pas contrôler en fait les conditions d 'utilisation et les usages ultérieurs qui en seront faits par un système d 'IA. Deuxième point il doit absolument créer la confiance auprès des tenteurs de contenu grâce à une transparence sur les objectifs poursuivis et donc lorsque l 'on définit une stratégie et donc il faut avoir il faut pouvoir bien préciser quels vont être les usages à quelle fin en fait nous souhaitons numériser est -ce que c 'est ça non plus pour préserver, est -ce que c 'est pour rendre accessible et accessible à qui pourquoi est -ce qu 'il doit y avoir des étapes supplémentaires pour autoriser l 'utilisation par des systèmes d 'IA et pour quel type d 'utilisation par des systèmes d 'IA ? Est -ce que c 'est simplement pour la recherche textuelle ? Est -ce que c 'est pour rendre l 'ensemble accessible ? Troisième point. Et en fait, je vous dis un petit peu c 'est qu 'il y a certains états qui ont également des législations sur la possibilité par exemple d 'émettre une réserve contre l 'utilisation par les systèmes d 'IA. C 'est notamment la clause de réservation mise en place par l 'Union Européenne dans l 'article 4 de la directive sur le droit d 'auteur dans le marché commun digital. Troisième point. Il faut réfléchir au partage de la valeur entre créateurs de contenu et entreprises de l 'IA en ayant bien en tête les possibilités d 'accords de licence. Dans quelles conditions veut -on numériser ? Certains schémas proposent d 'entrer de jeu, de rémunérer, de verser une compensation aux auteurs dans le cadre d 'un mécanisme de gestion collective. Il faut réfléchir aussi aux propositions de partenariat public -privé et à leurs conséquences. Dans quelles conditions peut -on faire un partenariat pour la digitalisation des contenus ? Des contenus textuels, des contenus artistiques ou autres ? Est -ce qu 'on cède des droits ? Est -ce qu On garde juste des copies. Tout est possible. Tout peut avoir un intérêt. Ça dépend vraiment de la manière dont le bénéficiaire va définir sa politique, ce qu'il souhaite atteindre. Et enfin, il faut mettre en place une infrastructure robuste permettant l'attribution et la gestion des droits. Lorsque l'on numérise, il faut avoir une couche sémantique pour décrire les œuvres, qui va permettre à la fois de savoir qui en est l'auteur et de pouvoir également gérer les droits. Parmi les droits d'auteur, il y a un droit fondamental qui est le droit moral et le droit à être reconnu comme étant l'auteur de l'œuvre. Ces choses-là peuvent être faites grâce à des identifiants, grâce à des métadonnées. les identifiants sont bien connus il y a l'ISBN pour les livres l'ISSN pour les revues il y en a beaucoup d'autres qui sont utilisés dans la gestion des droits le DEOMI pour les articles l'ISAN pour les oeuvres audiovisuelles l'ISRC pour les phonogrammes l'ISWC pour les oeuvres musicales énormément de choses c'est très important de pouvoir avoir une bouche sémantique qui va être robuste, qui va intégrer tous ces éléments sur l'oeuvre qui va être numérisé pour permettre sa solidité à l 'ère de l 'IA. Il y a des travaux qui sont conduits actuellement par la groupe de travail sur l 'infrastructure du copyright de l 'auteur, par la Bibliothèque nationale de Finlande et la Bibliothèque nationale de Lettonie, qui ont publié un rapport sur la standardisation de ces éléments sémantiques, qui peuvent être d 'intérêt pour les participants. Et enfin, lorsqu 'il y a une gestion collective mise en place, il faut veiller aussi à la crédibilité et à l 'efficacité des organismes de gestion collective qui peuvent se voir attribuer la gestion de ces droits. Ça fait beaucoup d 'éléments qu 'il faut avoir en tête au moment de définir cette stratégie. L 'OMPI est à la disposition des États membres avec ces outils. Donc, c 'est guider. Merci. mais également ces outils de gestion tels que le logiciel WipoConnect qui permet de gérer les droits de manière automatisée
Moderator
Merci beaucoup encore une fois une intervention très riche, très dense merci à tous les deux d 'une part pour nous avoir expliqué de manière simple mais riche comment on fait pour numériser les contenus et les exploiter et comment on le fait bien comme on doit bien le faire et puis dans un deuxième temps les conditions pour exploiter les contenus numériques, sans plus tarder je vais ouvrir la parole, donner l 'occasion aux participants de poser leurs questions, d 'intervenir de donner leur point de vue aussi éventuellement c 'est pas une humiliation que ce soit sous forme de questions voilà la parole est ouverte et on va démarrer avec M. M. Diaray voilà on va prendre deux questions on va faire des rangs de deux questions, de trois questions et puis on laissera l 'occasion de discuter et puis on repartira
Speaker 3
Bonjour tout le monde merci à tous pour cette modération et merci pour les interventions j 'ai pas une grande voix, je suis désolé j 'ai perdu la force à moi c 'est comme des jaisés là on est sur un sujet très important c 'est à dire que il est la stratégie pour des contenus aujourd 'hui qui sont peut -être même pas structurés qui sont au port marouane parce que vous parlez de bibliothèque mais ça c 'est des structurés c 'est des données structurées je pense que dans certaines sociétés africaines aujourd 'hui c 'est de l 'oral donc peut -être que c 'est là où c 'est important quand on bâtit une stratégie de comprendre l 'auteur, de voir qu 'on n 'a pas tous uniformes dans la manière d 'aller vers l 'animalisation et aussi d 'éviter des exclusions dans cette partie -là, parce qu 'il y a une seule information orale qui existe quelque part dans ces sociétés -là et aussi beaucoup plus importante des flèves les pertinentes, mais elle n 'est pas mise en valeur parce qu 'elle n 'a pas un support, donc je pense que ça c 'est important aussi de voir dans les stratégies de l 'animalisation il faut voir quels sont les types d 'informations disponibles les canaux, l 'oralité ça c 'est important et deuxième c 'est comment les archiver avant d 'arriver à la période de l 'animalisation archivage si vous prenez votre dictaphone, vous allez en Afrique un veillard qui a plein de choses à vous dire qui sont utiles ou d 'autres comment on archive tout ça comment on garde comment on essaie d 'avoir une phase de transition pour se créer et aller vers la numérisation ça c 'est important aussi de penser cette méthode d 