Quel équilibre entre règlementation et innovation ?

11 intervenants
Résumé

Ce forum constitue la deuxième édition du Forum francophone de la gouvernance du numérique et de l'intelligence artificielle, qui a enregistré plus de 900 inscriptions, soit trois fois plus que l'année précédente . L'événement se tient à la veille du premier dialogue mondial sur l'IA des Nations Unies, dans le prolongement du Pacte numérique mondial . Un rapport préliminaire du groupe scientifique indépendant sur l'IA souligne que 75 % de la puissance mondiale de calcul consacrée à l'IA se trouve aux États-Unis et 15 % en Chine, laissant une fraction résiduelle aux autres pays .

Amandeep Singh Gill a alerté sur le fait que des milliers de langues et de traditions demeurent absentes des corpus d'entraînement des grands modèles d'IA, qualifiant ce risque de « civilisationnel » . Henri Verdier a illustré cette problématique en montrant que les modèles entraînés principalement en anglais véhiculent des représentations culturelles et juridiques implicites qui ne correspondent pas aux valeurs d'autres sociétés . Lacina Koné a insisté sur la distinction entre digitalisation et transformation numérique centrée sur les citoyens, soulignant que l'Afrique dispose d'atouts considérables, notamment en énergie renouvelable, pour accueillir des infrastructures d'IA souveraines .

Sur la question de la réglementation, les panélistes ont convergé vers l'idée que la réglementation et l'innovation ne s'opposent pas, mais que la confiance constitue le véritable enjeu . Lena Dargham a souligné le manque de participation des pays francophones à l'élaboration des normes internationales, notamment en raison de l'absence de documents normatifs en français . Anne-Marie Jean a présenté la loi québécoise nº109 visant à garantir la découvrabilité des contenus culturels francophones sur les plateformes numériques . Janis Karklins a rappelé que l'approche multi-acteurs demeure le fondement d'une gouvernance efficace de l'Internet et doit s'étendre à l'IA .

En conclusion, les participants ont appelé à construire des infrastructures communes, des bases de données ouvertes et des modèles multilingues, afin que la gouvernance de l'IA soit véritablement inclusive et légitime à l'échelle mondiale .

Points clés
  • Objectif général de la discussion

  • Ce forum constitue la deuxième édition du Forum francophone de la gouvernance du numérique et de l'intelligence artificielle, organisé à Genève. Son objectif principal est de rassembler des acteurs issus de tous les continents francophones - États, parlementaires, régulateurs, universitaires, société civile et secteur privé - pour construire des positions communes sur la gouvernance de l'IA, en défendant la diversité linguistique et culturelle, et en préparant les contributions francophones aux grands forums internationaux imminents, notamment le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, organisé par les Nations Unies.
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  • Points de discussion majeurs

  • La concentration massive des capacités en IA et le risque d'exclusion des pays francophones et africains. Le rapport préliminaire d'un groupe scientifique indépendant sur l'IA révèle que 75 % de la puissance mondiale de calcul consacrée à l'IA se trouve aux États-Unis et 15 % en Chine, laissant à l'immense majorité des pays une fraction résiduelle de cette capacité stratégique. Cette concentration est non seulement technologique, mais aussi économique, culturelle, linguistique et géopolitique. En Afrique, seulement 2 % des données contrôlées sur les serveurs d'IA proviennent du continent, contre 80 % en Europe. Cette réalité crée un risque d'exclusion majeur pour les pays du Sud, qui risquent de rater ce que Lacina Koné appelle « le train pour le futur ». - L'équilibre entre réglementation et innovation : la confiance comme condition centrale. Un débat structurant traverse l'ensemble de la table ronde : la réglementation freine-t-elle l'innovation ou en est-elle la condition ? Les intervenants convergent vers l'idée que la véritable question n'est pas d'opposer les deux, mais de construire des cadres réglementaires intelligents, proportionnés et favorables à l'innovation. Henri Verdier illustre ce point avec l'exemple d'Airbus, qui a conquis la moitié du marché mondial de l'aviation en s'appuyant sur des normes de sécurité supérieures. Lena Dargham souligne que la normalisation est « la langue du marché » et la base technique de la réglementation, et que les pays francophones participent insuffisamment à l'élaboration de ces normes internationales, notamment par manque d'accès aux documents normatifs en français.
  • La diversité linguistique et culturelle comme enjeu civilisationnel de l'IA. Amandeep Singh Gill avertit que l'IA est en train de devenir « l'infrastructure cognitive de notre siècle » , mais que des milliers de langues et de traditions philosophiques, juridiques et médicales demeurent absentes ou marginales dans les corpus qui façonnent ces systèmes. Le risque est qualifié de « civilisationnel » : celui d'une intelligence qui prendrait une partie de l'humanité pour toute l'humanité. Henri Verdier a approfondi ce point en montrant que les modèles entraînés principalement en anglais véhiculent des représentations implicites profondes et que cela affecte la manière dont l'IA comprend les questions posées. Le Québec répond à ce défi avec la loi 109 sur la découvrabilité des contenus culturels d'expression originale de langue française. - La souveraineté numérique et la transformation en Afrique. Lacina Koné distingue fermement la numérisation, qui consiste à mettre des procédures papier en ligne, de la transformation numérique, qui est centrée sur les citoyens. Il plaide pour une réglementation proactive plutôt que réactive, et pour une souveraineté continentale africaine en matière d'IA dans les cinq ans à venir, notamment via des initiatives permettant de démocratiser l'accès aux centres de calcul. Il souligne également que l'Afrique dispose d'atouts considérables souvent ignorés : 3 000 heures de soleil par an, des matières premières stratégiques comme le coltan, et une énergie renouvelable abondante qui pourrait attirer les infrastructures d'IA. - La gouvernance multipartite comme fondement indispensable de l'Internet et de l'IA. Janis Karklins rappelle que l'approche multi-acteurs a permis à Internet d'évoluer vers un écosystème mondial ouvert, stable et interopérable, car aucun acteur ne détient à lui seul toute l'expertise, l'autorité ou la responsabilité nécessaires. Il insiste sur le fait que les décisions relatives à Internet sont plus solides lorsqu'elles s'appuient sur l'expertise de ceux qui développent, emploient et utilisent ces systèmes. Cette approche est réaffirmée comme fondement de la gouvernance efficace dans le cadre du SMSI+20. Henri Verdier a ajouté que, contrairement à la révolution Internet née dans un monde académique structuré par des logiques de standards ouverts, la révolution IA est née dans des entreprises privées pesant 1 000 milliards de dollars, ce qui constitue un changement de nature profond nécessitant d'imposer le commun à quelque chose qui n'est pas commun à son origine. ---
  • Ton général de la discussion

  • Le ton de la discussion est globalement sérieux, engagé et constructif, avec une forte dimension militante en faveur de la francophonie et du multilatéralisme. L'ouverture, portée par Henri Monceau et les discours inauguraux, est solennelle et volontariste, soulignant l'urgence des enjeux tout en exprimant un optimisme mesuré face au succès croissant du forum.
  • Lors de la table ronde, le ton devient plus analytique et parfois alarmiste, notamment lorsque Henri Verdier évoque la menace pesant sur l'ordre multilatéral fondé sur l'état de droit , ou lorsqu'il décrit des entreprises technologiques affichant ouvertement l'ambition de remplacer tous les salariés du monde. Lacina Koné apporte une voix à la fois lucide et combative, refusant le fatalisme et revendiquant pour l'Afrique le statut de « nouveau centre » plutôt que de « Sud global ». Les interventions du public introduisent une note plus critique et parfois pessimiste, notamment avec l'intervention sur les cercles vicieux et auto-destructeurs liés à l'IA , mais aussi des touches d'optimisme pragmatique, comme l'ambassadeur suisse évoquant les collaborations scientifiques européennes et africaines déjà en cours. Dans l'ensemble, le ton reste celui d'une communauté consciente de l'urgence mais déterminée à agir collectivement, fidèle à l'esprit du forum.
Intervenants
HM
Henri Monceau
137 wpm · 30 min
AS
Amandeep Singh Gill
121 wpm · 2 min
HV
Henri Verdier
194 wpm · 11 min
OZ
Omar Zniber
145 wpm · 7 min
DB
Doreen Bogdan-Martin
135 wpm · 4 min
JK
Janis Karklins
110 wpm · 5 min
LK
Lacina Koné
169 wpm · 14 min
LD
Lena Dargham
161 wpm · 7 min
AJ
Anne-Marie Jean
109 wpm · 14 min
PB
Pierre Bonis
80 wpm · 4 min
L
L'auditoire
152 wpm · 13 min

Résumé complet - Deuxième Forum francophone de la gouvernance du numérique et de l'intelligence artificielle

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Contexte et ouverture du forum

La deuxième édition du Forum francophone de la gouvernance du numérique et de l'intelligence artificielle s'est tenue à Genève, alors qu'il attire de plus en plus de participants : plus de 900 inscriptions ont été enregistrées, soit trois fois plus que lors de la première édition, et le nombre de participants en présentiel a doublé . Henri Monceau, qui animait la cérémonie d'ouverture, a souligné que ce succès ne traduit pas seulement un intérêt pour l'intelligence artificielle, mais un besoin plus profond de disposer, dans l'espace francophone, d'un lieu de dialogue, de réflexion et de proposition sur la gouvernance du numérique . L'ambition du forum est de rassembler des acteurs issus de tous les continents, que ce soient des États, des parlementaires, des collectivités locales, des régulateurs, des universitaires, des organismes de normalisation, des autorités de protection des données, des acteurs techniques et la société civile, afin de construire ensemble des positions communes .

Le forum s'est tenu à cette date pour une raison précise : il se tient à la veille du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA organisé par les Nations Unies, créé dans le prolongement du Pacte numérique mondial, et quelques jours seulement après la publication du rapport préliminaire du groupe scientifique indépendant sur l'IA . Ce rapport apporte un constat aussi clair qu'inquiétant : jamais une technologie ne s'est diffusée aussi rapidement, et jamais les capacités qui rendent possible cette diffusion n'ont été aussi concentrées . Concrètement, 75 % de la puissance mondiale de calcul consacrée à l'IA se trouve aux États-Unis et 15 % en Chine, laissant à l'immense majorité des pays une fraction résiduelle de cette capacité stratégique . Cette concentration n'est pas seulement technologique, elle est aussi économique, culturelle, linguistique et géopolitique .

Face à ce constat, Henri Monceau a affirmé que la véritable question n'est plus de savoir si l'IA transformera nos sociétés, car elle le fait déjà, mais de savoir qui participera à cette transformation . C'est précisément là que la francophonie a une responsabilité particulière : elle rassemble des pays de tous les continents, elle porte une tradition de dialogue multilatéral, elle défend depuis toujours la diversité linguistique et culturelle, et elle refuse que l'innovation devienne synonyme d'uniformisation . La journée a été structurée autour de trois grands thèmes : l'équilibre entre innovation et réglementation, les conséquences de l'IA pour la connaissance, les langues et les contenus, et enfin les infrastructures, leur durabilité et la souveraineté numérique .

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Discours inauguraux : l'UIT, les Nations Unies et la diplomatie francophone

Doreen Bogdan-Martin, Secrétaire générale de l'Union internationale des télécommunications (UIT), a salué le renouvellement du forum et a rappelé que l'UIT co-organise, avec l'UNESCO et les Nations Unies, le premier Dialogue mondial des Nations Unies sur la gouvernance de l'IA, qui doit se tenir trois jours après le forum . Elle a également mentionné le Sommet mondial AI for Good, également organisé par l'UIT, ainsi que le Forum du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), qui permettra de débattre de l'IA dans le contexte du développement . Elle a insisté sur le rôle de l'UIT dans le renforcement des capacités, l'instauration de normes et d'outils techniques, ainsi que dans l'initiative « AI for Good », qui vise à mettre les outils de l'IA au service du bien social en reliant le secteur privé, les organes des Nations Unies, les ONG, les administrations publiques, les startups et les chercheurs . Elle a conclu en affirmant que c'est ensemble que les acteurs cités construiront un avenir numérique plus inclusif et bénéfique pour tous .

Amandeep Singh Gill, envoyé du Secrétaire général des Nations Unies pour les technologies, a transmis son message depuis Rome . Son intervention a posé les fondations philosophiques de toute la journée en qualifiant l'IA d'« infrastructure cognitive de notre siècle » . Il a alerté sur le fait que l'essentiel des grands modèles est entraîné avec seulement une fraction de l'expérience humaine, et que des milliers de langues ainsi que des traditions juridiques, philosophiques, médicales et poétiques entières demeurent absentes ou marginales dans les corpus qui façonnent ces systèmes . Le risque, a-t-il averti, n'est pas seulement technique : il est civilisationnel. Une intelligence créée de cette manière considérerait qu'une partie de la population humaine représente l'ensemble de la population . Il a salué l'engagement constant de la francophonie en faveur de la diversité linguistique et culturelle dans l'espace numérique, et a souligné que ses membres ont compris avant beaucoup d'autres que la langue est une infrastructure . Il a lancé un défi à la francophonie : être exemplaire, faire de l'espace francophone un laboratoire vivant avec des corpus ouverts, des données partagées, des modèles multilingues et des talents formés sur les cinq continents, afin de montrer que la diversité n'est pas un obstacle à l'innovation, mais son accélérateur .

Omar Zniber, président du groupe des ambassadeurs francophones à Genève et représentant permanent du Maroc, a rappelé que le forum se tient dans une semaine remplie d'événements internationaux à Genève, avec notamment le Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA et le SMSI . Il a rappelé que le numérique et l'IA redéfinissent profondément les économies, les administrations, les systèmes éducatifs et les services de santé, et que l'IA représente une opportunité historique pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable . Il a également souligné les défis majeurs que représentent la protection des données personnelles, la réduction de la fracture numérique, et les questions d'éthique et de souveraineté numérique . Il a mentionné que lorsqu'il était président du Conseil des droits de l'homme, il avait organisé une journée de débats sur l'IA et la dimension humaine, témoignant d'un engagement de longue date sur ces questions. Il a également indiqué que le groupe francophone avait organisé le 15 juin dernier à Genève un débat sur le rôle de l'IA en matière de désarmement et de contrôle des armements, portant à la fois sur les aspects de défense et de sécurité et sur les aspects humanitaires. Il s'est engagé à ce que le groupe des ambassadeurs francophones à Genève traduise les conclusions du forum dans tous les débats à venir au sein de la Genève internationale .

Janis Karklins, responsable de l'engagement auprès des gouvernements et des organisations internationales au sein de l'ICANN, ancien directeur général adjoint de l'UNESCO en charge de l'information et de la communication, et ancien ambassadeur de son pays auprès des Nations Unies à Genève, a rappelé que l'approche multipartite de la gouvernance de l'Internet a largement contribué à faire de celui-ci un écosystème mondial ouvert, stable, sûr, résilient et interopérable au service de milliards de personnes . La raison de ce succès est simple : aucun acteur ne détient à lui seul toute l'expertise, l'autorité ou la responsabilité nécessaires à la gouvernance de l'Internet . Il a insisté sur le fait que l'examen du SMSI+20 a réaffirmé le modèle multipartite comme fondement d'une gouvernance efficace de l'Internet , et que des forums comme celui-ci offrent un espace indispensable pour cette collaboration . Il a conclu en affirmant que l'approche multipartite n'est pas seulement un mécanisme de gouvernance, mais la principale raison du succès de l'Internet et le socle le plus solide sur lequel construire son avenir .