'archivage et le coût que ça peut apporter et puis j 'avais noté un autre point aussi je vais regarder un petit peu dans vos interventions c 'est le mode de conservation les impulsions de conservation qu 'il faut mettre en place dans cette stratégie là et puis après une fois que vous savez il faut arbitrer, à classifier parce que dans tout ce qu 'on a qu 'est -ce qui va être souverain qu 'est -ce qui ne l 'est pas c 'est à partir de là qu 'on verra ce qui est public ce qui est partagé ou pas si on rate aussi dans cette stratégie de définir ce qui est souverain et qui pourrait être partagé ou pas ça facilite de réguler j 'ai l 'impression parce qu 'il ne faut pas courir derrière la régulation si on peut l 'anticiper dans une stratégie le problème c 'est que souvent on enfonce et après on se rend compte qu 'on n 'a pas et puis on court vers la régulation qu 'on aurait fait antes et puis enfin je ne veux pas être loin dans ce truc de chéneté c 'est le coût le gros problème c 'est le financement la numérisation c 'est un coût ce qui coûte cher aujourd 'hui c 'est le coût ça c 'est un coût parce que tout le monde dit aujourd 'hui il faut numériser, derrière il faut des serveurs des data centers pour les stockings et tout le monde dit ça ne va pas, il n 'y a pas d 'électricité donc en fait il faudra peut -être dans la stratégie revoir ce qui est mieux pour la planète parce que si on va tous vers la numérisation c 'est pas un bon signe je m 'arrête là merci
Speaker 4
Boris Engelson, je ne sais pas journaliste indépendant, je ne sais pas si mon intervention que je vais essayer de faire brève est complémentaire ou antagoniste mais enfin elle va quand même être une question de temps et de temps dire pourquoi, de mon point de vue, les contenus inexploités le resteront. Parce que je prends le problème d 'une manière, je ne dirais pas antagoniste, perpendiculaire à vous. Admettons qu 'un martien débarque sur Terre dans mille ans et il veuille écrire l 'histoire de la Terre au XXIe siècle pour faire un livre pour les martiens. Il demandera toutes les archives, tous les actes de congrès, toutes les conversations téléphoniques qui représentent quand même l 'essentiel des idées, ou en tout cas des propos qui se lancent sur Terre, toutes les tickets de caisse et les carnets de lait, tous les courriers privés au public, tous les fonds invendus des brocantes de vieux livres, etc., les photos des runes, les vidéos scabreuses des médecins, etc. Donc tout ça, c 'est des contenus inexploités. Et ils sont inexploités en partie pour des raisons légitimes aujourd 'hui et de toute façon on ne peut pas attendre des bibliothèques et des législateurs qu 'ils œuvre essentiellement pour le martien qui va venir dans Milan, d 'ailleurs qui m 'a téléphoné tout à l 'heure, il faut un certain temps de préparation. Donc, ici nous avons deux pôles extrêmes du problème. Il y a le pôle réel, administratif, même bureaucratique, avec tous les préjugés aussi, les routines dont vous faites les dépositaires de gré ou de force, et puis il y a tout le potentiel des contenus inexploités idéal du point de vue d 'un martien. Tiens, alors comment est -ce que, où est -ce qu 'on place ce curseur et comment satisfaire la bienséance des humains bornés du XXIe siècle sans compromettre l 'encyclopédisme du martien dans Milan ? Voilà comment, moi, je vis le problème qui est assez différent, je crois, de ce qu 'on est censé discuter ici.
Speaker 1
Merci pour votre... J 'aime beaucoup parce qu 'effectivement, c 'est assez complémentaire. la question c 'est le problème c 'est que je ne sais pas si la société dans son ensemble considère que c 'est une question faut -il une IA par rapport à et faut -il une IA qui va remplacer les moteurs de recherche mais poser la question c 'est déjà être dépassé par une vague qui n 'a pas attendu qu 'on pose la question beaucoup de gens ont commencé déjà aujourd 'hui à ne plus utiliser les moteurs de recherche et à utiliser éthiquement des des sites ou des applications d 'intelligence artificielle générative pour obtenir des réponses en trois secondes à leurs questions aux questions qu 'ils se posent et donc quelque part le postulat de mon intervention c 'est de dire à partir du moment où on est dans cette société là en construction autant que les données sur base desquelles l 'IA s 'entraîne soient les plus complètes possibles et les plus fiables possible et donc c 'est ça Après, on peut aussi, effectivement, avoir d 'autres prises de position et considérer qu 'on doit rester en dehors de tout ça. Le souci, c 'est qu 'il y a déjà énormément de choses, énormément d 'informations sur le web. Il y a un concept que j 'aime beaucoup, c 'est le mot d 'infobésité. On en parle depuis 15 ans, je pense, de le fait qu 'il y a tellement d 'informations sur Internet que, quelque part, on ne sait plus par où commencer et que, finalement, tout le monde s 'en remet. — Avant l 'IA, quand on tapait dans Google, c 'était 787 millions de référents. — Au classement aveugle, c 'était là aussi une boîte noire. En fait, finalement, on entend aujourd 'hui qu 'il y a un certain nombre de constats qui ont fait l 'élève -même par rapport aux moteurs de recherche, en particulier au moment où Google s 'est imposé comme étant le plus utilisé dans le monde. Voilà. L 'enjeu, c 'est celui -là. C 'est que... — On peut très bien ouvrir toutes les portes de toutes les bibliothèques du monde. patrimoniales, bibliothèques de prêt, tout ce qu 'on veut, rendre accessibles tous les contenus audiovisuels dont vous parliez, parce que moi je les ai inclus, j 'avais parlé de l 'audiovisuel de manière générale, mais j 'ai bien conscience qu 'effectivement ce serait le milieu le plus catastrophique de se limiter à l 'imprimer ou à l 'éditer, avec l 'essentiel des ports entiers de la connaissance, du savoir, des traditions, de la culture, etc., ne sont pas écrits, très bien entendu, et partout dans le monde d 'ailleurs. Et dès lors qu 'on est dans l 'hypothèse de départ, forcément, si on veut que cette vieille soit la plus possible, il faudrait qu 'elle puisse aussi s 'entraîner sur ce type de données -là. Mais bon, forcément, si on veut les choses par rapport à la perspective du martien, ce serait de dire pour quoi faire, les investissements qui sont nécessaires pour les faire, sont -ils 1. réalistes, 2. les inhérents, 3. Et ça, c 'est une vraie question.
Moderator
ur la question des contenus oraux, il y a aussi une question à avoir bien en tête, c 'est celle de créer la confiance et de s 'assurer que la numérisation va se faire avec l 'accord des communautés et avec, pour elles, un retour de manière éditable. Il y a des exemples, moi j 'en ai un en tête, qui était l 'enregistrement d 'un chant religieux kanak, en Nouvelle -Calédonie, par des musicologues dans les années 80, donc un but non lucratif, et qui va être utilisé 20 ans plus tard par un musicien à succès, de manière complètement commerciale, et sans créditer la communauté d 'origine. Je pense que c 'est nécessaire d 'avoir ce souci, dès la conception de la stratégie, des utilisations. Et dans le futur, pour les encadrer, si l 'on veut réussir le succès de cette politique de préservation des savoirs locaux et oraux. Alors, pour répondre maintenant à la question du martien, là, je pense que vous voyez ça uniquement parce que vous ne voyez que la question des LLM, des chatbots omniscients qui vont produire essentiellement du texte. Or, les IA, les systèmes d 'IA aujourd 'hui sont beaucoup plus divers et on peut avoir des besoins très spécifiques. Et il ne faut pas croire que ces contenus qui peuvent avoir à dire anodin, de vidéos, de parties publiées, des heures de programmes, de journaux télévisés, n 'ont aucune valeur. Par exemple, si vous êtes une compagnie d 'IA, donc d 'IA générative, donc produisant de la vidéo... ou de l 'image, vous pouvez détecter dans votre système un manque, par exemple, sur le vol des hélicoptères. Et donc, la solution, parce que c 'est très difficile de simuler les balles des hélicoptères qui tournent, la solution, ça va être de demander à des data scientists de faire un jeu de données avec des images des hélicoptères qui volent. Et donc, ils vont devoir récupérer, dans des journaux télé, dans des reportages, dans des documentaires, dans des films, tout ce qui va être des images d 'hélicoptères en train de voler, pour les annoter, pour entraîner le système d 'IA pour s 'assurer que lorsque le capteur de manque des hélicoptères est en train de voler, ça soit une image de grande qualité. Et ça, ça vaut très cher. Et ça, ça vaut très cher. Donc, il est possible de vendre tout à fait ces contenus qui vous semblent complètement sans intérêt, de les commercialiser, d 'avoir un certain nombre de licences. si on arrive à trouver le bon mécanisme. Et par ailleurs, une œuvre qui n 'a eu aucun succès, pas forcément une œuvre sans valeur, je regardais aussi la base de données Relire, ui est le projet français pour rendre accessible à nouveau en ligne des œuvres du XXe siècle non rééditées. On va trouver quand même des autoréférences, des sujets de niche, qui ne vont pas intéresser le grand public, mais qui vont avoir de la valeur pour les spécialistes. D
Speaker 4
j 'allais dans votre sens. Je n 'ai jamais dit que c 'était sans intérêt, au contraire.
Speaker 3
Une seconde, juste une seconde. En fait, en gros, dans la stratégie, ce que lui provoque un peu, j 'ai compris, c 'est d 'éviter d 'avoir une partie de stratégie qui a eu des documents inexploités, d 'avoir des consommateurs et uniquement des gens à réduire la consommation. de produits dont ils ont participé mais ils deviennent juste consommateurs. Il y en a d 'autres qui vont en commercialiser, en bénéficier. C 'est pour ça que je parlais un peu de l 'Afrique. En gros, la connaissance risque aussi dans l 'IA d 'avoir les mêmes trucs qu 'on a eu avec les matières primaires. On produit, mais on est pauvre. L 'IA va arriver encore, on va produire des connaissances et on risque d 'être pauvre. C 'est ça la question.