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Table ronde : réglementation et innovation, la confiance comme pivot central

La première table ronde, animée par Henri Monceau, a réuni Henri Verdier (président de la Fondation INRIA), Lena Dargham (secrétaire générale du Réseau Normalisation et Francophonie), Lacina Koné (directeur général de Smart Africa) et Anne-Marie Jean (déléguée du Québec aux affaires francophones et multilatérales). Le débat s'est ouvert sur la question suivante : la réglementation est-elle l'adversaire de l'innovation ou en est-elle désormais la condition ?

Henri Verdier a d'emblée refusé la dichotomie en illustrant son propos par l'exemple d'Airbus : il y a soixante ans, Boeing était pratiquement l'unique producteur mondial d'avions, et lorsque l'Europe a voulu entrer sur le marché, elle s'est prévalue de normes de sécurité supérieures à celles des États-Unis, ce qui lui a permis de conquérir la moitié du marché . La réglementation peut donc être une stratégie de conquête et d'innovation. Il a toutefois ajouté une mise en garde fondamentale : l'innovation n'est pas toujours synonyme de progrès, et sans intervention politique, démocratie et décision collective, les technologies du numérique risquent de servir des projets dystopiques plutôt qu'utopiques .

Lena Dargham a centré son intervention sur la notion de confiance comme pivot de l'équilibre entre réglementation et innovation . Elle a souligné que la normalisation est le pilier invisible qui aide les innovations à démontrer leur fiabilité et leur interopérabilité, créant un langage commun entre l'innovateur, l'investisseur, le marché international et les régulateurs . Si un innovateur sénégalais ou libanais propose une solution, celle-ci doit pouvoir prouver sa fiabilité et être connectée au marché international, et c'est précisément le rôle des normes .

Lacina Koné a reformulé le débat en affirmant que le véritable enjeu n'est pas de choisir entre réglementation et innovation, mais de créer les conditions de confiance qui permettent à l'innovation de prospérer tout en protégeant les citoyens . Il a insisté sur le fait que la gouvernance de l'IA ne commence pas avec l'algorithme, mais avec les infrastructures, les données, les compétences et la confiance . Anne-Marie Jean a illustré la compatibilité entre régulation et innovation par l'exemple du milieu culturel québécois, très réglementé mais jamais empêché d'innover et de rayonner sur les scènes internationales .

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La souveraineté numérique africaine : atouts méconnus et urgence d'une réglementation proactive

Interrogé sur les priorités de l'Afrique entre réglementation et accès aux infrastructures, Lacina Koné a apporté une réponse nuancée : pour la population, la priorité peut être l'accès, mais pour les gouvernements, la priorité doit être la réglementation . Il a rappelé que l'Afrique n'a jamais participé aux révolutions technologiques et industrielles précédentes, et a seulement subi les décisions d'autres continents . Il a contextualisé cette réalité avec des données démographiques : entre 1980 et 2025, la population africaine est passée de 480 millions à 1,4 milliard d'habitants, un augmentation de près d'un milliard de personnes, sans que le nombre d'écoles ou d'hôpitaux n'ait augmenté en proportion .

Lacina Koné a ensuite opéré une distinction conceptuelle fondamentale entre numérisation et transformation numérique : la numérisation consiste simplement à mettre la paperasse en ligne, tandis que la transformation numérique est centrée sur les citoyens et restructure profondément les services . Il a dénoncé le fait que dans de nombreux pays africains, les citoyens sont devenus les coursiers de l'État, et doivent fournir leurs données à chaque ministère séparément, faute d'une approche centrée sur l'usager .

Sur la question des ressources africaines pour l'IA, Lacina Koné a renversé le récit dominant du « retard africain » en affirmant que l'Afrique n'est pas en retard et n'est pas en course contre quelqu'un . Il a démontré que l'Afrique dispose d'atouts considérables souvent ignorés : 3 000 heures de soleil par an représentant un potentiel énergétique de 1 500 MW, largement supérieur aux besoins des centres de calcul pour l'IA (entre 150 et 250 MW) . Il a également souligné que l'Afrique contrôle seulement 2 % des données sur les serveurs d'IA, contre 80 % pour l'Europe, rendant urgente la mise en place d'une gouvernance souveraine des données africaines . Il a conclu en affirmant que l'Afrique n'est pas le « Sud global » mais le nouveau centre, disposant de l'énergie renouvelable et des matières premières stratégiques nécessaires à l'IA .

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Les biais linguistiques profonds de l'IA : un changement de nature, pas seulement d'échelle

Henri Verdier a été interrogé sur la nature du changement apporté par l'IA par rapport à la gouvernance du numérique et a affirmé clairement que nous avons changé de nature et non simplement d'échelle . Il a illustré ce point par un exemple littéraire : le mot « solitude » en français connote les grands espaces et la nature, tandis que « soledad » en espagnol renvoie à quelque chose de l'ordre de l'intimité du for intérieur. Si l'on pose une question à une IA sur la solitude, elle représentera des lieux représentant cette solitude. Cependant, si on lui pose une question sur la soledad, elle ira chercher quelque chose de l'ordre de l'intimité . Ce n'est donc pas seulement que l'IA n'a pas accès à tous les savoirs : c'est qu'elle ne comprend pas la même question selon la langue dans laquelle elle a été entraînée .

Henri Verdier a également souligné une tension constitutionnelle profonde : les États-Unis ont choisi de donner des droits constitutionnels aux personnes morales, ce qui signifie qu'une entreprise y bénéficie de la liberté d'expression. Si l'on éduque les modèles d'IA en langue anglaise, on les éduque dans l'idée que la constitution protège les robots, alors qu'en français, la constitution protège les humains . Il a ensuite identifié trois changements majeurs apportés par la révolution IA par rapport à la révolution Internet : l'entrée dans la sphère de l'intime (les adolescents écrivent désormais des lettres d'amour avec l'IA) , la montée en puissance de la question de la dignité humaine au travail, un thème qui a d'ailleurs fait l'objet d'une encyclique du Vatican renvoyant à des textes des années 1880 pour dire des choses essentielles sur l'IA , et surtout le fait que la révolution IA naît dans des entreprises privées pesant 1 000 milliards de dollars. Ce dernier fait se distingue de la création d'Internet, qui est né dans un monde académique fondé sur des standards ouverts et des communs numériques . Pendant quarante ans, on a essayé de protéger le commun ; désormais, il faudra imposer le commun à quelque chose qui ne l'est pas au moment de sa création .

Pour illustrer la dimension géopolitique de cette révolution, Henri Verdier a raconté l'anecdote suivante : lors du salon Vivatech à Paris, le PDG d'Alibaba a reçu une standing ovation après avoir déclaré que ses intelligences artificielles ne visent pas le marché des directions informatiques, mais celui des directions des ressources humaines, avec vocation à remplacer tous les salariés du monde . Il a conclu en affirmant que si l'on veut de bonnes réglementations, il faut entrer dans l'innovation en matière d'infrastructures, de standards et de ressources, car on ne peut pas réguler sans créer .

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La normalisation : pilier invisible de la gouvernance et angle mort francophone

Lena Dargham a apporté un éclairage crucial sur un aspect souvent négligé du débat sur la gouvernance : la normalisation technique. Elle a affirmé que la norme est la langue du marché et la base technique de la réglementation, et que les pays qui participent à la rédaction des normes internationales participent à la rédaction des règles du marché mondial . Or, le baromètre international de participation élaboré par l'Association Réseau Normalisation et Francophonie révèle un manque énorme dans la participation des pays francophones en développement à l'élaboration de ces normes . Les causes sont multiples : manque d'expertise au niveau national, mais surtout manque d'accès aux documents normatifs en langue française . Dans les instances de normalisation internationale, le vote se fait selon le principe « un pays, un vote » : si un pays ne participe pas, il cède sa décision à un autre pays anglophone .

Pour remédier à cette situation, l'Association Réseau Normalisation et Francophonie a développé une plateforme de traduction automatique des documents normatifs de l'ISO et de l'IEC en français, mise à disposition de ses membres pour favoriser une participation aux processus de normalisation . Lena Dargham a insisté sur la nécessité d'encourager les entrepreneurs, innovateurs et acteurs du secteur privé francophones à adopter ces normes et à se faire certifier pour accéder aux marchés internationaux .

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La politique québécoise de découvrabilité : une réponse législative à l'effacement culturel numérique

Anne-Marie Jean a présenté l'expérience québécoise comme un exemple concret de politique publique ambitieuse en faveur de la diversité culturelle numérique. Elle a rappelé que la défense et la protection du français sont dans l'ADN du Québec, îlot francophone dans un continent anglophone . Le constat de départ est préoccupant : les pratiques culturelles se déplacent de plus en plus vers les plateformes numériques, et ce sont les grandes plateformes qui jouent un rôle déterminant sur les contenus auxquels les citoyens auront facilement accès . On observe un recul très préoccupant des pratiques culturelles en français, notamment chez les jeunes .

En réponse, le Québec a adopté la loi nº109, qui vise à protéger et à assurer la découvrabilité des contenus culturels de langue française et l'accès à ces contenus . Cette loi ne porte pas sur la réglementation des contenus eux-mêmes, mais sur les conditions de leur découvrabilité : elle impose des exigences aux plateformes numériques et aux fabricants d'appareils connectés, notamment l'obligation de présenter les plateformes nationales dès la mise en service d'un appareil . L'objectif est de garantir que la transformation numérique ne se fasse pas au prix de l'effacement culturel . Anne-Marie Jean a également établi le lien avec l'IA : il faut s'assurer que les données francophones soient bien structurées dans les systèmes d'IA pour que les contenus puissent être reçus par l'utilisateur . Elle a ainsi présenté l'initiative de l'ABANQ, qui vise, dans le respect des droits d'auteur, à mettre en place une base de données susceptible d'alimenter l'IA en contenus francophones .

Sur le plan institutionnel, Anne-Marie Jean a rappelé qu'une réunion des ministres de la Culture de la francophonie s'est tenue à Québec en mai 2025, et que c'est dans ce cadre que la secrétaire générale de l'OIF a tenu une conversation francophone le 9 juin dernier lors de laquelle elle a annoncé la nomination prochaine d'un envoyé spécial sur la découvrabilité des contenus culturels francophones, chargé de mobiliser les États francophones pour mettre en place les infrastructures nécessaires à la souveraineté culturelle . Le Québec et la Côte d'Ivoire ont également développé conjointement un référentiel sur les conditions législatives, réglementaires et de soutien nécessaires pour favoriser la découvrabilité des contenus, mis à disposition de tous les États francophones . Anne-Marie Jean a également précisé que la loi nº109 fera partie de ce corpus législatif . Les ministres de la Culture de la francophonie se réuniront de nouveau en juillet à Erevan pour constater les progrès accomplis .

Anne-Marie Jean a par ailleurs souligné que la Convention UNESCO de 2005 sur la valorisation des expressions culturelles s'est arrêtée juste avant l'arrivée d'Internet, et qu'il est donc important d'y ajouter un protocole additionnel pour couvrir le volet numérique .

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Échanges avec la salle : questions de légitimité, de finalité et de spirales systémiques

Les interventions du public ont enrichi la discussion en évoquant plusieurs problématiques. Un intervenant a mis en avant les cercles vicieux induits par l'IA : pour créer plus d'IA, on procède à davantage d'extraction minière, ce qui crée des conflits, qui appellent plus d'IA, et ainsi de suite . Il a également alerté sur le risque d'une déviation croissante des modèles de décision par rapport au monde réel, conduisant les décideurs à se tromper de plus en plus .

Le directeur des systèmes d'information de l'OIF a posé des questions fondamentales sur la légitimité de la régulation : qui réglemente ? Pour qui et pour quelle finalité ? Il a cité l'exemple du RGPD européen, copié sans réflexion par des États africains, pour illustrer le risque d'une régulation importée sans appropriation réelle . Il a plaidé pour que la régulation du numérique transcende les intérêts particuliers pour servir le bien commun .

L'ambassadeur de Suisse auprès de l'UNESCO et de la francophonie a apporté une note d'optimisme en soulignant que des scientifiques européens contribuent déjà au développement de technologies clés, et que des collaborations concrètes existent, notamment entre des institutions comme l'ETH de Zurich et des chercheurs de Data Science Africa au Kenya . Il a également mentionné qu'avec la Finlande, ils ont créé un réseau dénommé International Computation and AI Network (ICAIN) pour renforcer les capacités de calcul au service de l'IA . Il a posé la question du rôle que pourrait jouer le centre de ressources pour la gouvernance du numérique de l'OIF - une initiative lancée par la Suisse au sommet de Djerba - dans le domaine de la régulation, et de la possibilité de créer des bacs à sable réglementaires dans le monde francophone .

Henri Monceau a ensuite rappelé que la francophonie a été l'une des premières à se mobiliser au niveau gouvernemental et ministériel sur ces questions, dès 1993 au Québec. Il a également mentionné le partenariat avec le laboratoire Alive basé à Dakar qui développe une IA permettant aux États d'interroger les textes réglementaires et normatifs, et qu'un atelier sur les modèles de langage natifs est prévu les 6 et 7 octobre à Alexandrie, à l'Université Senghor .

Le nouveau spécialiste de programme en découvrabilité à l'OIF a posé une question directe à Anne-Marie Jean sur la manière dont la loi nª109 pourrait être inspirante pour les États francophones et sur les prérequis pour initier des stratégies de découvrabilité. Fort de cinq ans d'expérience au Sénégal sur un projet de dématérialisation des procédures administratives, il a également soulevé le problème concret de la signature électronique sans valeur juridique dans certains États, illustrant les obstacles pratiques à la transformation numérique réelle .

Un étudiant de l'université Senghor en Égypte a rebondi sur la distinction entre transformation et numérisation pour demander où mettre le curseur en Afrique, et quel devrait être le rôle des universités dans la formation aux enjeux de l'IA . Zakaria Oulad, coprésident de commission à l'AIMF et commissaire à la Commission nationale de protection des données au Maroc, a posé la question du win-win au sein de la francophonie : est-il possible d'atteindre un véritable équilibre bénéfique entre les pays à hauts revenus et ceux à revenus intermédiaires ou bas ?

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Réponses du panel et indicateurs de succès à cinq ans

En réponse aux questions de la salle, Henri Verdier a abordé la question de la faisabilité de la réglementation dans un contexte géopolitique difficile. Il a évoqué la menace pesant sur l'ordre multilatéral fondé sur l'état de droit, affirmant que plusieurs acteurs très puissants ont décidé de s'en débarrasser . Il en a tiré la conclusion que les bonnes régulations ne seront pas nécessairement appliquées, et qu'il faut donc les imposer avec douceur en construisant des infrastructures, des bases de données ouvertes, des centres de calcul distribués et des politiques industrielles favorisant l'innovation au plus proche des usages . Il a réaffirmé que si l'on veut de bonnes régulations, il faut entrer dans l'innovation, car on ne peut pas réguler sans créer .

Lena Dargham a proposé que l'OIF lance une initiative de recensement des réglementations existantes dans les pays membres et travaille sur une harmonisation potentielle, en s'inspirant de modèles d'harmonisation réussie comme ceux de l'UNICEF dans d'autres secteurs, notamment la sécurité routière et le transport des produits dangereux . Lacina Koné a insisté sur la nécessité de comprendre les enjeux avant de formuler une volonté politique, affirmant que la compréhension des enjeux est plus importante que la volonté politique elle-même . Il a rappelé que la transformation numérique touche à tout et ne peut pas être traitée comme un secteur vertical ajouté à la fin des attributions des ministres . Sur la question du rôle des universités, il a cité l'exemple de la Chine, qui a décidé de supprimer 12 000 diplômes universitaires, pour illustrer la nécessité d'une réforme profonde des formations face à la révolution numérique. Il a également développé le concept de DPI (Digital Public Infrastructure), expliquant qu'il repose sur trois piliers - l'identité numérique unique, les paiements et le partage des données - et que les infrastructure à clés publiques (ICP) en sont le cœur. Il a cité l'exemple du Rwanda, où il n'a pas eu besoin de se rendre dans une administration publique depuis sept ans grâce à la dématérialisation complète des services .