Speaker 1
Si je peux revenir là -dessus et par rapport à votre question précédente sur la question des infrastructures, etc. Ce qui m 'a frappé tout à l 'heure dans la séance plénière, c 'est qu 'on parlait du cloud comme ayant été la fin quelque part sur le développement d 'une gouvernance transparente de tous ces modèles des nouvelles technologies. Parce qu 'on voit au niveau des infrastructures numériques, c 'est vraiment très enrichissant et très important. C 'est effectivement cette nécessité d 'apprendre à mieux d 'abord à mieux se connaître et mieux se comprendre les uns les autres. de comprendre les réalités de terrain qui sont différentes, les réalités symboliques, les réalités historiques, les réalités des enjeux culturels bien entendu, et de comprendre les inquiétudes et les craintes pour pouvoir y répondre collectivement et créer collectivement de la confiance. Parce qu 'effectivement il n 'y a pas d 'IA possible à mon sens sans confiance, et à partir des moments où on est contraint de s 'adresser à une boîte noire à laquelle on ne fait pas confiance, ça commence à devenir compliqué, puisque d 'un point de vue psychologique, on va continuer à évoluer dans un monde comme celui -là. Et donc, c 'est ce qui nous semble important au niveau du secteur bibliothèque et musée -archives, c 'est contribuer à l 'édification d 'un écosystème numérique qui soit ouvert, qui soit disponible pour terrain, qui soit... ... et qui puisse nourrir l 'ensemble des des publics qui sont historiquement les publics des chercheurs les publics des étudiants et puis alors un public plus large et aujourd 'hui aussi des machines finalement c 'est un segment de public quelque part qui serait lui aussi être utile par rapport au premier public et donc là il y a un effort de construction de la confiance qui est indispensable et qui n 'est pas forcément évident d 'où le fait de travailler sur des formations de manière transversale pour pouvoir avoir une meilleure maîtrise des marchés publics parce qu 'on n 'est pas forcément obligé de tout acheter ou de tout faire soi -même il faut maîtriser en tout cas ce qu 'on demande pour pouvoir ... pour pouvoir avoir un résultat qui soit réellement exploitable. Donc, la nécessité de partager les normes et standards, que ce soit en matière bibliographique ou en matière iconographe, en matière de calcul d 'images, de numérisation, de labellisation, etc., en matière d 'équipement, en matière de bibliothèque numérique, de portail agrégateur, et aussi essayer de permettre l 'interopérabilité dont vous parliez, favoriser la multiplicité, la multiplication des canaux de diffusion. Par exemple, le réseau francophone numérique a développé une bibliothèque qui s 'appelle la Bibliothèque du réseau francophone numérique. On a constaté à un moment donné, en novembre, que ça pouvait éventuellement être une crainte. En fait, c 'est une opportunité parce qu 'il y a un portail commun que pour autant, on ne peut pas enrichir des portails individuels ou des portails bilatéraux ou que ce soit un portail numérique. Mais, venant d 'un petit pays comme la Belgique, c 'est assez naturel. On a toute une érie de documents dans nos collections, par rapport auxquels personne dans le monde ne pensera, pas même l 'IA, ou alors il faudrait bien l 'entraîner, pensera à notre institution pour aller voir si on a des sources. Un exemple très simple, posté dans le sujet musical, on a des manuscrits autobac de Novo Tobac, autographe de Sebastian Bach. Il n 'est jamais venu en Belgique, il n 'est jamais venu à Bruxelles. Personne qui connaît un peu le sujet, qui s 'intéresse, va s 'intéresser à venir chez nous. Si on veut maximiser la chance que ce document soit un jour consulté, il faut aller en l 'air, le rendre accessible dans les portails qui auront opinion sur lui par rapport à cette question -là. Un autre exemple, par exemple si on a des contenus... Un francophone qui touche l 'histoire régionale européenne, par exemple, sera davantage consulté sur des sites spécialisés ou dans des portails européens. Et pareil, inversement, à partir du moment où on peut... diffuser largement dans des portails différenciés, spécifiques et plus ou moins spécialisés au départ des mêmes liens au plus on aura de la consultation, au plus on créera la possibilité d 'un accès à une information fiable et donc davantage on contribuera à l 'élimination d 'une société qui a responsable et unique
Speaker 5
Merci beaucoup Je suis la directrice du numérique du Sénégal J 'ai bien aimé la question de monsieur sur les marchés parce que c 'est ce que je donne souvent comme exemple chez moi au Sénégal en disant que d 'ici quelques temps on se retrouvera avec un de nos héros nationaux puisqu 'on a des... on transmet l 'information en oral, on va se retrouver un beau jour avec la Dior qui est dégoûtée, c 'est -à -dire en français, parce que tout simplement, on n 'a pas pris le temps pour la transmission orale de numériser et de pouvoir l 'utiliser avec les IA. Donc d 'ici quelques temps, peut -être que si on tape surtout sur les informations non numérisées, qu 'on se retrouve avec une falsification de l 'histoire. Donc c 'est pourquoi tout à l 'heure quand tu parlais de patrimoine, de patrimoine à numériser, il est important de numériser le patrimoine. Bien que ça coûte très cher, il faudrait qu 'on puisse le numériser, le structurer, parce que d 'ici quelques temps, on parle beaucoup de diversité, mais à un moment donné, il faut que dans cette diversité culturelle, que chacun sache ce qui lui appartient culturellement. Donc il est important, à mon avis, aujourd 'hui, dans les nouvelles stratégies, on pourra le voir, la voir. qui est assez important, mais surtout le modèle à mettre en place pour fiabiliser ces informations qui, chez nous en Afrique, sont au groupe. Quand est -ce que cette information est toujours fiable pour la mettre à disposition de tout le monde ? Et ça a structuré, donc ça, il sera important dans la stratégie qu 'ils mettront en place pour qu 'on puisse les intégrer. C 'est beaucoup plus une contribution et retrouver surtout notre collègue qui a parlé de Marcia et l 'importance également de pouvoir aussi avoir la propriété intellectuelle. En fait, c 'est cette propriété intellectuelle finalement infinie qui permet un peu de fiabiliser ces informations -là, infinies. Si dans cette stratégie très tôt, on intègre cet aspect de fiabilisation avec la propriété intellectuelle, je pense également qu 'on pourrait y arriver un peu plus. Merci beaucoup.