Les panélistes ont formulé des visions complémentaires sur les objectifs à atteindre en cinq ans. Anne-Marie Jean a exprimé l'espoir que la francophonie parle d'une seule voix dans tous les forums internationaux et que tous les États aient amorcé les mesures nécessaires pour leur souveraineté culturelle et numérique, notamment en soutenant l'ajout d'un protocole additionnel à la Convention UNESCO de 2005 sur les expressions culturelles, qui s'est arrêtée juste avant l'arrivée d'Internet . Lacina Koné a fixé comme objectif une souveraineté continentale africaine en matière d'IA, avec des pays africains disposant de leurs propres serveurs et infrastructures permettant de démocratiser l'accès à l'IA. Il a précisé que l'harmonisation des politiques transfrontalières permettrait, par exemple, à un pays comme Djibouti d'avoir accès à des ressources en Afrique du Sud, ou à la Gambie d'avoir accès au Maroc . Lena Dargham a visé un leadership francophone actif dans le développement des normes internationales, avec une présence dans la gouvernance des comités techniques et une meilleure accessibilité aux documents normatifs en français . Henri Verdier a proposé un triptyque : des modèles de fondation comme bien commun multilingue de l'humanité, une diversité d'innovateurs et de solutions d'IA adaptées aux contextes locaux, et une compréhension globale de IA .

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Signature du mémorandum d'entente entre l'AFNIC et Smart Africa

En marge de la table ronde, Henri Monceau a annoncé la signature d'un mémorandum d'entente entre l'AFNIC (Association française pour le nommage Internet en coopération) et Smart Africa . Pierre Bonis, directeur général de l'AFNIC, a remercié Rodrigue Guiguemde pour son rôle dans la préparation de ce partenariat, et a expliqué que l'objectif est de mettre en commun les réseaux de registres nationaux de noms de domaine en Afrique - notamment le Collège international de l'Afrique, qui regroupe une vingtaine de registres de noms de domaine de premier niveau africains - et les actions de Smart Africa . Le partenariat vise également à renforcer le dialogue entre les acteurs de la communauté technique et les gouvernements africains . Lacina Koné a salué ce partenariat en soulignant qu'il n'y a pas d'intelligence artificielle sans une bonne gouvernance d'Internet, et que les ressources de gouvernance Internet sont précisément celles qu'il faut préserver pour l'Afrique .

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Conclusion : vers une gouvernance inclusive, multilingue et fondée sur les communs

L'ensemble des interventions du forum a convergé vers une vision partagée : la gouvernance de l'IA ne sera durable que si elle est inclusive et véritablement mondiale, et elle ne sera mondiale que si toutes les voix, toutes les cultures et toutes les langues y trouvent leur place . La francophonie ne prétend pas parler à la place du monde, mais souhaite contribuer à ce que le monde parle davantage ensemble . Les discussions ont mis en évidence six axes de convergence majeurs : la complémentarité entre réglementation et innovation, la confiance comme condition centrale de tout cadre réglementaire efficace, la concentration alarmante du pouvoir technologique de l'IA comme risque civilisationnel, la diversité linguistique et culturelle comme condition de l'universalité de l'IA, la nécessité d'une gouvernance inclusive et multipartite, et l'urgence d'une action proactive pour que les pays francophones ne subissent pas des règles fixées ailleurs.

Des points de convergence inattendus ont également émergé, notamment sur le repositionnement de l'Afrique comme acteur central de l'IA grâce à ses ressources énergétiques et à ses données natives , et sur la nécessité de former des citoyens acteurs plutôt que consommateurs passifs de l'IA . Ces conclusions ont vocation à alimenter directement les échanges du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA organisé par les Nations Unies, qui s'ouvre quelques jours plus tard à Genève .

Henri Monceau
Excellences, oui ça marche Excellences, chers amis de la francophonie et de la diversité chers amis de la technologie raisonnée chers amis du multilatéralisme et de l 'universalisme et les autres peuvent néanmoins rester dans la salle Bienvenue au deuxième forum francophone de la gouvernance du numérique et de l 'intelligence artificielle L 'année dernière nous lancions une initiative nouvelle Cette année nous constatons qu 'elle répond à une véritable attente Ça ne se voit pas encore mais vous êtes deux fois plus nombreux à vous être inscrits à cette participation en présentiel Nous sommes donc très heureux de vous avoir reçu cette invitation Nous sommes très heureux de vous avoir reçu cette invitation Nous sommes très heureux de vous avoir reçu cette invitation Nous sommes très heureux de vous avoir reçu cette invitation Nous sommes très heureux de vous avoir reçu cette invitation Vous allez voir à 10h, je m 'attends à une vague parce qu 'il y a deux versions du programme qui ont circulé, dont une où cela commençait à 10h. Deux fois plus nombreux, mais si on tient compte des personnes qui participent en ligne, c 'est plus de 900 inscriptions que nous avons reçues pour trois fois moins l 'année dernière. Donc c 'est un succès, une réponse à une attente qui ne traduit pas seulement l 'intérêt pour l 'intelligence artificielle, mais un besoin plus profond, celui de disposer dans l 'espace francophone d 'un lieu de dialogue, de réflexion, de proposition sur la gouvernance du numérique. Un lieu où les États, les parlementaires, les collectivités locales, les régulateurs, les universitaires, les organismes... Les normes de normalisation, les autorités de protection des données, les acteurs techniques... et la société civile peuvent construire ensemble des positions communes. C 'est l 'ambition de ce forum et vous aurez reconnu là l 'ensemble des partenaires qui figurent sur le fond d 'écran que vous voyez et qui ont ensemble écrit le programme auquel vous allez participer aujourd 'hui. Notre calendrier, tout comme l 'année dernière là aussi, n 'est pas le fruit du hasard. Nous nous réunissons à la veille du premier dialogue mondial sur l 'intelligence artificielle des Nations Unies créé dans le prolongement du pacte numérique mondial. Et nous le faisons quelques jours seulement après la publication du premier rapport, du rapport préliminaire du groupe scientifique indépendant sur l 'IA. Ce rapport apporte un constat aussi clair qu 'inquiétant. Jamais une technologie ne s 'est diffusée aussi rapidement. Jamais non plus les capacités qui la rendent possible cette diffusion n 'ont été aussi concentrées. Aujourd 'hui, 75 % de la puissance mondiale de calcul consacrée à l 'IA se trouve aux Etats -Unis, 15 % en Chine. Autrement dit, l 'immense majorité des pays se partage une fraction résiduelle de cette capacité stratégique. Cette concentration n 'est pas seulement technologique, elle est économique. Elle est culturelle, elle est linguistique, elle est géopolitique. Alors au moment où la véritable question n 'est plus de savoir s 'il y a transformera nos sociétés, elle le fait déjà, la question devient de savoir qui participera à cette transformation. C 'est précisément là que la francophonie se sent une responsabilité particulière. Parce qu 'elle rassemble des pays de tous les continents, parce qu 'elle porte une tradition de dialogue multilatéral, parce qu 'elle défend depuis toujours la diversité linguistique et culturelle, et parce qu 'elle refuse que l 'innovation... devienne synonyme d 'une formisation. Les trois grands thèmes de cette journée illustrent parfaitement cette ambition. Nous réfléchirons tout d 'abord à l 'équilibre entre innovation et régulation. Nous nous interrogerons sur les conséquences de l 'IA pour la... connaissance, les langues, les contenus, l 'accès au savoir. Nous débattrons enfin des infrastructures, de leur durabilité, de la souveraineté numérique, c 'est -à -dire des conditions concrètes permettant à chaque État de demeurer un acteur et non un simple utilisateur de la révolution en cours. Aucune de ces questions ne trouvera aujourd 'hui une réponse définitive, mais chacune exige que nous élaborions des réponses collectives. C 'est tout le sens de ce forum. La francophonie ne prétend pas parler à la place du monde, elle souhaite contribuer à ce que le monde parle davantage ensemble, car la gouvernance de l 'intelligence artificielle ne sera durable que si elle est inclusive et elle ne sera légitime que si elle est véritablement mondiale. Et elle ne sera mondiale que si toutes les voies, toutes les cultures, et toutes les langues y trouvent leur place. Je vous souhaite des travaux riches, exigeants et surtout utiles. Je vous remercie et j 'appelle à ce pupitre Madame la Secrétaire Générale de l 'Union Internationale des Télécommunications, Madame Doreene Bogdan -Martin.
Doreen Bogdan-Martin
Excellences, Mesdames et Messieurs, Bonjour, c 'est un grand plaisir d 'être avec vous pour ce deuxième forum francophone de la gouvernance du numérique et de l 'IA. J 'irai -vous avec intérêt les conclusions de votre premier forum qui a mis l 'accent sur une approche francophone autour de l 'innovation et la coopération, une gouvernance numérique inclusive, la jeunesse et la culture. Je suis ravie que cette initiative continue et je vous félicite pour le programme d 'aujourd 'hui. Ce forum est une occasion unique de réfléchir, d 'échanger et de contribuer sur des thèmes qui seront discutés toute la semaine prochaine. L 'équilibre entre réglementation et l 'innovation, l 'accès à la connaissance dans le monde avec l 'IA, les infrastructures durables et souveraines. Dans trois jours, juste trois jours, le tout premier dialogue mondial des Nations Unies sur la gouvernance de l 'IA aura lieu au passage du mois de juin. l 'Expo. Et l 'UIT est fière de co -organiser ce dialogue avec l 'UNESCO et les Nations Unies. Et j 'espère que vous allez venir nous rejoindre là -bas. Mesdames et Messieurs, l 'UIT est, je l 'espère, l 'avant -garde dans le domaine de l 'intelligence artificielle. Dans le cadre de notre mandat, l 'UIT gère des activités de renforcement de capacités, développe des outils, des normes et des publications techniques. L 'une des activités clés de l 'UIT est l 'initiative liée au service du bien social. AI for Good permet de proposer des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence artificielle. L 'UIT est un des outils de l 'intelligence et connaissances techniques et des réseaux mondiaux qui relient le secteur privé, des partenariats, des systèmes des Nations Unies, des ONG, des administrations publiques, des startups et des chercheurs. J 'espère que vous allez participer la semaine prochaine au Sommet mondial AI for Good. Aussi, le forum annuel SMSI, le WSIS, qui aura lieu en même temps, parce qu 'on aime faire beaucoup de choses en même temps. Ce forum de WSIS permettra aux différentes parties de débattre aussi l 'IA, mais dans le contexte de développement. J 'espère que vos discussions aujourd 'hui vont inspirer des échanges pour le Sommet. À la semaine prochaine. C 'est ensemble, Mesdames et Messieurs, que nous allons construire... un avenir numérique plus inclusif et bénéfique pour tous. Je vous souhaite un excellent forum. Merci beaucoup.
Henri Monceau
Merci Madame la Secrétaire Générale. Alors, l 'envoyé pour les technologies du Secrétaire Général des Nations Unies devait être avec nous ce matin. Il est à Rome, l 'heureux homme, un petit problème de transport. Beaucoup de discussions cette nuit et Amandeep a enregistré très tôt ce matin un petit message parce qu 'il n 'était pas possible d 'arriver dans les temps. Nous allons donc entendre Amandeep. Depuis sa chambre d 'hôtel à Rome, ce matin même, on l 'écoute.
Amandeep Singh Gill
Excellences, Mesdames et Messieurs, L 'intelligence artificielle est en train de devenir l 'infrastructure cognitive de notre siècle. Elle traduit, résume, conseille, décide. Mais une question demeure, et elle est fondamentale. Dans quelle langue pense -t -elle et avec quelle mémoire du monde? Aujourd 'hui, l 'essentiel des grands modèles est entraîné sur une fraction de l 'expérience humaine. Des milliers de langues, des traditions, juridiques, philosophiques, médicales et poétiques entières, demeurent absentes ou marginales dans les corpus qui façonnent ces systèmes. Le risque n 'est pas seulement technique, il est civilisationnel. Celui d 'une intelligence qui prendrait uniquement, une humanité pour toute l 'humanité. Une IA véritablement globale ne se mesure pas à sa puissance de calcul, mais à sa capacité d 'accueillir la pluralité des manières de dire, de savoir et d 'être. La diversité culturelle n 'est pas un supplément d 'âme de la gouvernance numérique, elle en est la condition de l 'universalité. C 'est pourquoi je tiens à saluer la francophonie. Par son engagement constant en faveur de la diversité linguistique et culturelle dans l 'espace numérique, elle a compris avant beaucoup d 'autres que la langue est une infrastructure et que défendre une langue, c 'est défendre une façon de comprendre le monde. Quelle année soit ici remerciée!
Henri Monceau
Mais je veux lui adresser un encouragement, presque un défi. Soyez exemplaires, faites de l 'espace francophone un laboratoire vivant, avec des corpus ouverts, des données partagées, des modèles multilingues et des talents formés sur les cinq continents. Montrez que la diversité n 'est pas un obstacle à l 'innovation, mais son accélérateur. Ce que la francophonie réussira, les autres communautés linguistiques lusophones, arabophones, swahilophones et tant d 'autres pourront le reprendre et l 'amplifier. L 'universel ne se décrète pas, il se construit, langue après langue. Construisons -le ensemble. Je vous remercie. Et bien entendu vos applaudissements seront aussi envoyés à Rome j 'ai le plaisir maintenant d 'inviter à ce pupitre le président du groupe des ambassadeurs francophones à Genève son excellence monsieur Omar Zniber représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève monsieur le président, cher Omar.
Omar Zniber
Merci beaucoup cher Henri Madame la secrétaire générale monsieur l 'envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies monsieur l 'observateur permanent mesdames et messieurs, excellences mes chers amis en ma qualité de président du groupe des ambassadeurs francophones, il m 'est vraiment agréable de prendre la parole afin de vous souhaiter avec un réel plaisir la bienvenue à la deuxième édition du forum francophone de la gouvernance du numérique et de l 'intelligence artificielle Je tiens également à adresser mes remerciements les plus sincères à l 'OIF ainsi qu 'à sa délégation permanente ici à Genève pour les efforts effectifs et constants visant à animer de riches débats autour de thématiques d 'actualité, plus que toujours. Cette rencontre intervient alors que la Genève internationale connaît à partir d 'aujourd 'hui et pour toute la semaine prochaine, attire l 'attention mondiale au regard de la mobilisation importante que va engendrer la tenue d 'événements d 'envergure comme ceux du dialogue mondial sur la gouvernance de l 'IA, de l 'intelligence artificielle, le forum du sommet mondial des sociétés de l 'information ainsi que le sommet. Nous sommes en réalité aujourd 'hui face à une dynamique de transformation qui s 'effectue à une vitesse notable. Cela vient d 'être dit avant moi ce matin et très éloquemment. Merci. Le numérique et l 'intelligence artificielle sont en train de redéfinir profondément nos économies, nos administrations, nos systèmes éducatifs, nos services de santé ainsi que nos modes de production. L 'intelligence artificielle représente ainsi une opportunité historique pour accélérer la réalisation de nos objectifs qui nous sont très chers, en particulier au sein de la famille des Nations Unies, j 'entends ceux des objectifs de développement durable, mais aussi d 'améliorer la qualité des services publics au niveau de chaque pays, mais aussi de stimuler la compétitivité de nos économies et favoriser ces objectifs. C 'est aussi une priorité absolue, l 'inclusion sociale. ouvre donc des perspectives positives en faveur de l 'innovation, de la croissance et du développement durable. Mais force est de constater et de reconnaître que ces avancées s 'accompagnent également de défis majeurs. La protection de données personnelles, la réduction de la fracture numérique, ainsi que les questions d 'éthique et de souveraineté numérique sont plus que jamais au cœur des préoccupations de tous les États. Les défis sont actuellement considérables et je souhaite rappeler à cet égard que le groupe francophone a organisé, pas plus tard que le 15 juin dernier ici à Genève, un débat très important sur le rôle de l 'intelligence artificielle en matière de désarmement et de contrôle désarmement. Non seulement portant sur les aspects de l 'utilisation et de défense et de sécurité, mais aussi pour ce qui est très haut. Pour ce qui est des aspects humanitaires. L 'espace francophone dispose donc d 'atouts considérables pour répondre de manière effective à ces défis. Je souhaite rappeler que lorsque moi -même j 'étais président du Conseil des droits de l 'homme, j 'avais organisé une journée de débats très importants sur ce sujet, n 'oublions jamais la dimension humaine lorsque l 'on traite de ce sujet de l 'intelligence artificielle qui, comme cela a été dit ce matin, avance peut -être plus rapidement que ce que nous pourrions nous -mêmes l 'apprivoiser, voire même la contrôler. Le cadre francophone offre un événement. Il y a un espace idoine pour discuter des questions fondamentales et essentielles. En particulier, cela a été également souligné ce matin, celle de la souveraineté numérique qui est liée à l 'appropriation et au contrôle des données, éléments centraux pour guider la gouvernance mondiale de l 'intelligence artificielle dans le sens souhaité, c 'est -à -dire au profit de tous. En mettant en commun nos connaissances et nos bonnes pratiques, nous pouvons contribuer à construire au sein de l 'espace francophone un écosystème numérique plus sûr, souverain et inclusif, capable de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux posés. A ce titre, ce forum constitue une plateforme privilégiée d 'échanges, d 'expériences et de recommandations concrètes. Il ne fait nul doute que la qualité des panélistes, vous avez tous le programme, et la pertinence des thématiques retenues seront à même de permettre un débat fécond. Cela a été souligné, je n 'y reviens pas, mais les ateliers sont variés et vont nous permettre d 'aborder au long de cette journée d 'échanges des questions essentielles comme la régulation, la protection des données, le développement des compétences. La compétence numérique qui est fondamentale dans l 'espace francophone, ainsi que les opportunités offertes par l 'innovation pour accélérer le développement de nos pays. de perdre cette opportunité. Il faut, pour les pays de l 'espace francophone en particulier, les pays du Sud, de ne pas rater ce train pour le futur. Cela est fondamental pour eux. Le succès qui a marqué la première édition de ce forum et les recommandations intelligentes, j 'en suis particulièrement convaincu, qui seront issues de cette édition, contribuant, j 'en suis convaincu, à façonner une gouvernance du numérique et de l 'intelligence artificielle à la hauteur des ambitions des femmes et des hommes au sein de l 'espace de la francophonie. Enfin, sans trop prolonger mon mot d 'ouverture, je ne saurais conclure sans insister, je le répète, insister plus que jamais sur l 'impératif d 'exploiter tout ce qu 'offre l 'intelligence artificielle pour assurer et consacrer la diversité linguistique au s ein des instances internationales et plus largement comme élément d 'organisation. L 'enrichissement du dialogue, de la capacité... à vivre ensemble, c 'est -à -dire en réalité de s 'entendre ensemble. Je vous souhaite un excellent forum et comptez sur le groupe francophone de Genève pour assurer que les conclusions de ce forum et ses recommandations dans la gouvernance du numérique et de l 'intelligence artificielle, dans la variété et la diversité des travaux soient traduites lors de tous nos débats à venir ici dans la Genève internationale et plus largement. Je vous remercie.
Henri Monceau
Merci beaucoup, M. l 'Ambassadeur. À présent, pour clore cette cérémonie d 'ouverture, je vais demander à Janis Karklins de bien vouloir prendre la parole. Alors, Janis est aujourd 'hui le responsable de l 'engagement auprès des gouvernements et des organisations internationales au sein de ICANN. Mais vous le connaissez pour nombre d 'entre vous, c 'est un acteur historique de la gouvernance du numérique puisque Janis a été notamment directeur général adjoint de l 'UNESCO en charge de l 'information et de la communication. Il a été aussi l 'ambassadeur de son pays auprès des nations unies ici à Genève avec toujours ce volontarisme et cette action très forte autour des thématiques qui nous retiennent aujourd 'hui. Cher Janis, j 'ai failli dire The Floor is Yours, mais ça c 'est interdit aujourd 'hui. Je t 'en prie.
Janis Karklins