Moderator
Merci beaucoup. Je n 'ai rien dit. Cette question de savoir qu 'est -ce qui est numérisé, la propriété intellectuelle, la fiabilité, elle est très importante. Pour prolonger un petit peu la question de mon collègue sur la stratégie de la numérisation, et là si je reviens vraiment un peu à la question de l 'espace francophone, c 'est vraiment dans l 'espace francophone, qu 'est -ce qui serait dans le cadre de l 'espace francophone, deux questions, deux aspects, qu 'est -ce qui serait dans l 'espace francophone priorisé en matière de numérisation, quels seraient les critères de priorisation pour savoir qu 'est -ce qu 'on doit numériser, et puis comment l 'espace francophone peut développer sa souveraineté, construire un corpus francophone peut -être commun, ou une fédération de communs. Un corpus national ou institutionnel, si les règles sont différentes. Voilà, vous êtes toujours dans cette figure, on a peut -être un petit peu discuté là -dessus, mais ce serait intéressant peut -être d 'avoir votre point de vue sur cette question -là concernant... espace francophone en particulier si vous avez quelques mots on va dire maximum 5 minutes à tous les deux et ensuite vous pouvez faire le mot de culture t
Speaker 1
rès bien la priorité c 'est à mon sens d 'abord je pense que chaque institution, chaque groupe groupe social en fonction de ses réalités de son histoire et de ses sources en fait la priorité c 'est refaire l 'inventaire ou c 'est préciser l 'inventaire et savoir de quoi on parle inconcrètement donc qu 'est -ce qui est conservé jusqu 'à présent qu 'est -ce qui risque de disparaître et du coup la conservation revient quand même au galop cette notion de conservation quand on parle de sources sonores par exemple la tradition orale qui lorsqu 'elle a été ce qui n 'est pas toujours le cas mais est -ce qu 'elle a été à un moment donné retranscrite ou enregistrée forcément tout ce qui est sur bande magnétique par exemple c 'est extrêmement fragile donc c 'est une priorité absolue ça c 'est l 'un des éléments le deuxième élément c 'est je pense multiplier les canaux d 'accès parce qu 'au plus on a des canaux d 'accès au moins on s 'affranchit d 'une potentielle arbitraire dans la manière dont on est et alors la solidarité pour venir ensemble à la maîtrise de la maturité numérique pouvoir être à même en tant que détenteur de ces collections de faire des choix judicieux en termes d 'opération, en termes de choix de matériel d 'infrastructures, de partenaires, etc. et pas se faire dicter la loi par des acteurs économiques qui très rapidement quand il n 'y a pas de l 'expertise de la table de l 'enseignement on peut prendre ce qui est le plus
Speaker 2
e vais être très bref parce que l 'OMPI ne propose pas ou ne tente pas d 'imposer une norme à quelconque pays nous sommes là pour aider les pays à atteindre les objectifs qu 'ils se fixent eux -mêmes je ne vais pas tout à fait réagir à la question mais il y avait aussi une question qui était un peu plus technique comment peut -on signaler les usages qui vont être tolérés les conditions d 'utilisation je pense que c 'est tout à fait possible de le faire dans la couche sémantique qui va décrire les objets numérisés d 'inclure à l 'intérieur l 'objectif de la numérisation dans quelles conditions ils peuvent être utilisés si c 'est quelque chose de sensible qui peut être largement accessible si l 'usage doit être restreintes. Je pense que c 'est également l 'importance d 'avoir des métadonnées qui vont être extrêmement précises parce qu 'elles vont permettre d 'être visibles directement par la machine et exploitables plus facilement et conformément à la politique fixée par l 'État.
Moderator
xcellent. Merci beaucoup pour ces interventions. Je vais peut -être vous laisser encore deux mots. Je peux vous dire que vous allez voir les éléments sur le mot. Tu voulais dire quelque chose ? J 'aimerais, parce qu 'en fait, ce qui pourrait être équitable entre les hommes et les femmes, je pense que vous voulez en parler. C 'est important parce que la normalisation est juste dans la logistique de données. C 'est important. J 'ai juste voulu dire un point au niveau des priorités que vous avez. Vous venez de mentionner. On parle depuis ce matin -là, comment on peut influencer le contenu numérique, comment est -ce qu 'on peut vraiment ne plus avoir de biaiser un peu les informations
Speaker 6
qui sont sur le net. Est-ce qu'il y a des priorités qui ont été identifiées au niveau des bibliothèques, au niveau de l'envie, classification des données avec des recommandations peut-être de numériser une certaine catégorie d'informations ? Est-ce que les normes peuvent contribuer à faciliter ce processus-là ? Parce que là, s'il n'y a pas un plan d'action, comment est-ce qu'on va vraiment aboutir à cet objectif-là ? Ça demande des fonds, des financements, ça demande des priorités politiques au niveau national, ça demande beaucoup de mobilisation. Est-ce que vous voyez cela prendre place ? Il y a des priorités au niveau national des pays membres ? Alors... C'est très bien. Désolée, mais... C'est un marqué à insister, là. C'est une excellente question. Ça rejoint la dégoût de confusion, parce que justement, j'avais demandé des...
Moderator
des priorités à pouvoir défendre collectivement au niveau international. Donc ça rejoint tout à fait. Je crois que...