Merci. Monsieur l 'Avassador, Madame la Secrétaire générale de l 'OIT, chère Ndi, merci pour cette aimable introduction et invitation à intervenir dans cette ouverture du deuxième forum de la gouvernance du numérique et de l 'intelligence artificielle de l 'OIF. L 'approche multi -acteurs de la gouvernance de l 'Internet a largement contribué à faire ce qu 'il est aujourd 'hui. Depuis le sommet mondial sur la société d 'information, il y a 20 ans maintenant, elle a permis à l 'Internet d 'évoluer vers un écosystème mondial ouvert, stable, sûr, résilient et interopérable au service de milliards de personnes à travers le monde. La raison de ce succès est simple. Aucun acteur ne détient à lui seul toute expertise. L 'autorité ou la responsabilité nécessaire à la gouvernance de l 'Internet, les gouvernements, le secteur privé, la société civile, le monde universitaire, la communauté technique et les organisations internationales apportent chacun des perspectives et des connaissances. Les décisions qui concernent l 'Internet sont plus solides et plus durables lorsqu 'elles s 'appuient sur l 'expertise de celles et ceux qui les développent, l 'emploi, utilisent et dépendent. système d 'identifiant unique de l 'Internet selon une approche multi -acteurs, contribuant ainsi à garantir que le système de nom de domaine demeure sûr, stable et interopérable à l 'échelle mondiale. Si Internet continue de fonctionner de manière fiable, c 'est parce qu 'un ensemble d 'acteurs divers coordonne volontairement des fonctions techniques qui rendent l 'interopérabilité possible. Alors que nous entrons dans la phase de mise en œuvre des résultats de processus SMSI plus souvent, cette approche demeure essentielle. Les défis du numérique sont devenus plus complexes, mais il n 'existe toujours ni solution unique, ni approche. La politique publique... relatives à l 'Internet, devraient s 'appuyer sur la compréhension des réalités techniques, tirer parti des mécanismes de coopération et de processus qui ont fait leur preuve afin d 'éviter toutes conséquences involontaires sur l 'infrastructure fondamentale de l 'Internet. L 'examen du SMSI Plus20 a à juste titre réaffirmé le modèle multipartite comme fondement de gouvernance efficace de l 'Internet. Il a également reconnu la communauté technique comme un groupe acteur destin en fin de garantie d 'expertise technique continue d 'éclairer des décisions qui influencent le fonctionnement et l 'évolution de l 'Internet. Nous constatons déjà des bénéfices de l 'Internet, des bénéfices de cette coopération dans les domaines tels que l 'acceptation universelle et les non -domaines internationalisés. de gouvernement a créé un environnement politique favorable, de l 'industrie a adopté des systèmes et de ses services, et des communautés techniques a apporté son expertise en matière de mise en œuvre, ainsi que de la société civile et du monde universitaire a identifié le besoin des utilisateurs. Aucun de ces acteurs ne pourrait à lui seul atteindre ses résultats. A l 'avenir, préserver l 'Internet mondial unique et ouvert exigera de poursuivre cette coopération, de maintenir un dialogue ouvert et de garantir une participation effective de l 'ensemble des parties prenantes. Des forums comme celui -ci, ainsi que forum sur la gouvernance Internet et le processus multi -acteurs au sein de la Caine offrent un espace indispensable pour cette collaboration. L 'approche multipartite n 'est pas seulement... un mécanisme de gouvernance. Elle est une principale raison du succès de l 'Internet et demeure un socle le plus solide sur lequel construire son avenir. Merci,
Henri Monceau
J'invite à présent les panélistes de cette première table ronde sur l'équilibre entre régulation et innovation à nous rejoindre. Cher Lacina Konaté, directeur général de Smart Africa, j'ai aperçu Henri Verdier, le président de la Fondation INRIA, Madame Lena Dargham, secrétaire générale du Réseau Normalisation et Francophonie, et Madame Anne-Marie Jean, déléguée du Québec aux affaires francophones et multilatérales. Merci beaucoup. S'il vous plaît, installez-vous. J 'aurai l 'occasion de redire un mot de chacune et chacun d 'entre vous au fil de notre discussion dont nous allons en effet tenter qu 'elle tienne en une heure. Alors, le thème, je crois, est assez parlant. Encore une fois, il est issu directement des échanges que nous avons eus entre tous les partenaires. Et il fait référence à ce discours qui revient de manière récurrente depuis quelques temps. La régulation freinerait l 'innovation. D 'autres soutiennent au contraire qu 'en l 'absence de règles, il ne peut y avoir ni confiance, ni investissement durable, ni innovation responsable. Donc, je voudrais commencer par poser une question très simple. Par exemple, à nos intervenants, est -ce que la régulation, vous la voyez comme adversaire de l 'innovation ou en est -elle au contraire désormais la condition ? M. l 'Ambassadeur, cher Henri.
Henri Verdier
Cette question m 'a souvent été posée aux États -Unis. Alors, j 'aime bien leur dire, vous savez, chers amis, la gastronomie française est la plus régulée du monde et n 'est pas si mauvaise. Et en général, ça fait un peu réfléchir. Non, une mauvaise régulation peut freiner l 'innovation, bien sûr, si elle est mal pensée, mal écrite. Mais la vérité, c 'est premièrement qu 'on a aussi des dizaines d 'exemples de régulations qui ont soutenu l 'innovation. Je vous rappelle, par exemple, qu 'il y a 60 ans, Boeing était pratiquement l 'unique producteur mondial d 'avions et que quand l 'Europe a voulu entrer dans le marché, elle s 'est prévalue de normes de sécurité supérieures à celles des États -Unis. Et elle a dit, vous savez, j 'ai des avions qui sont plus fiables. Et ça lui a permis de prendre la moitié du marché. Donc, elle a fait totalement levier sur une régulation. Donc, ça peut aussi être une stratégie de conquête et d 'innovation. Et puis, pour finir, parce que tu as dit qu 'on commence par un tour rapide, ce n 'est peut -être pas la seule question qu 'il faut se poser. Moi, ce qui me préoccupe vraiment, c 'est que l 'innovation, ce n 'est pas toujours du progrès. et que l 'innovation peut aussi servir des projets dystopiques et que la question pour l 'instant c 'est est -ce que ces technologies du numérique vont nous permettre de construire une société utopique et pour ça sans intervention politique et sans démocratie et sans décision collective on est mal parti.
Henri Monceau
Merci beaucoup du Henri Verdier dans le texte et nous poursuivons avec Lena alors. Lena en tant que secrétaire générale du réseau normalisation et francophonie et la normalisation occupe une place très particulière dans le champ de la régulation de la gouvernance alors comment voyez -vous de votre côté cet enjeu de la régulation versus innovation.
Lena Dargham
Bon alors on parle toujours on oppose souvent la réglementation à l 'innovation mais je crois que l 'important c 'est de pouvoir trouver cette balance et la question la plus importante, comment créer la confiance ? Parce que ça c 'est l 'important. Comment est -ce que ces solutions qu 'on est en train de créer sont fiables ? On peut démontrer qu 'elles sont fiables, on peut démontrer qu 'elles sont interopérables et on peut démontrer qu 'elles peuvent être connectées aux marchés internationaux. Et je vois bien que la question de la confiance est primordiale dans cette balance qu 'on essaye de créer entre la réglementation et l 'innovation et la normalisation et effectivement ce pilier invisible qui aide les innovations ou les solutions innovantes à être connectées et à démontrer leur fiabilité et leur interopérabilité. Si un innovateur sénégalais ou libanais propose une solution, il faut que cette solution soit bien connecté au marché international il faut que cette solution vraiment prouve sa confiance au niveau de l 'utilisateur mais juste un point aussi concernant cette balance qu 'on va créer je vois aussi que plusieurs normes ont essayé de démontrer d 'une façon pratique cette confiance et de démontrer d 'une façon aussi pratique comment la norme peut créer ce langage commun entre l 'innovateur et l 'investisseur le marché international et les régulateurs donc voilà je crois que c 'est une réglementation qui est basée sur une norme l 'harmonisation des réglementations et l 'harmonisation des normes peuvent à un moment donné prouver son efficacité et voir cet équilibre entre ce que nous devons protéger dans la réglementation, ce que nous avons besoin de créer avec l 'innovation et comment avec la normalisation on peut démontrer que ce que nous avons créé est fiable et interopérable.
Henri Monceau
Merci Léna, nous allons avoir l 'occasion de revenir abondamment sur ces normes, chère Lacina Lacina même chose peut -être en une minute avant qu 'on ne creuse.
Lacina Koné
Merci beaucoup Monsieur le modérateur. Je souhaiterais parler d 'une certaine idée. C 'est que le débat n 'est pas vraiment de choisir entre réglementation et innovation. Le véritable enjeu est de créer les conditions de confiance. qui permettent à l 'innovation de prospérer tout en protégeant les citoyens. vous voyez là ça devient c 'est des insights donc l 'histoire du numérique aussi nous enseigne une leçon très claire aucune transformation technologique durable ne s 'est développée sans confiance je rejoins l 'intelligence artificielle ne fera pas l 'exception pour les pays francophones la priorité n 'est donc pas de produire toujours plus de règles mais de construire des cadres
Henri Monceau
réglementaires intelligents proportionnés et favorables à l 'innovation une réglementation insuffisante crée des risques une réglementation excessive freine l 'innovation alors notre responsabilité est de trouver le juste équilibre comme vous l 'avez dit Et cet équilibre est particulièrement important pour nos pays qui cherchent encore à développer leurs capacités numériques, les infrastructures, leur écosystème d 'innovation. Alors la gouvernance de l 'intelligence artificielle ne commence pas du tout avec l 'algorithme. Elle commence avec les infrastructures, les données, les compétences et confiance. Merci, merci beaucoup cher Lacina Madame Jean, de votre côté aussi, nous allons revenir sur une expérience spécifique un peu plus tard du Québec à propos précisément des contenus, de la diversité, de la découvrabilité. Mais de manière générale, comment voyez -vous vous aussi ce débat, ce débat donc autour de la confiance et sur la manière dont on peut construire, en cadre, qui inspire cette confiance ?
Anne-Marie Jean
Merci M. Monceau. de gastronomie, je parlerai de culture, qui est un secteur que je connais très bien parce que j 'ai dirigé une organisation de financement de la culture pendant neuf ans avant d 'occuper les fonctions que j 'occupe présentement. Et je vous dirais que le milieu de la culture au Québec est un milieu extrêmement réglementé. Nous avons des lois pour protéger les droits d 'auteur, les droits de suite. Nous avons des associations, des syndicats. Le milieu culturel est très, très structuré, ce qui n 'a jamais empêché le milieu culturel québécois d 'innover, d 'être très présent sur toutes les scènes internationales. Vous en connaissez certainement. Vous connaissez certainement certains créateurs, certaines productions qui ont fait le tour du monde. Et donc, nous croyons justement que cet environnement réglementaire permet aux artistes et aux créateurs de développer, d 'innover, de créer des choses. Et donc, nous avons des lois qui sont très, très réglementées. Nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et donc, nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et tour du monde. Et nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et nous avons des lois nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et nous avons des lois qui ont fait le tour du monde. Et nous avons des lois qui ont fait le bien sûr des soutiens de l 'État, mais de pouvoir le faire de façon juste et équitable. Alors, je m 'arrêterai là, parce que M. Monceau veut tenir le temps, mais je pourrai parler plus tard de l 'expérience québécoise. O
Henri Monceau
n y revient tout de suite. Je retourne vers la Sinaconée. Alors, l 'Afrique est probablement le continent où les bénéfices potentiels de l 'IA sont les plus importants, mais c 'est aussi pour l 'heure celui où le risque d 'exclusion est le plus élevé. Et lorsque vous dialoguez avec vos membres, puisque Smart Africa est une alliance qui a été conçue précisément pour permettre une énergie commune autour de ces questions, qu 'est -ce qu 'ils vous demandent d 'abord ? Est -ce que ce sont des questions qui sont très importantes ? Est -ce qu 'ils ont des règles et un environnement ou davantage de capacités ? Donc, est -ce que, excusez -moi d 'être manichéen encore, mais est -ce que la priorité est la régulation ou l 'accès aux infrastructures, aux données, aux compétences, aux calculs ?
Lacina Koné
Pour la population, la priorité peut être l 'accès. On veut avoir l 'accès à l 'Internet et tout et tout. La priorité pour nos gouvernements, ça doit être la réglementation. Vous savez, on vit un moment historique. Toutes les révolutions technologiques, industrielles, l 'Afrique n 'a jamais participé. On a subi. Et entre 1960 et 1980, entre la troisième révolution industrielle et la quatrième révolution industrielle, la population de l 'Afrique était de 200 millions en 1960. En 1980, on est passé à 480 millions, un gain de 280 millions. De 1980 en 2025, on est passé à 1 ,4 milliard, un gain de 1 ,5 milliard de population. pour nous est -ce que le nombre des écoles a augmenté assez tôt est -ce que le nombre des hôpitaux a augmenté assez tôt donc comment absorber les gens parlent tout le temps que l 'Afrique on est en retard, on n 'est pas en retard on n 'est pas en course contre quelqu 'un, je l 'ai toujours dit non, parce que le constat que je viens de vous dire aucun continent n 'a traversé ça donc on doit avoir une manière différente l 'accès la population d 'accord mais la réglementation ne doit pas être réactive ça doit être proactif vous savez, quand vous regardez les 30 dernières années, la réglementation a toujours été autour des technologies ça n 'a jamais été centré autour des citoyens parce que c 'est là où la confusion entre la digitalisation et la transformation a été créée c 'est pas la même chose Nous avons, au sein de nos gouvernements, les ministères digitalisés. Oui, on est digitalisés. Au fait, c 'est le paperasse qu 'ils ont amené en ligne. Ce n 'est pas transformé parce que ce n 'est pas axé sur les citoyens. Donc moi, je ne commence d 'abord pas la réglementation. Parce qu 'en final, dans nos pays, les citoyens sont devenus le coursier de l 'État. Tu vas au ministère de la Santé, tu donnes tes données. Tu vas au ministère des Transports, c 'est toi qui donnes es données. Tu vas à l 'université, c 'est toi qui donnes tes données. Mais si c 'était centré sur l 'accès, si c 'était axé sur les citoyens, là, on allait à partir de la transformation. Mais la transformation n 'est pas la digitalisation. Donc moi, j 'ai dit la priorité pour nos États, c 'est une chance pour l 'Afrique que nous soyons là, que nous commençons cette révolution dont notre foi compte. Merci.
Henri Monceau
Merci beaucoup, c 'est très clair. Mais alors, précisément, il y a cet enjeu de réglementation. Comment faire en sorte... ... de faire en sorte, puisque nous avons... faire un enjeu technologique qui est global, qui concerne le monde entier, ou le développement des efforts de réglementation jusqu 'ici à une forte composante internationale, comment faire en sorte alors que ceux qui disposent d 'infrastructures, voire que ceux qui créent ces infrastructures et qui proposent des contenus n 'occupent une place disproportionnée dans la confection des réglementations ?
Lacina Koné
Ça c 'est une question très intéressante, mais si je peux il faut avoir l 'audace, je vais être bold comme d 'habitude ce qui se passe sur nos pays surtout en Afrique en général et francophonie et tout ça c 'est pas seulement nous vous avez dit, votre discours d 'ouverture il y a 75 % d 'infrastructures contrôlées par l 'Amérique et 15 % par la Chine et c 'est une question On peut voir ça quand on regarde l 'Afrique, on peut voir ça aussi, c 'est un désavantage. Non. Mais combien de données est contrôlée sur les serveurs de l 'IA à partir de l 'Afrique ? Il n 'y a que 2%. En Europe, 80%. Je ne vais pas rentrer dans l 'histoire. Aujourd 'hui, l 'Europe, même la souveraineté, est un problème. Donc nous n 'avons pas commencé à bâtir la donnée. Alors c 'est le temps pour nous, c 'est la raison pour laquelle j 'ai dit la réglementation. Et si les détenteurs des technologies, ah nous avons la technologie, mais la technologie se nourrit de la donnée. Alors c 'est le bon moment pour nos états de préparer l 'avenir en mettant la gouvernance à ces données. Parce que nos données ne pourront pas être manipulées comme les autres continents, alors les autres nations. Mais encore, est -ce que vous avez les moyens ? Vous savez, Henri, on dirait toujours, mais oui, vous avez les données, mais vous n 'avez pas les moyens de technologie. Mais non. Il ne faut pas y croire. L 'Afrique produit 3000 heures de soleil par an. Et quand on parle de l 'énergie, on nous fait croire que c 'est l 'électrification des zones rurales. Non. Les 3000 heures, moyenne capacité d 'énergie qui est demandée par l 'intelligence artificielle tourne entre 150 MW et 250 MW. Et quand on transforme les 3000 heures, ça devient 1500 MW qu 'ils peuvent avoir dans les 3000 à 4000 serveurs de l 'IA sur l 'Afrique. Mais pourquoi les détenteurs de technologies n 'iront pas en Afrique où l 'énergie se trouve ? Puisque aujourd 'hui, la Chine détient 3860 MW et les Etats -Unis sont en déficit d 'énergie. Ils sont à 1500 MW. Alors ils retournent. C 'est plus l 'énergie renouvelable. Alors si nous avons l 'énergie et nous avons les coltrans. Alors pourquoi ces détenteurs de technologies ne viennent pas sur l 'Afrique ? parce que la lune est plus proche que l 'Afrique non, je ne clôture pas là on dit toujours le global south je n 'y croyais pas, il n 'y a pas de global south c 'est la Nouvelle -Zélande et l 'Australie qui est en sud l 'Afrique c 'est le nouveau centre alors si nous avons les matériels les matières premières qui sont les énergies renouvelables alors je poserai la question si l 'intelligence artificielle se nourrit des données d 'accord, pourquoi s 'asseoir en Irlande ou alors à Massachusetts attendre des données et ne pas aller où se trouve l 'énergie aujourd 'hui dans cette guerre géopolitique de l 'énergie c 'est une question aussi à poser
Henri Monceau
erci, merci beaucoup cher Lassina Léna vous l 'avez dit on parle beaucoup de loi on parle beaucoup moins des normes techniques mais ces normes sont pourtant le backbone la moelle non, c 'est l 'épine dorsale par laquelle fonctionne concrètement les techniques Alors, est -ce qu 'elles peuvent être ces normes également vecteurs de souveraineté ? Je préfère personnellement le terme d 'autonomie stratégique. Ça, c 'est une première question. Et une deuxième question, est -ce que les pays francophones, vous dirigez l 'alliance des organismes de normalisation des pays francophones, est -ce que ceux -ci jouent pas suffisamment dans le débat ? Est -ce qu 'ils sont présents dans les organismes internationaux ou bien, là aussi, comme c 'était évoqué à l 'instant, risquons -nous de devoir appliquer des normes, des standards qui sont élaborés ailleurs ?