Speaker 1
je crois que l'IA permet de remettre à l'avant-plan les enjeux de la numérisation alors que beaucoup de gens savent que c'est terminé c'est évidemment pas le cas parce que il y a des effets molles et à un moment donné pendant des décennies il est resté sous le mur donc là il y a une opportunité de reconscientiser les autorités publiques et de la nécessité de financer ces campagnes de préservation et de numérisation du patrimoine Deuxièmement Deuxièmement, il y a moyen de jouer sur l 'urgence, parce que l 'urgence est plus criante qu 'à l 'époque où on parlait essentiellement de pouvoir conserver plus facilement des sources qui allaient disparaître. On sait que tout ce qui est ce bande magnétique, par exemple, a vraiment vocation à disparaître. Il suffit que les bandes se démagnétisent et c 'est terminé. On sait que la presse, même bien conservée, disparaîtra en raison de la signification du papier, alors que, par exemple, des manuscrits au Moyen -Âge, pour se parler de ma bibliothèque, bien conservés, sont toujours très bien conservés dans 500 ans. Mais la priorité, ça reste clairement le patrimoine en danger ou menacé ou fragile, la presse dans des traditions plus écrites et les sources sonores. par rapport à tout ce qui est patrimoine immatériel ou tradition orale, etc. Les documents uniques, parce que là, les bibliothèques, on oublie, mais elles sont en situation de monopole, donc si elles ne le font pas, personne ne le fera. Ça veut dire que c 'est tout le patrimoine manuscrit, et là, ça touche tout le monde, que ce soit de la correspondance, que ce soit de l 'édition, etc., peu importe. Et puis après, il y a, en général, là, je parle plutôt dans le secteur des bibliothèques nationales, le principe de subsidiarité qui dit que, bon, chaque État doit, quelque part, faire son travail, et donc il y a le principe du patrimoine national, donc pour la Belgique, ce qu 'on appelle le Belgique canard. C 'est un État qui a moins de 200 ans, donc on ne s 'arrête pas à 1830, c 'est, en gros, le patrimoine en lien avec l 'histoire des régions qui constituent l 'actuelle Belgique. Et si chacun fait comme ça, forcément, collectivement, on arrive alors quand même à aller assez loin. Voilà, ça, c 'est la base. Mais... Au niveau de l 'IA, aujourd 'hui, il y a une meilleure liberté. Ce que j 'ai pu voir, en tout cas au niveau belge, chez certains de mes collègues francophones, c 'est quand même essentiellement des textes qui sont, et sont à raison d 'ailleurs, des textes qui visent à essayer de baliser l 'utilisation de l 'IA, a fortiori à commencer au sein du secteur public, notamment en appui à la décision politique, mais pas à la plage de la décision. C 'est un principe qu 'on retrouve quand même un peu partout, mais on n 'est pas encore réellement dans des programmes qui permettent de refinancer l 'ensemble des chaînes qui aboutissent à l 'IA, au bénéfice de l 'IA, pour l 'IA et en raison de l 'IA. Et ça, c 'est le combat suivant. Autrement, effectivement, comme vous l 'avez évoqué tout à l 'heure, on n 'avancera pas davantage, pas plus vite, et donc à ce moment -là, on sera forcément tous tous tributaires du fait qu'on ne pourra pas combattre, enfin même comme ça, de toute façon, on ne pourra pas combattre les armées de trolls, ce que l'on appelle, qui produisent automatiquement des conduits, il y a des conduits sur le monde, en s'inspirant des armées de trolls.
Moderator
Peut -être, si vous avez envie de faire quelque chose, normalement, en une minute. Parce que vous avez passé le 4 minutes.
Speaker 2
C 'est peut -être les grands principes que j 'aimerais mettre en avant, d 'intégrer dans les stratégies, d 'assurer, de créer la confiance avec les ayants droit, mais également les communautés porteurs de tradition orale, d 'assurer la transparence des systèmes d 'IA, s 'agissant des contenus exploités, et finalement, de mettre en place aussi un système d 'infrastructures, de couches sémantiques qui soient robustes, incluant des identifiants et des métadonnées qui permettent d 'identifier les auteurs et de gérer les droits localisés. Merci.
Prévisions 2023 : 12 tendances en matière de gouvernance numérique et de diplomatie
Par exemple, les données doivent-elles être traitées comme une question technique, juridique, économique, sécuritaire ou socioculturelle ? L'IA est une question encore plus complexe avec des lignes de démarcation floues ...
10 tendances en matière de diplomatie et de gouvernance numériques pour 2022
7. Un accent accru sur les valeurs dans la gouvernance numérique élèvera l'importance des droits de l'Homme en ligne. Après la stratégie de l'administration Biden en matière de politique numérique mondiale axée sur les ...
Ties between generative artificial intelligence and intellectual property rights
Introduction Artificial intelligence (AI) is becoming an increasingly important part of our daily lives, from search engines and automatic driving systems to generative AI (GenAI) such as ChatGPT, MidJourney, and DALL-...
Atelier #2 : « Comment les politiques publiques et les cadres de gouvernance peuvent-ils soutenir la promotion de la diversité culturelle et linguistique dans le domaine de l’intelligence artificielle ? »
Elle a illustré la complexité de la préservation culturelle à travers l'exemple d'un masque africain, démontrant comment un même objet peut être perçu de manières radicalement différentes selon les perspectives culturell...
Rapport: Des voix africaines plus fortes dans le numérique : construire une politique étrangère et une diplomatie africaines du numérique
À mesure que le dynamisme numérique de l'Afrique s'accroît, sa participation à la politique numérique mondiale doit augmenter. Dans cette transition, les pays africains doivent composer avec les réalités géopolitiques de...
Strengthening Africa’s voices in global digital processes
After looking at the current situation, the discussion will provide practical insights and suggestions on why and how to broaden the African digital diplomacy footprint in international processes, focusing on those deali...
1

La base confirme explicitement que « l'IA est construite sur des données », et que la gouvernance des données et celle de l’IA vont de pair [S19].

2

Cette idée est corroborée par [S29], qui rappelle que les données utilisées par l’IA sont majoritairement anglophones et que les plateformes recommandent souvent des contenus anglophones, ce qui pose un défi direct pour la diversité linguistique francophone en ligne [S29].

3

La base apporte un contexte utile en montrant que la concentration du pouvoir numérique et l’inégalité numérique sont identifiées comme des risques majeurs, en particulier pour les régions moins favorisées, ce qui renforce l’idée d’un enjeu de souveraineté informationnelle et culturelle [S22].