Lena Dargham
Bon, il faut dire que, comme vous l 'avez bien mentionné, la norme, c 'est la langue du marché. La norme, c 'est la base technique de la réglementation. Donc, les pays qui participent à la rédaction de ces normes -là participent à la rédaction de ces normes -là. C 'est la rédaction des règles du marché. dans tous les secteurs, et bien sûr dans le secteur du numérique. Maintenant, au niveau des pays francophones, on a bien remarqué, lorsqu 'on a élaboré notre baromètre international de participation, qu 'il y a un manque énorme dans la participation des pays francophones, les pays en développement francophones, dans l 'élaboration de ces normes internationales. Pourquoi il y a ce manque -là ? Il y a plusieurs causes. L 'une, c 'est parfois un manque d 'expertise au niveau national, mais surtout, c 'est le manque d 'accès à ces documentations techniques en français, en langue française. Il y a des pays qui sont bilingues, mais il y a beaucoup de pays africains, surtout, qui ne sont pas bilingues. Donc, les experts nationaux ne peuvent pas participer à l 'élaboration de ces normes -là au vote, parce que vous savez bien qu 'au niveau international, ces normes -là demandent des votes parfois de deux pays. Un pays, un vote. Donc, si moi, en tant que pays, je ne participe pas... donc je cède la décision à un autre pays anglophone. Donc la question qui se pose, est -ce que la francophonie a une priorité d 'être présente dans ces instances de normalisation ? Est -ce que nos organismes de normalisation ont la capacité et l 'expertise nécessaire d 'y participer ? Parce que là, ce livrable qui est la norme va changer le marché, va rédiger la règle, va devenir la langue de ces échanges commerciaux et va à un moment donné créer cette confiance qu 'on a mentionné tout à l 'heure dans les outils d 'IA qui ont été développés dans un pays africain. Donc au niveau du réseau, je ne sais pas si on mentionne maintenant l 'initiative qu 'on a prise de développer une plateforme de traduction automatique des documents normatifs, des projets de documents normatifs qui sont développés dans les organismes de normalisation internationaux, notamment l 'ISO et l 'IEC, et qui est mise à disposition de nos membres. Pour pouvoir circuler... ces normes au niveau national, faire une consultation et une participation et non pas une participation passive au niveau de ce développement -là, afin de pouvoir que la francophonie puisse être présente activement. Donc voilà, il y a certainement un manque de sensibilisation, un manque d 'accès à des documents normatifs en langue française et si au niveau des comités techniques qui sont liés à l 'intelligence artificielle, on a certainement marqué ce manque de participation.
Henri Monceau
Merci, merci beaucoup. Donc, Madame Jean, ce que nous dit l 'ENA et qui... résonne bien chez moi en fait aussi, ce que l 'on peut observer ici à Genève ou à New York, c 'est que certes, au bout du compte, lorsque vous terminez un processus, vous disposez... C 'est une réalité en français, en espagnol, en portugais, en beaucoup de langues éventuellement, mais tout le processus, lui, il est monolingue. Tout le processus de construction, de discussion, de délibération. C 'est un peu comme ça que fonctionne aussi l 'IA, puisque si vous interrogez une IA, vous allez le faire dans votre langue, elle va travailler dans une autre langue, vraisemblablement, à 80%, ça va être en anglais, et puis elle va vous restituer un résultat dans votre langue qui sera une traduction. Donc on voit qu 'il y a constamment cet aller -retour sur l 'enjeu de langue, mais que fondamentalement, la diversité n 'est pas forcément au rendez -vous dans ce schéma. Le Québec a choisi de considérer la diversité culturelle, non pas comme un simple patrimoine à protéger, mais vraiment comme un enjeu politique essentiel, et vous avez, de ce point de vue, là. développer une politique publique extrêmement ambitieuse, dont peut -être vous pouvez nous faire part d 'abord de la manière dont elle s 'est construite, et puis des premiers enseignements que vous en tirez.
Anne-Marie Jean
Oui, vous l 'avez dit, d 'abord la défense et la protection du français sont dans notre ADN, étant un îlot francophone dans un continent anglophone. Mais nous avons toujours voulu valoriser la langue française, son usage. Je parlais tout à l 'heure des artistes qui rayonnent sur la planète. Ils sont bien soutenus par le gouvernement et le secteur privé aussi, parce que c 'est une valeur qui est universelle, qui est transpartisane au Québec. L 'expérience que nous avons, mais le constat que nous faisons, c 'est que, d 'une part, on le savait, les pratiques culturelles se déplacent de plus en plus vers les plateformes numériques et les appareils connectés. et ce sont les grandes plateformes qui jouent un rôle déterminant maintenant sur ce que les citoyens verront ou ne verront pas sur leur plateforme. Et donc, le constat qu 'on faisait, c 'est qu 'il y a un recul très, très préoccupant dans ce que certaines pratiques culturelles en français sont très peu présentes, notamment chez les jeunes. Alors, il a été question, en fait, dans les politiques culturelles, bien sûr, il y a un accent qui est mis sur le soutien à la création et à la production, mais ce qui devenait l 'enjeu le plus préoccupant, c 'était la découvrabilité des contenus culturels originaux de langue française. Et donc, le ministre de la Culture et des Communications a déposé un projet de loi qui vise à protéger et à assurer la découvrabilité des contenus culturels. culturelles d 'expression originale de langue française et l 'accès à ces contenus. Alors, c 'est un geste fort. Cette loi a été adoptée par l 'Assemblée nationale du Québec en décembre 2025. Nous verrons comment elle peut résister aux assauts de certains auprès des tribunaux. Mais la réglementation est en cours. Cette loi -là, la loi 109, elle ne porte pas sur la réglementation des contenus. Elle veut réglementer les conditions de la découvrabilité des contenus culturels. Alors, ce qu 'elle vise, au fond, c 'est que ces contenus soient trouvés, proposés et choisis par les citoyens. Par contre, ce qu 'elle fait, cette loi, elle impose des exigences auprès des plateformes numériques et des fabricants d 'appareils connectés. On veut pouvoir que ces entreprises, ces plateformes puissent réinjecter du financement sur le territoire qu 'elles occupent. On veut que les appareils connectés puissent présenter les plateformes nationales. Quand vous achetez un téléviseur, vous avez toutes sortes de plateformes que vous connaissez qui sont des plateformes américaines pour la plupart. Il existe des plateformes dans chacun des pays. Ce que nous souhaitons au Québec, c 'est que les plateformes développées au Québec apparaissent dès que vous branchez votre appareil et que les contenus qui sont donc des contenus produits au Québec, soient facilement accessibles pour le citoyen. Alors, l 'objectif, c 'est de garantir que cette transformation numérique ne se fasse pas au prix de l 'effacement culturel, de l 'effacement de notre culture pour laquelle nous nous sommes battus depuis le début de notre existence. Et je ferai le lien avec l 'IA, en fait, parce que vous l 'avez mentionné, l 'IA se nourrit, en fait, pardon, des données, voilà. Et donc, il faut s 'assurer que les données francophones soient bien structurées dans l 'IA, soient présentes pour que les contenus puissent être reçus par le citoyen qui interroge. Merci. Merci beaucoup. Certains d 'entre vous, Mme Marie Grégoire, qui est sa PDG, qui est aussi la présidente du RFN, qui soutient l 'événement d 'aujourd 'hui. Donc, c 'est l 'ABANQ, pour l 'appeler par son nom, son abréviation, veut, en tout respect des droits d 'auteur, mettre en place une base de données qui pourra alimenter l 'IA, une IA qui serait respectueuse de la diversité, qui valoriserait les contenus francophones et autochtones, et qui renforcerait la souveraineté et la traçabilité des données. Donc, c 'est dans cette optique, en fait, que le Québec a lancé une loi et initie des projets. Il y a toute une... une planification qui est faite à l 'heure actuelle auprès de toutes les instances qui sont supervisées, je dirais, par le ministre de la Culture pour s 'assurer que toutes les actions des différentes entités convergent vers cet objectif ultime.
Henri Monceau
Merci beaucoup. Nous aurons l 'occasion de reparler cet après -midi de ces enjeux et spécifiquement du travail que fait le réseau francophonie numérique que préside Marie Grégoire et qui est en effet un des partenaires qui ont rejoint l 'organisation du forum cette année. C 'est une question absolument fondamentale. Monsieur l 'ambassadeur, cher Henri, une fois qu 'on a eu le titre d 'ambassadeur, on le porte toute sa vie. C 'est comme ça, c 'est comme les ministres. Il y a des des tâches comme celle-ci que nous ne cernons pas de manière si précise cela fait bien une bonne dizaine d'années ou même un peu plus que vous participez aux réunions principales de ceux qui tentent de façonner cette gouvernance du numérique au niveau international avec l'intelligence artificielle pensez-vous que nous ayons simplement changé d'échelle ou changé de nature par rapport à cette question de la régulation et de la réglementation est-ce que nous sommes toujours dans la régulation du numérique ou sommes-nous dans une nouvelle forme de géopolitique de la puissance.
Henri Verdier
Merci parce que vous me tendez une perche non je pense que nous avons changé de nature et je pense que c'est précisément là où nous voulons en venir j'ai écouté nous sommes plusieurs à avoir rappelé que je pense que ce sont 92 % des données d'entraînement souhaitées qui sont anglophones c'est très grave et là nous devons nous pencher sur la nature technique des problèmes ce n'est pas seulement que l'IA aurait moins accès aux connaissances non francophones ce qui est déjà vrai et ce qui est déjà très grave mais il y a pire. j 'imagine que tout le monde ici voit à peu près comment marche l 'intelligence artificielle ça calcule la probabilité qu 'une phrase suive une autre phrase elle a regardé tout ce qui a été écrit et elle calcule des probabilités de la suite et si elle est éduquée en anglais elle est éduquée aussi avec des représentations implicites profondes le premier exemple qui me vient là, il est littéraire il y a un écrivain francophone qui s 'appelle Hector Biancotti qui écrit un très beau livre où il parle beaucoup de la traduction le livre s 'appelle L 'amour n 'est pas aimé sachant qu 'il est lui -même argentin et n 'est pas de francophone il fait remarquer par exemple qu 'en français le mot solitude, il connote des grands espaces la nature, la pampa alors qu 'en espagnol, soledad qui est un prénom féminin aussi, ça parle de quelque chose de l 'ordre de l 'intimité du fort intérieur Donc si vous posez une question à l 'IA sur la solitude, elle va aller vous chercher les grandes plaines. Et si vous lui posez une question sur la soledade, elle va aller vous chercher quelque chose sur l 'intimité. Donc ce n 'est pas seulement qu 'elle n 'a pas accès à tous les savoirs, c 'est qu 'elle n 'entend pas la même question. Et ça, il faut qu 'on réalise. On imprime, par exemple, vous voyez bien qu 'une énorme tension transatlantique, c 'est que les États -Unis ont choisi de donner les droits constitutionnels aux personnes morales. Donc ils considèrent qu 'une entreprise a de la liberté d 'expression, a du free speech, etc. C 'est une énorme mécompréhension, mais si on éduque les modèles en langue anglaise, on les éduque dans l 'idée où la constitution protège les robots. Alors que si on fait en français, la constitution protège les humains. Donc c 'est vraiment important. Je voulais souligner ça et c 'est une première différence majeure. La deuxième, probablement, on l 'a tous remarqué. la révolution internet c 'est une révolution qui change les rapports entre les gens, et déjà ça a changé le monde parce qu 'on crée des réseaux, des réseaux d 'humains des réseaux d 'entraide, des réseaux de communication là on entre dans la sphère de l 'intime, on révolutionne l 'expression de soi -même moi j 'ai la chance d 'être le papa de deux adolescentes c 'est une génération qui écrit des lettres d 'amour avec de l 'IA par exemple et des lettres de rupture avec de l 'IA ça entre c 'est important ça, dans l 'intime de leur intime et ça modifie leurs rapports les plus sensibles, les plus fins donc déjà et puis bien sûr je suis heureux parce que je trouve que cette année, y compris dans le rapport du groupe d 'experts presque indépendants pardon indépendants mais avec des engagements avec des engagements professionnels quand même en tout cas je vois que la place du travail du rôle de l 'humain, de la dignité humaine au travail, etc., commencent à entrer dans le débat. C 'est une très bonne chose. C 'était aussi très présent dans l 'encyclique du Vatican de manière un peu étonnante, puisqu 'on est revenu à des textes des années 1880, mais pour dire des choses essentielles sur l 'IA. Donc c 'est un deuxième gros changement. Et peut -être, parce que je ne veux pas être trop long, il y a un troisième gros changement, et je voudrais qu 'on s 'en rende compte tous. La révolution Internet, en vrai, elle est née dans un monde académique et très profondément structuré par des logiques de standards ouverts, de communs numériques, de transparence, de coopération, de contribution. Et elle a changé le monde en bien et en mal, mais à mon avis, plus en bien. La révolution IA, elle naît dans des entreprises qui pèsent 1000 milliards de dollars. Elle naît privée à la naissance. Et ça, c 'est un vrai changement, parce que pendant 40 ans, on a essayé de protéger le commun. Maintenant, il va falloir imposer le commun à quelque chose qui n 'est pas commun à la naissance. Et c 'est quand même un changement de contexte. Et donc, du coup, bien sûr, les logiques qu 'Henri Monceau vient d 'évoquer, de course à la puissance, de conflits géopolitiques, sont exacerbées, puisqu 'il y a des... d 'abord il y a des entreprises qui pèsent 1000 milliards de dollars je ne sais pas si on a connu ça depuis la compagnie des Indes la dernière fois qu 'on a eu des entreprises aussi puissantes c 'était la compagnie des Indes et vous avez vu le rôle géopolitique qu 'elles ont eu je pense qu 'on a la même chose maintenant donc déjà on a ces entreprises là qui sont des acteurs géopolitiques par nature et qui jouent des rapports de relations entre états et pour certains états des alliances avec leur état pour les aider dans une course à la puissance mais aussi à la capture du marché il faut quand même qu 'on réalise j 'étais à Vivatech il y a 15 jours à Paris le PDG d 'Alibaba il a eu une standing ovation parce qu 'il a dit ne vous y trompez pas nos intelligences artificielles on ne vise pas le marché des directions informatiques on vise le marché des directions des ressources humaines puisqu 'on a vocation à remplacer tous les salariés du monde et là il a eu une standing ovation de 10 minutes d 'une salle pour moi de l 'Aimings parce qu 'ils sont en train de courir vers la falaise sans se rendre compte qu 'il y a une falaise au bout parce qu 'eux -mêmes sont en train de creuser leur tombe mais qui ont dit c 'est incroyable quelle ambition cet homme veut remplacer tous les salariés du monde par des abonnements à 60 euros par mois ce qui est bête bien sûr ça ne se produira pas mais ça nous dit quelque chose donc oui c 'est une différence de nature je crois très profonde et on a beaucoup à dire dans ce débat et notamment je crois que ça a été entendu une bonne gouvernance ça demande de la régulation ça ne demande pas que de la régulation les standards ouverts les infrastructures publiques les normes volontaires les codes de comportement acceptés par la société tout ça ça fait partie d 'une bonne gouvernance donc on a besoin de jouer sur tous les plans et ça répond peut -être à une des questions que tu as posées et ça explique ce qu 'a dit la Sina Kone etc. Si on veut juste réguler sans aucune puissance scientifique, sans aucune puissance économique, sans faire partie de ceux qui innovent, on n 'a aucune chance. Donc en fait, non seulement ça ne s 'oppose pas, mais on ne régulera pas si on ne crée pas aussi.
Henri Monceau
Merci beaucoup Henri. Je reprends une question commune à tout le monde et vous me répondez en une minute, parce que comme ça on va conserver dix minutes pour un petit dialogue avec la salle avant de partir en atelier. Dans la manière dont a été conçue cette journée, la discussion se fait vraiment dans les ateliers qui ont l 'essentiel de leur temps consacré aux échanges. Mais comme on a la possibilité ici peut -être... de poser deux, trois questions, je vous en prie, préparez -les. Et pour ce qui concerne le panel, moi je vous demanderais, mais si nous nous retrouvions ici dans cinq ans, alors je ne vous demande pas de faire de la prospection. Mais par contre, quel serait selon vous l 'indicateur qui nous permettrait de savoir si ce pourquoi, je crois qu 'il y a une relative convergence, y compris d 'ailleurs par rapport à ce que j 'ai entendu lors de l 'ouverture de la part par exemple d 'Amandeep, qu 'est -ce qui nous permettrait de penser qu 'on a pris la bonne direction dans cinq ans ? Alors très brièvement, chacune et chacun d 'entre vous qui veut commencer, Madame Jean.
Anne-Marie Jean
Je peux bien y aller. D 'abord, j 'espérais que notre conversation, notre convergence francophone soit très forte, que la francophonie soit très présente dans tous les forums internationaux, que la francophonie ait parlé d 'une seule voix et ait participé notamment aux travaux. Donc ils se font présentement à l 'UNESCO pour... pour l 'ajout d 'un protocole additionnel à la Convention de 2005. J 'espérais que ce vote ait été positif et qu 'on ait, dans tous les États, amorcé tout ce qu 'il faut mettre en place pour notre souveraineté culturelle et numérique. La Convention de 2005 est une convention sur la valorisation des expressions culturelles, mais qui ne touche pas au volet numérique, en effet, bien qu 'elle date de 2005, s 'est arrêtée avant Internet. Juste avant l 'arrivée de l 'Internet. Donc, c 'est important qu 'on s 'y mette et que toute la communauté francophone, que la francophonie soit présente. Nous avons, je ne sais pas si certains d 'entre vous ont écouté la conversation francophone qu 'a tenue la secrétaire générale le 9 juin dernier, mais elle a annoncé la nomination d 'un envoyé spécial sur la découvrabilité. des contenus culturels francophones bientôt, ce qui découle d'une réunion des ministres de la culture de la francophonie qui a eu lieu à Québec en mai 2025. Alors, cet envoyé spécial aura la responsabilité de mobiliser les États francophones en faveur de la mise en place de toutes les infrastructures nécessaires pour la souveraineté culturelle des États, mais aussi pour les mobiliser envers ce soutien à la Convention de 2005 et à toutes les discussions qui auront lieu dans les forums internationaux, que ce soit pour la gouvernance de l'IA, cet envoyé spécial aura aussi cette responsabilité. Alors, pour moi, dans cinq ans, j'espère qu'on aura eu de belles avancées grâce à tous ces efforts qui sont consentis dans ces instances internationales et multilatérales.