4

La base n’aborde pas directement les institutions patrimoniales, mais elle confirme plus largement que l’usage accru des données par les organisations et pouvoirs publics doit servir des politiques fondées sur des preuves, tandis que la gouvernance des données devient plus politique [S19]. Cela donne du poids à la dimension de politique publique évoquée dans le rapport.

5

La base confirme que l’essor d’outils comme ChatGPT a fait émerger de nouvelles questions de gouvernance pratique et de protection des droits de propriété intellectuelle [S19].

6

La base ajoute un élément important en soulignant le rôle d’instances internationales comme l’UNESCO dans l’élaboration de pactes et chartes culturels, ainsi que le rôle moteur de l’Europe dans la gouvernance numérique et de l’IA [S37] et [S19].

IGFSA | SIDE EVENT — I am Here representing the dynamic coalition on accessibility and disability where I am a co-coordinator I am also a a Secretary the treasurer of the both the The ISAC accessibility standing group and also the accessibil...
Michael Frendo — The Hon. Dr Michael Frendo, MP, currently, Speaker of the Parliament of Malta, has been a Member of the Maltese Parliament for the past 23 years. From 1990 to 1992, he was Parliamentary Secretary (Minister of State) for ...
IGFSA | SIDE EVENT — I am Here representing the dynamic coalition on accessibility and disability where I am a co-coordinator I am also a a Secretary the treasurer of the both the The ISAC accessibility standing group and also the accessibil...
Michael Frendo — The Hon. Dr Michael Frendo, MP, currently, Speaker of the Parliament of Malta, has been a Member of the Maltese Parliament for the past 23 years. From 1990 to 1992, he was Parliamentary Secretary (Minister of State) for ...
Internet3: An Internet based on 21st Century Principals | IGF 2023 Launch / Award Event #179 — Thank you. Great. Yeah. Intervenants Hideshi Takatani Speech speed 121 words per minute Speech length ...
The Role of Parliamentarians in Shaping a Trusted Internet Empowering All People — The potential benefits are enormous. The potential risks are also. How do we as lawmakers, technical experts, civil society, come together to build a force? framework for development and use artificial intelligence that ...
Michael Frendo — The Hon. Dr Michael Frendo, MP, currently, Speaker of the Parliament of Malta, has been a Member of the Maltese Parliament for the past 23 years. From 1990 to 1992, he was Parliamentary Secretary (Minister of State) for ...
IGFSA | SIDE EVENT — I am Here representing the dynamic coalition on accessibility and disability where I am a co-coordinator I am also a a Secretary the treasurer of the both the The ISAC accessibility standing group and also the accessibil...
Parliamentary Session 4 From Dialogue to Action Advancing Digital Cooperation Across Regions and Stakeholder Groups — Intervenants Intervenants from the provided list: - Jennifer Chung - Moderator, from DotAsia and 2025 MAG member - Olaf Kolkman - Principal of Internet Technology Policy and Advocacy at the Internet Society -...
Michael Frendo — The Hon. Dr Michael Frendo, MP, currently, Speaker of the Parliament of Malta, has been a Member of the Maltese Parliament for the past 23 years. From 1990 to 1992, he was Parliamentary Secretary (Minister of State) for ...
Parliamentary Session 4 From Dialogue to Action Advancing Digital Cooperation Across Regions and Stakeholder Groups — Intervenants Intervenants from the provided list: - Jennifer Chung - Moderator, from DotAsia and 2025 MAG member - Olaf Kolkman - Principal of Internet Technology Policy and Advocacy at the Internet Society -...
Michael Frendo — The Hon. Dr Michael Frendo, MP, currently, Speaker of the Parliament of Malta, has been a Member of the Maltese Parliament for the past 23 years. From 1990 to 1992, he was Parliamentary Secretary (Minister of State) for ...
IGFSA | SIDE EVENT — I am Here representing the dynamic coalition on accessibility and disability where I am a co-coordinator I am also a a Secretary the treasurer of the both the The ISAC accessibility standing group and also the accessibil...
[GUIDE] Who should be on your organising team? — Who are the key people you need to organise and run a meeting or event? Generally, a moderator (or host) is always required, regardless of the size of the group. As for the rest, it depends on the size of your event… and...
[HOW-TO] The art of moderating effectively —   A moderator can make or break a meeting. The moderator's role is therefore crucial in meetings and events. What is the moderator's role? Pretty much like the conductor of an orchestra, the moderator's role i...
IGFSA | SIDE EVENT — Intervenants and Moderators Amrita Choudhury, the Director of CCAOI, Treasurer of Internet Society India, Delhi Chapter and the APAC Lead of SIG Women Jennifer Chung, heads the Secretariat for Internet Governance Forum Su...
IGFSA | SIDE EVENT — His leadership and advocacy will undoubtedly contribute to the development of a robust internet governance framework in the country as it continues to navigate its digital future. Nasa Nicholas Kirama...
The WSIS welcome Part II: and now for the Shakers! — The adaptability of the WSIS Action Lines was acknowledged for matching the pace of rapid technological changes, supported by the Internet Governance Forum's role in wider digital governance issues.This high-level discus...
Prévisions 2023 : 12 tendances en matière de gouvernance numérique et de diplomatie — Par exemple, les données doivent-elles être traitées comme une question technique, juridique, économique, sécuritaire ou socioculturelle ? L'IA est une question encore plus complexe avec des lignes de démarcation floues ...
Séance d'ouverture : « La gouvernance internationale du numérique et de l’IA : à la croisée des chemins ? » — Je garde l'outil. Avec l'IA, le problème est que ces IA créent, créent des choses qui peuvent être mauvaises pour l'humanité. Et donc, ensemble, nous devons décider comment les utiliser. Et pour savoir comment les utilis...