Henri Monceau
Merci beaucoup, Lacina.
Lacina Koné
Dans cinq ans, une souveraineté continentale par rapport à l 'intelligence artificielle en Afrique, la souveraineté continentale et la souveraineté nationale. Merci. Et pour expliquer cela, tout ne se résume pas à l 'IA, le générationnel AI. C 'est ce que nous voyons. Mais pour optimiser mon infrastructure critique dans un pays, ça ne dépend pas des serveurs aux États -Unis. Pour optimiser mon agriculture en utilisant l 'IA, ça ne dépend pas des serveurs aux États -Unis. Pour optimiser FinTech, ressources humaines, les ministères, ça ne dépend pas uniquement des serveurs aux États -Unis. Il ne faut pas nous faire croire que pour avoir une tasse d 'été, il faut carrément chauffer tout un océan. Aujourd 'hui, il y a des solutions. Donc, quand j 'ai les souveraines, dans cinq ans, on verra des pays africains qui vont prendre l 'initiative d 'avoir l 'IA des serveurs. Et c 'est au rôle du Smart Africa que nous travaillons aujourd 'hui, sur ce que nous appelons Compute Embassy Law. c 'est -à -dire la loi des ambassades des computing power, des centres de calcul de telle sorte que pour démocratiser l 'accès à l 'intelligence artificielle ce que nous appelons en anglais Uberizing Computer Access si le Maroc est capable d 'avoir l 'intelligence artificielle et on verra des acteurs aussi au -delà des MNO au -delà des opérateurs de téléphonie qui viendront dans nos pays avec des serveurs l 'installation des serveurs de l 'intelligence artificielle souveraine et nous faisons de telle sorte que l 'harmonisation des politiques entre les pays transfrontalières qui permet à un pays comme Djibouti d 'avoir accès en Afrique du Sud ou un pays comme Gambie d 'avoir accès au Maroc, ainsi de suite cinq ans de cela, et cela va se reproduire et non seulement ça parallèlement les cas d 'usage de l 'IA et je crois bien, fortement je suis convaincu que l 'Afrique sera le continent qui va profiter beaucoup plus parce que nous développons des solutions nous développons des solutions et nous devons faire face à la crise à des problèmes réels. On n 'est pas à ce stade d 'avoir un girlfriend ou un boyfriend. C 'est vraiment adresser les problèmes de l 'agriculture, de la pauvreté et tout et tout.
Henri Monceau
Comme ici. Absolument. D 'où l 'importance, on y reviendra, d 'une stratégie de la donnée et notamment des données natives. Cher Léna, alors, dans 5 ans, quel indicateur de succès ? Quelle norme ?
Lena Dargham
Oui, il faut dire qu 'un leadership francophone au niveau du développement des normes internationales. Une présence que nous rédigeons et pas seulement qu 'on rédige les normes mais qu 'on prenne aussi des responsabilités au niveau de la gouvernance de ces comités techniques internationaux parce que ça va impliquer directement une présence au niveau de la réglementation au niveau de... Et deuxième peut -être indicateur, c 'est au niveau de l 'accessibilité. à ces documents normatifs et à la possibilité d 'accéder à tous ces documents -là en français, mais surtout l 'approbation des normes au niveau national. On a besoin d 'encourager nos entrepreneurs, nos innovateurs et nos parties prenantes du secteur privé d 'avoir ces normes -là, de les mettre en place et d 'être certifiés suivant ces normes -là pour pouvoir accéder au marché international.
Henri Verdier
Je crois qu 'il faut viser trois victoires, non pas parce que je suis bavard et que je ne sais pas faire un, mais parce qu 'il y a un triptyque qu 'il faut équilibrer. Il faut que les modèles de fondation soient un bien commun de l 'humanité, c 'est -à -dire qu 'on doit tous y accéder sans permission, et bien sûr ils doivent être multilingues et éduqués. Et c 'est très important d 'oeuvrer pour qu 'il y ait une ressource commune qui soit... alors vous pouvez dire bien commun, bien public infrastructure publique essentielle mais qui soit à tous il faut qu 'il y ait une diversité de solutions d 'IA et ce qu 'a dit la CINA c 'est important aussi il faut qu 'il y ait des solutions pour l 'agriculture tropicale, il faut qu 'il y ait des solutions pour des systèmes de santé avec plus ou moins d 'hôpitaux il faut que la diversité génétique des humains soit prise en compte dans les recherches en santé et pour ça la seule solution c 'est qu 'il y ait une grande diversité d 'innovateurs ça devrait conditionner nos politiques publiques et nos politiques d 'aide au développement et il faut que la littératie et AI si je puis dire soient considérées comme aussi importantes que l 'alphabétisation je crois qu 'on n 'a pas envie de fabriquer une humanité de consommateurs passifs de solutions si on veut que les gens soient autonomes et dignes, il faut qu 'ils soient extrêmement, il va y avoir un énorme enjeu de formation massive à un usage raisonné et digne de l 'IA .
Henri Monceau
Merci beaucoup. Voilà de la matière, mais on serait ravis également de vous entendre, d 'entendre vos questions, vos commentaires. Je vois une main se lever. On va peut -être tout de suite ramasser deux ou trois questions. Et il y en a éventuellement en ligne aussi. Alors peut -être me les communiquera -t -on là depuis la technique. Alors, j 'ai deux questions ici. Madame d 'abord, Monsieur Ndiaye ensuite. Mer
L'auditoire
ci. One Gold Initiative for Governance, c 'est juste le nom qui est encore en anglais. Je n 'ai pas encore traduit depuis l 'année passée. Alors, premièrement, nous nous efforçons de construire. Je lis parce que c 'est une déformation professionnelle lentement maintenant avec l 'ONU. Nous nous efforçons de construire une infrastructure qui peut être utilisée de quelconque façon, au pluriel, alors que les décisions quant à leurs utilisations successives au niveau granulaire et global sont basées sur des raisonnements erronés. Erronés, fatalement erronés pour les véritables décideurs eux -mêmes. Les lemmings incluent non seulement l 'infanterie, mais aussi effectivement les décideurs véritables. Deuxièmement, l 'IA implique des spirales. On veut créer plus d 'IA, alors on va faire de l 'extraction minière et on crée des conflits. Pour gérer ces conflits, on veut plus d 'IA. Nous avons là une spirale. Il y a la même chose avec la pollution environnementale. Il y a la même chose avec... Et la sécurité de personnes en privé. Il y a aussi le fait que plus on va dans cette direction, pas seulement avec l 'IA mais la gouvernance mondiale en général en ce moment, plus on est en train de dévier notre modèle du monde sur lequel on base nos décisions. On le dévie plus loin et plus loin du monde réel comme il est. Et donc les décideurs sont en train de se tromper de plus en plus. Il y a ce genre de spirale. Il y a aussi le fait que... Du fait que l 'IA existe... Du fait qu 'on est parti dans cette histoire. Il y a de nouvelles ambitions pour lesquelles il n 'y a pas de plafond. On peut complètement s 'autodétruire. Voilà.
Henri Monceau
Merci. On va directement prendre... Oui, oui, ça c 'était un statement. On va directement prendre la question, peut -être un autre commentaire de monsieur, mais je le connais. Non, ici, s 'il vous plaît. Je le connais, donc je vous le présente, monsieur Oumar Ndiaye, qui est le DSI de l 'OIF.
L'auditoire
C 'est animé, Aurélien. Moi, avant d 'abord d 'entrer dans le sujet, bonjour tout le monde. Je tenais à féliciter vraiment le panel. Merci pour la qualité des interventions. C 'est très pertinent. Et puis, deuxièmement, un grand merci à l 'OIF pour cette organisation, cet événement. Et à l 'équipe de cher Henri, parce que souvent, on ne voit pas les petites mains qui travaillent nuit et jour pour l 'AVSA. On tenait vraiment, et tous les partenaires. Donc, grand merci. Moi, le sujet est très intéressant. Je pense que... Dans les réflexions qu 'il faut avoir, c 'est dans l 'équilibre, vous posez bien, qui réglemente ? C 'est qui va réglementer ? Et pour qui on réglemente ? Parce qu 'on a vu souvent, c 'est ceux qui sont intéressés par ceci ou par cela qui réglementent. Donc, dans la réflexion, l 'équilibre, c 'est trouver qui va réglementer et pour qui on réglemente et pour quelle finalité. Si on arrive à trouver cet équilibre, on va avancer. Je donne juste un exemple très rapide. Henri a cité la gastronomie française, mais c 'est parce que les Français voulaient protéger leur gastronomie. Donc, c 'était spécifique. Si on va dans l 'industrie pharmaceutique, c 'est pareil. Si on va chez les Américains, chacun protège ses biens. Alors que l 'IA, c 'est pour tout le monde. En fait, on ne voulait surtout pas mourir en sortant du restaurant. Non, mais c 'est vrai. En fait, il faut qu 'on arrive dans le numérique à... transcender, c 'est le bien commun dont vous avez parlé, qu 'on arrive à le réglementer dans le sens commun de tout le monde. Et c 'est ça le défi qu 'il faut, qu 'il va y avoir. Je donne l 'exemple de l 'RGPD. L 'Union Européenne a réglementé une partie, mais on voit, tout le monde copie, c 'est comme les constitutions françaises où les Etats africains constituent la même constitution, sans réflexion. Donc je pense qu 'il faudrait transporter ce genre de choses. Je suis désolé, il y a des ministres ici, je ne sais pas où sont les représentants. Je le dis comme ça, il faudra éviter vraiment qui réglemente, pour qui on réglemente, et qu 'est -ce qu 'on réglemente. Si on trouve l 'équilibre, ce bien commun -là va avancer. Merci beaucoup.
Henri Monceau
Merci, cher Oumar. Peut -être que ta secrétaire générale t 'entend, en ligne. Il y a quand même beaucoup de monde en ligne. Ici, maintenant, oui, peut -être d 'abord ici, mais gardez, restez là, Sandy, merci. Et Bénédicte Wechsler, Monsieur l 'Ambassadeur,
L'auditoire
merci beaucoup, alors c 'est pas une tâche c 'est une tâche importante c 'est ça, c 'est une tâche importante c 'est ça, aussi une petite finesse avec ces accents, je crois je sais pas si Lya est déjà familier avec les accents graves et circonflexes et tout ça je suis l 'ambassadeur de la Suisse auprès d 'UNESCO et de la francophonie merci beaucoup Henri pour cet excellent panel toute la journée moi je voulais juste donner deux aspects, un peu d 'optimisme dans cette image d 'être un peu pessimiste ou dystopique je trouve que déjà en Europe, on a les meilleurs scientifiques, par exemple Nvidia ça je sais les dernières générations de chips étaient aussi faits en collaboration avec des scientifiques de l 'ETH de Zurich qui ont contribué à ces événements, donc là il faut être aussi un peu plus fier et aussi plus assertif si on peut dire que pour Qu 'est -ce qu 'on a en retour de ça ? Donc peut -être qu 'il y a aussi une question comment on met à disposition nos chercheurs pour ces grandes entreprises du tech après qui font avec ce qu 'ils veulent. C 'est peut -être aussi une question à réfléchir. Deuxième question aussi pour les infrastructures. L 'État juridique, avec son centre de données de calcul Alps au Tessin, est au niveau des grands. Et avec la Finlande, ils ont créé un réseau qui s 'appelle ICANN, International Compute for AI Network, où on travaille avec des Data Science Africa au Kenya qui ont des très bons chercheurs dans l 'IA et la science des données, mais ils n 'ont ni l 'infrastructure ni les données. Mais la collaboration est fantastique et ils travaillent sur des sujets pour obtenir des objectifs du développement durable. Donc on a les choses en main. Merci. C 'est vrai, on n 'a peut -être pas la taille, on n 'a pas le capital, mais comme moi, j 'aime plutôt le scénario des avions qui est vraiment, qui est très parlant. Et aussi, si on a ici à Genève, avec le CERN aussi à l 'époque, on a réussi à partir plus ou moins à presque de zéro dans la recherche nucléaire pour être au top de nouveau. Mais j 'ai quand même deux questions ou suggestions. Donc, vous avez créé le centre des ressources numériques à l 'OIF. Quel rôle pourrait jouer ce centre aussi dans le domaine de la régulation ? Et peut -être aussi, on parle souvent de ces sandbox, je crois que c 'est pas cassable, non ? En français, en bon français. Est -ce qu 'on ne peut pas créer ces bacs à sable aussi dans le monde francophone pour trouver des bonnes solutions de régulation, de réglementation ? Merci. Merci beaucoup, cher Bénédicte. Je sens d 'ailleurs que je devrais rebondir. On va encore prendre la question. de monsieur, ah bah évidemment l 'appétit vient en mangeant, ça commence à se multiplier donc je vais vous demander d 'être très bref parce qu 'il nous reste allez, une douzaine de minutes mais monsieur, je prendrai aussi la question de monsieur Oulad et puis on en on rendra la parole au panel et nous compléter Bo njour je suis Isidore Seyd, le nouveau spécialiste de programme en découvrabilité au sein de l 'OIF donc je vais avoir une question qui sera un peu où je vais prêcher pour ma paroisse en visant madame Jean avec la position de l 'OIF concernant justement l 'accompagnement de ces états francophones en étant court comment la loi 109 pourrait être inspirante justement pour ces états et quels seraient en tout cas les prérequis pour arriver en tout cas à amorcer et à initier en tout cas des stratégies en termes de découvrabilité au niveau de ces pays là et qui est très importante et qui est très importante et je suis obligé de rebondir sur ce que M. Connay a dit tout à l 'heure de par ma déformation parce que je suis business analyst de base j 'étais ces 5 dernières années au niveau du Sénégal en tant que product owner sur le projet de dématérialisation des procédures administratives j 'ai d 'ailleurs reconnu une collègue juste ici ce que je voudrais savoir j 'entends la question sur la réglementation mais moi en tant qu 'informaticien je suis frustré quand on sait qu 'on a les technologies qui sont là mais où on voit que par exemple pour la dématérialisation et non pas la numérisation d 'une procédure ou d 'une démarche administrative on sait que la signature électronique n 'a aucune valeur juridique dans certains états notamment comment faire en sorte d 'ailler cette réglementation et de faire en sorte qu 'elle soit beaucoup plus rapide et répondre aux besoins de la population qui a un besoin justement d 'un état civil d 'un extrait d 'un état civil le plus rapidement possible en sachant que cette population d 'ici 2035 va doubler merci. merci beaucoup chers collègues et bienvenue à l 'OIF d 'ailleurs et à Genève par ailleurs monsieur Oulad Oui, il faudrait un micro ici. Ah pardon, c 'était vous d 'abord. Mais vraiment, après on doit arrêter. Je vous en prie. Oui, merci M. Monceau et merci aux panélistes pour tout ce qui a été dit. Moi je suis Sidi Kaoubaka Nondi Chao, je viens de l 'université Saint -Gauland à l 'Exembrie en Égypte. Et tout à l 'heure, le DG SMAT Africa voulait faire cette distinction entre la transformation et la digitalisation. Et dans nos pays en Afrique, c 'est vraiment un enjeu majeur. Donc je voudrais qu 'en tant que SMAT Africa, qu 'ils puissent nous dire où est -ce qu 'il faut mettre le curseur d 'abord. Et si on doit mettre le curseur quelque part, quel doit être le rôle des universités ? Puisque quand on parle d 'équilibre entre réglementation et innovation, je vois aussi que le curseur est un peu plus important. Je voudrais que l 'apport des universités, que ce soit en Afrique et en Europe, donc quel doit être leur rôle et quels conseils vous donnerez peut -être ? pour les curriculats de formation pour que l 'Afrique puisse toujours rester connectée envers ces enjeux. Je vous remercie.
Henri Monceau
Merci beaucoup. Alors, de l 'Egypte, on va aller vers le Maroc maintenant, M. Oulat. Merci beaucoup, bonjour, merci M. Mansour, et félicitations pour le panel qui est vraiment excellentissime. Les interventions sont très profondes, le niveau philosophique est très intéressant, par opposition au côté technique qui nous ennuie parfois. N 'en dites pas trop, parce que je sens certains de mes collègues ici.
L'auditoire
Ils ont besoin juste d 'un petit trigger. Je m 'appelle Zakaria Oulat, je suis coprésident de commission à l 'AIMF, l 'Association Internationale des Mères Francophones. Je suis élu à la Commune d 'Agadir, et commissaire à la Commission Nationale des Protections des Données Caractères Personnelles au Maroc. Et question très rapide, mais très importante pour moi, est -ce que vous pensez qu 'on peut arriver à un niveau de win -win au sein de la francophonie ? Je ne vais pas parler de nord, sud, est, ouest, mais disons entre les pays à haut niveau. niveau de revenus et les autres, niveau de revenus intermédiaires et bas, mais un vrai win -win, parce que quand on prend l 'exemple de l 'aviation, c 'est Boeing et Airbus, mais finalement le reste de la francophonie n 'est pas tellement concerné, et qu 'est -ce qu 'il faudrait faire pour arriver à ça ? La question est probablement à M. Connay, M. Monceau peut -être, et M. Verdier, pour nous donner de l 'espoir justement par rapport à l 'avenir. Merci. M
Henri Monceau
erci beaucoup. Alors, je vais rendre la parole au panel, et vous allez donner les éléments qui vous ont... qui... je suis désolé, j 'ai plein d 'anglicismes en tête aujourd 'hui... qui appellent... ouais, c 'est du chocolat... qui appellent peut -être des réponses de votre part, mais je vous signale à toutes et tous, et particulièrement, à celles et ceux qui seraient frustrés de ne pas avoir pu intervenir maintenant, que dans quelques minutes vont commencer les attentes... qui vont être de vraies discussions pour le coup. Alors on va le refaire simplement dans l 'ordre. Henri ? Les interventions étaient très riches et très variées, donc je sélectionne un thème qui me semble avoir traversé beaucoup de vos interventions, qui était finalement, est -il encore possible de réguler ?