Panel #3: « Gouverner les données : entre souveraineté, éthique et sécurité à l’ère de l’interconnexion » — Est-ce qu'on peut s'accorder deux minutes, parce que je voudrais donner la parole à Destiny Tchéhouali pour une petite intervention, le professeur Tchéhouali donc qui est intervenu hier dans le cadre de la diversité, par...
10 tendances en matière de diplomatie et de gouvernance numériques pour 2022 — De nouveaux outils pour les activités diplomatiques Des négociations et de la rédaction à la représentation et à la promotion, la numérisation des fonctions diplomatiques devrait s'accélérer en 2022. L'utilisation des s...
Rapport: Des voix africaines plus fortes dans le numérique : construire une politique étrangère et une diplomatie africaines du numérique — À mesure que le dynamisme numérique de l'Afrique s'accroît, sa participation à la politique numérique mondiale doit augmenter. Dans cette transition, les pays africains doivent composer avec les réalités géopolitiques de...
Ties between generative artificial intelligence and intellectual property rights — Introduction Artificial intelligence (AI) is becoming an increasingly important part of our daily lives, from search engines and automatic driving systems to generative AI (GenAI) such as ChatGPT, MidJourney, and DALL-...
Atelier #2 : « Comment les politiques publiques et les cadres de gouvernance peuvent-ils soutenir la promotion de la diversité culturelle et linguistique dans le domaine de l’intelligence artificielle ? » — Elle a illustré la complexité de la préservation culturelle à travers l'exemple d'un masque africain, démontrant comment un même objet peut être perçu de manières radicalement différentes selon les perspectives culturell...
Rapport: Des voix africaines plus fortes dans le numérique : construire une politique étrangère et une diplomatie africaines du numérique — À mesure que le dynamisme numérique de l'Afrique s'accroît, sa participation à la politique numérique mondiale doit augmenter. Dans cette transition, les pays africains doivent composer avec les réalités géopolitiques de...
Prévisions 2023 : 12 tendances en matière de gouvernance numérique et de diplomatie — Alors que la mise en œuvre des résultats du SMSI est réexaminée, il en sera de même pour l'avenir du Forum sur la gouvernance de l'Internet (FGI). Au début de l'année 2023, le FGI contribuera au processus du Pacte numé...
10 tendances en matière de diplomatie et de gouvernance numériques pour 2022 — Comme la principale bataille réglementaire en matière de technologies se déroule à Bruxelles, de nombreux autres pays suivent de près l'UE et adoptent des réglementations similaires, comme ce fut le cas avec le Règlament...
Atelier #1 : « Comment mettre en place des mécanismes de mesure de la pluralité culturelle et linguistique des contenus en ligne ? » — Différences Different viewpoints Approche méthodologique pour la mesure de la découvrabilité Nécessité de développer des méthodes scientifiques rigoureuses pour mesurer la place des langues sur Internet, car le...
Atelier #2 : « Comment les politiques publiques et les cadres de gouvernance peuvent-ils soutenir la promotion de la diversité culturelle et linguistique dans le domaine de l’intelligence artificielle ? » — Et à chaque fois, c'était l'idée d'un lieu, d'une case où étaient entreposés des objets sacrés, avant qu'ils ne ressortent pour des cérémonies, comme ce masque. Et on est donc bien là dans l'idée d'un musée qui serait en...
Prévisions 2023 : 12 tendances en matière de gouvernance numérique et de diplomatie — Par exemple, les données doivent-elles être traitées comme une question technique, juridique, économique, sécuritaire ou socioculturelle ? L'IA est une question encore plus complexe avec des lignes de démarcation floues ...
10 tendances en matière de diplomatie et de gouvernance numériques pour 2022 — 7. Un accent accru sur les valeurs dans la gouvernance numérique élèvera l'importance des droits de l'Homme en ligne. Après la stratégie de l'administration Biden en matière de politique numérique mondiale axée sur les ...
Ties between generative artificial intelligence and intellectual property rights — Introduction Artificial intelligence (AI) is becoming an increasingly important part of our daily lives, from search engines and automatic driving systems to generative AI (GenAI) such as ChatGPT, MidJourney, and DALL-...
Atelier #2 : « Comment les politiques publiques et les cadres de gouvernance peuvent-ils soutenir la promotion de la diversité culturelle et linguistique dans le domaine de l’intelligence artificielle ? » — Elle a illustré la complexité de la préservation culturelle à travers l'exemple d'un masque africain, démontrant comment un même objet peut être perçu de manières radicalement différentes selon les perspectives culturell...
Rapport: Des voix africaines plus fortes dans le numérique : construire une politique étrangère et une diplomatie africaines du numérique — À mesure que le dynamisme numérique de l'Afrique s'accroît, sa participation à la politique numérique mondiale doit augmenter. Dans cette transition, les pays africains doivent composer avec les réalités géopolitiques de...
Strengthening Africa’s voices in global digital processes — After looking at the current situation, the discussion will provide practical insights and suggestions on why and how to broaden the African digital diplomacy footprint in international processes, focusing on those deali...
Panel #2 : « Diversité et découvrabilité : quelle gouvernance pour promouvoir et rendre davantage visibles les contenus francophones (nationaux/locaux) en ligne ? » — Et puis, il y a un troisième niveau qui me paraît très important, c'est le niveau de l'international, c'est-à-dire des structures et des instances, je pense évidemment à l'UNESCO dans le domaine de la culture, parce que ...

Avertissement : Il ne s'agit pas d'un compte rendu officiel de la session. DiploAI génère ces ressources à partir d'enregistrements audiovisuels ; elles sont présentées telles quelles, y compris d'éventuelles erreurs. En raison de contraintes logistiques (audio/vidéo ou transcriptions), les noms peuvent être mal orthographiés. Nous nous efforçons d'être aussi précis que possible.