Henri Verdier
et si c'est le cas, qui, quoi, sur quel fondement, face à quelle urgence, et comment nous imposons ces réglementations. Et je veux dire, vous savez, on dit que Camus a dit — ce n'était pas lui, mais que mal nommer les choses ajoute au malheur du monde. Il faut donc regarder les choses en face, et si l'on regarde les choses en face — cela n'a pas été articulé ce matin —, l'ordre multilatéral fondé sur l'état de droit est un peu menacé en ce moment, puisque plusieurs personnes très puissantes ont décidé qu'elles pouvaient s'en débarrasser, et qu'après tout choc de puissance était peut -être un bon moteur de l 'histoire. Il faut le réaliser quand on est entré dans cette séquence -là, pour un temps, ça passera aussi. Et que, donc, il ne suffit pas d 'écrire des bons textes. Ce n 'est pas grave, il faut juste le savoir. Il ne suffit pas d 'écrire des régulations parfaites, elles ne seront pas appliquées. Et donc, il faut imposer les conditions des régulations que nous voulons, parce qu 'en fait, en revanche, la très très très grande majorité des humains et la très grande majorité des pays voudraient un ordre international fondé sur la raison et le droit. Mais ça veut dire qu 'il faut travailler un peu, et comme on ne va pas entrer en guerre contre tous les tyrans, il faut entrer, il faut imposer avec douceur les régulations qu 'on cherche, et c 'est là, mais ça a été, alors, ça a été dit beaucoup par le panel, la question des infrastructures qu 'on va construire, des bases de données ouvertes qu 'on va partager, des centres de calcul qu 'on va distribuer, des politiques industrielles qui vont essayer de faire naître l 'innovation au plus proche des usages, au plus proche des usages. est vraiment importante. Ce que je veux dire, et ça répond peut -être à la question transversale de ce panel, si on veut de bonnes régulations, il faut qu 'on entre dans l 'innovation, nous -mêmes, nous les régulateurs, mais dans une innovation d 'infrastructures, de standards, de ressources, et qu 'on se préoccupe de fabriquer les conditions de possibilité d 'une IA fondée sur le droit et la raison.
Lena Dargham
Merci beaucoup. Y a -t -il des éléments, cher Léna, juste un point concernant la réglementation et l 'harmonisation des réglementations ? Moi, je vois qu 'il faut aussi discuter à quel niveau on a besoin d 'harmoniser nos réglementations nationales, régionales, internationales. Est -ce qu 'on a besoin de le faire ? Et est -ce qu 'on a des bonnes pratiques qu 'on peut regarder ? Par exemple, je donne l 'exemple de l 'UNICEF qui travaille sur la sécurité routière, par exemple, et sur le transport des produits dangereux. Ils ont des réglementations qui sont harmonisées au niveau de plusieurs pays du monde qui adoptent ces réglementations et qui sont et qui évite aussi le copier -coller d 'une façon aléatoire comme ça. Donc il faut que l 'OIF, à mon avis, lance cette initiative de recenser peut -être les réglementations qui existent dans les pays membres et de peut -être travailler sur un exemple ou, je ne sais pas, travailler sur une harmonisation potentielle de réglementations parmi les pays membres.
Lacina Koné
Merci beaucoup. Lacina qui a été abondamment interpellée. Oui, merci. Je vais répondre en général, parce que ça va adresser des questions. Au fait, j 'ai fait allusion tout à l 'heure à l 'introduction que l 'Afrique ayant gagné entre 1980 et 2025 des 1 ,5 milliard de population. Les enjeux en ce moment, c 'est -à -dire, nous voulons des services health care, nous voulons des services bancaires, nous ne voulons pas des banques. Nous voulons des services sanitaires, nous ne voulons pas. Les hôpitaux. en fait c 'est ça l 'idée derrière parce que pour absorber cette population et ça je veux qu 'on se met nous tous sur ce même palier et qu 'il y a l 'urgence et pour adresser cette urgence on ne peut pas avoir comme les autres pays que ce soit francophone ou anglophone et qui revient vers la question que mon frère a posée, la transformation et la digitalisation on a eu complètement une confusion parce que la réglementation, la plupart de nos pays ça a été accessé à la technologie avant nous avons des régulateurs dans la salle où la réglementation au niveau des régulateurs c 'était ISDN, X25 mais la réglementation est -ce que ça a été accessé aux citoyens en fin de compte c 'est les citoyens qui utilisent ces services ça ça fait un camp vous vous focalisez sur les citoyens là la question des PKI arrive aujourd 'hui on parle de l 'intelligence artificielle qui se pose sur ce que nous appelons DPI Digital Public Infrastructure ça veut dire quoi DPI c 'est l 'identité numérique unique c 'est le moins de paiements et c 'est le partage des données mais identité numérique unique mais c 'est le PKI comment est -ce qu 'on arrive à signer en ligne bon peut -être au Sénégal ça pose des challenges en ce moment mais il y a plusieurs pays notamment au Bénin au Kenya au Rwanda aujourd 'hui moi ça fait 7 ans que j 'ai vu au Rwanda je ne me suis jamais rendu dans une administration publique parce que tout est carrément sur le cellulaire c 'est pas la technologie qui est le problème ça me revient maintenant on va parler de la volonté politique je dis ici sur ce site le plus important c 'est pas la volonté politique le plus important c 'est la compréhension des enjeux les enjeux de 1980 en 2025 de 1 milliard de population, ça c 'est les enjeux comment est -ce que je fais face à ces enjeux parce que si vous croyez dans votre pays que la connectivité dans les zones rurales c 'est ça les enjeux, on vous a fait comprendre cela alors vous allez prendre des volontés politiques pour cela, mais la réalité, le monde tourne plus rapidement que juste la connectivité donc la compréhension des enjeux dans nos pays c 'est plus important que la volonté politique, la volonté politique peut venir baser pour adresser ces enjeux donc PKI aujourd 'hui je peux off -line, je peux vous donner plusieurs exemples ça, ça vient de la volonté au niveau des universités il y a trois semaines, la Chine a décidé de supprimer 12 000 diplômes universitaires avec tous mes respects jusqu 'à présent on enseigne les gens anthropologie et histoire donc il y a une réforme, au fait cette révolution, ça touche à tout il n 'y a pas que la technologie nous, au niveau de l 'Afrique qu 'est -ce que nous devons mettre en tête l 'économie numérique et la transformation c 'est pas un secteur vertical c 'est transversal Il faut qu 'on comprenne ces enjeux. Ce n 'est pas quelque chose qu 'on ajoute à la fin des attributions des ministres. Ah, on a besoin d 'un ministre des télécommunications ? Non. Ça doit être centré parce que ça touche à tout. Tant qu 'on ne comprend pas ce mindset, on ne pourra pas y arriver. Merci.
Henri Monceau
Merci beaucoup, chère Lacina Madame Jean ?
Anne-Marie Jean
Merci. national, régional ou international, et de partager des bonnes pratiques. Notamment, ils ont demandé à l 'APF, les parlementaires francophones, de développer un corpus législatif. Donc, bien sûr, la loi 69 fera partie de ce corpus législatif, mais il y a des lois ailleurs aussi. D 'ailleurs, le Québec et la Côte d 'Ivoire ont travaillé ensemble pour développer un référentiel qui fait état de tout ce qui est nécessaire, autant sur le plan législatif, réglementaire, de soutien, pour un écosystème et pour favoriser la découvrabilité des contenus. Éventuellement, évidemment, pour moi, l 'IA et la découvrabilité, c 'est indissociable. Tout ça en fait partie. Donc, ce référentiel est disponible pour les États. Ça pourra aider. C 'est une façon pour chacun des États de faire le compte. constat de leur situation actuelle et de développer leur plan de mise en œuvre vers la découvrabilité des contenus. Alors, je pense que la collaboration des États est essentielle et qu 'elle est bien amorcée et il faudra l 'accélérer parce qu 'il y a urgence. Et je rappelle que les ministres de la Culture vont se rencontrer de nouveau l 'an prochain, en juillet, à Erevan. Alors, il faudra qu 'on puisse, à ce moment -là, constater des progrès et que les États se soient appropriés ces outils qui sont développés et mis à leur disposition dans la francophonie.
Henri Monceau
Merci beaucoup, Madame Jean. Alors, moi, je dis quand même un bref mot parce qu 'il y a eu une interpellation directe venant de la Suisse. Notre État hôte, je ne peux pas ne pas répondre. D 'autant plus que la création de ce centre de ressources pour la culture... La gouvernance du numérique et de l 'information... intelligence artificielle dans l 'espace francophone est une initiative de la Suisse au sommet de Djerba et nous avons en effet développé ce centre avec l 'objectif de soutenir encore plus et encore mieux, parce qu 'il y a longtemps bien sûr que la francophonie travaille sur ces questions, elle a été une des toutes premières à se mobiliser au niveau gouvernemental et ministériel, c 'était en 1993, au Québec déjà, première réunion ministérielle, il y avait à peine deux ans que le web était public à l 'époque sur les inforoutes, les autoroutes de l 'information, mais ce que Stant de fait, dans le prolongement d 'actions importantes et glorieuses, je pense notamment à Pierre Ouedraogo qui a été le responsable pour la francophonie des questions liées à ce que nous avons fait, qu 'on n 'appelait pas encore la gouvernance du numérique, mais celle néanmoins d 'Internet et de la société de l 'information. Donc une mission d 'accompagnement, de soutien de nos États, notamment à travers des outils basés sur l 'IA. On est en train de construire avec un laboratoire basé à Dakar et Cédinam, il sera là tout à l 'heure, ça illustre bien ce qui a été dit par la SINA quant au fait que les ressources existent, elles existent à Zurich, mais elles existent à Dakar, elles existent à Lomé, à Kigali et à bien d 'autres endroits encore. Une IA donc qui va permettre à nos États -gouvernements et aux acteurs du numérique de ces États et gouvernements d 'interroger de façon subtile et personnalisée les textes réglementaires, les textes normatifs, on compte beaucoup sur l 'appui des RNF pour ça, et donc de pouvoir être en dialogue, Donc on est en train de construire avec un laboratoire basé à Dakar, et donc de pouvoir être en contact avec les États -gouvernements et les acteurs du numérique de ces États. Donc on compte beaucoup sur l 'appui des RNF pour ça, et donc de pouvoir être en dialogue, avec toute cette intelligence commune, finalement, parce que ça, c 'est la vraie intelligence. Les IA ne sont pas intelligentes, comme on le sait, ce sont des agrégateurs probabilistes de connaissances, mais par contre, il y a cet élément, et il y aurait beaucoup de choses, on aura probablement le temps d 'en parler encore dans cette journée. Juste un point sur lequel je veux insister, c 'est l 'atelier que nous organiserons les 6 et 7 octobre prochains à Alexandrie, à l 'université Saint -Gaure, sur les modèles de langage natifs, c 'est -à -dire sur la manière dont on peut développer des modèles de langage, puisque l 'IA, ça n 'est jamais que des données, alors moi je préfère aussi parler de connaissances ou de bouts de connaissances, des knowledge bits, mis en relation avec une puissance de calcul, et elle peut être basée, comme le soulignait Henri, évidemment, sur de l 'open source, donc il y a beaucoup de potentiel pour développer tout ça. Je vois Antoine, il n 'a pas sa cloche, donc ça n 'est pas intéressant. Voilà, ça c 'est ce que fait ce centre de ressources, mais certains d 'entre vous le connaissent, les autres, on aura l 'occasion d 'en reparler. Je vais remercier et vous demander d 'applaudir chaleureusement ce panel et nos collègues. Merci beaucoup à vous. Vous les retrouverez de toute façon dans les couloirs et pour certains dans des ateliers plus tard. Nous allons bientôt partir en atelier. Mais avant ça, je vous remercie tous, sauf la Sina que je garde sur la scène. Et j 'appelle le directeur général de l 'Association française pour le nommage Internet en coopération, Laphnic. Pierre Bonis, j 'appelle Pierre et je garde la Sina parce que Laphnic et Smart Africa ont décidé... de créer un partenariat ensemble, de s 'engager à travers un mémoire d 'entente. Alors, monsieur le directeur général, cher Pierre, peut -être, c 'est quoi le but ? Qu 'est -ce que vous voulez faire réellement ?
Pierre Bonis
Merci Henri. Alors, notre but, c 'était de pouvoir signer ce mémorandum devant vous. Mais au -delà de ça, c 'était ça le but initial. Mais non, le but, c 'est de mettre en commun les réseaux de registres nationaux sur le continent africain, et notamment un de ces réseaux -là qui s 'appelle le Collège international de l 'Afrique, qui regroupe une vingtaine de registres de noms de domaines de premier niveau en Afrique, et les actions de Smart Africa. On parlait tout à l 'heure... On reparlera d 'infrastructures. Ces registres -là, c 'est des briques d 'infrastructures souveraines. Ils concentrent de la compétence, ils concentrent des ferments d'autonomie et comment est-ce qu'on travaille ensemble pour faire, bien sûr, du transfert de compétences sud-sud, mais ça c'est évident, mais aussi renforcer la souveraineté des infrastructures DNS et puis prolonger le dialogue entre ces acteurs de la communauté technique et les gouvernements dans une sorte de dialogue très constructif. Je voudrais dire aussi, et juste un dernier mot, un merci bien sûr à la CNR parce que finalement, depuis le lancement de Smart Africa, il y a eu déjà des interactions entre les registres nationaux et les gouvernements, facilité grandement par l'ICANN et par Laurent sur les dialogues entre gouvernement et CCTLD, comme on dit, et c'est une manière de donner plus d'élan et d'allant à ce type d'initiative. Un merci aussi. Merci immense à Rodrigue. quelque part dans la salle, qui est là au premier rang et qui a œuvré pour ça. Et bien entendu, merci à vous deux, merci à l'OIF de nous accueillir pour cette signature.
Henri Monceau
Merci beaucoup Pierre, je pense que vous pouvez applaudir Pierre.
Lacina Koné
Merci, au fait, nous avons, moi je dirais peut -être que c 'est le mariage qu 'on officialise, si nous en avons commencé à dire il y a longtemps. Nous avons commencé à travailler très longtemps et ensemble, et Pierre avec son équipe à travers Apteco, vraiment ont beaucoup contribué, surtout dans la collaboration avec Smart Africa, le côté gouvernance. L 'Afrique, nous avons traversé beaucoup de turbulences, comme tu le sais, de gouvernance, tout et tout, et la société même, la communauté des icons en général, et particulièrement Afrique, c 'est un moment très important, et je pense que nous avons eu des moments de réaction, et je pense que nous avons eu des moments de réaction, et je pense que nous avons eu des moments de réaction, et je pense que qui ont beaucoup contribué à la compréhension des enjeux de la gouvernance Internet. Parce que tout ce qu 'on parle aujourd 'hui de l 'intelligence artificielle, il n 'y a pas d 'intelligence artificielle si ce n 'est pas une bonne gouvernance d 'Internet. Et à la source, c 'est exactement, il s 'agit de ces ressources -là qu 'il faut préserver pour l 'Afrique. Et merci pour tout le travail vraiment abattu. Et vraiment, on rentre dans ce partenariat, on travaille déjà ensemble. Par exemple, je souhaite que ce sera une collaboration dans les cinq dernières années, je dirais dans les trois, cinq, c 'est trop, hein ? C 'est trois ans. C 'est trois ans, oui. C 'est trop long. D 'accord. Donc c 'est pour ça, c 'est tout ce que je voulais ajouter. Merci beaucoup à tout le monde. Merci.
Henri Monceau
Merci beaucoup. Alors je vous invite à rejoindre le pupitre où je vous ai mis tout ça en forme. Venez signer, nous allons tous et toutes en être les témoins. Vous avez les stylos ?
Pierre Bonis
Non, peut -être que c 'était... Je suis gaucher, donc je suis obligé de le garder après. Ah oui, mais il a donné
Henri Monceau
tous les détails aussi. Il est en train de créer des données, en réalité. J 'essaie de signer de manière un peu plus rapide qu 'autrement. Ok. Merci. C 'est le 21 juillet ? C 'est le 2 juillet, c 'est ça ? Non, c 'est le 2 juillet, c 'est ça. Ça va, le 2. Ça va. Le 3 juillet 2026. Parfait. Mille merci, bravo. Bravo, longue vie au partenariat entre l 'AFNIC et Smart Africa. Je vous invite maintenant peut -être à venir ici au centre pour la photo commémorative de cet instant solennel. Je fais tout. Je fais tout. Oui, peut -être que je vais le montrer d 'une manière ou d 'une autre. Bon, on va le faire. Voilà. Monsieur Paris -Signy. Les deux premières questions qui nous viendront seront le professeur Jérôme Dubéry et Anan El -Arak de l 'Institut National de la Propriété Intellectuelle. L 'atelier 1 se tient en salle 1 en haut. L 'atelier 2, comment réguler, se tient en salle 3. L 'atelier 3 se tient en salle 3 et participeront madame Patricia Amand qui est la vice -présidente du Fratel. et qui est membre du conseil de régulation de l 'Arctique en Côte d 'Ivoire. Également Thomas Dautieux, le directeur de l 'accompagnement juridique à la CNIL. Attends, mais moi je dois faire mon boulot, tu sais, Oumar, pendant ce temps -là. Et donc, représentant de la FAPDP, la modératrice sera Sharon Weinblum, salle 3. Donc l 'atelier 2, salle 3, en haut. L 'atelier 3, salle 2, ils sont contrariants, hein. Atelier 3, salle 2, à quelle échelle régulée ? Et donc là, Laurent Verli que j 'ai vu, bonjour monsieur le conseiller national, comment allez -vous, qui représente notamment ici l 'APF, l 'Assemblée parlementaire de... de la francophonie, dont il est membre de la délégation suisse. Et également Mme Hélène Colonna d 'Istria, amour de Dieu, qui est la responsable de la cellule juridique de la délégation interministérielle chargée de la transition numérique Monaco. Bonjour Madame. Et Rodrigue Guiguemde, que j 'ai vu tout à l 'heure, en est le modérateur. Salle 2. Ah ben il est là, Rodrigue. Salle 2. Et enfin, salle 3, j 'arrive pour la photo. Oumar, j 'arrive. Salle 3, pardon, l 'atelier 4 qui est dans la salle 4, c 'est quelle régulation pour

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